30/08/2016

Wolfgang LANGHOFF et le Chant des Marais.

 

Le Chant des Marais.

En visite à DÜSSELDORF, j'ai découvert, insérée dans une façade, cette plaque commémorative. En essayant de connaître plus, j'ai découvert l'histoire du "Chant des Marais "

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Ce chant a été écrit dans un des premiers camps de concentration situés en Allemagne, au tout début du régime nazi, durant l’été 1933. C'était dans le camp de concentration de BÖRGERMOOR en Basse Saxe.

 

Dès son arrivée au pouvoir, Hitler mit en place des camps pour interner les opposants politiques. Ainsi on eut la création de DACHAU et de BÖRGERMOOR. Les militants communistes puis socialistes furent les premières cibles de la répression, suivis de tous ceux qui s’opposaient pour des raisons politiques ou morales ou par convictions religieuses à l’idéologie nazie.

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Le régime y est dur. Les internés sont de suite mis de suite au travail dans l’optique de préparer l’Allemagne à la Guerre: assèchement de marais pour augmenter la production de blé par exemple.

 

C'est à BÖRGERMOOR que le Chant des Marais trouva naissance. BÖRGERMOOR est l’un des premiers camps nazis ouverts en 1933. L’univers concentrationnaire est en genèse: il s’agit dans cette première phase, d’un système punitif basé sur le régime disciplinaire et le travail forcé. Dès le mois de mars 1933, 50 camps d’internement sont officiellement recensés en Allemagne gardés par des SA. avant d’être livrés à la SS : Hitler y jette nombre de ses opposants, communistes, syndicalistes, démocrates.

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Intitulé « Das Lied der Moorsoldaten », il fut traduit en français sous le titre de « Chant des Marais ».

Il fait entendre la plainte des antifascistes et des juifs, premiers internés dans ces camps.

 

Pendant longtemps les auteurs de ce chant nous furent inconnus, mais dans un bulletin d’avril 1977, l’Amicale de MAUTHAUSEN signala que ce chant, né au camp de BÖGERMOOR en juillet-août 1933 fut écrit par Johann ESSER, un mineur. Il fut ensuite remanié par Wolfgang LANGHOFF, un acteur.

Ce poème avait alors pour nom « Börgermoorlied ». Un autre détenu, Rudi GOGUEL, un employé, en composa la musique.

Par la suite des détenus d’autres nationalités l’adoptèrent, c’est alors qu’il connut des variantes dans les paroles et les adaptations musicales.

 

Laissons la parole à Rudi GOGUEL dans ce texte tirés de ses mémoires:

« Les seize chanteurs, pour la plupart membres de l'association ouvrière de chant de Solingen, défilaient bêche à l'épaule dans leurs uniformes de police verts (nos vêtements de prisonnier de cette époque-là). Je menais la marche, en survêtement bleu, avec un manche de bêche brisé en guise de baguette de chef d'orchestre. Nous chantions, et déjà à la deuxième strophe, presque tous les mille prisonniers commençaient à entonner en chœur le refrain. De strophe en strophe, le refrain revenait de plus belle et, à la dernière, les SS, qui étaient apparus avec leurs commandants, chantaient aussi, en accord avec nous, apparemment parce qu'ils se sentaient interpellés eux aussi comme « soldats de marécage ».

 

C'est un chant de détresse, mais aussi chant de résistance, de dignité et d'espérance, le Chant des Marais fut inspiré par une coutume militaire en vigueur chez les SS de ce camp: les nazis faisaient chanter par les détenus des chants nazis ou des chants traditionnels allemands tirés du folklore ou de l'histoire. Parfois, par dérision ou provocation, ils leur faisaient chanter l'Internationale ou des chants communistes allemands. Ils en prenaient ensuite prétexte pour les frapper. Ce "Chant des Marais" est une réponse à ces provocations.

 

La version française du chant des marais est probablement née dans le camp de DACHAU vers 1942-1943-1944. Elle a été traduite par des déportés français de façon à ce que les prisonniers de cette nationalité puissent eux aussi la chanter.

