11/05/2016

AWANS s'est souvenu des années de guerre.

AWANS  S'EST SOUVENU DES ANNEES 1940-1945.

Un article plus détaillé des diverses manifestations organisées par la section d'AWANS-BIERSET de la FNC, avec les photos, suivra.

Nous devons quand même attirer l'attention sur un témoignage émouvant délivré devant les élèves des deux écoles du village, le 10 mai dernier, par le dernier combattant effectif de notre section: Antoine BOVY.

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Ce dernier, en mai 1940, était trop jeune ( il avait à peine 16 ans ) pour participer aux combats.

Ce dernier, toujours vaillant malgré son grand âge ( 91 ans ), a tenu à s'adresser aux enfants des écoles d'AWANS. Il leur a expliqué comment il avait vécu, et comment le village d'AWANS avait vécu, la première journée de la guerre: les bombardements, les morts de villageois, l'état de la gare de BIERSET-AWANS.

Le jeune public s'est montré très attentif et a chaleureusement applaudi Antoine BOVY.

 

 

19:21 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : awans, fnc, témoignage, combattant |  Facebook |

02/02/2013

ALAIN: PHILOSOPHE PACIFISTE, VOLONTAIRE DE GUERRE ET TEMOIN ENGAGE.

  ALAIN,

pseudonyme de Emile-auguste CHARTIER.

Né le 3 mars 1868, décédé le 2 juin 1951.

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Emile-Auguste CHARTIER, dit ALAIN, a fasciné des générations d’étudiants en Humanités. Sa vie et son œuvre fournissent des clés existentielles et montrent comment assumer avec joie la condition humaine. André MAUROIS, un de ses anciens élèves, dira avoir pris conscience grâce à lui « qu'il était possible d’être un homme et de l’être dignement, noblement ».

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ALAIN.jpgÉmile-Auguste CHARTIER, dit ALAIN est né dans une famille bourgeoise désargentée. Son enfance n'est pas heureuse: son père, vétérinaire, homme colérique et souvent ivre, lui infligeait des épreuves pour affirmer sa virilité. Sa mère, femme frivole, passe peu de temps à la maison. Avec sa sœur, il est élevé par la bonne. La famille étant endettée, il lui revient souvent la sinistre mission d’aller chercher le pain sans pouvoir le payer.

En 1874, il entre au Collège Sainte-Marie de MORTAGNE, sa ville natale. Fait assez bizarre car son père est un farouche anticlérical. Il est meurtri par l’éducation qu’il reçoit de la part des prêtres. C'est celle des coups, de la peur des brimades, du diable, de l’enfer... «Toute mon enfance fut peureuse.», dira-t-il. Entre condisciples, la brutalité règne aussi. Cette enfance influencera à la fois ses considérations sur l’éducation et sur la guerre. Sa détresse d'enfant se perçoit dans un ensemble d'anecdotes dispersées sur ses souvenirs d’enfance.

 

En 1881, il rejoint le Lycée d’ALENCON d'où il sortira en 1886, bachelier ès Lettres. Il prépare le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure à VANVES, au lycée Michelet. Le professeur de philosophie, Jules LAGNEAU, sévère, austère et rigoureux, va le marquer profondément. Il tentera de briller à tout prix, en tout, pour attirer son attention, son respect.

 

En juillet 1889, il est reçu à l'Ecole Normale Supérieure, 23ème sur 24, après deux échecs ! En 1992, il devient agrégé de philosophie. Il commence sa carrière d'enseignant à PONTIVY, puis à LORIENT, à ROUEN, au Lycée Condorcet à PARIS , puis au lycée Michelet de VANVES et, enfin, au Lycée Henri IV à PARIS, en 1909. Partout où il est passé, il s'est engagé dans la vie sociale.

 

Dès 1903, il publie dans la « Dépêche de Rouen » de courts articles, signés ALAIN, inspirés d'événements de la vie quotidienne, au style concis et aux formules séduisantes, couvrant quasi tous les domaines: les "Propos dudimanche", puis les "Propos du lundi" Plus tard on les réunira en volumes: « Propos (1908-1920) », « Système des beaux-arts », « Propos sur la littérature », « Propos de politique », « Les Dieux », « Propos d'économique », « Histoire de mes pensées », « Vigiles de l'esprit ». Humaniste cartésien, passionné de liberté, il se veut "éveilleur d'esprit". Il ne propose pas de système philosophique mais il apprend à se méfier des préjugés. Pour lui, la capacité de jugement ne doit pas être basée sur un système théorique.

 

Proche du Parti Radical, il est fidèle aux principes fondateurs de la III° République. Durant l'Affaire DREYFUS, il milite au côté des dreyfusards. Bien que pacifiste convaincu, quand la guerre est déclarée, il s'engage pour remplir son devoir civique, sans renoncer ses idées. Il est non mobilisable mais il ne peut supporter d'être à l'abri alors que d'autres risquent leur vie. Le conflit étant devenu inévitable, ALAIN a voulu s’engager sans lâcheté. Brigadier d'artillerie, il refuse toute promotion. Le 23 mai 1916, il a le pied broyé lors d'un transport vers VERDUN. En 1917, il est démobilisé.

