08/04/2018

FNC AWANS-BIERSET: Périodique 2° trimestre 2018

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25/03/2018

AWANS: LA FNC AWANS-BIERSET SERA A YPRES LE 16 JUIN 2018

Samedi 16 juin 2018 :

Une occasion unique d'assister à la Cérémonie du Last Post à YPRES.

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La FNC fêtera son 99° anniversaire le 16 juin 2018 à YPRES et organisera conjointement la Journée des Porte-drapeaux, avec défilé dans la ville et commémoration à la Porte de Menin.

 

Cela se fera en trois parties :

  1. à 14H00 cortège au centre-ville, dépôt de fleurs à la Porte de Menin et retour à la Grand-Place.

  2. À 17H45 : Réception.

  3. À 19H30 cortège vers la Porte de Menin. A 20H00, Cérémonie quotidienne du Last Post. Clôture à 20H30.

 

Le Groupement Provincial de LIEGE de la FNC organisera un déplacement en car pour cette manifestation, pour autant qu'un nombre suffisant de participants soit réuni. Il importe de le savoir au plus tôt.

 

Les détails précis ne sont pas encore connus mais on peut déjà dire que le départ, pour les Liégeois, aura lieu sur le parking du magasin Carrefour d'ANS. vers 09H30/09H45 et le retour après minuit.

 

Etant donné l'obligation légale d'aligner deux chauffeurs, le prix de location du car est relativement élevé. Une quote-part de +/- 27,00€ sera demandée.

Pour les membres d'une section FNC en règle de cotisation au Groupement régional, une ristourne de 7,50€ sera accordée. 

En outre, la section AWANS-BIERSET accordera une intervention de 5,00€ à sas memebres qui y participeront. Donc, ce sera 15,00€

Afin de pouvoir conclure le contrat avec l'autocariste, les candidats sont invités à se manifester pour le 10 avril auprès de Mr BEAUJEAN au n° 0476/583881 ou par e-mail à l'adresse pierrebeaujean@hotmail.com.

 

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A la Porte de Menin, à YPRES, a été édifié un monument à la mémoire des soldats britanniques et du Commonwealth morts au cours de la Première Guerre mondiale.

 

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Ce monument, une œuvre de l'architecte Reginald BLOMFIELD, a été construit après-guerre par les Britanniques pour montrer leur attachement à cette terre où tant de leurs compatriotes sont tombés. Il fut érigé le 24 juillet 1927. Les noms des 54896 soldats de l'Empire britannique morts lors des batailles autour du saillant d'Ypres figurent sur les parois du monument.

 

Le Last Post (la sonnerie aux morts) se joue depuis 1928. Chaque jour, par tous les temps, les clairons du Last Post Association sonnent à 20 heures à la Porte de Menin leur ode aux soldats tombés. La cérémonie débute par une lecture de textes sur l’histoire de la Grande Guerre ou par une prière. Puis, les sonneurs de clairon interprètent le "Last Post".

 

Depuis cette date, cette cérémonie se déroule selon ce rituel immuable depuis lors tous les jours. L’unique exception a été les quatre années entre 1940 et 1944, quand YPRES était occupée par les Allemands pendant le Seconde Guerre mondiale.

 

En semaine, il y a environ 500 à 600 personnes tous les soirs. Le week-end, cela peut monter à plus de 1000. Il faut d'ailleurs venir au moins une bonne demi-heure avant le début de ce rassemblement pour espérer trouver une place au mémorial de la porte de Menin.

 

C’est donc une occasion unique qui est offerte de participer à cette cérémonie, qui plus est comme invités d'honneur.

 

 

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13/03/2018

L'euphorie des premiers jours de guerre et les premières déconvenues; Témoignage de René BENJAMIN.

L'euphorie des premiers jours de guerre et les premières déconvenues :

Témoignage de René BENJAMIN.

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René BENJAMIN est né à PARIS le 20 mars 1885. Il est mort à TOURS le 4 octobre 1948. Il obtint le Prix Goncourt en 1915 pour son roman GASPARD écrit alors qu'il était soigné à l'hôpital de TOURS où il séjourna plusieurs mois. Il avait été gravement blessé en septembre 1914, près de VERDUN.

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Septante ans après sa mort, il reste méconnu, non seulement du grand public, mais même de ceux qui se piquent de bien connaître la littérature française ou la littérature de guerre.

 

Sorti de l'hôpital, il fut versé dans les services auxiliaires comme convoyeur aux armées. C'est ainsi qu'il connut successivement tous les fronts. La guerre est à l’origine de plusieurs de ses œuvres dont Gaspard, publié en 1915.