 

Le Chant des marais est une œuvre engagée car elle lutte contre le nazisme, la privation de liberté et pour la survie des détenus. Il se termine sur une note d'espoir. Ce chant a pour but de redonner courage aux détenus, victimes de toutes les brutalités et des conditions d'existence épouvantable de l'univers concentrationnaire nazi.

 

(Version éditée en 1946)

 

Loin vers l’infini s’étendent

Des grands prés marécageux

Pas un seul oiseau ne chante

Dans les arbres secs et creux.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher ! Piocher.

Dans ce camp sinistre et sauvage,

Entouré de murs de fer

Il nous semble vivre en cage

Au milieu d’un grand désert.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher ! Piocher.

Bruits des pas et bruit des armes

Sentinelles jour et nuit

Et du sang, des cris, des larmes,

La mort pour celui qui fuit.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher ! Piocher.

Mais un jour de notre vie

Le printemps refleurira

Liberté, liberté chérie,

Je dirai : tu es à moi.

Oh ! terre enfin libre,

Où nous pourrons revivre,

Aimer !

 

(Version actuelle)

Loin dans l’infini s’étendent

Les grands prés marécageux

Pas un seul oiseau ne chante

Dans les arbres secs et creux.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher.

Dans ce camp morne et sauvage

Entouré de murs de fer

Il nous semble vivre en cage

Au milieu d’un grand désert.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher.

Bruit de chaînes, bruit des armes

Sentinelles jour et nuit

Et quitter peur, et larmes

La mort pour celui qui fuit.

Oh ! terre de détresse

Où nous devons sans cesse

Piocher.

Mais un jour dans notre vie

Le printemps refleurira

Libre alors dans ma patrie

Je dirai tu es à moi.

Oh ! terre d'allégresse

Où nous pourrons sans cesse (bis)

Aimer. Aimer.

 

Que sont devenus les trois auteurs ?

 

Après sa libération, Johan ESSER, ancien syndicaliste communiste, poète et écrivain, se retrouva dans une grande misère. Il fut même réduit à publier des poèmes patriotiques dans des journaux proches du pouvoir. Après la guerre, il retourne au syndicalisme dans l’Allemagne de l’ouest mais rompt avec le Parti communiste. Il prend prend sa retraite en1960 et continue à publier des poèmes dans les journaux. Il meurt en 1971.

 

Rudi GOGUEL fut libéré en 1934. Il replongea sans attendre dans la résistance. Arrêté à nouveau il fut torturé et condamné à 10 ans de prison jusqu'en 1944. A peine libéré, il fut à nouveau arrêté et interné en camp de concentration à NEUENGAMME. En 1945 , il fit partie des 8 000 détenus évacués par les nazis sur des bateaux destinés à être coulés en Mer Baltique, bateaux qui seront pris pour cible par l’aviation britannique dans la confusion de la fin de la guerre. GOGUEL échappe de peu à la mort. Communiste convaincu, après la guerre, il milite pour le Parti communiste en Allemagne du sud. En 1949, il est candidat à l’élection du Bundestag pour le KPD. En 1952 il travaille à BERLIN-EST à l’Institut allemand pour l’Histoire contemporaine puis à l’Université Humboldt. Il meurt le 6 octobre 1976 à l’âge de 68 ans.

 

Wolfgang LANGHOFF sera libéré le 31 mars 1934. Il s’exila en Suisse le 28 juin 1934, et trouva un emploi à l’Opéra de ZÜRICH. Il y fit imprimer le texte du chant qui sera popularisé par Ernst BUSCH, combattant allemand des Brigades Internationales.
Il publia aussi
Die Moorsoldaten, un des premiers livres sur les camps de concentration nazis. Après la guerre, il rentre à BERLIN-EST en 1945. Il prit la direction du Deutsches Theater à Berlin de 1946 à 1963. Il est décédé en RDA en 1963.

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29/08/2016

MARCHIN, le 11 septembre 2016: commémoration à la Plaine de BAGATELLE.

MARCHIN: commémoration à la Plaine de BAGATELLE.

Décidément, septembre 1944 est à marquer d'une pierre noire pour l'Armée Secrète. Nous avons déjà parlé de l'action du Refuge SAUMON à l'aéroport de BIERSET. Attaque qui s'est soldée par trois morts.