 

Dès son incorporation, il relate les épisodes marquants qui lui reviennent à l’esprit et qui vont lui donner le prétexte à une réflexion sur la guerre et aux impressions qu’elle lui inspire. Il va réfléchir à sa condition et à celle de ses camarades. Il donne libre cours à son esprit critique et juge tant le détail que la nature humaine avec un brin de révolutionnarisme. Il publie en 1921 son pamphlet "Mars ou la guerre jugée". ALAIN y explique que ce qui l'a marqué le plus au front, c'est la servitude. Il s'élève contre le mépris que les officiers montraient pour les hommes de troupe. «Ils  parlent aux hommes, comme on parle aux bêtes », écrit-il. Il ne supporte pas l'idée de cette tuerie organisée, de ce traitement que l'Homme inflige à l'Homme.

 

En 1931, il écrit ses « Souvenirs de guerre. », publiés en 1937. Dans ces souvenirs présentés d’une manière vaguement chronologique, on trouve peu de dates et de lieux, mais néanmoins quelques tableaux décrivant bien ces endroits et de nombreux détails techniques, toutefois superficiels. Au delà du simple récit d’un combattant, il illustre un état d’esprit et une vision fort justes de personnages divers, décrits au gré des rencontres. Pour lui, la guerre fut un laboratoire de l’âme humaine qu’il analysa en temps réel. Il écrira aussi « Suite à Mars. Convulsions de la force. »

 

Ses livres sur la guerre sont écrits dans un style journalistique qui ne laisse aucune place au pathos. Cette froideur s'explique par la violence subie dans son enfance. Il reste pacifiste mais, paradoxalement, sa dénonciation est moindre lorsqu’il s’agit des rouages internes de la guerre. Habitué, dans son enfance, à devoir assister sans protester aux châtiments infligés en public aux enfants et à l’obéissance absolue, ALAIN en vient à justifier des violences et des logiques cruelles. Pour lui, la guerre comme l'école ont pour fonction l'humiliation. Il écrit: « C'est pourquoi des exécutions précipitées, effrayantes et même révoltantes, ne me touchent pas plus que la guerre elle-même, dont elles sont l'inévitable conséquence. Il ne faut jamais laisser entendre, ni se permettre de croire que la guerre soit compatible, en un sens quelconque, avec la justice et l'humanité. »

Il revient épouvanté par les horreurs de la guerre. En pacifiste et rationaliste, il pouvait penser que ce que les soldats avaient vécu devaient les détourner à jamais ce l'esprit guerrier. C'est donc un peu désabusé qu'il constate, une fois la guerre finie, que beaucoup d'Anciens Combattants la glorifie au lieu de la condamner, se prennent à aimer le système militaire et à devenir nostalgiques. « L'homme qui a échappé aux dangers, qui s'est vengé comme il pouvait, et qui a admiré son propre courage, trouvera occasion, si les cérémonies sont convenablement réglées, d'adorer le système et le chef, un court moment, et ensuite par souvenir. Ainsi les survivants louent la guerre toujours plus qu'ils ne voudraient. »

Dès son retour à la vie civile, il reprend ses fonctions au Lycée Henri IV. Il s’engage aux côtés du mouvement radical, en faveur d'une république libérale strictement contrôlée par le peuple. En 1927, il signe la pétition contre la « Loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre », loi qui abrogeait toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Parmi les signataires, on trouve Louis GUILLOUX, Jean-Paul SARTRE et Raymond ARON. Jusqu'à la fin des années 30, son œuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée du fascisme. En 1934, il est cofondateur du Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes. S'y côtoient le physicien Paul LANGEVIN et l'anthropologue Paul RIVET. Bien que n'ayant jamais adhéré au socialisme, il montre de la sympathie pour le mouvement ouvrier et syndical. Certains de ses « Propos » ont été publiés dans la revue hebdomadaire « L'École libératrice » du Syndicat National Des Instituteurs.

Il est anticlérical mais il respecte l'esprit religieux. Dans « Propos sur la religion » et « Propos sur le bonheur » apparaît une certaine fascination pour l'Évangile. Du catholicisme il apprécie la dimension universelle. Cela ne l'empêche pas d'écrire : « Fondez une Société des honnêtes gens, tous les voleurs en seront. Ainsi fait l'Eglise. L'Eglise a institué des offrandes et des pratiques qu'elle proclame être le signe de la vertu; aussitôt tous ceux qui ont des vices ou des vols à cacher s'empressent de faire ces offrandes et ces pratiques; les plus tarés payent un peu plus que les autres, de leur personne ou de leur bourse, et on peut les voir dans toutes les villes où la procession circule ; on peut les voir derrière le dais, semblables à des loups devenus bergers."

 

En 1936, où une attaque cérébrale le laisse à demi paralysé et le condamne au fauteuil roulant. Il décédera 15 ans plus tard en 1951, à l’âge de 83 ans, quelques semaines après avoir reçu le Grand Prix National des Lettres. Il est enterré au Père Lachaise, Division 94.

