05/08/2016

Le racisme n'est pas une opinion; mais un délit !

RESURGENCE DU RACISME ?

AWANS, FNC, racisme, discrimination, shoah, porrajmos, juifs, tziganes, génocide,

Revenons au passage suivant du discours prononcé le 21 juillet 2016 au nom de la FNC "AWANS-BIERSET" à AWANS. Il s'applique, à la lettre au phénomène que l'on voit resurgir.

" Nous voyons, même chez nous, les malveillances, les querelles, les actes d’incivilité, la méchanceté, la calomnie, notamment sur les réseaux dits sociaux. Nous entendons les poisons que certains se réjouissent de diffuser dans la vie publique. Nous entendons les résurgences du racisme, la facilité avec laquelle on accepterait de faire l'impasse sur des droits fondamentaux. C'est là que doivent intervenir le devoir de vigilance, le devoir d'exemplarité, le devoir de sauvegarder nos droits."

 

Ainsi, comme danger actuel, la résurgence du racisme. On voit de plus en plus des discours de haine sur Internet. C'est extrêmement préoccupant, on note une forte augmentation de pages web racistes.

 

La définition du racisme proposée par le sociologue français Albert Memmi est: « Le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier une agression ou un privilège.»

 

Le racisme a atteint son point culminent pendant la seconde guerre mondiale. Six millions de juifs ont été assassinés dans des camps par le régime nazi. Environ un million de Tziganes vivaient en Europe avant guerre, on estime à 220 000 le nombre qui auraient ainsi été tués par les Allemands et leurs partenaires de l'Axe: en Croatie, alors alliée de l'Allemagne, les Oustachis (membres du mouvement terroriste et nationaliste oustachi) , en Roumanie, les militaires et les policiers roumains déportèrent en 1941 et 1942 environ 26 000 Tziganes  

 

Mais aussi, dans les pays occupés, par les traîtres qui avaient choisi de collaborer comme en France les autorités de Vichy.

 

Ces crimes étaient justifiés par une idéologie prétendant qu'il existait une hiérarchie parmi les races et que les Juifs et les Tziganes occupaient l'échelon le plus bas. Les Nazis les considéraient comme "racialement inférieurs" et s’appuyaient sur les préjugés sociaux de nombreux Allemands non nazis à leur encontre. Préjugés qui existaient - et existent peut-être encore actuellement - ailleurs que chez les Allemands: les juifs accapareurs, usuriers; les tziganes voleurs...

 

Ce que l'on sait moins c'est que la République fédérale d'Allemagne décida que toutes les mesures prises contre les Tziganes avant 1943 étaient des mesures officielles légitimes prises contre des personnes ayant commis des infractions pénales, et non le résultat d'une politique inspirée par des préjugés raciaux ! C'est seulement à la fin de 1979 que le parlement de la RFA reconnut le caractère raciste de la persécution des Tziganes par les Nazis.

 

Le terme attribué pour dénommer le génocide des Juifs est "SHOAH". celui attribué au génocide des Tziganes est  "PORRAJMOS".


Aujourd'hui en Europe, le racisme est rejeté par la loi. Mais des actes demeurent dans la vie quotidienne: des personnes sont victimes d'insultes, d'agressions, de discriminationsen raison de leur origine.

 

Ainsi, plus récemment et plus près de chez nous, le cas de, Ramzi Mohammad Kaddouri, 15 ans, un garçon charmant et engagé dans la vie de son quartier, habitant Genk. L’annonce de sa mort de ce garçon a déclenché une véritable furie raciste sur les réseaux sociaux. Des internautes incapables d’admettre qu’un garçon à la peau basanée pouvait aussi être belge. Un belge passe encore, mais pas un Flamand !

 

Le quotidien flamand De Morgen a titré : « Racisme zonder schaamte ( Le racisme sans honte )», et a publié quelques-uns des commentaires les plus choquants parus sur internet. Le journal De Standaard, lui, pense que « le racisme pourri fait rougir la Flandre ».

 

A l'origine des commentaires, la " Vlaamse Verdedigings Liga (Ligue de défense flamande)" qui n'a pas hésité à publir sur sa page facebook un article relatant le décès de l’adolescent avec ce commentaire :« Est-ce que c’est cela le Flamand type aujourd’hui ?  »

 

On doit se méfier. ces groupuscules sont divers mais ils prenons garde qu'ils ne s'unissent en trouvant un leader charismatique. Après les attentats qui ont touché la capitale belge, les groupuscules racistes connaissent un regain de popularité, exploitant la peur de la population. Les membres de ces organisations sont étroitement surveillés par les services de sécurité. Ils sont certes beaucoup moins nombreux que les extrémistes islamistes mais ils constituent néanmoins une menace sérieuse.

 

Les autorités, contrairement à ce que l'on entend parfois ne restent pas inactives. De nombreuses procédures judiciaires ont été engagées contre des personnes physiques et morales incitant à la haine et à la violence. Dans un certain nombre de cas, il y a même eu des suspensions de droits civils et politiques pour ces personnes reconnues coupables de racisme ou de discrimination.

 

Depuis la loi du 30 juillet 1981,dite la "Loi Moureaux", tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme et la xénophobie, quiconque commettant une discrimination à l'égard d'une personne ou d'un groupe en raison de sa prétendue race, de sa couleur , de son ascendance, de son origine, ou de sa nationalité, peut être puni d'emprisonnement et de devoir payer une amende. Cette législation belge a été complétée par la loi du 23 mars 1995 , visant à réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l'approbation du génocide commis par le régime nazi. En 1997, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, a été institué, il  agit dans cette thématique par recommandations, formations mais aussi plainte légale.

 

 

 

17/07/2016

Le martyr des juifs luxembourgeois en 40-45.

CINQFONTAINES et le martyr des Juifs luxembourgeois.

On ne connaît pas exactement le nombre des Juifs vivant au Grand-Duché de Luxembourg en 1940.

Le recensement général de la population du 31 décembre 1935,déclarait 3.144 personnes de confession israélite: 870 citoyens luxembourgeois et 2.274 Juifs de nationalité étrangère ou apatrides. Selon d'autre calculs, le nombre de juifs en mai 1940 peut être estimé le nombre à 3.907.  

 

Quelques mois après l’occupation allemande, en septembre 1940, les Juifs habitant du Grand-Duché furent privés systématiquement de leurs droits, mis à l'écart de la population non-juive et pillés par l’administration civile nazie.

 

Le nombre total des déportés du Luxembourg s’élève à 677. 664 personnes firent partie de l’un des 7 convois qui quittèrent le Luxembourg entre le 16 octobre 1941 et le 17 juin 1943. 13 autres personnes furent déportées hors convois dans des camps et prisons.

 

Très peu ont survécu à la déportation: 624 sont morts au cours de la guerre et seulement 53 sont sortis vivants des différents camps et prisons. Ceci équivaut à un taux de 92,2% de morts.

 

Ainsi, au moins 1.384 personnes juives sont mortes entre 1940 et 1945. Ceci correspond à 35,4% de la population juive du Grand‐Duché en 1940. Lors de la libération, la communauté juive du Grand Duché avait pratiquement cessé d’exister: en septembre 1944, de 3.907 la population juive était tombée à 70.

 

Au 10 mai 1940, la communauté juive luxembourgeoise disposait d’une nombre vingtaine d’associations qui se répartissaient sur un éventail allant des associations caritatives en passant par les consistoires locaux, les organisations de jeunesse, etc. Elles furent dissoutes et leurs avoirs et biens confisqués.

 

Comment cela a-t-il été possible ?

 

L’occupation allemande au 10 mai 1940 signifia la fin de l’état de droit luxembourgeois. La direction du pays fut confiée à un Gauleiter, Gustav SIMON et considéré comme une partie de l'Allemagne. Gustav SIMON dirigeait d'ailleurs la région de Coblence.

 

La Grande Duchesse, la famille Grand Ducale et le Gouvernement avaient quitté le pays au matin de l’invasion pour se soustraire à l’emprise allemande, pour éviter de devoir se soumettre et afin de maintenir, virtuellement, l'existence officielle de l'Etat.

 

Ce départ fut en réalité vécu comme une trahison par un grand nombre de Luxembourgeois. Des responsables politiques luxembourgeois restés sur place, misant sur la victoire allemande en 1940 et sur la domination nazie en Europe, cherchèrent à s’intégrer dans l’Europe nouvelle, et proposèrent aux Allemands leur collaboration. Les Allemands la refusèrent car ils désiraient annexer purement et simplement le Luxembourg.

 

Ce Gouvernement en exil permit l'apparition d'un mythe. Celui fondateur d'un petit pays uni dans sa lutte contre l’Allemagne nazie. Ce mythe s’imposa rapidement après la Libération, renvoyant à la société luxembourgeoise une image valorisante. Soumis à une politique de germanisation brutale, le peuple se serait dressé unanimement contre l’occupant -à l’exception d’une poignée de criminels, d’opportunistes ou d’individus d’ascendance allemande.

 

Certains chercheurs dépeignent une situation moins valorisante. C'est à la fois inexact et injuste, il y eut une véritable résistance luxembourgeoise,soldée par de nombreuses exécutions. 

 

Ceci pour esquisser le cadre général de la vie luxembourgeoise durant la guerre. De plus, il y avait, comme partout ailleurs en Europe, un antisémitisme latent, antisémitisme qui n'allait pas jusqu'à souhaiter leur extermination.

 

A partir d'octobre 1941 tous les Juifs sont obligés de porter l’étoile jaune.

 

Comment la déportation fut-elle organisée, pratiquement ?

 

En mars 1941, le couvent de Cinqfontaines fut fermé par l’administration allemande. Il abrita de 1941 à 1943 un camp d’internement contrôlé par la Gestapo sous la dénomination officielle « Maison de Retraite juive ». Il devait s’agir surtout de personnes âgées et malades. En réalité, elles étaient amenées dans ce couvent désaffecté avant d’être déportées vers les ghettos et les camps d’extermination.

 

Les conditions de vie y étaient précaires. Le manque de vivres et de médicaments, la promiscuité, l’isolement, les tracasseries administratives, ainsi que les maladies et l’insuffisance des soins médicaux rendaient la vie très difficile aux habitants qui vivaient dans une incertitude permanente et dans l’attente des déportations.

 

En août 1941, les premiers Juifs y arrivèrent pour préparer l’arrivée des suivants. A la fin de l’été, le nombre des internés atteignit la centaine, originaires de toute l’Europe. A côté de Juifs luxembourgeois, on trouvait de nombreux Juifs réfugiés venus au Luxembourg au cours des années trente.

 

En octobre 1941, débutèrent les déportations vers l’Europe de l’Est. Le premier transport emmena 334 personnes vers le Ghetto de Lodz.

 

En octobre/novembre 1941, des Juifs astreints aux travaux forcés commencèrent la construction des fondations pour 9 baraques afin de créer des logements supplémentaires, le bâtiment principal du couvent étant surpeuplé.

 

Le 7 janvier 1942, en plein hiver, les internés sont forcés de remettre pratiquement tous leurs vêtements à l’administration civile.

 

En 1942, 21 Juifs meurent de maladies ou de privations. La plupart ont été enterrés à Cinqfontaines.

 

Le 23 avril 1942, 2e déportation: 27 (28) Juifs, dont 14 (18)de Cinqfontaines, sont déportés à Izbica (Pologne).

 

Le 12 juillet 1942, 3e déportation. 24 (23) Juifs (6 (19) venant de Cinqfontaines) sont déportés vers Auschwitz. D’après une statistique officielle, 145 Juifs sont alors internés dans la „Maison de Retraite juive“.

 

La 4e déportation a lieu le 26 juillet. 16 (24) Juifs de Cinqfontaines accompagnés de 11 (1) autres sont transportés dans le Ghetto de Theresienstadt (Térézin en Tchécoslovaquie).

 

Deux jours après, un 5e transport amène 159 (158) Juifs (73 (101) également à Theresienstadt.

 

En avril 1943, quelque 90 personnes sont encore internées au couvent de Cinqfontaines, dont 87 sont déportées le 6 avril vers Theresienstadt (6e transport). La « Maison de retraite juive » sera fermée quelques jours après que les derniers Juifs eurent été déportés le 17 juin vers Theresienstadt et Auschwitz (7e et dernier transport).

 

La plupart des Juifs de Cinqfontaines ne survivent pas à leur déportation. On estime que 24 personnes rentrèrent des camps.

 

DSCI4952.JPGEn 1969, on inaugura un monument près du Couvent à la mémoire de tous les Juifs déportés du Luxembourg. L’artiste sculpteur Lucien Wercollier, déporté politique, est l’auteur du projet.

 

Il existe un projet de "musée". Des photos, virtuelles, existent sur internet mais tout semble encore très lointain !

 

 

24/10/2013

VENISE: GARDONS LA MEMOIRE DE LA SHOAH.

VENISE, LE GHETTO:

SOUVENIRS DE LA DEPORTATION DES JUIFS.

A un moment où les mouvements issus des groupes fascistes connaissent un regain de popularité en EUROPE, il convient plus que jamais de rappeler le terreau dont ils sont issus et qu'ils parviennent à faire oublier.

Ainsi le souvenir du Ghetto de VENISE:

D'abord, sur une petite place du Ghetto, ces deux mémoriaux qui se font face. leur rapprochement fait froid dans le dos.

DSCI1982.JPG

Sur le mur de droite, on aperçoit une plaque commémorative dédiée aux soldats juifs italiens du Ghetto qui sont morts pour l'Etat italien au cours de la Première Guerre mondiale.

DSCI1981.JPG

En regard, sur l'autre mur, une plaque commémorative dédiée aux Juifs du quartier victimes de ce même Etat italien lors de la seconde guerre mondiale.

( Hélas, la photo est trouble )

DSCI1980.JPG

Plaque fleurie par la municipalité de Venise.

Sur une autre place du Ghetto, un mur est utilisé par le Mémorial de la Shoah.

DSCI1979.JPG

DSCI1977.JPG

 

17:53 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shoah, première guerre, 1914, ghetto |  Facebook |