 

Nous commémorerons cette action et rendrons hommage aux trois martyrs le vendredi 9 septembre 2016. Notre section FNC "AWANS-BIERSET" y sera présente.

 

Nous recevons aussi une autre invitation pour une autre commémoration, celle du MAQUIS DE BAGATELLE - "La Baleine", autre nom évoquant une section de l'Armée Secrète.

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Au début du mois de septembre 1944, aux confins des communes de VYLE-THAROUL ( aujourd'hui section de MARCHIN ), CLAVIER et OHEY, de violents combats entre le groupe « Baleine » de l’Armée secrète et des soldats Allemands se déroulèrent dans la plaine de BAGATELLE. Les soldats allemands battaient en retraite face à l’avancée de l'Armée américaine. La plaine de BAGATELLE servait de lieu de parachutages de containers remplis de munitions. Lors de la nuit du 7-8 septembre 1944, treize maquisards  perdirent la vie.

 

72 ans plus tard, le dimanche 11 septembre 2016, un hommage tout particulier leur sera rendu.

 

Pourquoi le nom de BAGATELLE ? Cette plaine tient son nom d'un château proche, le Château de BAGATELLE. Le château de BAGATELLE est une maison de plaisance du début du 20e siècle construite avec les gains d'une nuit de jeu. Il fut le centre de parachutage pour l'Armée Secrète en 1943 - 1944.

Il existe toujours  une Fraternelle  

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de l'Armée secrète Baleine et Condroz  (ASBL). Rue des Ganons, 31 à 4540 AMAY.

 

 

26/08/2016

Vendredi 9 septembre, cérémonie d'hommage aux morts du Refuge SAUMON.

 

BIERSET: 9 septembre 2016, Cérémonie d'hommage au Refuge SAUMON.

Parmi les nombreuses commémorations organisées dans la province de LIEGE, en hommage aux femmes et aux hommes, combattants de 1940-1945 pour la liberté, il y a celle organisée ce vendredi 9 septembre 2016 à l'ancienne Base de BIERSET par le WHITE BISON.

Cérémonie patriotique organisée le 9 septembre 2016 de 10:30 à 11:00 à l'Ancienne caserne militaire de BIERSET - rue de Velroux. Pour renseignements: s'adresser à Daniel Grégoire téléphone 0475 78 64 67.

Comme c'est la tradition, la section FNC "AWANS-BIERSET " y participera avec trois drapeaux.

 

Cela nous amène à un petit historique à la fois de la Base de BIERSET, du refuge SAUMON et du White Bison.

 

L’aéroport de LIEGE, autrefois "Base de BIERSET" a connu depuis une vingtaine d’année un développement remarquable de ses activités civiles. Il est maintenant uniquement connu pour cela, sauf pour des initiés ou des amateurs d'histoire.

 

Pendant un certain nombre d'années, les activités civiles et militaires ont dû coexister comme voisins. Maintenant, l'aéroport militaire a disparu.

 

Cela ne doit pas nous faire oublier le passé militaire de plus de nonante années de BIERSET. Pour perpétuer le souvenir de la base de BIERSET, une fraternelle d’anciens s’est créée sous la dénomination « White Bison ».

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Cette Fraternelle maintient diverses activités: elle a créé un petit musée en 1988. Elle organise également diverses activités patriotiques autrefois assurées par la Base de BIERSET dont notamment une cérémonie annuelle en souvenir du "Refuge SAUMON" de l'Armée Secrète.

 

Replongeons-nous sur les années terribles de 1940 à 1945.

 

En 1940, occupation de la base par les troupes Allemandes: le 13 mai, des Junkers JU52 arrivent sur l'aérodrome de BIERSET. Trois seront abattus par les salves tirées à partir du Fort de Flémalle. Le 15 mai, la plaine est occupé par un Staffel de trois Schwärm, comptant de 7 à 12 Junkers 88. Le 25 mai, le Major Oskar Dinort occupe Bierset avec ses Junkers 87, Stuka de sinistre mémoire.
Les Allemands continuent à s'installer sur la plaine, des mitrailleuses sont installées aux quatre coins. les bâtiments sont peints pour tromper l'adversaire: un en boulangerie, un autre en boucherie, etc......Vues du ciel, ces installations ont l'allure d'un paisible village. Un immense treillis de camouflage recouvre la caserne, la préservant ainsi des reconnaissances aériennes.