 

Le 28 juin 1915, il avait épousé une infirmière,Elisabeth LECOY, qu’il avait connue à l’hôpital de SAUMUR et qui fut citée dans Gaspard sous le nom de « Mademoiselle Viette ». GASPARD est un roman mettant en scène un Parisien truculent et hâbleur : Gaspard, qui compte rentrer du front « pour les vendanges », et que nous suivons en campagne, dans le train des blessés ou choyé par de jolies infirmières...

 

Ce roman connaîtra un grand succès jusqu'à la fin 1916. Alors, il est clair que le conflit va s'éterniser. A Gaspard succéderont des oeuvres plus noires : Le Feu de Barbusse, Ceux de 14 de Genevoix, Les Croix de bois de Dorgelès... GASPARD est sans doute le premier roman inspiré par la mobilisation et par l'euphorie de l'été 1914. C'est en cela qu'il est intéressant. Mais passé l'euphorie des débuts de la guerre, il n'était plus d'actualité.

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Avant d'aller plus loin, on ne peut passer sous silence le comportement politique de BENJAMIN dans l'entre-deux guerres: il s'attaque au régime parlementaire, au mouvement syndical, à la Société des Nations, à Aristide BRIAND...

 

De 1940 à 1945, BENJAMIN et sa famille ont vécu près de TOURS. Comme MAURRAS, il s’en remit immédiatement au Maréchal PETAIN qu'il vénère comme le Père de la Patrie.

Cependant, on ne peut nullement l'incriminer davantage et encore moins l'assimiler à CELINE. Comme le prouve le texte suivant :

« Les Allemands enlèvent les Juifs de chez eux à six heures du matin. Ce sont des scènes comme celles de la révolution espagnole. Marie D. vient d’entendre un matin la Gestapo enlever un locataire juif. Horreur ! Claquement brutal de la porte d’entrée. Appels gutturaux au concierge. Bruits de bottes dans l’escalier. Cris des femmes. Et on ne sait pas ce qu’ils deviennent ! Jean-Jacques Bernard vient d’être arrêté. Le mari de Colette aussi. Sont-ils à Compiègne ? »

 

Nous sommes évidemment aux antipodes de CELINE qui s'en réjouissait !

Son fils aîné qui avait participé aux campagnes de TUNISIE, d'ITALIE et de FRANCE fut tué en Alsace le 9 février 1945. Nous ne sommes donc nullement non plus dans une famille de collabos.

 

Revenons à 14-18. Depuis les premiers jours d'août 1914, René BENJAMIN, agit comme un jeune journaliste. Mobilisé en Lorraine, il note dans un carnet les « choses vues ». Il écrit à sa mère :

 

« Avec de l'eau plein nos chaussures et ma culotte, je me dis encore : il y a une page épatante à faire là-dessus »

 

Il décrit la mobilisation de l'armée dans une ville de province :

 

« C’était la grande semaine d’août 1914, où chaque ville de chaque province offrit un régiment à la France. Alençon, chef-lieu de terre normande, eut le sien, comme les autres, à assembler et à équiper. Ses maisons et leurs habitants n’ont pourtant rien de guerrier. Race avant tout pratique. Vous lisez clairement dans tous les yeux que deux et deux font quatre, dans certains le regret que deux et deux ne fassent cinq ; mais dans aucun vous ne voyez briller le désir vibrant de sonner la charge. Les casernes se cachent ; on ne les trouve pas seul : il faut qu’un soldat vous mène. La première est un antique couvent, dans un cul-de-sac ; et la seconde, du siècle dernier, est dans un autre cul-de-sac. Quand les quartiers sont consignés, que les rues sont vides, les gens chez eux – l’été, vers deux heures –, lorsque la ville somnole et que les nuages glissent lentement, on aurait peine à croire que d’Alençon il pût sortir un vrai régiment, solide et discipliné, qui marche en cadence, avec un bruit de baïonnettes et de souliers ferrés. Et pourtant ce miracle s’est accompli. »

 

Au-delà de la gouaille de cette grande gueule de Gaspard, il faut lire entre les lignes l'horreur, l'inutilité des boucheries, les prises de pouvoir multiples dans les relations humaines, les recherches de confort personnel, les manques, la faim, la souffrance, les conditions infra humaines dans lesquelles ont vécu les soldats, ceux tombés en héros, ceux qui en sont revenus ... oui, mais comment?

