03/06/2016

Robert d'HARCOURT, aristocrate français, prisonnier évadé de 14-18, militant antifasciste, et résistant.

Sur ce site " AWANS: Mémoire et Vigilance ", nous avons eu l'occasion d'étudier le parcours d'écrivains combattants ou d'écrivains ayant été fortement influencés par la guerre de 14-18.

Nous avons vu que si leur expérience de la guerre était quasiment semblable, leur évolution après l'armistice a souvent été différente: certains ont milité dans les associations d'anciens combattants parfois concurrentes, d'autres non; la plupart ont mené une action politique, mais parfois en sens opposé: certains devinrent antimilitaristes, militants de gauche ( parfois extrême ) alors que d'autres ont pris un chemin inverse ( BERNANOS jusqu'à la guerre d'ESPAGNE ); leur attitude en 40-45 fut aussi diverse, si la plupart ont participé à la résistance, d'autres ont eu une attitude moins engagée et parfois moins digne; leur engagement après 40-45 fut aussi diverse. Le cas extrême que nous hésitons beaucoup à publier est Louis Ferdinand CELINE qui alla jusqu'à l'ignomignie.

En résumé, on peut affirmer que la guerre de 14-18 les a tous profondément marqués mais sans les impliquer dans une ligne de conduite uniforme.

 

 

Robert d'HARCOURT.

 

Né à LUMIGNY ( SEINE ET MARNE ), le 23/11/1881.

Décédé à PARGNY-lez-REIMS ( MARNE ), le 18/06/1965

Intellectuel catholique français, germaniste, essayiste et résistant.

Membre de l'Académie française.

combarrants, prisonniers, 14-18, résistance, antifascisme, nazisme.

 

Robert d'HARCOURT est issu d'une vieille famille de la noblesse française. Il est le deuxième fils et le quatrième enfant du comte Pierre d'HARCOURT et d'Adélaïde-Alix de MUN.

Très jeune, il éprouve de la passion pour les lettres anciennes: il traduit deux traités de Cicéron, un livre des Géorgiques de Virgile, le Catilina de Salluste, le Phédon de Platon, l’Anabase et la Cyropédie de Xénophon. Outre cette passion, il fut un brillant germaniste.

Après une thèse de doctorat sur le poète et romancier suisse de langue allemand Conrad F. MEYER, il devint titulaire de la chaire de langue et littérature germaniques à l'Institut catholique de Paris. Il publia en 1914 un ouvrage consacré à Conrad MEYER.

 

Versé dans l’artillerie comme sergent pendant la Première Guerre mondiale, il fut grièvement blessé à deux reprises et fait prisonnier.

 

D'HARCOURT tentera de s'évader une première fois, ce fut un échec. Lors de sa deuxième tentative, il se cacha dans un entrepôt où il fut découvert par un Allemand. Ce dernier ne le dénonça pas et l'aida, la nuit venue, à sortir de la ville: 

« [...] puis me guida à travers un dédale de ruelles et de cours, dans lequel je ne me serais jamais reconnu seul, jusqu'à l'entrée d'une rue où il m'abandonna, non sans m'avoir vigoureusement serré la main en me souhaitant bonne chance. » Il narre son expérience dans " Souvenirs de captivité et d’évasion d’un camp de Bavière ".

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Contrairement à des livres comme Le Feu d’Henri BARBUSSE, les écrits des prisonniers de guerre sont peu connus, leur mémoire s’est peu à peu perdue. Les prisonniers ne furent que des soldats oubliés à qui l’on n’a pas donné le nom de "Poilus". Le retour d'Allemagne de la plupart d'entre eux fut tardif (en 1919 essentiellement). Beaucoup ont du rentrer par leurs propres moyens. La société s'est peu préoccupée d'eux. Ils sont peu à peu tombés dans l'oubli. Leurs récits eurent moins de succès que celle des écrivains-combattants. Le statut de prisonnier n’est pas un statut que l’on exprime.