 

De 1941 à 1944, l'activité aérienne fut fortement réduite, les Allemands effectuant divers travaux d'aménagements.

 

En 1944, actions de sabotage par le "Refuge Saumon": Les hommes de l'Armée Secrète, mobilisés depuis le débarquement des Alliés en Normandie, se sont regroupés dans les refuges pour préparer leur arrivée. Dans la région liégeoise, l'un d'eux est établi à FLEMALLE au lieu-dit " aux Cahottes ": le Refuge Saumon. cela faisait partie des opérations de harcèlement armé entamés dès le début de septembre 1944.

Le peloton Monet de la première compagnie du Refuge s'était d'abord emparé d' armes allemandes par une habile embuscade. Il se croyait prêt à attaquer, le 5 septembre, la Base de BIERSET. Au départ, cela sembla bien se dérouler: ils font prisonniers les soldats allemands qui y sont installés. Mais ces derniers reçoivent des renforts inespérés. Le rapport de force déséquilibré oblige la compagnie à se replier sur le Fort de HOLLOGNE d'où chacun doit regagner individuellement LONCIN. Trois hommes vont alors tenter de récupérer leurs bicyclettes, ils sont pris et torturés par l'ennemi. Leurs corps sont retrouvés, une dizaine de jours plus tard, atrocement mutilés.

 

Fin 1944, suite à l’offensive alliée, BIERSET est occupé par le 42ème Groupe de la 9èmeAir Force qui va jouer un rôle déterminant. En effet, les chars américains risquaient d’être immobilisés faute de carburant, le ravitaillement par route ne suivant pas à une cadence suffisante. L’opération « Red Bull Express » est mise sur pied. Un pont aérien est créé entre l’Angleterre et BIERSET. L’aérodrome va accueillir chaque jour plusieurs centaines de C-47 Dakota, chargés des précieux fûts de carburant. Les atterrissages se succèdent à un rythme effrayant, avec à certains moments un mouvement toutes les 20 à 30 secondes. Cela ne se fait pas sans casse et plsuieurs crash se produisent en raison de la mauvaise météo et des risques du vol en formation. Quand le terrain est saturé, les Dakotas attendent par pelotons de 24 l’autorisation d’atterrissage.

 

Pour rappel: environ 4 000 membres de l'Armée Secrète belge périrent jusqu'à la Libération:

  • 1 068 en action (dont 9 femmes)

  • 657 furent exécutés (dont 8 femmes)

  • 2 195 sont morts durant leur incarcération (dont 52 femmes)

  • 12 périrent à la suite d'un accident en service commandé (dont 1 femme)

Ici: la photo du Monument de BIERSET.

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Ici: la photo de la remise d'un drapeau, après la guerre au Refuge Saumon. A COINTE, le 26 mai 1946.

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12/08/2016

La BELGIQUE: Etat de Droit.

 

L'état de droit en Belgique.

 

Le discours prononcé au nom de la FNC le 21 juillet à AWANS était basé sur le fait que la Belgique était un état de droit? Etat de droit qui impliquait la nécessité d'améliorations et aussi des devoirs pour les citoyens.

" Etat de droit ", un terme souvent galvaudé et, aussi, souvent mal compris.

 

Les constituants de 1830/1831 ont, d'abord, déclaré l'indépendance d'un nouveau pays, la BELGIQUE puis il lui ont donné une Constitution; ils ont ensuite élu une dynastie en la personne de Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha et ils ont nettement déterminé non seulement les pouvoirs du Roi mais aussi réglé les problèmes de succession.

 

Au passage, sans autre intérêt qu'anecdotique , ils avaient exclu à titre perpétuel la famille d'Orange-Nassau du trône de la Belgique.

 

Au vu de la Constitution et des pouvoirs du Roi, on a souvent dit que la Belgique était une République dont le premier personnage était un Roi au lieu d'être un Président. Pour rappel, le Roi n'est pas pourvu d'une couronne ni d'un sceptre !

 

Les Constituants avaient instauré en Belgique un état de droit, malgré de nombreuses imperfections corrigées au fil du temps. La plupart ont été rappelées lors du discours du 21 juillet prononcé à AWANS au nom de la FNC.