 

« La tranchée, lorsqu'on croit vivre sa dernière minute, est dure à escalader pour les reins. Puis, il y a la surprise de n'être plus enfoui ; on se trouve plus grand ; et, serrant son fusil , les doigts crispés, on marche gravement, avec des yeux qui cherchent les balles. Elles arrivent tout à coup, balayant toute la largeur de l'air, et quelques hommes s'effondrent, sans un cri , mais leur chute en avant est suspendue par l'arme, qui glisse et se fiche en terre, en sorte que le soldat tombe dessus, arrêté, empalé, dans une étrange et effrayante attitude, mort et presque debout, atroce à voir comme tous les cadavres qui n'ont pas l'air au repos. »

 

Mais Gaspard ce n'est pas que de la gouaille. Il est sans aucune pose héroïque, sans complaisance dans le sordide, ni de sentimentalisme facile. L'auteur raconte avec simplicité et une gaîté rabelaisienne,ce qu'il a vu et vécu.

Il peint aussi la souffrance et la mort. Il parle aussi de la mentalité qui règne dans les hôpitaux chez les blessés : la tristesse, la rancoeur, l'appréhension du futur :

 

« Un mois avant, à l'hôpital, il avait vu sa femme, sa Bibiche. Il en parlait dans des termes assez peu amoureux ; il disait :
- Oh ! j'l'aime bien, mais ell' m'poisse !...J'espère qu'elle r'viendra pas d'si tôt. Elle peut pus m'voir sans pleurer. Et "mon pauv'e loup" par-ci, et "mon poulet" par-là, et "si c'est pas affreux comme ils t'ont arrangé!..." 
Ah ! j'l'ai envoyée paître !...Elle cherche tout l'temps la jambe qu'y est plus. J'ai dit : "Regarde au moins l'aut'e, pisqu'il en reste une !" J't'en fiche ! Mon tit loup, mon pauv'e tit loup, hi hi !...Qu'est-ce qu'on va d'venir, hi hi !...Ton métier, hi hi !...l'est fichu, hi hi !..."
Qu'est-ça peut m'foute à moi ; y en a-t-il pas six cent mille des métiers ? J'peux pus bouger, ben j's'rai ministre : on les balade dans des landaus ! »

 

Quand il est blessé voici comment il voit la situation

 

"Il bougonna. Il aurait fallu lui citer un nom de grande bataille historique, pour qu'il fût satisfait. Gercourt... ce n'était pas célèbre ! Avoir été blessé à Gercourt, ça ne serait même pas à dire - quoiqu'il l'eût échappé belle : il en avait tant vu tomber et rester sans mouvement ! Il n'y avait que les boches qu'il n'avait pas vus".

 

L'arrivée d'un soldat blessé à l'hôpital et la découverte du monde de l'hôpital:

 

"Un soldat blessé, qui arrive à l'hôpital, pénètre dans un monde nouveau. Il vient de se battre et de souffrir parmi les hommes de son pays. Soudain, il repose entre les mains des femmes. Autre face de la vie. On le commandait ; on lui demande ce qu'il veut. On ne lui parle plus de la mort ; on lui promet qu'il va guérir".

 

Enfin, le retour sur le front près des tranchées. Au front, c'est l’horreur, la pluie et la boue, la faim, les marches interminables, mais aussi la camaraderie.

 

"Un jour de brume d'hiver est en soi si mortel, que lorsque la nuit tombe, l'homme à peine s'en effraie. Gaspard mit sur sa tête sa couverture mouillée ; et Mousse, qui tremblait de froid, se serra contre lui. - La tranchée, toute la nuit, remue autant que le jour. Les hommes ronflent, mais ils grelottent et se cherchent l'un l'autre".

 

Il semble vouloir excuser ou, en tout cas, expliquer son style gouailleur :

 

« Pourquoi tout cela ? s’interroge Gaspard. Qu’est ce qu’on cherchait ? Mais alors, pour exprimer son dépit, il trouvait des mots comiques au milieu de ces horribles choses. »

 

 

09/03/2018

Guerre des montagnes et guerre des tranchées sur le front italien. Témoignage d'Emilio LUSSU.

Le front d'Italie : témoignage d'Emilio LUSSU.

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Emilio LUSSU est né le 4 décembre 1890 à Armungia en Sardaigne. Il est mort le 5 mars 1975 à Rome. Il fut, tour à tour, combattant de la Première guerre, homme politique pro-sarde, fondateur d'une association d'anciens combattants, écrivain et militant antifasciste.

 

Diplômé en Droit de l'Université de Cagliari, il se range, dès 1914, dans le camp des « interventionnistes démocrates » (républicains ) afin que l'Italie déclare la guerre contre l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne. Dès l'entrée en guerre, en 1915, il participe au conflit comme officier de réserve dans la Brigade SASSARI qui était constituée essentiellement de paysans sardes.

