30/10/2014

Derrière l'YSER, dans les boues de l'YSER.

La résistance derrière l'YSER, symbole de l'héroïsme des soldats belges.

 

La bataille de l'YSER est l'un des symboles de la résistance héroïque de l'armée belge contre l'envahisseur allemand durant la Première guerre mondiale. Sous le nom de « Bataille de l'YSER », on regroupe l'ensemble des combats qui du 17 au 31 octobre 1914 ont opposé les troupes allemandes aux troupes belges et françaises qui tentaient de les arrêter.

Début octobre, l'armée belge doit quitter in extremis la place fortifiée d'ANVERS. Elle se retire derrière l'YSER, aidée par les Marines britanniques et l'armée française. Après la retraite à travers les Flandres, les Belges, réduits à 70.000 hommes, vinrent s'aligner sur une position qui longeait en pratique l'YSER, avec une tête de pont à DIXMUDE et une à NIEUPORT. Pour les Belges, il n'est pas question de participer aux offensives. L'idée est de tenir le plus longtemps possible sur ce front de l'Yser. L'armée s'étirait jusqu'à BOESINGHE où elle se rattachait aux Français.

Suite l'occupation de l'entièreté de la Belgique par les Allemands se posait une question constitutionnelle. Certains dont le Roi ALBERT estimaient que pour conserver une légitimité, il fallait à tout prix qu'au moins une partie du territoire ne soit pas occupé. Même s'il ne s'agissait que d'une toute petite partie. Au moins une partie de la BELGIQUE restait libre !

Malgré des combats d’une extrême violence, les Allemands ne parviennent pas à percer. Le 31, les Belges ont le dessus, et, c'est l'échec pour leur adversaire. Ailleurs, d’ âpres combats opposeront les Allemands aux Anglais et aux Français. La situation est très claire: l’armée belge a perdu la quasi totalité de ses forces à LIEGE et à ANVERS. Elle s’est échappée d’ANVERS par miracle. Quand elle arrive à NIEUPORT, il ne reste que l’option du retranchement. Mais il est impossible de se retrancher sans inonder les terres.

 

Le complexe d’écluses de NIEUPORT est mieux connu sous le nom de « De Ganzepoot » ( « La Patte d’oie), qui fait référence à sa forme globale.Ce site a joué un rôle crucial lors de la Première Guerre mondiale. La nuit du 29 au 30 octobre 1914, les Belges ont ouvert les écluses de NIEUPORT. L’inondation à elle seule est fort dérangeante, mais elle n’est pas infranchissable. Ce n’est donc pas un gage de tranquillité; elle n’est pas très large (3 km environ) et pas très profonde ( +/-1 m, pas plus ) .

 

Pour inonder la zone, les Belges ont utilisé les écluses en inversant leur fonctionnement normal. Karel COGGE fut un des acteurs principaux de l'inondation de la plaine de l'YSER. En faisant pénétrer une énorme quantité d'eau dans l'arrière-pays, sa tactique obligea les Allemands à se retirer sur la rive droite de l'YSER. Avec le batelier H. GEERAERTS, COGGE opposa à l'envahisseur le barrage d'eau des inondations et contribua à sauver le dernier lambeau du territoire national et aussi à barrer la route de CALAIS. Grâce aux indications de l’un et la connaissance du système hydraulique de l’autre, les écluses et vannes sont ouvertes à la marée montantes pour laisser l’eau envahir les polders et fermées à la marée descendante pour empêcher son évacuation.

 

L’ouverture de ces écluses eut pour résultat, par ailleurs recherché, l'inondation de la plaine de l'YSER et la stabilisation du front fin octobre-début novembre 1914. Fin octobre 14, un mur d’eau stoppait la troupe allemande sur les terres de FLANDRE. Grâce à l’appui des écluses de DUNKERKE, la plaine de l’YSER est restée sous eau pendant toute la guerre.

Les Belges et le Roi Albert  peuvent ainsi s'honorer d'avoir remporté la bataille de l'YSER et conservé hors de portée de l'ennemi un bout de leur pays, une quarantaine de villages sur cinquante kilomètres carrés de dunes et de prairies.

cenenaire 14-18; awans; combattants; fnc

Le 1er novembre, les Allemands prendront la décision de se retirer face à l’étendue des dégâts engendrés par les inondations volontaires, qui couvraient alors plus de 6 kilomètres carrés. Après l’inondation de la plaine de l’Yser et la stabilisation du front, les Allemands gardent une implantation sur la rive gauche de l’Yser en occupant les citernes à pétrole situées en aval.