 

Le premier principe était que la Constitution, texte fondateur, ne pouvait pas être galvaudée mais bien améliorée, transformée. Ce qui n'a pas cessé d'être le cas. Très justement, les Constituants ont voulu évité que la Constitution soit transformée trop facilement, ils ont voulu éviter qu'elle soit modifiée sous le coup de l'émotion populaire et soumise à des majorités de passage; Citons, notamment, une liste des articles à réviser doit être soumise au Parlement; le vote de cette liste provoque automatiquement la dissolution du Parlement et la mise du gouvernement en affaires courantes; le nouveau Parlement discute les articles à réviser et il doit les voter à une majorité spéciale...

 

Le régime politique ainsi instauré est basé sur la séparation des trois pouvoirs; exécutif, législatif et judiciaire. L'exécutif est responsable devant le Parlement et il émane de celui-ci. Naturellement, pour mener sa politique, il soumet des projets de lois au Parlement mais les propositions de lois peuvent aussi émaner du Parlement et, sur certains cas, des majorités alternatives peuvent se dessiner.

 

Le Roi sanctionne et promulgue les lois. Dans le public, on discute aussi souvent de cela de façon non correcte. Cela signifie que la signature du Roi est la dernière étape avant sa parution au Moniteur mais cela ne signifie nullement que l'opinion du Roi est déterminante. La sanction royale signifie, simplement, que le Roi constate que toutes les procédures ont été scrupuleusement respectées...et il est couvert par la signature ministérielle. Si quelque chose n'est pas correct, c'est celui-ci qui en prend la responsabilité.

 

L'état de droit signifie aussi qu'il y a une hiérarchie des normes à respecter. au fil du temps des institutions indépendantes ont été créées pour régler les conflits entre niveaux de pouvoirs, la Constitution restant toujours le texte-maître. Chez nous, c'est la Cour Constitutionnelle. La Cour constitutionnelle de Belgique, qui s'appelait Cour d'arbitrage jusqu'en 2007, est une juridiction unique spécialisée, indépendante des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Elle est compétente pour apprécier si les normes ayant force de lois sont conformes à la Constitution (articles 8 à 32 (Titre II Des Belges et de leurs droits), 170, 172 et 191) ainsi qu’aux règles de répartition des compétences entre l'Etat fédéral, les Communautés et les régions.. Elle comprend douze juges, assistés par des référendaires et deux greffiers.

 

La Constitution cite les droits des citoyens, droits contrebalancés par des devoirs. Un exemple, les citoyens ont le droit de vote, ils ont de devoir de participer au vote.

 

La hiérarchie des normes suppose également que l'Etat et les Eglises soient séparés.

 

La Constitution garantit la liberté individuelle. La liberté, c'est l'état d'une personne ou d'un peuple de ne pas subir de contraintes, de soumissions ou de servitudes exercées par d'autres personnes, par l'étranger ou par le pouvoir lui-même.

 

Ici, l'indépendance du Pouvoir judiciaire est primordiale. Un citoyen peut attaquer l'état ou un pouvoir public en justice ou au Conseil d'Etat. C'est arrivé souvent. Et souvent avec succès.

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11/08/2016

AWANS: la section FNC "AWANS-BIERSET" en 1958.

AWANS: la section FNC "AWANS-BIERSET" en 1958.

 

Trouvé dans les archives de la section, ce PV de réunion daté du 12 juin 1958 ( cela fait 58 ans ! )

 

La réunion débute vers 19H45 par une minute de silence à la mémoire du camarade S... dont l'enterrement aura lieu le 16 juin.

 

On passe ensuite à la lecture du rapport de la réunion du 29 avril qui est approuvé par chaque membre présent.

 

Il est ensuite distribué à chaque membre un cigare, don de Monsieur l'Abbé DESCHAMPS en remerciement des félicitations lui envoyées à l'occasion de sa nomination dans les Ordres Nationaux. par la même occasion, un verre de vin sera versé à chacun.

