25/07/2016

AWANS: discours prononcé au nom de la FNC.

 

 

Discours du 21 juillet 2016 prononcé au nom de la FNC.

par Pierre BEAUJEAN

Secrétaire-Trésorier de la FNC "AWANS-BIERSET"

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Au regard de l'histoire, notre démocratie est jeune. La Belgique indépendante n'a même pas 200 ans. L'enseignement obligatoire a à peine 100 ans. Le suffrage universel date de 1919, et encore, il était limité. Les femmes votent depuis 70 ans seulement et le droit de gérer personnellement leur compte en banque a tout juste 50 ans. Le droit de vote à 18 ans date de 1981.

 

En 1831, les Constituants avaient bien instauré un état de droit. Mais c'était en fait une ébauche - les dates précitées le rappellent - et il n'a cessé de se développer depuis.

 

Cet état de droit est aussi un état de devoirs qui doit nous guider et que nous devons transmettre aux générations qui nous suivent: devoir de mémoire, devoir de vigilance, devoir d'exemplarité, devoir de sauvegarder nos droits.

 

Revenons sur le "devoir de mémoire". C'est la raison d'être de la FNC. Beaucoup s'interrogent sur l'utilité de la FNC vu qu'il ne reste quasi plus d'anciens combattants. L'expression "devoir de mémoire", dans le Larousse, a pour définition: « Obligation morale de témoigner, individuellement ou collectivement, d'événements dont la connaissance et la transmission sont jugées nécessaires pour tirer les leçons du passé."  Elle revêt divers sens selon l'institution, l'association, ou la personne qu'elle concerne.

 

Quand elle touche l'Autorité publique, elle signifie le devoir moral d’entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population; le devoir de s'opposer à l’amnésie collective qui, sous prétexte d'apaisement, impliquerait l’oubli de tous les griefs passés et interdirait même de les évoquer. Une amnésie qui deviendrait, de fait, une forme d'amnistie.

 

Ce devoir a été entériné par le biais de déclarations officielles ou de textes législatifs. A titre d'exemple, le parlement belge a adopté, le 23 mars 1995, une loi visant à réprimer le négationnisme du génocide commis par le régime nazi.

 

Quand elle concerne les associations- et notamment la nôtre - elle signifie, avant tout, le souvenir des morts, des événements malheureux, l'exercice de rituels. C’est parce que les actes de commémoration s’inscrivent dans ce contexte de pratiques collectives, rituelles, que la transmission de la mémoire est rendue possible. Et aussi que la collectivité prend conscience de son identité.

 

Le terme "Devoir de Mémoire" évoque une obligation morale, donc il est parfois rébarbatif. Pourtant il n’y a que par le passé que le présent peut être compris. Préférons donc parler de «Travail de Mémoire». Ce qui implique la responsabilité, la recherche, l'investissement personnel. Il conjugue l’évocation des faits du passé avec l'éducation citoyenne. Ainsi, parlant de la seconde guerre, on découvre qu'il est trop peu question de la collaboration, de sa genèse et de ses résurgences actuelles. Les résistants ne se sont pas uniquement battus contre l'occupant mais aussi contre un ennemi intérieur, bien souvent encore plus impitoyable.

 

Le "Travail de Mémoire" doit être jumelé avec un appel à la jeunesse, un travail en sa direction. Appeler à se souvenir, c'est d'abord faire connaître. C'est empêcher de succomber à nouveau, par ignorance, aux mêmes travers. Dans cet esprit, notre section FNC continue, chaque année, à s'adresser aux écoles et à les convier à une cérémonie d'hommage aux Monuments aux Morts.

 

Ce "travail de mémoire" nous pousse à nous interroger. Que sont devenus les grands principes fondateurs des démocraties ? Principes au nom desquels les anciens combattants ont été mobilisés ?

Dans le monde, l'an dernier, 185 personnes ont été assassinées du fait de leur lutte pour la défense de l'environnement. L’actualité nous montre à travers le monde la souffrance, la violence, la guerre,
L’actualité nous montre à la frontière de l'Europe, la détresse, la misère, l’abandon.