 

En 1916, cette Brigade est envoyée sur les collines près d'Asagio. Elle avait pour mission de former un front capable de résister, coûte que coûte, à l'armée autrichienne qui menaçait Vicenze et Vérone. Lors des premiers combats,cette brigade connut des victoires mais une contre-attaque les bloqua sur place jusqu'au mois de juillet 1917.

 

Ces combats très sanglants se transformèrent, comme sur le front occidental, en guerre de tranchées.

 

Cette expérience lui inspira un roman, Un anno sull'Altipiano. Il le publia en 1938, à PARIS où il était en exil politique. Elu député, il avait été la cible de la violence fasciste : en 1926, après un attentat contre MUSSOLINI, une bande de chemises noires prit sa maison d’assaut. Ancien soldat et chasseur averti, il était bien décidé à se défendre. L’un de ses assaillants fut tué et les autres prirent la fuite. Arrêté, il passa plus d’un an en prison avant son procès. Contre toute attente, le Tribunal ordinaire, estima qu’il avait agi dans le cadre de la légitime défense. Mais, il fut déféré devant le Tribunal Spécial (émanation du parti fasciste) qui le condamna à une peine de cinq ans de confino (résidence surveillée) dans les îles Lipari. Il s'en évada en 1929.

 

Ce roman fut porté au cinéma en 1970 par Francesco ROSI sous le titre « Uomini contro » ( « Les hommes contre » ). Il y raconte la vie des soldats italiens dans les tranchées et décrit l'irrationnel, le non-sens de la guerre et de la discipline militaire. Le roman sera publié en France sous le titre «  Les hommes contre ».

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Ce récit est considéré comme un des principaux récits italiens sur la Première guerre mondiale. Il est considéré comme un récit fidèle et documentaire de l'expérience de la guerre qu'a vécue le capitaine LUSSU dans la Brigade SASSARI : en 1916, LUSSU, jeune lieutenant idéaliste, convaincu du bien fondé de la guerre, en découvre l'absurdité et l'horreur en participant à l'attaque de l'armée italienne pour reprendre le contrôle de la colline de Montefiore. Parmi la neige et la rocaille des hauts plateaux alpins, soldats et officiers se débattent dans les mâchoires d’acier de la Grande Guerre. Les hommes tombent par milliers pour quelques mètres carrés de rochers et de boue.

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Il y dénonce le dysfonctionnement chronique :

 

« Chaque jour, il arrivait des munitions et des tubes de gélatine. C’étaient les grands tubes de gélatine du Karst, de deux mètres de long, faits pour ouvrir des passages dans les barbelés. Et il arrivait des pinces coupe-fil. Les pinces et les tubes ne nous avaient jamais servi à rien, mais ils arrivaient quand même. »

 

Il y dénonce l'usage de l'alcool pour doper les combattants. Avant chaque bataille, le ravitaillement en alcool atteint des sommets, au point que cela devient un signal précurseur de l’ordre d’attaque imminent :

 

« Et il arriva du cognac, beaucoup de cognac : nous étions donc à la veille d’une action »

 

Ainsi les paroles d'un Lieutenant-Colonel au jeune lieutenant LUSSU au sujet de l'alcool:

 

« Je me défends en buvant, sinon je serais déjà à l'asile. Ce n'est pas l'artillerie qui nous tient debout, nous de l'infanterie, en fait, le contraire [..] Abolir l'artillerie, des deux côtés, la guerre continue. essayez d'abolir le vin et les liqueurs [..] aucun de nous ne bougera plus. L'âme du combattant est l'alcool ... ".

 

 

D'abord, le sentiment d'inhumanité :

 

« Je me mis à songer que , peut-être, ne ne tirerais pas. Je pensais. Mener à l'assaut cent hommes, ou mille, contre cent autres hommes, ou mille, c'est une chose. Prendre un homme, le détacher du reste des hommes et puis dire : "Voilé, ne bouge pas, je tire sur toi, je te tue", c'en est une autre. C'est une tout autre chose. Faire la guerre est une chose, tuer un homme, est une autre chose. Tuer un homme comme ça, c'est l'assassiner. »

 

Mais il exprime aussi la découverte de l'humanité des ennemis :

 

« Voici l’ennemi, et voici les Autrichiens. Des hommes et des soldats comme nous, faits comme nous, en uniforme comme nous, qui à présent bougeaient, parlaient et prenaient le café, exactement comme étaient en train de le faire, derrière nous, au même moment, nos propres camarades. Étrange. Une telle idée ne m’avait jamais traversé l’esprit. À présent ils prenaient leur café. Curieux ! et pourquoi n’auraient-ils pas dû prendre le café ? Pourquoi donc me semblait-il extraordinaire qu’ils prennent le café ? » 