 

On passe ensuite au point suivant qui est le Prix de fin d'études; Il est rappelé au trésorier de section qu'ils doivent être en ordre de cotisation avec la Régionale au plus tard le 15 février de l'année. Passé cette date la section non en règle sera privée du prix attribué aux enfants de leurs membres.

 

Vient ensuite la rente de captivité et de Combattants. Le Président donne certains certains détails et demande de ne pas trop se presser pour rentrer les demandes car il va y avoir un Congrès des Prisonniers Politiques à TIRLEMONT et le point à l'ordre du jour sera de demander que la loi soit amendée ( supprimer SRA et remplacer par Résistant ).

 

Vint ensuite la manifestation du 15 juin ( remise du nouveau drapeau ). Une demande doit être faite auprès des Prisonniers de guerre pour qu'ils envoient leur drapeau à BIERSET. Celui de la section n'est pas libre par suite du décès de S...Quelques membres seront désignés pour effectuer la décoration et les travaux nécessaires au Ciné Palace.

 

Il sera demander au camarade NIHON de bien vouloir déposer une vingtaine de casiers vides au Ciné Palace.

 

Le dernier point à l'ordre du jour est la lecture d'une lettre à l'adresse de Monsieur N... qui, par suite de rectification des pensions a reproché à notre Président son manque d'autorité en la matière.

 

Par la suite tous les membres de la section seront avisés de ce que le drapeau n'assistera pas à l'enterrement dudit camarade.

 

Il est alors décidé que sa carte ne lui sera pas présentée l'année prochaine mais sera à sa disposition le jour de l'Assemblée générale. Il en sera averti.

 

La réunion se termine vers 10 heures.

 

Le Président Le Secrétaire

 

L. SEPTON J. HANON

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Quelques remarques.

 

1. L'Abbé DESCHAMPS était l'un des Présidents d'Honneur de la section. Un cigare a été offert aux membres du Comité...heureusement le Comité était composé uniquement d'hommes. Ce qui est une différence avec le Comité actuel. Quant au verre de vin, la tradition continue sauf que chacun peut choisir sa boisson préférée.

 

2. Le "Prix de Fin d'études": il ne s'agit pas d'une activité sociale propre à la section mais d'une action menée nationalement par la FNC et attribué aux enfants des Anciens combattants effectifs en règle de cotisation ( pour le 15 février comme il est dit ). Avec le temps, cette action sociale a évidemment perdu sa raison d'être.

 

3. Problème de drapeau. Ce problème ne se pose plus actuellement. A l'époque, la section disposait d'un seul drapeau ( un second par la suite ) qui, dans le cas cité était placé à la mortuaire. Actuellement, suite à divers "héritages", nous disposons de six drapeaux. Mais pas toujours de six porte-drapeaux !

 

4. Le camarade NIHON était le brasseur du village et également Ancien Combattant.

 

5. Enfin, la vie de la section ne semble pas toujours avoir été " un long fleuve tranquille ". En témoigne cette querelle avec monsieur N...Je ne connais pas le fond de cette affaire mais il est évident que le Président de la section était complètement impuissant en la matière. Peut-être était-il intervenu et l'intervention restée inefficace ? Toutefois, la réaction semble être un peu cavalière: décider que, à son décès, le drapeau ne sera pas là ! Enfin, la procédure de présentation de sa carte de membre semble être une façon d'éviter le renouvellement de son affiliation. En matière de remous...nous en avons connus d'autres. Après tout, c'est cala qui fait le sel de la vie !

 

 

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01/08/2016

Jeux Olympique de 1920: Jeux de la rancune!

JEUX OLYMPIQUES DE 1920:

Les Jeux de la rancune !

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Les débats actuels autour des Jeux ne sont pas neufs. L'esprit sportif, olympique, invoqué, n'est parfois pas exempt de calculs politiques, ainsi le Jeux de 1920 que l'on pourrait qualifier de Jeux de la revanche ou en tout cas jeux de la rancune.

 

Les Jeux de 1916 auraient dû avoir lieu à BERLIN. Le CIO avait choisi BERLIN en mai 1912 à l'occasion des Jeux Olympiques de STOCKHOLM.

 

Lors du déclenchement de la guerre, l'organisation ne s'interrompit pas, au début du moins, car tout le monde pensait que la guerre durerait peu de temps. Plus tard, les Jeux furent finalement annulés. 

 

La première conséquence de la guerre de 14-18 sur le mouvement olympique fut la décision de transférer le siège du CIO. Celui-ci était installé à PARIS depuis sa création, il fut transféré à LAUSANNE, en SUISSE, " à l'abri, en terrain neutre ".

 

C'est là que le 5 avril 1919, la BELGIQUE, alors surnommée dans le monde entier la « Poor little Belgium » se vit attribuer l’organisation des Jeux Olympiques de 1920, en hommage aux souffrances endurées par les Belges pendant la guerre de 14-18: tout un symbole. La BELGIQUE fut en effet le seul pays quasi complètement occupé durant 4 ans.

 

Cette édition des Jeux était d'ailleurs pleine de symboles. Le C.I.O. voulait, par cet acte, à prouver que les Jeux pouvaient résister aux guerres et à la barbarie humaine.

 

Un autre symbole fut le lâcher de colombes durant la cérémonie inaugurale.

 

Autre symbole, c'est la première fois qu'un athlète prononce le serment olympique. Le texte était le suivant : " Nous jurons que nous nous présentons aux Jeux olympiques en concurrents loyaux, respectueux des règlements qui les régissent et désireux d'y participer dans un esprit chevaleresque pour l'honneur de nos pays et la gloire du sport ".

 

Autre symbole, cet athlète fut Victor BOIN. Le 14 août 1920, cet escrimeur belge fut désigné comme porte-parole des athlètes. Il reçut la charge de prêter serment en levant la main devant le roi ALBERT. Victor BOIN avait participé précédemment à des Jeux. C'était un engagé volontaire dans l'armé&e belge en 1915.

 

Autre symbole: le drapeau olympique créé par Pierre de Coubertin en 1914 qui représente les continents en harmonie. Drapeau aux cinq anneaux entrelacés qui reprennent les couleurs de tous les drapeaux du monde.

 

Mais que cachaient tous ces symboles ? Le climat était-il aussi serein qu'on voulait bien le faire entendre ? C'est difficile à imaginer que même pas deux ans après l'Armistice, on allait pouvoir faire concourir dans un esprit " olympique " des nations qui s'était aussi cruellement combattues durant quatre ans. D'autant plus que le monde du sport avait payé un lourd tribut aux combats. Ainsi, rien que pour la FRANCE, au moins 400 sportifs de niveau international ont péri sur le front. Chaque pays engagé dans le conflit pouvait sûrement, proportionnellement établir le même décompte.

 

La désignation de la ville-hôte ne fut d'ailleurs pas aussi évidente qu'on l'a présentée. Dans un premier temps, c'est BUDAPEST qui avait été désigné pour organiser ces Jeux. Mais la HONGRIE avait été l'alliée de l'ALLEMAGNE...et de plus, la HONGRIE était un pays jeune puisque séparé de l'AUTRICHE depuis peu. Tout le monde n'était d'ailleurs pas là lors du choix: les trois membres français, souhaitant décaler les Jeux à 1921, refusèrent d’assister aux votes. Les représentants des pays ayant déclenché le conflit mondial en avaient été exclus.

 

Tous les pays ne participèrent pas, sans que cela soit de leur volonté. L'ALLEMAGNE, l'AUTRICHE, la HONGRIE, la BULGARIE et la TURQUIE en furent exclus en raison de leur participation à la guerre. " VAE VICTIS " disaient déjà les Romains. C'est la première décision de caractère politique dans l'Histoire de l'olympisme moderne: il y en aura d'autres ! Le CIO épousa purement et simplement la volonté d'humiliation qui guidait alors les pays vainqueurs. Etat d'esprit que l'on paiera chèrement plus tard !

 

George ORWELL aurait-il raison, lui qui a écrit:

" Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence; en d'autre mots, c'est la guerre, les fusils en moins."

Curieusement, la TCHECOSLOVAQUIE, bien que faisant partie de l'Empire Austro-Hongrois avant 1918, ne subit pas le même sort que la HONGRIE.

 

À l'occasion des Jeux d'ANVERS, l'U.R.S.S.  sera aussi écartée. Mais cela sembla faire son affaire puisqu'elle refusa de son propre chef d'y participer jusqu'en 1952.

 

Le rituel olympique se mit en place avec le serment prêté par les athlètes et les juges et le drapeau aux cinq anneaux entrelacés qui reprend les couleurs de tous les drapeaux du monde.

 

Mais l'organisation-même des Jeux pâtit de la situation d'après-guerre. Les JO ne furent guère rentables pour la BELGIQUE, le pays n'étant pas en mesure de faire face aux dépenses provoquée par l'événement. Les prix des entrées aux stades flambèrent et les recettes restèrent minimes. Un maximum d'épreuves se concentrèrent autour du stade du BEERSCHOT: les épreuves d'athlétisme, de football, de rugby et de gymnastique.  Le stade olympique disposait d'une capacité de 35 000 spectateurs.

 

 

 

29/07/2016

Fête Nationale: un acte faisant partie du ddevoir de mémoire.

Fête Nationale et devoir de Mémoire.

 

AWANS, combattants, FNC, Fête nationale, devoir de mémoireAWANS a célébré la Fête Nationale. A cette occasion, comme partout ailleurs où elle se fête, il y a eu un passage devant le Monument aux Morts.

Cela ne doit pas être un passage " obligé ". " Passage obligé " signifierait que cela ne serait rien d'autre qu'une contrainte. On y passerait uniquement parce qu'on ne pourrait pas faire autrement.

Le fait que, chez nous, on ait pris le temps d'y prononcer deux discours indique bien que l'on s'inscrit contre ce mode de pensée.

 

Se réunir devant ce monument, le 21 juillet, signifie que nous voulons montrer notre attachement aux valeurs fondatrices de la Belgique. Cela signifie également que nous voulons connaître, comprendre et, surtout, transmettre ces valeurs.

 

Cela signifie aussi que, à l'occasion de la Fête Nationale, nous rendons hommage à celles et à ceux qui, en 1830, ont lutté, au péril de leur vie, pour que naissent de nouvelles idées.

La Fête nationale du 21 juillet est aussi l’occasion, pour tous les citoyens belges, d’un devoir de mémoire et d’hommage aux Anciens. Nous rendons aussi hommage à celles et ceux qui, de 1914 à 1918 et de 1940 à 1945, se sont sacrifiés pour la sauvegarde de ces idées.

Se réunir devant le Monument aux Morts est donc inhérent au " Devoir de mémoire ". Ce " Devoir de Mémoire" est important afin que la mémoire collective garde toujours bien vivantes ces étapes historiques qui ont forgé notre Belgique d’aujourd’hui.

 

« La Patrie se compose de morts qui l’ont fondée aussi bien que des vivants qui la continuent » écrivait d’ailleurs Victor HUGO.

L'occasion aussi de rappeler que si la Constitution de 1831 stipulait tous les droits des citoyens, il y avait malgré tout loin de la coupe aux lèvres: il fallut attendre 1909 pour voir l'abolition de la conscription par tirage au sort; il fallut 1914 pour voir l'enseignement rendu obligatoire; 1919 pour voir l'instauration du suffrage universel pour les hommes et 1949 seulement pour les femmes...Cela fut rappelé dans le discours prononcé au nom de la FNC.

La célébration du 21 juillet a pas, pour les derniers anciens combattants, une signification bien particulière, celle de la liberté. Car ils ont connu l'époque où la célébration de la Fête nationale était strictement interdite. On ne pouvait le faire qu'à la sauvette et cachément.

 

L’importance du devoir de mémoire doit être, à l'occasion de la Fête Nationale, particulièrement souligné. Le souvenir est la mémoire du cœur, la mémoire émotionnelle. Mais il meurt s’il n’est pas entretenu.

Les festivités du 21 juillet qui incitent à se souvenir des événements de 1830 et 1831 ne devraient-elles pas nous rappeler notre Devoir de Mémoire vis-à-vis de ceux qui au cours des deux guerres ont donné leur vie pour une Belgique libre?

 

Le meilleur moyen de remplir ce " Devoir de Mémoire ", est d’adhérer aux associations patriotiques et plus particulièrement à la FNC qui reste l'association la plus importante en nombre d'adhérents, qui a une présence dans tous les coins du pays et qui a aussi une histoire.