Dans l'entre-deux guerres, sa connaissance de l'Allemagne l'amène à dénoncer dès 1933 le régime nazi. Ainsi, en 1936, il publie l'Évangile de la force, dans lequel il dénonce l'embrigadement des jeunes allemands au sein des mouvements nazis et il souligne l'incompatibilité radicale entre l'idéologie raciste nazie et le christianisme. Ce qui était une contribution importante à la lutte antifasciste car l'extrême-droite tentait fortement une certaine frange des catholiques. En 1938, ce fut Catholiques d'Allemagne. Cependant, il combat les préjugés afin de donner de l’Allemagne l'image la plus objective possible.

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Quand vint l'Occupation, Robert d'HARCOURT devint une des figures de la résistance intellectuelle en s'engageant dans la presse clandestine. Passé en zone dite libre pour échapper aux poursuites, on le retrouve à l’Université catholique de LYON. Mais il préféra regagner Paris afin de s’engager aux côtés de la résistance intellectuelle.

 

Le 14 février 1946, il fut élu  à l'Académie française avec quatre autres candidats. Cette élection groupée visait à combler les places vacantes laissées par la période de l'Occupation. Ses deux fils ayant été déportés en Allemagne, il avait attendu qu’ils fussent libérés pour poser sa candidature.

 

La même année, il écrit Le nazisme peint par lui-même, dernière contribution à son combat antifasciste.

 

Il consacre ensuite la plus grande partie de son œuvre à la littérature, à la pensée et à l'évolution politique de l'Allemagne.

 

Ensuite, en spécialiste de l’Allemagne, il s’est attaché à une sorte d’examen clinique de ce pays. Les trois années ( de 1961 à 1963 ) sur lesquelles porte cette étude sont des années de mutation et de crise, marquées par la disparition de la rassurante administration Eisenhower, le procès Eichman, le mur de Berlin, le déclin du chancelier Adenauer. A l’écoute de l’opinion allemande, il perçoit clairement que celle-ci pèse pour une politique étrangère qui consisterait en une fidélité inconditionnelle à l’Amérique et dans la recherche du dialogue avec l’Est. Cela pose problème car de GAULLE n'est pas partisan de la première option et ADENAUER plus que frileux envers la seconde.

 

Décédé le 18 juin 1965, peu de temps après son épouse, il repose au cimetière de PARGNY-LEZ-REIMS.

 

C. F. Meyer, sa vie, son œuvre (1825-1898), 1913

  • Souvenirs de captivité et d'évasions 1915-1918, 1922

  • La Jeunesse de Schiller, 1928

  • L'Éducation sentimentale de Goethe, 1931

  • Goethe et l'Art de vivre, 1935

  • L'Évangile de la force, le visage de la jeunesse du IIIe Reich, 1936

  • Catholiques d'Allemagne, 1938

  • Le Nazisme peint par lui-même, 1946

  • Les Allemands d'aujourd'hui, 1948

  • La Religion de Goethe, 1949

  • Visage de l'Allemagne actuelle, 1950

  • L’Allemagne est-elle inquiétante ?, 1954

  • Konrad Adenauer, 1955

  • L'Allemagne d'Adenauer, 1958

  • L'Allemagne et l'Europe, Allemagne européenne, 1960

  • L'Allemagne, d'Adenauer à Erhard, 1964

 

 

 

25/05/2016

AWANS: nouvelle plongée dans les archives de la FNC.

Une nouvelle plongée dans les archives de la FNC "AWANS-BIERSET "

en 1955.

Composition du Comité:

Présidents: L. SEPTON, J. DAVID, E. NIVELLE ( Pourquoi trois Présidents ? )

Vice-Présidents: J. GOHY et G. THIRY ( même remarque )

Secrétaire et adjoint: R. DONCEEL et H. ROUCHE

Porte-drapeaux: BUDENAERS, LAGNEAU et SCHOUBEN

Commissaires: DOYEN, DECELLE, ROUMA, NIHON, BREES, DERWAE, WERY, DUPAS, COELEN et maurice BARCHY ( futur bourgmestre d'AWANS )

Nous trouvons une rubrique intéressante intitulée "Effectifs":

" Après le renouvellement des cotisations de 1954, nous comptions 211 membres. Nous avons eu à déplorer les décès suivants, les camarades HODEIGE, PIERRE et LARDINOIS, ce qui nous ramenait à 208 membres. En fin d'année, les membres dont les noms suivent ont démissionné pour 1955: D...,H...,Vve M... et P. M... soit resetnt 204 membres. Les listes de membres dressées à ce jour et transmises au bureau fédéral font apparaître un effectif de 213 membres. nous avons donc enregistré 9 nouvelles inscriptions."

Nous qui sommes fiers de nos 37 membres pour 2016 !

Enfin, on parle d'un "pacte local ". je vous donne le texte:

" Le PACTE A TROIS groupant les associations:

  Fédération Nationale des Combattants ( FNC )

  Fédération Nationale des Invalides et mutilés de guerre ( FNI )

  Fédération Nationale des Anciens Prisonniers de Guerre ( FNAPG )

- réunissant l'ensemble des anciens Combattants;

- ayant reconnu leur profonde communauté de vues sur les problèmes d'ordre patriotique et d'ordre moral;

- ont décidé d'unir dorénavant leurs efforts au sein d'un directoire des Anciens Combattants et de prendre toutes initiatives..."

Actuellement, pour AWANS, il ne subsiste plus que la FNC. 

Il est évident que ici nous ne parlons que des anciennes communes. A savoir AWANS, BIERSET, FOOZ et HOGNOUL.

AWANS 14-18.jpg

 

 

09/06/2007

HUY. LE FORT DE HUY: SITE DE MEMOIRE A VISITER.

 

FORT DE HUY

 

Informations pratiques :

Périodes d'ouverture :

  • du Dimanche 1 Juillet 2007 au Vendredi 31 Août 2007
    • TOUS LES JOURS : 11:00-19:00
  • du Samedi 1 Septembre 2007 au Dimanche 30 Septembre 2007
    • LUNDI-VENDREDI : 09:00-12:30
    • LUNDI-VENDREDI : 13:00-16:30
    • SAMEDI-DIMANCHE : 11:00-18:00
  • du Dimanche 8 Avril 2007 au Samedi 30 Juin 2007
    • LUNDI-VENDREDI : 09:00-12:30
    • LUNDI-VENDREDI : 13:00-16:30
    • SAMEDI-DIMANCHE : 11:00-18:00

Construit entre 1818 et 1823 à l'initiative du gouvernement hollandais à la place d'un ancien château qui fut le siège de bien des combats au XVIIeiècle. Il a été érigé à la suite de la bataille de Waterloo

La visite de l'édifice nous plonge dans les douloureux moments qu'ont vécu les prisonniers du fort. Une rampe permet d'accéder aux escaliers menant à l'entrée. Les cachots reconstitués, les matelas en paille sur lesquels dormaient les prisonniers et la salle d'interrogatoire sont autant d'éléments qui renseignent sur l'usage que les Allemands ont fait du lieu. Bien que doté d'une puissance de feu importante (capacité totale de 600 hommes dont 100 canonniers), le fort de Huy ne joua jamais de rôle militaire, ni en 1914 et en 1940. Durant la guerre 1914-1918, l'armée allemande y établit un camp de discipline pour ses troupes et où ils mettaient au frais des réfractaires à la guerre et des déserteurs. En 1932, l'édifice connaît ses premières activités touristiques grâce à la société «Le fort de Huy». Le plateau du fort offre une belle vue panoramique.

 

Mais huit ans plus tard, c'est de nouveau la guerre et l'ouvrage servit de camp de détention pour prisonniers politiques, otages et résistants. Les nazis utilisèrent le fort comme un bagne où étaient détenus des Belges, des Français et des Anglais, bref des soldats, et des personnes réfractaires à la guerre. Plus de 7000 personnes ont été casernées au fort pendant des délais variables. Pour la plupart des prisonniers, le fort n'était qu'une étape, un centre de triage vers les tristes camps de concentration: Dachau, Auschwitz, etc. Dix personnes sont mortes au fort dont cinq fusillées. Les Allemands ont occupé le fort durant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont commencé à libérer les prisonniers par petits groupes le 5 septembre lorsque les troupes américaines ont occupé Namur.»