 

La victoire belge aura un coût sévère. Plusieurs milliers d’hommes. Ses effectifs seront ainsi réduits à seulement quelques 50.000 hommes…

 

La première ligne de défense de l'armée belge s'installe dans le talus de l'ancienne ligne de chemin de fer reliant DIXMUDE à NIEUPORT. Cette ligne est maintenant désaffectée. Le long de celle-ci on peut encore découvrir de nombreux vestiges (abris, bunkers, postes de mitrailleuses). Cette ligne de chemin de fer a joué un rôle important: son remblai limitait, au Sud, l’inondation de la plaine de l’Yser. C’est autour de cette zone stratégique que l’armée belge à établi sa défense face aux attaques ennemie. Les Belges, en position derrière les tranchées reliant la ligne de chemin de fer, tentent de réoccuper les tanks à pétrole pour sécuriser leurs positions. Ils creusent à partir de mai 1915 une tranchée dans la digue de la rive gauche de l’Yser, les Allemands ne tardant pas à faire de même dans l’autre direction. Les travaux  de construction et de réparation des dégâts causés par les combats s’effectuent de nuit. 

 

Des combats meurtriers opposent les postes avancés des deux camps, seulement distants d’une cinquantaine de mètres l’un de l'autre. Les soldats belges des différentes unités qui se sont succédées dans ce lieu le plus dangereux du front baptiseront cette position « Boyau de la Mort ». C'est un lieu hautement symbolique. Cette position était particulièrement exposée: elle faisait face à la tête de pont allemande sur la rive gauche de l’Yser.

cenenaire 14-18; awans; combattants; fnc

Au bout du « Boyau de la mort », on trouve aujourd’hui une « borne VAUTHIER ». Ces bornes de démarcation ( 22 en BELGIQUE ) ont été érigées suite à une souscription publique initiée par le Touring Club de Belgique, en 1921. Elles font partie d’un ensemble plus large de 118 bornes réparties en France et en Belgique pour matérialiser la ligne de front telle qu’elle se trouvait le 18 juillet 1918 (date de la première offensive qui a marqué le début du retrait des troupes allemandes). Ce projet a été conçu par Paul MOREAU-VAUTHIER, un ancien combattant de 14-18, qui était aussi un sculpteur.

cenenaire 14-18; awans; combattants; fnc

Pour les soldats belge, le premier hiver aux tranchées fut l’une des phases les plus pénibles du conflit. Croyant que la guerre ne durerait que quelques mois, rien n’était prévu pour lutter contre le froid et les conditions de vie misérables dans cet endroit particulièrement insalubre. Une vaccination générale prévint de justesse une épidémie de typhus. Les Allemands, confrontés aux mêmes difficultés, interrompirent momentanément leurs offensives. L'armée belge profita du sursis accordé pour se réorganiser et se reposer.

 

Les premiers mois de l’année 1915 furent propices à cette réorganisation. L’armée se renforce de 34.000 nouvelles recrues, formées dans les camps de Normandie. C'étaient essentiellement des volontaires provenant du territoire non-occupé ou de l’étranger. Au total, plus de 60.000 hommes seront appelés sous les drapeaux durant toute la durée du conflit. A ceux-ci s’ajoutent les volontaires de guerre qui ne cessent d’affluer de Belgique occupée ou de l’étranger pour rejoindre la troupe.

 

Autre effet de cette réorganisation, l’uniforme bleu, trop voyant, est remplacé par un uniforme kaki, beaucoup plus adapté à l’univers des tranchées.

 

En 1916, les soldats reçurent en plus un casque et abandonnent le képi qui n’apportait aucune protection aux fantassins terrés dans les tranchées. Il s'agissait du casque français légérement adapté. Par ailleurs, on installa quatre hôpitaux de campagne à 10 ou 15 km du front.

 

Le plus connu est l’hôpital de la Croix-Rouge organisé par le docteur DEPAGE à l’hôtel “ OCEAN ” de LA PANNE. C’est en fréquentant périodiquement cet hôpital que la reine ELISABETH gagnera son surnom de « Reine-Infirmière ». La propagande a longtemps prétendu qu'elle le fréquentait quotidiennement. Grande mélomane, la Reine appuya également la création de l’Orchestre symphonique de l’Armée de campagne en 1917.

 

Enfin, le bien-être spirituel des soldats finit par préoccuper l’état-major. Quasi inopérante en 1914, l’aumônerie militaire belge s’organisa véritablement durant le conflit et participa à l’encadrement des troupes au combat.

 

 

En ce qui concerne les Anciens combattants d'AWANS, on peut dire que toutes les victimes à partir de mi octobre 1914 sont des victimes, directes ou indirectes, de l'YSER. Ainsi GILLES Joseph décédé à RENINGHE le 01/07/1916, MASSET Achille décédé à CALAIS le 08/06/1918, SCHEUFELE Armand décédé à DIXMUDE le 26/10/1914, DETHIER Joseph décédé à DIXMUDE le 28/10/1914 et, sans doute aussi, LEJEUNE Renier décédé à CHAMPAGNE ( prononcer Champagné ) le 26/10/1918.

Après la fin de la guerre, on ne compte plus le nombre de communes qui ont donné à une de leurs rues le nom de " Rue de l'YSER ".

21/07/2014

AWANS a fêté le 21 juillet.

AWANS:

La Fête Nationale a été célébrée à AWANS.

Ci-après, le discours prononcé, Place Communale, au monument aux Morts,

au nom de la FNC "AWANS-BIERSET" par le Secrétaire

Pierre BEAUJEAN.

 Un petit reportage photographique suivra très prochainement.

 

 

AWANS 14-18.jpg" Août 1914. Il y a bientôt cent ans éclatait la première guerre, d'abord appelée « européenne » puis « mondiale ». Dans nombre de localités de multiples commémorations rappelleront les souffrances des victimes, les massacres, les destructions, les villes et villages martyrs.

La Belgique, ses habitants et ses combattants furent durement concernés. Notre armée se trouvait pratiquement, en entier, à l'extérieur du pays. Contrairement aux combattants des autres armées, nos soldats étaient privés de tout contact, même épistolaire, avec leurs familles. Les autres soldats avaient au moins ce réconfort et pouvaient, parfois, bénéficier, de véritables périodes de repos. Les témoignages écrits après guerre par les écrivains-combattants décrivent bien l'état de dépression de nos soldats. Dépression qui n'empêchait pas les actes de courage et de dévouement. Les prisonniers de la seconde guerre vécurent à peu près la même situation.

Quant à la population belge, on doit se souvenir que notre pays fut, durant cette guerre, le seul pays complètement occupé par l'armée allemande. On peut, sans se tromper, dire que l'occupation de la Belgique fut pour l'Allemagne une véritable expérience en grandeur nature. L'organisation mise en place par l'occupant, on la retrouvera en 1940, mais à l'échelle de tout le continent.

Comment tous ont-ils pu tenir ? Tous ont connu le froid, la faim, la peur, la tristesse, les privations, les enfants notamment. En ébauche de réponse, on rappellera l'importance de la solidarité, du partage, de la vie associative, de l'entraide. Ces valeurs, retrouvées instinctivement, ont permis aux soldats, aux résistants, aux prisonniers, aux civils de tenir bon face à la force brutale de l'occupant, au régime de terreur imposé par celui-ci, à la répression. Ces valeurs ont aussi permis aux civils de tenir le coup contre la pénurie. De faire face au découragement. De résister aux menées de certains défaitistes ou collaborateurs. De s'opposer à l'audace de certains profiteurs qui voyaient dans la situation l'occasion de s'enrichir. Cela on le reverra aussi après 1940.

Heureusement, dans notre partie du monde, une guerre sanglante n'est plus à l'ordre du jour. Il n'est plus question de batailles. Il n'est plus question de résistance contre un occupant !

Toutefois, on se trouve face à un ennemi plus insidieux: le repli sur soi des communautés, le repli sur soi des individualités. A titre d'exemple, dans les entreprises, on pousse le personnel à la compétition ! Dans le sport, dans les écoles même, la saine émulation a fait place à la compétition. « Compétition », idée qui se rapproche fâcheusement de la notion de « rivalité ». Là est le premier coup porté contre les valeurs de solidarité. Solidarité bien nécessaire car elle doit être une arme dans la lutte contre la pauvreté, la maladie, l'exclusion sociale.

 

Pourtant, il reste des combats à mener. Penser que l'idée de « Liberté » a atteint son objectif, c'est penser, faussement, que les tyrannies ont disparu de la Terre, que les pouvoirs sont transparents partout, que la corruption n'est pas en train de saper même les états démocratiques, qu'aucune minorité n'est plus discriminée nulle part, que les multinationales n'outrepassent jamais leurs prérogatives, que les femmes jouissent partout des droits qui leurs sont dus – et, ici, on ne parle pas de l'égalité des droits mais de la reconnaissance des droits simplement élémentaires. Dès qu'on examine attentivement la société - et nous devons même être très humbles, il n'est parfois pas nécessaire de se rendre dans des contrées plus exotiques – on voit bien que la réponse à toutes ces questions est négative !

C'est pourquoi, il n'est nullement ringard d'honorer, chaque année et à chaque occasion, le souvenir des combattants, résistants, prisonniers et malheureux civils. Mais, si on veut donner un sens à cet hommage, à ces commémorations, si on veut éviter toute "ringardise", si on veut éviter que les cérémonies soient de simples rituels mécaniques, il faut revenir sur cet esprit de solidarité.

 

A la FNC, nous sommes porteurs de l'hommage que la nation doit au courage, aux sacrifices des anciens, mais aussi de cet idéal de solidarité. Nous devons porter ce message avec enthousiasme."

 

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