 

Et, a contrario, l'inflexibilité de la hiérarchie militaire :

 

« Ceux qui commandent ne se trompent jamais et ne commettent pas d’erreurs. Commander signifie le droit qu’a le supérieur hiérarchique de donner un ordre. Il n’y a pas d’ordres bons et d’ordres mauvais, d’ordres justes et d’ordres injustes. L’ordre est toujours le même. C’est le droit absolu à l’obéissance d’autrui »

 

L'éloge de la trêve :

 

 « Nous sommes des professionnels de la guerre et nous ne pouvons pas nous plaindre si nous sommes obligés de la faire. Mais quand nous sommes prêts à un combat et qu’arrive, au dernier moment, l’ordre de le suspendre, c’est moi qui vous le dis, croyez-moi, on peut être aussi courageux qu’on veut, mais ça fait plaisir. C’est ça, en toute franchise, les plus beaux moments de la guerre »

 

En exemple, ce comportement des soldats autrichiens. Au cours d'une offensive, le massacre est tellement effroyable parmi les Italiens, que les Autrichiens retranchés dans leur fortifications, cessent soudain de tirer et appellent les Italiens eux-mêmes à arrêter le carnage :

 

«Assez ! Assez braves soldats italiens ! Ne vous faites pas tuer comme ça !»

 

Le ressentiment des classes sociales dans l'armée italienne.Ces paroles d'un homme de la troupe à propos des officiers :

 

«Oui, ils meurent aussi mais avec tout le confort possible. Biftecks le matin, biftecks à midi, biftecks le soir. – Et ils touchent tous les mois un salaire qui suffirait chez moi pendant deux ans».

 

Son sentiment personnel, il fait son devoir mais il est désabusé :

 

« Bien sûr, je faisais la guerre consciemment et la justifiais moralement et politiquement. Ma conscience d'homme et de citoyen n'était pas en conflit avec mes devoirs militaires. La guerre était pour moi, une dure nécessité, terrible, bien sûr, mais à laquelle j'obéissais, comme l'une des nombreuses nécessités ingrates mais inévitables de la vie. J'étais à la guerre et j'étais aux commandes des soldats. Donc je le faisais moralement deux fois. »

 

Les tranchées :

 

« Ces tranchées si énergiquement défendues, que nous avions attaquées si souvent sans succès, avaient fini par nous paraître inanimées, comme des constructions désolées, que n'habitaient pas des hommes, comme le refuge de créatures mystérieuses et terribles dont nous ne savions rien. Et maintenant celles-ci se montraient à nous pour ce qu'elles étaient, en réalité des hommes et des soldats comme nous, comme nous en uniforme, qui bougeaient, parlaient et buvaient du café, tout comme le faisaient nos propres camarades juste derrière nous en ce même instant. » 

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02/03/2018

OLNE: Inauguration de la Rue Georges ROMEDENNE

OLNE, le 14 mars 2018

Inauguration de la Rue Georges ROMEDENNE

Voici l'invitation du Bourgmestre de la commune d'OLNE

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Stèle dédiée à Georges ROMEDENNE à NOORBEEK ( Limbourg )

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GEORGES
ROMEDENNE
ASSASSINÉ
PAR LES
ALLEMANDS
LE
3.9.1944

Pendant les derniers jours de la guerre de 1940-1945, les Allemands se retirèrent du territoire occupé. Georrges ROMEDENNE a vu les Allemands fuir son village.

Il n'a pas pu s'empêcher crier à haute voix "Vive la Belgique, Vive la Belgique". 

Cela, les Allemands ne pouvaient pas le tolérer. Ils le saisirent et le battirent.  

Ils l'ont emmené dans leur voyage à travers la région des Fourons jusqu'à NOORBEEK aux PAYS-BAS où ils ont fait halte.

Une petite fête a commencé dans la maison de la famille DUIJSINGS. Georges a été déposé sur un banc devant la maison et on lui a ordonné de rester là. 

Dans le cas contraire, des mesures punitives auraient été prises contre la population de NOORBEEK.

Georges ROMEDENNE aurait pu facilement s'enfuir, mais il resta assis. Même si les habitants de NOORBEEK lui avaient ordonné de le faire. Georges leur a dit:

« Si je fuis 10 de vos concitoyens sont arrêtés et fusillés."

 Quand les Allemands sont ressortis, ils l'ont emmené, lui ont pris ses biens et l'ont abattu deux coups de feu et l'ont laissé là. 

Les habitants de Noorbeek ont ​​apporté le cadavre à la grange de Michel GUBBELS.

Il a été  provisoirement enterré à NOORBEEK et plus tard enterré au Cimetière de Saint Hadelin.

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23/02/2018

Dans l'armée britannique. témoignage de Robert GRAVES.

Témoignage de Robert GRAVES

poète anglo-irlandais engagé volontaire.

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Robert GRAVES est né en 1895 à WIMBELDON d’une mère prussienne et d’un père irlandais. Malgré cette double ascendance, ce fut un pur britannique

 

En août 1914, il avait terminé ses études secondaires à LONDRES à Charterhouse. Il avait tout juste dix-neuf ans. Il s’apprêtait à entrer à Oxford en octobre 1914, mais il s’engagea, comme volontaire, un ou deux jours après la déclaration de guerre par le Royaume-Uni.

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Il a écrit ses souvenirs de guerre dans « Adieu à tout cela ». Il explique son engagement volontaire au chapitre X de ce livre:

 

« Les journaux prédisaient une guerre de très courte durée – terminée au pire à Noël ; j’espérai pourtant qu’elle se prolongerait assez pour retarder mon entrée à Oxford au mois d’octobre, chose que j’appréhendais par-dessus tout. Je n’avais pas non plus envisagé la possibilité de me retrouver au coeur du combat […]. J’étais en outre révolté par le cynisme avec lequel, selon les comptes rendus de presse, les troupes allemandes avaient violé la neutralité du territoire belge »

 

Pour rappel, au Royaume-Uni, ceux qui participèrent au combat furent tous des engagés volontaires ou des militaires professionnels. Armée de petite dimension, très spécifique par son caractère professionnel par rapport aux armées de masse continentales qui connaissait le régime de conscription, l’armée britannique subit des pertes considérables au cours des premiers mois du conflit. Dès 1915, on assiste à une croissance considérable des effectifs grâce à l’appel au volontariat puis à la conscription. L’expression « armée britannique » englobe bien sûr les combattants issus du Royaume-Uni, mais également ceux qui viennent des territoires britanniques d’outre-mer : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud en particulier. 

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Poète, Robert GRAVES décrit, en poèmes, des scènes du front. Voici quelques exemples.

 

« Les mitrailleuses crépitent comme des jouets sur la colline
Et, dans la vallée, à la file, tombent les braves soldats de plomb :
Voici ce dont il faut se souvenir à l’âge mûr
Tandis que, savamment, nous consacrons l’avenir
À des visions plus fanfaronnes encore du désespoir. »

 

Dans Adieu à tout cela, GRAVES critique la propagande de guerre :

« Les civils parlaient une langue étrangère, et c’était celle des journaux. »

Ses poèmes de guerre et d’après-guerre furent publiés dans d'autres ouvrages : parmi eux « Escape », « Évasion » (Goliath and David, 1916), et « Dead Cow Farm », « Ferme de la vache morte » (Fairies and Fusiliers, 1917), poème de l’effondrement des valeurs :

«Ici encore, c'est le chaos,

Boue primitive, pierres froides et pluie. »

« Voici maintenant le chaos de retour,

Primitive boue, pierres froides et pluie. »

 

On voit ici, à la dernière strophe, la même obsession que les autres écrivains-combattants : la boue !

 

Dans Au revoir à tout cela , il traite des séquelles, surtout psychologiques, de la guerre. Il existe une traduction française de cet ouvrage aux éditions Autrement "littératures" publié en 1998 sous le titre "Adieu à tout cela"

 

«Je savais qu'il faudrait des années avant que je puisse affronter autre chose qu'une paisible vie à la campagne. Mes handicaps étaient nombreux: je ne pouvais pas utiliser un téléphone, je me sentais malade chaque fois que je voyageais en train, et voir plus de deux personnes en une seule journée m'empêchait de dormir. » 

 

L'absence de haine vis-à-vis de l'ennemi. La difficulté de tuer un homme seul. Tuer semble être excusé par la tuerie de masse.

 

« Tandis que posté sur une colline dans la tranchée de soutien, je pointais mon fusil par une meurtrière dissimulée, je vis un Allemand, à 700 yards environ, dans mon viseur télescopique. Il prenait un bain dans la troisième ligne allemande. L’idée de tuer un homme nu me déplaisait, et je tendis le fusil au sergent qui était avec moi. « Tenez, vous êtes meilleur tireur que moi. » Il l’eut – mais je ne suis pas resté pour assister au spectacle?"

 

« Au mess, les instructeurs étaient à peu près tous en mesure de citer des cas précis où l’on avait assassiné des prisonniers sur le chemin du retour. […] Les chefs d’escorte racontaient en arrivant au quartier général qu’un obus allemand avait tué les prisonniers ; on ne posait alors aucune question. »

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IL expose aussi, d'une façon critiquée par après, la mentalité de l'armée britannique, un esorte de spécificité britannique: dans l'armée anglaise, deux mondes se côtoient sans se mélanger. D'un côté, les officiers, des gentlemans ayant conscience d'appartenir à un groupe à part; de l'autre, les soldats.

 

Enfin, c'est quasiment le seul à accordre de l'importance à un sujet tabou: la sexualité des combattants: la prostitution, les maisons de tolérance ( les bordels). C'est ainsi qu'il a décrit:

 

«Il n’y avait aucune restriction en France. Ces garçons avaient de l’argent à dépenser et savaient qu’ils tenaient une bonne chance d’être tués en quelques semaines de toute façon. Ils ne voulaient pas mourir vierges.» 

 

Robert GRAVES, qui assure n’avoir jamais cédé à la tentation, raconte :

 

«... deux officiers d’une autre compagnie avaient dans la même pièce couché avec une femme et sa fille. Ils avaient joué à pile ou face pour la mère car la fille «n’était qu’un petit laideron jaunâtre et squameux comme un lézard». La Lanterne rouge, bordel des armées, se trouvait au coin de la rue principale. J’y avais vu des queues de 150 soldats attendre à la porte pour passer à tour de rôle un très court instant avec l’une des 3 femmes de l’établissement.» 

 

Et, évidemment, les conséquence sanitaires: 

 

« Il y avait foule dans les hôpitaux où l’on traitait les maladies vénériennes. Le Drapeau blanc sauva la vie à des vingtaines de soldats en les rendant inaptes à servir.  »

 

Il fallait s'en douter, après la publication dans les années 30, des associations d'anciens combattants se sentant diffamées ont énergiquement protesté en démontrant des erreurs manifestes trouvées dans le texte. Il fut contraint de reconnaître que tout n'était pas à prendre pour argent comptant et qu'il avait usé d'une certaine liberté littéraire.

 

17/02/2018

Derrière le front italien ( contre l'Autriche ). Témoignage de Ernest HEMINGWAY.

Témoignage de Ernest HEMINGWAY.

Le journaliste-baroudeur, engagé volontaire.

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Ernest HEMINGWAY, écrivain, journaliste et correspondant de guerre, est né le 21 juillet 1899 à Oak Park (Illinois) aux Etats-Unis. Il est mort le 2 juillet 1961 à Ketchum (Idaho).

 

Après avoir quitté le lycée, il travailla quelques mois comme journaliste, avant de partir pour le front italien et de devenir ambulancier pendant la Première Guerre mondiale.

 

Ce choix du Front Italien est bizarre mais s'explique par ceci : il avait tenté de se faire incorporer lors de l’entrée en guerre des USA  en avril 1917. Son incorporation fut refusée à cause d’un problème à un œil. En avril 1818, il parvint cependant à incorporer la Croix-Rouge italienne et, après avoir traversé l’Atlantique sur le Chicago, il débarque à Bordeaux, gagne Paris, puis Milan, où il arrive le 6 juin.

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Il fut grièvement blessé et passa alors plus de trois mois à l'hôpital. À sa sortie, il s'engagea dans l'armée italienne. Cette expérience a servi de fondement à son roman L'Adieu aux Armes. Dans un style froid et laconique, Hemingway dépeint une guerre futile et destructrice, le cynisme des militaires et l'indifférence de populations. Dès sa parution en 1929, on en vendit 20 000 exemplaires par mois.

 

Le titre est emprunté à un poème patriotique anglais mais peut-être par dérision. L’ouvrage nullement élogieux montre l'absence de sens de cette guerre. Le sentiment amoureux n'est pas épargné lui non plus, ce qui rend l'œuvre très pessimiste. "L’adieu aux armes". Il y a aussi, en Anglais et intraduisible en français un double sens caché : (A Farewell to Arms ; arms en anglais a un double sens «armes guerrières» ou «bras aimants»

 

Après plusieurs semaines passées à l’arrière, il rejoint le front. Le 8 juillet 1918, de nuit, il est blessé aux jambes par un tir de mortier. Un de ses camarades fut tué et deux autres, blessés grièvement. Alors qu’il tente de ramener un camarade vers l’arrière, il est de nouveau blessé par un tir de mitrailleuse, mais parvient à un poste de secours, avant de s’évanouir. Pendant sa convalescence de trois mois dans un hôpital de Milan, il s’éprend d’une infirmière américaine, Agnes von Kurowski,  plus âgée que lui de huit ans et qui lui inspirera le personnage de Catherine BARKLEY dans L'Adieu aux armes. Histoire d'amour tragique : HEMINGWAY, c’est Frederic HENRY et Agnes von Kurowski, Catherine Barkley.

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L’Adieu aux Armes, considéré souvent comme son plus grand roman, le rendit populaire. L'adieu aux armes fut interdit en Italie sur ordre de Mussolini. Et aussi, plus anecdotiquement à Boston, un shérif l'ayant jugé scandaleux.

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Ce qui rend aussi ce livre intéressant, c’est parce qu’il se situe du point de vue des Italiens, ce qui est rare. Tout au long du roman, leur opinion sur la guerre est explicitement exprimée : ils sont sceptiques, désenchantés. Ils n’ont pas confiance en leur chance de vaincre et sont du coup persuadés d’une défaite prochaine : l’épuisement de certains, la fuite d’autres en sont des signes avant coureurs…

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Quelques extraits :

L’attaque dont il est victime.

« Je terminai mon fromage et bus une gorgée de vin. Au milieu du bruit, je distinguai de nouveau un toussotement, puis le tchu, tchu, tchu, puis un éclair comme lorsque la porte d’un haut fourneau s’ouvre brusquement, un grondement, blanc d’abord, rouge ensuite, accompagné d’un violent courant d’air. J’essayai de respirer, mais j’avais le souffle coupé et je me sentis sortir tout entier de moi-même, emporté loin, bien loin par le vent. Tout mon être s’enfuyait rapidement et je savais que j’étais mort et que c’était une erreur de croire qu’on mourait comme ça, sans s’en apercevoir, puis j’eus l’impression de flotter et, au lieu de continuer dans mon vol, je me sentis retomber. »

 

Aussi, comme sur les autres fronts, la pluie, la boue.

 

« A midi, nous nous embourbâmes dans un chemin détrempé, à environ 10km d’Udine, autant que nous pussions nous en rendre compte. La pluie avait cessé dans la matinée et, trois fois, nous avions entendu des aéroplanes. Ils avaient passé au-dessus de nous et s’étaient éloignés vers la gauche, et nous les avions entendu bombarder la grand route. Nous avions peiné à travers un réseau de chemins de traverse. Nous nous étions engagés dans maint cul de sac ; il nous avait fallu revenir en arrière prendre d’autres routes; cependant nous étions toujours parvenus à nous rapprocher d’Udine. »

 

Le manque d’humanité vis-à-vis des blessés en cas de retraite.

 

« Quelquefois il nous arrive aussi de les transporter du poste d’évacuation aux ambulances du front, dis-je. Dites-moi, je n’ai jamais vu de retraite, mais en cas de retraite, comment évacue-t-on tous les blessés ?/ On ne les évacue pas tous. On emmène ceux qu’on peut, et on laisse le reste. »

 

Le désarroi des civils.

 

« Je ne m’étais pas rendu compte de l’énormité de la retraite. Ce n’était pas seulement l’armée, mais tout le pays qui s’enfuyait… Cela semblait si bête de la part de BONELLO de se rendre à l’ennemi. Il n’y avait aucun danger. Nous avions traversé deux armées sans incidents. Si AYMO n’avait pas été tué, nous ne nous serions jamais doutés qu’il y avait du danger. Personne ne nous avait inquiétés quand nous marchions à découvert sur les rails. La mort était arrivée à l’improviste, sans raison. » 

 

Il manifeste son pessimisme, son refus d'applaudir aux slogans. On comprendra ici pourquoi les fascistes au pouvoir en Italie censurèrent ce livre. Alors qu'ils vantaient la bravoure de l'armée italienne, héritière des légions romaines !

 

"J'ai toujours été embarrassé par les mots: sacré, glorieux, sacrifice et par l'expression "en vain". Nous les avions entendus debout, parfois, sous la pluie, presque hors de la portée de l'ouïe, alors que seuls les mots criés nous parvenaient. Nous les avions lus sur les proclamations que les colleurs d'affiches placardaient depuis longtemps sur d'autres proclamations. Je n'avais rien vu de sacré, et ce qu'on appelait glorieux n'avait pas de gloire, et les sacrifices ressemblaient aux abattoirs de Chicago avec cette différence que la viande ne servait qu'à être enterrée. »

...

« Les mots abstraits tels que gloire, honneur, courage ou sainteté étaient indécents, comparés aux noms concrets des villages, aux numéros des régiments, aux dates. »

 

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