 

Nous voyons, même chez nous, les malveillances, les querelles, les actes d’incivilité, la méchanceté, la calomnie, notamment sur les réseaux dits sociaux. Nous entendons les poisons que certains se réjouissent de diffuser dans la vie publique. Nous entendons les résurgences du racisme, la facilité avec laquelle on accepterait de faire l'impasse sur des droits fondamentaux. C'est là que doivent intervenir le "devoir de vigilance", le "devoir d'exemplarité" , le "devoir de sauvegarder nos droits".

 

Chez nous, on vit la liberté au quotidien. On ne pense pas que c'est important. La liberté, peut être comparée à l'eau courante: aussi longtemps qu'elle coule, on ne songe pas à s'en émerveiller. On en prend seulement conscience le jour où le robinet ne coule plus. Se battre pour la conserver est donc toujours d'actualité.

 

 

 

02/01/2013

SUR LA TOLERANCE ( SALMAN RUSHDIE )

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Sir Ahmed Salman RUSHDIE est un essayiste et romancier britannique d'origine indienne.

Il est né à BOMBAY le 19 juin 1947.

Objet d'une fatwa de l'ayatollah KHOMEINI, il est deevenu un symbole de la lutte pour la liberté d'expression.

Voici sa réponse à une longue question relative au fait que les islamistes se présentent comme outragés, crient au blasphème et dénoncent une islamophobie lorsqu'ils sont l'objet d'une critique.

" Une telle attitude repose sur l'idée que tout système de pensée est respectable et devrait donc échapper à la critique, considérée comme négative. Or, si je ne suis pas d'accord avec vos idées, je dois avoir le droit de les critiquer même si j'ai tort !

On ne peut exempter de toute critique un système de pensée en invoquant un quelconque racisme. une idée n'est pas une race, une religion n'est pas un groupe ethnique. Il faut protéger les individus de la violence, comme  actuellement perpétrée en Europe par des groupes néofascistes contre des membres de communautés ethniques ou religieuses. Mais on n'a pas à protéger  idées. elles sont sujettes à critique. On peut se montrer féroce envers des idées, tant que la critique intellectuelle ne se transforme pas en attaque personnelle, ad hominem.

Le désaccord intellectuel est un droit. si on estime que la religion est nuisible, ou que telle religion est plus problématique qu'une autre, on doit avoir le droit de le dire, sans être étiqueté d'islamophobe par exemple.

Je n'ai pas le droit de tabasser quelqu'un à cause de ses idées, mais j'ai le droit de tabasser ses idées. Je crains d'assister à un renversement des valeurs: au lieu  défendre le droit à la liberté d'expression, on attaque ceux qui usent de ce droit. c'est le monde à l'envers.

Le principe même de l'échange d'idées, d'une discussion ouverte, c'estque tôt ou tard l'interlocuteur va dire quelque chose qui vous déplaît fortement et même vous blesse. C'est là que commence la liberté d'expression. Il est trop facile de défendre la liberté d'expression de gens avec lesquels on est d'accord ou auxquels on est indifférent. Croire à la liberté d'expression, c'est être capable de défendre le droit à exprimer des idées auxquelles on est radicalement hostile."

Tiré du "Nouvel Observateur" du 20 décembre 2012.

"

17/06/2007

Citation de Patrick TRAUBE. LE PREJUGE

 

«  Le préjugé est à la pensée ce que le rituel obsessif est au comportement : une programmation prête à l’usage et résistante à l’usure. Il protège de la peur, mais enferme et retient prisonnier. L’envers du préjugé, c’est le refus des classifications coërcitives, des catégories limitatives, des images réductrices. C’est l’espace de liberté laissé sur la plage des relations humaines par le reflux de la peur, de la peur de l’autre, de la peur de l’autre différent »

( Patrick TRAUBE, Philosophe)

08/06/2007

Le Chant des Partisans

Le Chant des Partisans
1940-1945 : chant de la résistance
J.Kessel/M.Druon/A.Marly

 

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux dans la plaine
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne
Ohé! partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang, et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades!
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades
Ohé! Francs-tireurs, à vos armes, à vos couteaux, tirez vite!
Ohé! Saboteur, attention à ton fardeau : Dynamite!

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
Il y a des pays où les gens, au creux des lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche, nous on tue, nous on crêve.

Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe,
Ami si tu tombes, un ami sort de l'ombre à la place.
Demain, du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes
Chantez compagnons! Dans la nuit la Liberté, nous écoute.