 

Bibliographie: Quatre-vingt-un Chapitres sur l'esprit et les passions (1917), Petit Traité d'Harmonie pour les aveugles (en braille, 1918), Système des Beaux-arts (1920), Mars ou la guerre jugée (1921), Propos sur l'esthétique (1923), Lettres au Dr Henri Mondor (1924), Propos sur les pouvoirs - Eléments d'une doctrine radicale (1925), Souvenirs concernant Jules Lagneau (1925), Sentiments, passions et signes (1926), Le citoyen contre les pouvoirs (1926), Les idées et les âges (1927), La visite au musicien (1927), Propos sur le bonheur (1928), Entretiens au bord de la mer (1931), Idées (1932), Propos sur l'éducation (1932), Les Dieux (1933), Propos de littérature (1934), Propos de politique (1934), Propos d'économique (1935), Stendhal (1935), Souvenirs de guerre (1937), Entretien chez le sculpteur (1937), Les Saisons de l'esprit (1937), Propos sur la religion (1938), Eléments de philosophie (1940), Vigile de l'esprit (1942), Préliminaires à la mythologie (1943).

 

 

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 "L’opinion que la guerre est inévitable est fort dangereuse, comme j’ai dit. Mais l’opinion que la guerre est impossible, soit par les traités, soit par l’adoucissement des mœurs, est tout aussi dangereuse à mes yeux, et aussi mal fondée."

 

05/07/2007

Le SOLDAT INCONNU. MYTHOLOGIE ET SYMBOLIQUE.

 

LE SOLDAT INCONNU.

LA MYTHOLOGIE DU COMBATTANT INCONNU.

1. La symbolique.

C’est une image qui frappe notre esprit. Image qui se reproduit régulièrement : l’hommage rendu, à la Colonne du Congrès au Soldat Inconnu.

Nous le voyons à chaque manifestation patriotique, lors de visites de Chefs d’Etats étrangers…

En fait, gravire autour du « Soldat Inconnu », toute une mythologie, toute une symbolique.

On devrait d’ailleurs plutôt utiliser le pluriel lorsque l’on évoque cette symbolique.

Dans l’esprit de chacun, cette image amène des pensées bien diverses et parfois bien contradictoires. Certains y verront l’exaltation de certains sentiments. Chez d’autres, cela évoquera peut-être le rejet de ces sentiments.

Pour certains, le « Soldat Inconnu » personnifiera le héros qui, selon la formule consacrée, « a fait au pays le sacrifice de sa vie ». Tandis que pour d’autres, il fera penser au malheureux père de famille arraché aux siens à contre-cœur et à qui on a pris la vie.

Chacune des deux positions est respectable car elles reflètent, chacune, une facette de la vérité.

Je préférerai faire appel à la symbolique du « Combattant anonyme ». Les « Combattants anonymes » ce sont, dans toutes les générations humaines, des hommes ( et des femmes ) valeureux qui exprimèrent par des actes héroïques - ou simplement bénéfiques  - le besoin de lutter spontanément en faveur de la liberté physique  et intellectuelle de leurs contemporains. Qui exprimèrent le besoin de manifester leur refus de l’asservissement ou, plus prosaïquement souvent, le refus de se soumettre à des obligations dégradantes.

2. Le Soldat Inconnu belge.

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En 1922, la Belgique, tout comme d'autres Etats alliés, ressuscite un vieux rite. Elle a décidé de rendre un solennel hommage à ses fils tombés au Champ d'Honneur et spécialement à ceux sur la tombe desquels personne n'ira jamais se recueillir: "les soldats inconnus".

 

Le 21 novembre 1922, cinq corps de soldats non identifiés, recueillis dans les cinq secteurs de l’Yser furent amenés à la gare de BRUXELLES-NORD. Un ancien soldat de l’Yser, devenu aveugle par ses blessures, déposa une couronne de lauriers sur l’un des cercueils. C’est ainsi que fut désigné le « Soldat Inconnu ».

Il fut transporté  à la Colonne du Congrès et y fut inhumé.

Il devait symboliser devant la nation tous les soldats qui avaient perdu la vie pour le pays au cours de cette guerre.

3. D’autres « Soldats Inconnus ».

Ce que l’on ignore davantage, c’est le nombre d’autres victimes inconnues pour qui un monument a été dressé.

Ainsi, un autre « Soldat Inconnu » belge a son tombeau au Cimetière du Père Lachaise à PARIS.

Après la deuxième guerre mondiale, la tradition s’est étendue :

·        Un « Prisonnier de Guerre Inconnu » est honoré par un monument à BOURG-LEOPOLD ;

·        Un « Prisonnier Politique Inconnu » est honoré également à cet endroit ainsi qu’ au Mausolée d’OOSTAKKER ;

·        Un « Maquisard Inconnu » a son monument à LA REID, près de SPA ;

·        Un « Résistant Inconnu » repose dans un sarcophage au centre du monument de la Résistance situé aux Terrasses, à LIEGE ;

·        Un monument appelé « PIERRE DE L’ABSENT » a été dressé au Cimetière de Robermont à LIEGE

 

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 Monument du "Maquisard Inconnu"