25/06/2016

1916: L'arme de la faim et le blocus contre l'Allemagne.

1916: L'arme de la faim contre l'ALLEMAGNE.

 

Pendant la durée de la Première Guerre mondiale, les Français et les Britanniques mirent au point au fur et à mesure une politique de blocus. Cette politique visait la mise à mal de l'économie allemande essentiellement et aussi autrichienne.

 

Ce n'était pas un véritable blocus mais un ensemble de mesures qui avaient pour but d'empêcher tous les produits de parvenir aux puissances centrales.

 

Un blocus, au véritable sens du terme, aurait consisté dans une série de mesures navales spécifiques: le stationnement de navires devant un port ou une côte ennemie pour empêcher le passage des marchandises. Or les Alliés étaient dans l'impossibilité de bloquer les ports et côtes de la Mer Baltique et de la Mer du Nord.

 

En réalité, les Alliés avaient jeté un embargo sur les marchandises à destination ou en provenance de l'Allemagne en représailles des mesures allemandes de lutte sous-marine. Cette guerre sous-marine menée par l'ALLEMAGNE eut d'ailleurs d'autres conséquences fâcheuses pour eux: l'entrée en guerre des ETATS-UNIS dont des bateaux avaient été victimes de ces attaques. Ce qui provoqua leur entrée en guerre aux côtés des Alliés. C'était un allié de poids car ils possédaient une armée d'hommes frais et motivés et des matériaux militaires neufs et performants. 

 

La guerre sous-marine de l'ALLEMAGNE aurait donc, peut-être, été la plus grande gaffe commise par l'ALLEMAGNE !

 

Ce blocus qui interdisait l’importation de denrées alimentaires pour les hommes et pour le bétail, a été prolongé après l'Armistice, jusqu’en mars 1919, avant d’être progressivement assoupli. La mort a donc fait son oeuvre, à grande échelle, dans le pays, après l’avoir fait sur le front.

 

Environ un million de civils sont morts en Allemagne et en Autriche de malnutrition, “parce que le blocus des denrées alimentaires, organisé par les Alliés, a fonctionné de manière incroyablement efficace”.

 

C'est en 1916 que les conséquences du blocus produisirent leurs effets dans la vie quoitidienne dess familles allemandes.

 

On dut introduire le rationnement: chacun avait droit à 250 grammes de viande, 500 grammes de pommes de terre, et 90 grammes de graisse par semaine.

 

Apparaît le " pain allemand de guerre ": un pain noir que la propagande s'efforce de faire passer pour un pain historique, national, qualitativement et gustativement bon, c’est le pain complet Kara, mot signifiant noir en turc. Des affiches incitent les Allemands à manger ce pain.

 

On soumet les enfants à la propagande de guerre. Dans une rédaction intitulée ‘Notre pain de guerre’, une fillette de 12 ans écrit : " Les Anglais sont nos pires ennemis, car ils tentent de nous affamer. C’est pour cette raison que l’on fabrique du pain de guerre, pour économiser des provisions […]. Notre pain de guerre est un pain assez noir.

On peut aussi imaginer, facilement, l'état dans lequel devaient se trouver les prisonniers de guerre et les déportés civils en ALLEMAGNE !

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La malnutrition et la famine, phénomène de masse en Allemagne à la suite du blocus allié, sont généralement évoquées dans les ouvrages historiques sur la première guerre mondiale. En revanche, on ne nous dit guère que ce blocus, qui interdisait aussi l’importation de denrées alimentaires pour les hommes et pour le bétail, a duré encore de longs mois après l’armistice de novembre 1918. La mort a donc fait son oeuvre, à grande échelle, dans le pays, après l’avoir fait sur le front.

 

 

 

 

17/06/2016

Léon WERTH: écrivain pacifiste, volontaire de 14-18, contestataire solitaire après.

 

Léon WERTH

 

 

Ecrivain et journaliste, esprit libre, témoin de deux guerres.

Tombé dans les oubliettes de l'histoire.

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Léon WERTH est né en 1878 à REMIREMONT dans les Vosges, dans une famille juive assimilée. Son père était drapier. Sa mère, la sœur du philosophe Frédéric RAUH.

Brillant élève, il obtint le grand prix de philosophie au  Concours Général. Il étudia au Lycée Henri IV. Il délaisse pourtant ses études pour gagner sa vie aux Halles. Ensuite, il devient chroniqueur pour diverses revues.

 

Avant la guerre de 14-18, il se manifeste par son anticléricalisme, son esprit d'indépendance. Il échoue de peu au Goncourt en 1913,  pour son roman La Maison blanche. Il est en balance contre un autre favori, Alain Fournier avec Le Grand Meaulnes. Aucun des deux ne l'obtint.

 

En août 1914, libertaire et antimilitariste, il fut un partisan de JAURES. Malgré tout, il se porte volontaire , convaincu qu'il va « faire la guerre à la guerre ». Il y combattra durant 15 mois avant d'être blessé. Il est réformé en août 1915 pour maladie.

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En janvier 1917, il signe un appel à la paix dans le journal anarchiste Ce qu’il faut dire. Il écrit dans Le Journal du peuple. Sa critique est très acerbe: " le Peuple n’est plus. Sa majuscule s’est noyée dans la boue des tranchées. Le peuple a rampé et ne s’est pas insurgé lorsque les oligarques l’ont conduit à l’abattoir."

 

Cette expérience guerrière le marqua durablement et renforça son pacifisme. Il en tire deux roman, Clavel Soldat et Clavel chez les majors. Clavel, un soldat qui perd tout espoir en l'intelligence et l'humanité de l'homme après avoir été blessé. Ce livre est un témoignage, un réquisitoire contre le nationalisme. Mais c'est aussi un véritable chef d'oeuvre. Il y dépeint des hommes résignés à mourir dans un « monde fermé, sec aux yeux, gras aux pieds ». Cet ouvrage fit scandale.

 

Dans l'entre-deux guerres avec une verve acide, il vitupère autant contre le colonialisme (Cochinchine en 1926), que contre le stalinisme dont il dénonce l'imposture et contre le nazisme montant.

 

Voici ce qu'il au retour d'un voyage en Cochinchine: “Tout Français qui n’appartient pas à la race coloniale revient d’Indochine avec un sentiment de honte”. Pour lui, il n'y a aucun bilan positif à tirer de la colonisation.

 

Vers 1950, il reconnaît: "On me repoussa de partout". C'est bien vrai ! Durant les années 1920, il publie beaucoup. Il est l’un des intellectuels de gauche en vue. Proche des communistes et des anarchistes, mais membre d’aucun parti, il suscite la méfiance. En 1923, il veut partir en URSS en reportage. Mais les autorités soviétiques lui refusent l’entrée dans le pays.

 

Militant anti-stalinien, il prend fait et cause pour Victor SERGE, ancien anarchiste passé au trotskysme et déporté par le pouvoir communiste. Les deux hommes deviennent amis. Défendre un trotskyste est en effet un crime majeur aux yeux de certains.

 

Dans les années 1930, il continue à écrire reportages et romans, critiques cinématographiques et picturales mais il est mis à l'écart. Certains de ses manuscrits sont refusés par des maisons d’édition . Ses critiques du colonialisme, du communisme, sa liberté de pensée et son style souvent sarcastique, l’isolent d’une partie du monde littéraire. Si on y ajoute un antimilitarisme clairement affiché, on comprend pourquoi Léon WERTH fut pendant tant d'années jugé infréquentable.

 

Malgré ces rejets, il noue une grande amitié avec Antoine de SAINT-EXUPERY. Au début de la guerre, ce dernier rejoint WERTH à SAINT-AMOUR où il est réfugié. WERTH lui recommande de quitter la France. Il lui confie le manuscrit de Trente-trois Jours pour le faire publier aux USA. Mais il n'y arriva pas. En 1943, SAINT-EXUPERY lui dédicace Le Petit Prince.

 

33 jours, est un court récit écrit quelques semaines après la débâcle de 1940. Léon WERTH y raconte sa fuite de Paris vers sa maison de Saint-Amour dans le Jura. Un récit dont on avait perdu la trace et redécouvert en 1992 et publié par que  Viviane HAMY. Cette éditrice a permis de redécouvrir cet écrivain en republiant plusieurs de ses ouvrages dans les années 1990 et 2000. Les différentes manifestations organisées en 2005 pour le cinquantenaire de sa mort ont remis cet écrivain au goût du jour.

 

La lettre à un otage de Saint-Exupéry mais surtout la première partie (Lettre à un ami) a été écrite à l'origine pour servir de préface à 33 jours.

 

Ce n'est qu'en 1992 que Viviane Hamy découvre le manuscrit et le publie. Cette éditrice a permis de redécouvrir cet écrivain en republiant plusieurs de ses ouvrages dans les années 1990 et 2000. Les différentes manifestations organisées en 2005 pour le cinquantenaire de sa mort ont remis cet écrivain au goût du jour.

 

 

Contraint de rester à SAINT-AMOUR jusqu'en janvier 1944, ( La zone libre étant plus sûre pour les personnes d’origine juive ), il doit néanmoins, le 9 juillet 1941, aller se déclarer “juif” à la préfecture de Lons-le-Saunier : “Je me sens humilié, non pas d’être juif, mais d’être présumé, étant juif, d’une qualité inférieure” et « Je me sens humilié, c’est la première fois que la société m’humilie. […] Je lançai le mot : Juif, comme si j’allais chanter La Marseillaise. ». Son nom figure sur la liste des « Jüdische Autoren in französischer Sprache », c’est-à-dire des écrivains juifs de langue française.

 

Durant ces années, il tient, jour après jour, son journal publié, après la guerre, sous le titre Déposition. Un témoignage sur l’état de l’opinion dans la zone "libre": les difficultés de la vie quotidienne, les rumeurs du bourg, les propos des paysans, les émissions de radio Londres, radio Paris ou de la radio suisse. Il note l’impopularité de LAVAL et la popularité de PETAIN. Celle de de GAULLE qui croît au fil du temps. Il lit la presse de la résistance.

 

Dès 1943, mentionne l’existence d’AUSCHWITZ, en Pologne. Ce qui est un démenti cinglant à tous ceux qui " ne pouvaient pas savoir ".

 

Après la libération il assiste, en tant que journaliste, au procès du maréchal PETAIN. Malgré les tout, WERTH ne cède pas à la haine. On ne trouve dans ses ouvrages aucune trace de haine. Il reste profondément humain malgré ses coups de griffe. Jusqu’à sa mort, en 1955.

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Voici un passage de CLAVEL: 

 

J’ai peur. Oui, j’ai peur… Et je me demande en quoi cette explication peut vous paraître insuffisante. Si on m’invitait à monter dans un train destiné à une catastrophe, dans un train dont le déraillement serait marqué par l’indicateur, je refuserais. Je ne vois pas dans la guerre autre chose qu’une catastrophe. Je refuserais… Et personne ne me traiterait de lâche… Mais s’il vous est agréable de me traiter de lâche, allez-y, allez-y, ne vous gênez pas. Si c’est cela que vous entendez par être lâche, j’accepte le mot comme un hommage. Je tiens dans cette époque la lâcheté militaire pour une vertu, c’est la plus belle vertu de l’époque, la plus rare. J’entends l’aveu de cette lâcheté. Car s’il suffisait d’être lâche, pour être méritant, quelle belle époque serait la nôtre. Lâches, ceux qui s’embusquaient en affirmant leur patriotisme; lâches, ceux qui font triompher leurs conceptions diplomatiques ou leur foi patriotique par la mort des plus jeunes ou des plus exposés; lâches, ceux qui se font un mérite d’un risque auquel ils ne peuvent se soustraire; lâches aussi, s’ils l’acceptent comme une nécessité supérieure; lâches alors, parce que trop bêtes. Lâches, les femmes qui envoient leurs enfants à la belle gué-guerre et qui sont prises du même émoi que la maîtresse du toréador quand elle le voit face au taureau. Lâches, les femmes qui portent glorieusement le deuil de leurs enfants, comme si la suprême lâcheté n’était pas de remplacer par une comédienne attitude le deuil qu’on n’a pas sur le cœur. Lâches… parce que sont lâches les femmes qui ont, si leur fils meurt, une autre sentiment que la révolte, un autre mouvement que le sanglot. Lâches… oui, lâches, tous lâches, les femmes, les civils et les soldats… Et si vous pensez que j’ai peur pour ma peau, tout simplement, oui… J’ai peur pour ma peau. J’ai peur des obus, j’ai peur des balles, j’ai peur des bombes, j’ai peur des grenades, j’ai peur des baïonnettes, j’ai peur des couteaux, j’ai peur de tous les instruments et de tous les engins qui écrasent, arrachent, transpercent ou coupent. Les autres aussi… mais ils ne le disent pas ou ils sont trop bêtes pour s’imaginer le risque. Les bœufs qui paissent aux champs n’ont pas peur de l’abattoir. Et j’ai peur aussi des poux et des puces… peur de la caserne et peur du dépôt… peur du conseil de réforme… qui pourrait me récupérer… vous entendez bien… peur de me mettre nu encore une fois devant un général, des scribes et des médecins, peur d’être encore palpé, ausculté, percuté… peur enfin… J’ai peur…

Extrait de Clavel chez les majors, Paris, Albin Michel, 1919. RééditionViviane Hamy, 2006.

 

 

 

 

 

 

13/06/2016

AWANS: activités sociales de la FNC en 1960.

AWANS en 1960

La FNC active dans le domaine social.

Trouvé le document suivant dans les archives de la FNC " AWANS-BIERSET ":

" Les parents, membres de la section, ayant des enfants terminant leurs études supérieures cette année sont priés de se présenter au bureau de la section avant le 15 juin afin d'y prendre connaissance des formalités d'inscription pour la remise des prix. le Bureau sera ouvert tous les mardis dec 18H30 à 20H 00."

Le secrétaire ajoute:

" Le Président national FNC a félicité notre section pour son service social suite aux interventions faites pour nos membres, lors de l'Assemblée Provinciale.

   Par sa lettre du 01/03/60, il a confirmé la chose à la section."

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19:46 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : awans, fnc, étudiants |  Facebook | | | | Digg! Digg

09/06/2016

AWANS en 1955: une trouvaille dans les archives de la FNC AWANS-BIERSET

AWANS en 1955:

Extrait du PV de l'assemblée générale de la

FNC AWANS-BIERSET.

Ce document nous apprend certaines choses maintenant bien oubliées sur la vie locale à AWANS et à BIERSET en 1954 et 1955.

Ce document nous montre aussi à quel point la FNC était bien impliquée dans la vie locale d'AWANS et de BIERSET.

Notamment:

* La date d'érection du Monument aux Morts de BIERSET;

* la date d'acquisition du drapeau de la FNAPG locale;

* les activités diverses de la section;

* la façon dont les membres de la FNC s'interpellaient '"camarades").

Je vous livre le texte:

" Chers camarades,

Depuis notre dernière assemblée générale statutaire du 25 octobre, votre comité a accompli régulièrement toutes les tâches et traditions qui lui sont confiées.

Nous avons eu à déplorer le décès de plusieurs membres et d'une non-membre aux funérailles desquels notre drapeau et une nombreuse délégation de la section ont participé;

Je vous demanderais une minute de silence ç leur mémoire.

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Signalons aussi particulièrement cette année l'inauguration du monument de BIERSET dû

à l'initiative, au courage et à la persévérance de plusieurs membres de votre comité - ceux de BIERSET - qui ont été la cheville ouvrière du Comité du Monument de BIERSET.

Nous avons aussi participé cette année à l'inauguration du drapeau de la section FNAPG, drapeau qui depuis lors accompagne souvent le nôtre. Naturellement, il s'agit ici d'un groupement d'Anciens combattants fonctionnant dans la même commune, ami du nôtre, mais tout-à-fait indépendant de nous en tant que section FNC.

Toutes les autres missions traditionnelles ont été remplies avec succès: relais sacré, commémoration de l'Armistice, commémoration du jour V, participation aux réunions du groupement régional, aux enterrements d'anciens combattants des sections voisines, fête foraine et bal de septembre, séances de cinéma chez MAGON et au Cercle pour la FNC.

Signalons que votre comité, cette année, pour l'organisation des festivités fut aidé par un Comité des fêtes composé de membres dévoués. nous avons cessé toutefois de participer aux courses de la Gare organisées les autres années au profit de la section.

Comme initiative supplémentaire, nous avons eu le 28 octobre 1953 une Assemblée générale extraordinaire pour nos membre de BIERSET afin de ranimer un peu l'activité de la FNC à BIERSET et y coordonner les cérémonies du Relais sacré et de l'Armistice.

Notre comité a tenu depuis la dernière assemblée générale 15 séances avec un total de 166 présences, soit une moyenne de 11 présents par séance."

Il ajoute, en post-scriptum:

" Mr le Bourgmestre, Président d'Honneur, a assisté à notre séance du 5 mai 1954."

Remarques:

1. En 14-18, il n'y avait eu qu'un mort à BIERSET, Fernand GIROUL. Son monument était considéré comme le Monument aux Morts du village. Manifestement, on quand même tardé à édifié un monument après 1945.

2. On rappelle ici l'existence de deux fêtes locales disparues: celle de la gare ( alors, BIERSET ) et celle de septembre, Place communale à AWANS.

3. On rappelle l'existence de deux cinémas à AWANS.

4. Le bourgmestre dont il est question au post-scriptum, était Noël HEINE.

5. On apprécie toutes les précautions oratoires prises par le secrétaire pour exposer le problème de la FNAPG, de son drapeau, de son indépendance mais aussi des bons rapports avec la FNC ! Actuellement, la section FNAPG a été absorbée par celle d'ANS-ALLEUR, mais nous sommes dépositaires de son drapeau qui est sorti à chaque occasion.

6. Localisation de ce monument de BIERSET: À l'angle de la rue de la Gare et de la rue Joseph-Jean MERLOT.
Inscription figurant sur le monument
Panneau central
"[Croix et figure héraldique du lion belge]
BIERSET
À SES VICTIMES DE GUERRE"

Panneau gauche
"COMBATTANTS 40-45
[Cinq noms, non classés par ordre alphabétique]"
Panneau droit
"40 CIVILS 45
[Cinq noms, non classés par ordre alphabétique]"

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Les anciens de 1955 peuvent être satisfaits: soixante ans plus tard, la FNC est toujours là avec ses drapeaux: ceux de la fNC, de la FNAPG, de la CNPPA...

En témoigne cette photo de la Place Communale d'AWANS lors d'un célébration de l'ARMISTICE.

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08/06/2016

Eglise Notre dame de la Chapelle, Bruxelles: paque commémorative.

BRUXELLES:

Eglise Notre Dame de la CHAPELLE:

Plaque commémorative et

réflexions diverses.

Les plaques commémoratives représentent à peu près 40% des mémoriaux élevés après la guerre de 14-18.

En principe, les plaques commémoratives et les Monuments aux Morts relevaient de l'autorité civile. 

Mais on constate un double phénomène: dans certaines régions, souvent rurales, mêmes les monuments civils portent parfois un symbole religieux; d'autre part, on remarque que dans nombre de paroisses une plaque commémorative existe à l'église, soit à l'intérieur, soit sur une muraille extérieure.

La présence de la croix dans les régions rurales constitue une particularité belge par rapport à la situation française. L’importance de la religion dans les commémorations de la Guerre de 14-18 est très grande.

Mais pourquoi l'interaction des paroisses dans le domaine mémoriel en BELGIQUE ?

Il y a quatre raisons:

1. A l'époque, moins de cent ans après la révolution belge, beaucoup de citoyens ne font pas encore la distinction entre le civil et le religieux. D'autant plus que le clergé est chargé d'actes qui peuvent être qualifiés de "civils": les TE DEUM par exemple...

2. Les localités sont divisées en paroisses ( une paroisse par quartier ). Les églises sont donc un symbole du quartier: il ne paraît donc pas anormal qu'un souvenir des victimes du quartier y soient honorés.

3. Dans d'autres endroits, il y a depuis la fin du 19° siècle conflit entre les autorités civiles et le clergé local: le fait d'apposer une plaque commémorative à l'église est peut-être une occasion de se manifester par opposition.

4. Enfin, il ne faut pas non plus oublier l'action du Cardinal MERCIER durant la guerre. Beaucoup d'anciens combattants, même sans esprit religieux, vouaient une grande admiration au Cardinal MERCIER. Personne ne songeait dès lors à s'insurger contre l'attitude de l'église quand elle se préoccupait du devoir de mémoire ( même si, à l'époque, on ne parlait pas encore ainsi: on se contentait de parler de "souvenir".

Ce long préambule avant d'en arriver à l'objet de l'article: la plaque commémorative de l'Eglise Notre dame de la CHAPELLE à BRUXELLES.

Voici la vue générale de cette église; On distingue la plaque à gauche de la porte d'entrée.

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Et voici cette plaque en gros plan.

 

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07/06/2016

VAUX-BORSET: Monuments aux Morts.

VAUX-BORSET

( Commune de VILLERS-LE-BOUILLET )

Les Monuments aux Morts.

VAUX-BORSET était une commune autonome jusqu'à la fusion des communes, le 01 janvier 1977.

En fait, la dénomination officielle était: VAUX et BORSET.

Depuis, c'est une section de la commune de VILLERS-LE-BOUILLET.

On ne peut qu'apprécier la façon dont les petites communes ont tenu à effectuer leur devoir de mémoire après la guerre de 14-18.

Le Monument aux Morts de VAUX-BORSET se situe à l'entrée du village, pratiquement en face de l'école communale. à l'embranchement de la Rue du Monument et de la Rue Joseph DURBUY.

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Il s'agit d'une stèle d'une hauteur respectable. Pour la guerre de 14-18, on ne s'est pas borné à ce que ce Monument soit un Monument aux Morts. Il a été dédié à la mémoire de tous les combattants.

 

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Ce Monument est bien mis en valeur et bien entretenu.

 

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Il s'agit d'un Monument purement civil, ce qui est assez rare dans les petites communes rurales. Il n'y a pas non plus aucune trace d'une manifestation ,guerrière quelconque: aucun soldat ni référence militaire, seulement une palme ou un rameau d'olivier. 

Le rameau d’olivier représente la paix. La palme rappelle aussi la mort: on plaçait des palmes sur les cercueils

On peut aussi découvrir que ce Monument a été l'objet d'un ajout suite à la guerre de 40-45. On a à nouveau utilisé le symbole de la palme.

On peut donc classer ce Monument aux Morts dans la catégorie des monuments pacifistes. Nous avons déjà cité dans cette catégorie les Monuments d'AWANS et de BEAUFAYS.

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Si l'on suit la Rue du Monument, on découvre, à son extrémité, dressé sur un petit terre-plain, une stèle dédiée aux morts de l'Armée secrète.

 

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03/06/2016

Robert d'HARCOURT, aristocrate français, prisonnier évadé de 14-18, militant antifasciste, et résistant.

Sur ce site " AWANS: Mémoire et Vigilance ", nous avons eu l'occasion d'étudier le parcours d'écrivains combattants ou d'écrivains ayant été fortement influencés par la guerre de 14-18.

Nous avons vu que si leur expérience de la guerre était quasiment semblable, leur évolution après l'armistice a souvent été différente: certains ont milité dans les associations d'anciens combattants parfois concurrentes, d'autres non; la plupart ont mené une action politique, mais parfois en sens opposé: certains devinrent antimilitaristes, militants de gauche ( parfois extrême ) alors que d'autres ont pris un chemin inverse ( BERNANOS jusqu'à la guerre d'ESPAGNE ); leur attitude en 40-45 fut aussi diverse, si la plupart ont participé à la résistance, d'autres ont eu une attitude moins engagée et parfois moins digne; leur engagement après 40-45 fut aussi diverse. Le cas extrême que nous hésitons beaucoup à publier est Louis Ferdinand CELINE qui alla jusqu'à l'ignomignie.

En résumé, on peut affirmer que la guerre de 14-18 les a tous profondément marqués mais sans les impliquer dans une ligne de conduite uniforme.

 

 

Robert d'HARCOURT.

 

Né à LUMIGNY ( SEINE ET MARNE ), le 23/11/1881.

Décédé à PARGNY-lez-REIMS ( MARNE ), le 18/06/1965

Intellectuel catholique français, germaniste, essayiste et résistant.

Membre de l'Académie française.

combarrants, prisonniers, 14-18, résistance, antifascisme, nazisme.

 

Robert d'HARCOURT est issu d'une vieille famille de la noblesse française. Il est le deuxième fils et le quatrième enfant du comte Pierre d'HARCOURT et d'Adélaïde-Alix de MUN.

Très jeune, il éprouve de la passion pour les lettres anciennes: il traduit deux traités de Cicéron, un livre des Géorgiques de Virgile, le Catilina de Salluste, le Phédon de Platon, l’Anabase et la Cyropédie de Xénophon. Outre cette passion, il fut un brillant germaniste.

Après une thèse de doctorat sur le poète et romancier suisse de langue allemand Conrad F. MEYER, il devint titulaire de la chaire de langue et littérature germaniques à l'Institut catholique de Paris. Il publia en 1914 un ouvrage consacré à Conrad MEYER.

 

Versé dans l’artillerie comme sergent pendant la Première Guerre mondiale, il fut grièvement blessé à deux reprises et fait prisonnier.

 

D'HARCOURT tentera de s'évader une première fois, ce fut un échec. Lors de sa deuxième tentative, il se cacha dans un entrepôt où il fut découvert par un Allemand. Ce dernier ne le dénonça pas et l'aida, la nuit venue, à sortir de la ville: 

« [...] puis me guida à travers un dédale de ruelles et de cours, dans lequel je ne me serais jamais reconnu seul, jusqu'à l'entrée d'une rue où il m'abandonna, non sans m'avoir vigoureusement serré la main en me souhaitant bonne chance. » Il narre son expérience dans " Souvenirs de captivité et d’évasion d’un camp de Bavière ".

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Contrairement à des livres comme Le Feu d’Henri BARBUSSE, les écrits des prisonniers de guerre sont peu connus, leur mémoire s’est peu à peu perdue. Les prisonniers ne furent que des soldats oubliés à qui l’on n’a pas donné le nom de "Poilus". Le retour d'Allemagne de la plupart d'entre eux fut tardif (en 1919 essentiellement). Beaucoup ont du rentrer par leurs propres moyens. La société s'est peu préoccupée d'eux. Ils sont peu à peu tombés dans l'oubli. Leurs récits eurent moins de succès que celle des écrivains-combattants. Le statut de prisonnier n’est pas un statut que l’on exprime.

Dans l'entre-deux guerres, sa connaissance de l'Allemagne l'amène à dénoncer dès 1933 le régime nazi. Ainsi, en 1936, il publie l'Évangile de la force, dans lequel il dénonce l'embrigadement des jeunes allemands au sein des mouvements nazis et il souligne l'incompatibilité radicale entre l'idéologie raciste nazie et le christianisme. Ce qui était une contribution importante à la lutte antifasciste car l'extrême-droite tentait fortement une certaine frange des catholiques. En 1938, ce fut Catholiques d'Allemagne. Cependant, il combat les préjugés afin de donner de l’Allemagne l'image la plus objective possible.

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Quand vint l'Occupation, Robert d'HARCOURT devint une des figures de la résistance intellectuelle en s'engageant dans la presse clandestine. Passé en zone dite libre pour échapper aux poursuites, on le retrouve à l’Université catholique de LYON. Mais il préféra regagner Paris afin de s’engager aux côtés de la résistance intellectuelle.

 

Le 14 février 1946, il fut élu  à l'Académie française avec quatre autres candidats. Cette élection groupée visait à combler les places vacantes laissées par la période de l'Occupation. Ses deux fils ayant été déportés en Allemagne, il avait attendu qu’ils fussent libérés pour poser sa candidature.

 

La même année, il écrit Le nazisme peint par lui-même, dernière contribution à son combat antifasciste.

 

Il consacre ensuite la plus grande partie de son œuvre à la littérature, à la pensée et à l'évolution politique de l'Allemagne.

 

Ensuite, en spécialiste de l’Allemagne, il s’est attaché à une sorte d’examen clinique de ce pays. Les trois années ( de 1961 à 1963 ) sur lesquelles porte cette étude sont des années de mutation et de crise, marquées par la disparition de la rassurante administration Eisenhower, le procès Eichman, le mur de Berlin, le déclin du chancelier Adenauer. A l’écoute de l’opinion allemande, il perçoit clairement que celle-ci pèse pour une politique étrangère qui consisterait en une fidélité inconditionnelle à l’Amérique et dans la recherche du dialogue avec l’Est. Cela pose problème car de GAULLE n'est pas partisan de la première option et ADENAUER plus que frileux envers la seconde.

 

Décédé le 18 juin 1965, peu de temps après son épouse, il repose au cimetière de PARGNY-LEZ-REIMS.

 

C. F. Meyer, sa vie, son œuvre (1825-1898), 1913

  • Souvenirs de captivité et d'évasions 1915-1918, 1922

  • La Jeunesse de Schiller, 1928

  • L'Éducation sentimentale de Goethe, 1931

  • Goethe et l'Art de vivre, 1935

  • L'Évangile de la force, le visage de la jeunesse du IIIe Reich, 1936

  • Catholiques d'Allemagne, 1938

  • Le Nazisme peint par lui-même, 1946

  • