30/08/2016

Wolfgang LANGHOFF et le Chant des Marais.

 

Le Chant des Marais.

En visite à DÜSSELDORF, j'ai découvert, insérée dans une façade, cette plaque commémorative. En essayant de connaître plus, j'ai découvert l'histoire du "Chant des Marais "

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Ce chant a été écrit dans un des premiers camps de concentration situés en Allemagne, au tout début du régime nazi, durant l’été 1933. C'était dans le camp de concentration de BÖRGERMOOR en Basse Saxe.

 

Dès son arrivée au pouvoir, Hitler mit en place des camps pour interner les opposants politiques. Ainsi on eut la création de DACHAU et de BÖRGERMOOR. Les militants communistes puis socialistes furent les premières cibles de la répression, suivis de tous ceux qui s’opposaient pour des raisons politiques ou morales ou par convictions religieuses à l’idéologie nazie.

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Le régime y est dur. Les internés sont de suite mis de suite au travail dans l’optique de préparer l’Allemagne à la Guerre: assèchement de marais pour augmenter la production de blé par exemple.

 

C'est à BÖRGERMOOR que le Chant des Marais trouva naissance. BÖRGERMOOR est l’un des premiers camps nazis ouverts en 1933. L’univers concentrationnaire est en genèse: il s’agit dans cette première phase, d’un système punitif basé sur le régime disciplinaire et le travail forcé. Dès le mois de mars 1933, 50 camps d’internement sont officiellement recensés en Allemagne gardés par des SA. avant d’être livrés à la SS : Hitler y jette nombre de ses opposants, communistes, syndicalistes, démocrates.

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Intitulé « Das Lied der Moorsoldaten », il fut traduit en français sous le titre de « Chant des Marais ».

Il fait entendre la plainte des antifascistes et des juifs, premiers internés dans ces camps.

 

Pendant longtemps les auteurs de ce chant nous furent inconnus, mais dans un bulletin d’avril 1977, l’Amicale de MAUTHAUSEN signala que ce chant, né au camp de BÖGERMOOR en juillet-août 1933 fut écrit par Johann ESSER, un mineur. Il fut ensuite remanié par Wolfgang LANGHOFF, un acteur.

Ce poème avait alors pour nom « Börgermoorlied ». Un autre détenu, Rudi GOGUEL, un employé, en composa la musique.

Par la suite des détenus d’autres nationalités l’adoptèrent, c’est alors qu’il connut des variantes dans les paroles et les adaptations musicales.

 

Laissons la parole à Rudi GOGUEL dans ce texte tirés de ses mémoires:

« Les seize chanteurs, pour la plupart membres de l'association ouvrière de chant de Solingen, défilaient bêche à l'épaule dans leurs uniformes de police verts (nos vêtements de prisonnier de cette époque-là). Je menais la marche, en survêtement bleu, avec un manche de bêche brisé en guise de baguette de chef d'orchestre. Nous chantions, et déjà à la deuxième strophe, presque tous les mille prisonniers commençaient à entonner en chœur le refrain. De strophe en strophe, le refrain revenait de plus belle et, à la dernière, les SS, qui étaient apparus avec leurs commandants, chantaient aussi, en accord avec nous, apparemment parce qu'ils se sentaient interpellés eux aussi comme « soldats de marécage ».

 

C'est un chant de détresse, mais aussi chant de résistance, de dignité et d'espérance, le Chant des Marais fut inspiré par une coutume militaire en vigueur chez les SS de ce camp: les nazis faisaient chanter par les détenus des chants nazis ou des chants traditionnels allemands tirés du folklore ou de l'histoire. Parfois, par dérision ou provocation, ils leur faisaient chanter l'Internationale ou des chants communistes allemands. Ils en prenaient ensuite prétexte pour les frapper. Ce "Chant des Marais" est une réponse à ces provocations.

 

La version française du chant des marais est probablement née dans le camp de DACHAU vers 1942-1943-1944. Elle a été traduite par des déportés français de façon à ce que les prisonniers de cette nationalité puissent eux aussi la chanter.

 

Le Chant des marais est une œuvre engagée car elle lutte contre le nazisme, la privation de liberté et pour la survie des détenus. Il se termine sur une note d'espoir. Ce chant a pour but de redonner courage aux détenus, victimes de toutes les brutalités et des conditions d'existence épouvantable de l'univers concentrationnaire nazi.

 

(Version éditée en 1946)

 

Loin vers l’infini s’étendent

Des grands prés marécageux

Pas un seul oiseau ne chante

Dans les arbres secs et creux.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher ! Piocher.

Dans ce camp sinistre et sauvage,

Entouré de murs de fer

Il nous semble vivre en cage

Au milieu d’un grand désert.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher ! Piocher.

Bruits des pas et bruit des armes

Sentinelles jour et nuit

Et du sang, des cris, des larmes,

La mort pour celui qui fuit.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher ! Piocher.

Mais un jour de notre vie

Le printemps refleurira

Liberté, liberté chérie,

Je dirai : tu es à moi.

Oh ! terre enfin libre,

Où nous pourrons revivre,

Aimer !

 

(Version actuelle)

Loin dans l’infini s’étendent

Les grands prés marécageux

Pas un seul oiseau ne chante

Dans les arbres secs et creux.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher.

Dans ce camp morne et sauvage

Entouré de murs de fer

Il nous semble vivre en cage

Au milieu d’un grand désert.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher.

Bruit de chaînes, bruit des armes

Sentinelles jour et nuit

Et quitter peur, et larmes

La mort pour celui qui fuit.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher.

Mais un jour dans notre vie

Le printemps refleurira

Libre alors dans ma patrie

Je dirai tu es à moi.

Oh ! terre d'allégresse

Où nous pourrons sans cesse (bis)

Aimer. Aimer.

 

Que sont devenus les trois auteurs ?

 

Après sa libération, Johan ESSER, ancien syndicaliste communiste, poète et écrivain, se retrouva dans une grande misère. Il fut même réduit à publier des poèmes patriotiques dans des journaux proches du pouvoir. Après la guerre, il retourne au syndicalisme dans l’Allemagne de l’ouest mais rompt avec le Parti communiste. Il prend prend sa retraite en1960 et continue à publier des poèmes dans les journaux. Il meurt en 1971.

 

Rudi GOGUEL fut libéré en 1934. Il replongea sans attendre dans la résistance. Arrêté à nouveau il fut torturé et condamné à 10 ans de prison jusqu'en 1944. A peine libéré, il fut à nouveau arrêté et interné en camp de concentration à NEUENGAMME. En 1945 , il fit partie des 8 000 détenus évacués par les nazis sur des bateaux destinés à être coulés en Mer Baltique, bateaux qui seront pris pour cible par l’aviation britannique dans la confusion de la fin de la guerre. GOGUEL échappe de peu à la mort. Communiste convaincu, après la guerre, il milite pour le Parti communiste en Allemagne du sud. En 1949, il est candidat à l’élection du Bundestag pour le KPD. En 1952 il travaille à BERLIN-EST à l’Institut allemand pour l’Histoire contemporaine puis à l’Université Humboldt. Il meurt le 6 octobre 1976 à l’âge de 68 ans.

 

Wolfgang LANGHOFF sera libéré le 31 mars 1934. Il s’exila en Suisse le 28 juin 1934, et trouva un emploi à l’Opéra de ZÜRICH. Il y fit imprimer le texte du chant qui sera popularisé par Ernst BUSCH, combattant allemand des Brigades Internationales.
Il publia aussi
Die Moorsoldaten, un des premiers livres sur les camps de concentration nazis. Après la guerre, il rentre à BERLIN-EST en 1945. Il prit la direction du Deutsches Theater à Berlin de 1946 à 1963. Il est décédé en RDA en 1963.

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25/07/2016

AWANS: discours prononcé au nom de la FNC.

 

 

Discours du 21 juillet 2016 prononcé au nom de la FNC.

par Pierre BEAUJEAN

Secrétaire-Trésorier de la FNC "AWANS-BIERSET"

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Au regard de l'histoire, notre démocratie est jeune. La Belgique indépendante n'a même pas 200 ans. L'enseignement obligatoire a à peine 100 ans. Le suffrage universel date de 1919, et encore, il était limité. Les femmes votent depuis 70 ans seulement et le droit de gérer personnellement leur compte en banque a tout juste 50 ans. Le droit de vote à 18 ans date de 1981.

 

En 1831, les Constituants avaient bien instauré un état de droit. Mais c'était en fait une ébauche - les dates précitées le rappellent - et il n'a cessé de se développer depuis.

 

Cet état de droit est aussi un état de devoirs qui doit nous guider et que nous devons transmettre aux générations qui nous suivent: devoir de mémoire, devoir de vigilance, devoir d'exemplarité, devoir de sauvegarder nos droits.

 

Revenons sur le "devoir de mémoire". C'est la raison d'être de la FNC. Beaucoup s'interrogent sur l'utilité de la FNC vu qu'il ne reste quasi plus d'anciens combattants. L'expression "devoir de mémoire", dans le Larousse, a pour définition: « Obligation morale de témoigner, individuellement ou collectivement, d'événements dont la connaissance et la transmission sont jugées nécessaires pour tirer les leçons du passé."  Elle revêt divers sens selon l'institution, l'association, ou la personne qu'elle concerne.

 

Quand elle touche l'Autorité publique, elle signifie le devoir moral d’entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population; le devoir de s'opposer à l’amnésie collective qui, sous prétexte d'apaisement, impliquerait l’oubli de tous les griefs passés et interdirait même de les évoquer. Une amnésie qui deviendrait, de fait, une forme d'amnistie.

 

Ce devoir a été entériné par le biais de déclarations officielles ou de textes législatifs. A titre d'exemple, le parlement belge a adopté, le 23 mars 1995, une loi visant à réprimer le négationnisme du génocide commis par le régime nazi.

 

Quand elle concerne les associations- et notamment la nôtre - elle signifie, avant tout, le souvenir des morts, des événements malheureux, l'exercice de rituels. C’est parce que les actes de commémoration s’inscrivent dans ce contexte de pratiques collectives, rituelles, que la transmission de la mémoire est rendue possible. Et aussi que la collectivité prend conscience de son identité.

 

Le terme "Devoir de Mémoire" évoque une obligation morale, donc il est parfois rébarbatif. Pourtant il n’y a que par le passé que le présent peut être compris. Préférons donc parler de «Travail de Mémoire». Ce qui implique la responsabilité, la recherche, l'investissement personnel. Il conjugue l’évocation des faits du passé avec l'éducation citoyenne. Ainsi, parlant de la seconde guerre, on découvre qu'il est trop peu question de la collaboration, de sa genèse et de ses résurgences actuelles. Les résistants ne se sont pas uniquement battus contre l'occupant mais aussi contre un ennemi intérieur, bien souvent encore plus impitoyable.

 

Le "Travail de Mémoire" doit être jumelé avec un appel à la jeunesse, un travail en sa direction. Appeler à se souvenir, c'est d'abord faire connaître. C'est empêcher de succomber à nouveau, par ignorance, aux mêmes travers. Dans cet esprit, notre section FNC continue, chaque année, à s'adresser aux écoles et à les convier à une cérémonie d'hommage aux Monuments aux Morts.

 

Ce "travail de mémoire" nous pousse à nous interroger. Que sont devenus les grands principes fondateurs des démocraties ? Principes au nom desquels les anciens combattants ont été mobilisés ?

Dans le monde, l'an dernier, 185 personnes ont été assassinées du fait de leur lutte pour la défense de l'environnement. L’actualité nous montre à travers le monde la souffrance, la violence, la guerre,
L’actualité nous montre à la frontière de l'Europe, la détresse, la misère, l’abandon.

 

Nous voyons, même chez nous, les malveillances, les querelles, les actes d’incivilité, la méchanceté, la calomnie, notamment sur les réseaux dits sociaux. Nous entendons les poisons que certains se réjouissent de diffuser dans la vie publique. Nous entendons les résurgences du racisme, la facilité avec laquelle on accepterait de faire l'impasse sur des droits fondamentaux. C'est là que doivent intervenir le "devoir de vigilance", le "devoir d'exemplarité" , le "devoir de sauvegarder nos droits".

 

Chez nous, on vit la liberté au quotidien. On ne pense pas que c'est important. La liberté, peut être comparée à l'eau courante: aussi longtemps qu'elle coule, on ne songe pas à s'en émerveiller. On en prend seulement conscience le jour où le robinet ne coule plus. Se battre pour la conserver est donc toujours d'actualité.

 

 

 

28/05/2016

Le blog " AWANS: Mémoire et Vigilance " et les écrivains combattants et résistants.

 

Les écrivains combattants et résistants.

AWANS: Mémoire et Vigilance

Site: http://awans-memoire-et-vigilance.skynetblogs.be

 

Sur le site de " AWANS: Mémoire et Vigilance ", figurent divers articles de recherches sur les écrivains combattants et résistants. Aucune classe sociale n'échappa à la guerre de 14/18 ( à la suivante non plus, d'ailleurs ). Les écrivains y prirent aussi part, souvent comme simples soldats. Ils nous ont laissé leurs témoignages.

 

Ainsi, nous nous sommes efforcés de retracer leur carrière, aussi bien citoyenne ou politique, et pas seulement littéraire.

 

L'important est de pouvoir suivre leur évolution: la période avant 1914 ( pour la plupart ), leur engagement ( ou leur connaissance ) de la guerre de 14-18, leur façon de s'engager ( ou non ) dans l'entre-deux guerres, leur engagement ( ou non engagement ) durant le seconde guerre mondiale et leur fin de carrière après 1945.

 

En 14-18, leurs oeuvres sont écrites de la base. Les officiers supérieurs écrivent leurs mémoires mais ils ne passent pas à la postérité… leurs livres sont vite oubliés. En revanche, le point de vue qui parle aux lecteurs est celui du fantassin égaré qui ne comprend pas ce qu'il fait là, quels sont les objectifs de l'état-major et combien de temps tout cela durera encore.

 

Nous sommes surtout attardés sur les écrivains belges et français, sans mettre dans l'oubli les écrivains d'autres nationalités ( même allemands ou autrichiens ).

 

Le moment est venu de faire un petit relevé et de vous engager à revoir, chaque fois, sur le site http://awans-memoire-et-vigilance.skynetblogs.be l'article correspondant.

AWANS, combattants, combattants, résistants, 14-18, 40-45

 

Sur le site, en colonne de gauche, se trouve le moyen de correspondre. Nous vous invitons à communiquer vos avis par ce moyen.

 

Liste arrêtée à ce jour:

 

Georges DUHAMEL ( le 08/07/2009 ) Médecin-écrivain, engagé volontaire de 1914. Défend par après l’idée d’une civilisation construite sur le cœur de l’homme et non sur le progrès technique. Oeuvres interdites durant l'occupation.

 

Robert VIVIER ( le 01/08/2009 ) Professeur à l'Université de LIEGE, écrivain. Engagé volontaire en 1914. Résistant en 40-45.

 

Jean TOUSSEUL ( le 17/08/2009 ). Ecrivain autodidacte, pacifiste convaincu. Témoin du Massacre d'ANDENNE en août 1914. Victime d'une dépression durant l'occupation.

 

Roland DORGELES ( le 03/09/2009 ). Engagé volontaire de 1914, bien que réformé. Un des plus grands et brillants auteurs de guerre français. Actifs chez les anciens combattants. A cependant, en 1939 et 1940, une attitude bizarre ( collaboration à GRINGOIRE ). Mais se reprend et doit vivre dans la clandestinité.

 

Henri BARBUSSE ( le 09/10/2009 ). Volontaire de la guerre de 14-18, à 41 ans bien que réformé. Devient Président d'une association d'anciens combattants de gauche, l'ARAC. S'engage au Parti communiste après la guerre. Mais finit par s'écarter de la ligne officielle.

 

Georges BERNANOS ( le 24/10/2010 ). Que certains s'étonnent de trouver ici, car il débuta comme maurrassien. En aôut 1914, se fit engager bien que réformé.Blessé à diverses reprises. S'éloigne de l'Action française suite à la Guerre d'Espagne. Durant la seconde guerre, un des plus farouches opposants au Maréchal Pétain.

 

Louis GUILLOUX ( le 31/12/2010 ). Témoin de la première guerre ( trop jeune ). Mais malgré tout très marqué. Dans les années 30, militant antifasciste. Résistant durant le seconde guerre.

 

Hubert KRAINS ( le 09/04/2011 ). Haut fonctionnaire et écrivain hesbignon. Durant la guerre de 14-18, s'éleva contre la politique de l'occupant qui poussait vers une séparation entre flamands et wallons. Militant wallon.

 

Gabriel CHEVALLIER ( le 23/04/2011 ). Témoin méconnu de la guerre de 14-18 car plutôt connu comme auteur satirique. Mobilisé et blessé durant la guerre. Dénonce dans des romans la guerre et décrit la peur des soldats.

 

Blaise CENDRARS ( le 29/05/2011 ). D'origine suisse. Engagé volontaire dans le but d'obtenir sa naturalisation française. Grand invalide de guerre. Est pourtant un moment tenté par le franquisme. Correspondant de guerre en 1940. Accablé moralement par la débâcle de 1940.

 

Hubert STERNIET ( le 08/09/2011 ). Ecrivain hesbignon. Enseignant. Lorsque la guerre éclate, son patriotisme lui fait prendre des risques. Il n'hésite pas à s'exprimer publiquement. Il est destitué de son poste par les Allemands. Après la fin des hostilités, il signe, dans le premier numéro du journal "Le Soir", un texte enthousiaste, intitulé "Au soldat".

 

Jean GIONO ( le 03/02/2012 ). grand témoin et acteur de la guerre 14/18. De celle-ci, il sortit résolument pacifiste. Ce qui lui joua de vilains tours. Lors de la seconde guerre, il connut à deux reprises l'emprisonnement: la première fois en 1939 sous l'accusation de défaitisme, la seconde fois lors de la Libération sous l'accusation de collaboration. pourtant, dès 1913, il avait subi la censure allemande.

 

Joseph KESSEL ( le 18/02/2012 ). En 1914, bien qu'étranger s'engagea. Auteur d'un roman de guerre. Cofondateur de GRINGOIRE, mais s'en écarte en 1936 suite à l'orientation politique du journal. Rejoint la Résistance, Londres et les FFI. Coauteur du Chant des Partisans.

 

Jean GUEHENNO ( le 13/03/2012 ). Engagé en août 1914. Blessé au combat. Après 1918, militant pacifiste et antifasciste. Résistant en 40-45.

 

Léon-Ernest HALKIN ( le 04/04/2012 ). Professeur à l'Université de LIEGE. Résistant, prisonnier politique et militant wallon.

 

Arthur HAULOT ( le 20/036/2012 ). Résistant, prisonnier politique,poète, haut fonctionnaire et artisan de la mémoire.

 

Henri LA FONTAINE ( le 03/09/2012 ). Un grand pacifiste belge.

 

Roger VERCEL ( le 02/11/2012 ). Témoin d'une page méconnue de la guerre de 14-18: le corps expéditionnaire français dans les Balkans. Auteur d'un article assez en 1940. Seul faux-pas qui lui valut, en 1945, l'emprisonnement et une inculpation. sans aucune suite qu'une démission d'office de son poste de fonctionnaire.

 

Maurice GAUCHEZ ( le 25/11/2012 ). Ecrivain belge. Combattant de 14-18. résistant en 40-45.

 

Max DEAUVILLE ( le 06/01/2013 ). Combattant belge. Auteur de cinq romans de guerre. Pacifiste.

 

ALAIN ( le 02/02/2013 ). Philosophe, enseignant. Volontaire de guerre.

 

 

Maurice des OMBIAUX ( le 03/03/2013 ). Collaborateur du gouvernement belge en exil AU HAVRE. Après guerre, membre d'un Comité revendiquant des annexions supplémentaires. Correspondant de guerre en 1940, mais sa santé l'en empêche.

 

Roger MARTIN du GARD ( le 02/06/2013 ). Mobilisé lors de guerre de 14-18. Raconte sa guerre. Incite à la résistance.

 

Georges LINZE ( le 30/10/2013 ). Enseignant liégeois. Profondément marqué par la guerre de 14-18. pendant la seconde guerre mondiale, participa à la Presse clandestine.

 

Louis BOUMAL ( le 30/03/2014 ). Ecrivain et poète liégeois. Mobilisé en 1914. Victime de la guerre.

 

Constant BURNIAUX ( le 21/04/2014 ). Instituteur, poète et romancier. Mobilisé en 1914. Durant la guerre de 40-45, il refuse de publier quoi que ce soit. Pour lui, assurer une vie culturelle sous l'occupation était déjà une forme de collaboration ou, en tout cas , de soumission.

 

Marc BLOCH ( le 06/05/2014 ). Historien français, témoin de la guerre de 14-18, résistant de la seconde. Exécuté par les Allemands.

 

Lucien CHRISTOPHE ( le 21/05/2014 ). Engagé volontaire en 1914. Rejoint l'armée belge via la Hollande.

 

Marcel THIRY ( le 12/06/2014 ). Volontaire de 14-18. Ecrivain de guerre, antirexiste, résistant, homme politique ( militant wallon ).

 

Lucien JACQUES ( 03/09/2014 ). Antimilitariste, libertaire, il remplit néa,moins son devoir en 1914. S'isole durant la seconde guerre.

 

Martial LEKEUX ( le 19/01/2015 ). Moine-soldat, combattant de 14-18. rejoint LONDRES en mai 1940.

 

Romain ROLLAND ( le 28/05/2015 ).

 

René ARCOS ( le 02/11/2015 ). Correspondant de guerre en 14-18. Militant antifasciste et pacifiste de l'entre-deux-guerres. On a aucune information sur son comportement en 40-45. Pourtant, on peut être certain qu'il n'a jamais dévié de ses convictions. Son amitié indéfectible avec Romain ROLLAND en est la preuve.

 

Arnold ZWEIG ( le 22/12/2015 ). Engagé volontaire dans l'armée allemande en 1914. La Guerre de 14-18 le marqua profondément. C'est alors qu'il fut confronté à l'antisémitisme et au sionisme. Ecrivain pacifiste. Il combine, étrangement, pacifisme, sionisme, engagement politique en DDR...et pourtant censuré.

AWANS, combattants, combattants, résistants, 14-18, 40-45

 

 

28/04/2016

Pourquoi commémorer le 8 mai ? Texte du " Message du C.A.P.O.R.A.L.

Dernièrement, un article à ce sujet a été publié sur ce site. Comme en écho, je reçois, ce jour, le bulletin d'OUPEYE " Le Messager du C.A.P.O.R.A.L. "

Pour gouverne "C.A.P.O.R.A.L." signifie " Comité de associations patriotiques pour le regroupement des activités locales.

Un texte sur le même thème y a été publié. On le reproduit ci-après. Il mérite toute notre attention. Il conforte et complète notre propre contribution.

Le texte s'intitule, modestement: " Petite réflexion personnelle "

" A quoi ça sert de commémorer le 8 mai, le 11 novembre ? C'est une question que l'on pose depuis un certain temps, et de plus en plus ! Et nous répondons chaque fois par des paroles prononcées par d'autres avant nous, du style '' Ceux qui ne savent pas se rappeler le passé sont condamnés à le revivre'' ( Georges Santayana )

Et certains de dire alors: '' De toutes façons, que voulez-vous que nous fassions ? Ce n'est pas nous qui décidons de ce qui va se passer !''

Et pourtant, les pages d'histoire sont pleines de ces gens qui n'étaient pas appelés à décider de l'avenir de leur pays. Vous voulez des exemples ? Chez nous ? Ils fourmillent !

En 1914, sans remonter trop loin, qui a permis à notre petite armée de se retrouver à l'abri de la poursuite allemande après la retraite d'ANVERS ? Un simple éclusier qui a l'idée d'inonder la plaine de l'YSER, ce qui va empêcher l'ennemi d'exterminer nos soldats, mais aussi de défendre le secteur ainsi formé pendant quatre longues années. Ce n'est pas le roi, ni ses ministres qui ont eu cette idée, mais un simple habitant, comme vous et moi.

Un autre exemple durant la même guerre ? Tous ces petits résistants qui surveillaient les lignes de chemin de fer près de chez nous, ont pu signaler au ré&seau de Dieudonné LAMBRECHT qu'un nombre beaucoup plus important que d'habitude de troupes et de matériel arrivaient en Champagne. Les Français avertis, ils lancent une attaque avant que l'ennemi ne soit prêt, empêchant ainsi une avance allemande qui aurait pu être dramatique pour les alliés. S'agissait-il du roi, d'un président, d'un ministre qui était intervenu en premier ? Non, c'étaient des citoyens, comme vous et moi..

Des exemples comme ceux-là, nous pourrions en citer bien d'autres car ces faits se sont répétés durant la seconde guerre mondiale, mais aussi entre les guerres. Les services de contre-espionnage, pour ne citer qu'eux, même s'ils ne sont pas toujours fiables, empêchent bien des problèmes entre états.

Il ne faut pas oublier qu'il faut toujours être prêt à jouer un rôle positif dans l'histoire de notre présent pour que l'avenir soit sans retour aux drames vécus par nos parents et grands-parents. C'est à cela que servent les commémorations, à garder la vigilance qui permettra à nos enfants de vivre dans la liberté gagnée par leurs ancêtres. Et il faut qu'ils le sachent. "

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06/05/2014

MARC BLOCH: UN HISTORIEN, TEMOIN DE LA GUERRE 14-18, DE L'ENTRE-DEUX-GUERRES et RESISTANT DE LA SECONDE.

 

 

BLOCH Marc

 

 

 

Né à LYON le 6 juillet 1886

 

 

 

Mort sous les balles allemandes le 16 juin 1944 à SAINT-DIDIER-de-FORMANS

 

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L'un des plus importants historiens du 20° siècle dont la carrière fut brisée net à 57 ans.

Marc Bloch a été acteur. Il a combattu dans les deux guerres et a joué un rôle important dans la Résistance.

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Marc BLOCH est né le 6 juillet 1886 à LYON dans une famille intellectuelle. Son père y occupait, à la Faculté des Lettres, une chaire d'histoire et d'antiquités gréco-romaines. Il appartenait, du côté paternel, à une famille juive originaire d'Alsace. Sa famille fut ce que l'on appela, après 1871, une famille d'optants. C'est-à-dire ayant choisi de conserver la nationalité française et donc de quitter les départements devenus allemands en 1871 avant le 1° octobre1872. Les optants furent environ 100000 sur 1597000 personnes concernées. On est loin du flux d'émigrés que l'on cite parfois.
Il se définit comme un juif laïc. Il conteste d'ailleurs la notion de judaïté. Il conteste toute spécificité juive. Il ne se revendiquera comme juif que lorsqu'il se trouvera en face d'antisémites. Voir ci parès un txet de sa part:
 « Je suis Juif, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n'en tire ni orgueil ni honte, étant, je l'espère, assez bon historien pour n'ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité....

...Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d'un antisémite. »

On sait très peu de choses sur son enfance et son adolescence, les documents et les témoignages étant rares. On peut cependant dire qu'elle fut heureuse selon ses propres mots ( " Je mentirais en disant que je ne regrette pas la vie ; je serais injuste envers vous qui me l'avez faite si douce". ) Mots écrits en 1915, au front, à l'intention de ses parents dans un « Testament ». L'historien et le savant sont mondialement connus. Il n'en est pas de même de sa vie. Cette vie est courte et exceptionnelle.
Après des études secondaires, au lycée Louis-le-Grand à PARIS, il entre, en 1904, à l'École Normale supérieure. Il en sortira agrégé d'histoire en 1908. Entre 1908 et 1914, il poursuit sa carrière universitaire: plusieurs séjours dans les Universités à BERLIN et LEIPZIG pour se familiariser les méthodes de l'école historique allemande, très en avance à l'époque; publication de ses premiers articles d'histoire médiévale; pensionnaire de la Fondation THIERS et de 1912 à 1914 et professeur d'histoire et de géographie aux lycées de MONTPELLIER et d'AMIENS.
Né fin du dix neuvième siècle, il a vécu la grande guerre avec son cortège de souffrances et d'horreurs que la majorité d'entre eux ont faite. Comme ses contemporains, il a été marqué physiquement et moralement. Il est mobilisé en août 1914 aux premiers jours du conflit comme sergent d'infanterie. Il est démobilisé en 1919 au grade de capitaine après avoir été cité quatre fois à l'ordre de l'armée et avoir reçu la croix de guerre. Il se marie le 23 juillet de cette même année. Le ménage aura six enfants.
Cette même année, il reprend sa carrière universitaire. Il est chargé de cours d'histoire du Moyen Age à la faculté de STRASBOURG. Belle revanche sur l'histoire pour un fils d'une famille d'optants ! Il y devient professeur sans chaire en 1921, puis professeur d'histoire du Moyen Age en 1927. Il y reste jusqu'en 1936 où il a accompli l'essentiel de son oeuvre d'enseignant et de chercheur. En 1929, il fonde les Annales d'histoire économique et sociale.
En 1936, il est nommé maître de conférence à la Sorbonne et professeur en 1936. En 1920, il y avait déjà soutenu sa thèse de doctorat d'État, «  Rois et Serfs, un chapitre d'histoire capétienne ».
Le 24 août 1939, malgré son âge ( 53 ans ), une famille nombreuse et une polyarthrite qui le dispensaient des obligations militaires, il est mobilisé, sur sa demande, comme capitaine d'état-major. Il se déclarait « le plus vieux capitaine de l’armée française », grade auquel il était resté depuis 1918. A la fin de la bataille des Flandres il rallie Dunkerque pour ne pas se rendre. Il passe en Angleterre, rentre à Cherbourg où il contribue au regroupement de l'armée du Nord. Après l'armistice, le 2 juillet 1940, il passe en zone «  libre », déguisé en civil.
Il est d'abord exclu de la fonction publique, comme juif, par les décrets de Vichy d'octobre 1940. Peu après il est relevé de sa déchéance » « pour services scientifiques exceptionnels rendus à la France » et détaché à l'université de Strasbourg repliée à Clermont- Ferrand. En 1941,la santé de sa épouse exigeant un séjour dans le Midi, il est affecté à l'Université de Montpellier. Il est en butte à l'hostilité du doyen de la faculté des lettres, antisémite déclaré. Après le débarquement des Américains en Afrique du Nord et l'invasion de la zone libre par les troupes allemandes, il est contraint de se réfugier à Fougères dans la Creuse où il possède une maison de campagne.
A CLERMONT-FERRAND, il avait pris contact avec les premiers groupes de Résistance. A MONTPELLIER, il adhère au réseau « Combat » et contribue à organiser le mouvement clandestin sur le plan régional. En 1943, il passe dans la clandestinité dans le mouvement « Franc-Tireur » et regagne Lyon. Il est membre du Directoire régional des mouvements unis de résistance. Sous les pseudonymes de « Chevreuse », puis « Arpajon » et « Narbonne », il constitue les comités de la libération de la région et met en place le dispositif de l'insurrection pour les dix départements dépendant de LYON. Son nom est fréquemment associé à la Résistance.
Le 8 mars 1944, il est arrêté et torturé par la Gestapo. On lui brise le poignet, on lui défonce les côtes et on le soumet au supplice du bain glacé. Il est ramené, dans le coma, à la prison de MONTLUC. Le 16 juin 1944, on le fait monter dans un camion avec d'autres détenus dont un jeune garçon de dix-sept ans qui pleure. Marc BLOCH le réconforte: « Ils vont nous fusiller, n'aie pas peur, ils ne nous feront pas mal... Cela ira vite. » A SAINT-DIDIER-DE-FORMANS, le camion s'arrête au bord d'un champ. Il est fusillé le premier. En tombant, il crie: « Vive la France. ».

Sa femme est morte le 2 juillet 1944 à LYON, à l'âge de 50 ans, sans doute dans l'ignorance de la mort de son mari.

 

Il aura vécu le naufrage de la III° république. Il a étudié cet événement, de façon scientifique, comme historien et en a tiré un livre «  L'Etrange Défaite » écrit de juillet à septembre 1940. Ce livre, destiné à n'être publié que dans une France libérée, parut en 1946 par les soins du mouvement « Franc-Tireur ». Dans cet ouvrage, il accrédite l'idée que l'échec de l'armée française, en 1940, est imputable aux plus hauts niveaux de commandements, autant à l'égard de la préparation qu'à celui des combats. Il ouvre la question de savoir dans quelle mesure les élites n'ont pas préféré une victoire du nazisme face aux montées du communisme. Ce livre devait s'appeler " Témoignage ", mais la publication d'un ouvrage portant le même titre a contraint l'adoption d'un autre nom.
« « Franc-Tireur» fut fondé à Lyon en novembre 1940 sous le nom « France Liberté », rebaptisé « Franc-Tireur » en décembre 1941. Ce fut aussi le nom du journal clandestin du mouvement.
Marc BLOCH a aidé la discipline historique en France à se renouveler en profondeur, grâce, notamment, à l'intérêt pour les phénomènes de mentalités, d'anthropologie, de société et d'économie. Il est l'auteur des « Rois thaumaturges » (1924), des « Caractères originaux de l'histoirerurale française » (1931), de « La Société féodale » (1939-1940), de  l'Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien » (publication posthume en 1949).

09/07/2007

AWANS: CELEBRATION DE LA FIN DE LA GUERRE A OTHEE.

 

COMMEMORATION DE LA FIN DE LA GUERRE A OTHEE.

 

Voici la reproduction de l’article envoyé par le Président de la section FNC d’OTHEE et paru dans le « Journal des Combattants ». Il s’agit en fait de son discours ::

 

La messe est célébrée en mémoire de toutes les victimes de cette longue guerre:

 

  " Nous pensons en particulier aux amis disparus depuis un an : Henri BRCK, Albert MACOURS et Marcel MATTEYS.

   Il est toujours agréable de fêter une victoire mais celle-ci cachait la somme de sacrifices endurés par les civils, les résistants et les combattants. Nos pensées vont vers tous ceux-là par qui la paix est revenue chez nous.

   Merci au Bourgmestre , aux échevins et aux amis de la section de VILLERS de rehausser la cérémonie avec leur drapeau ; merci au public fidèle au monument, toujours sous le charme de notre estimée fanfare.

   Merci aux porte-drapeaux. »

 

Le verre de l’amitié a clôturé cette jounée anniversaire.

 

Lors de l'hommage au monument, les représentants de la section d'AWANS s'étaient joints avec leur drapeau.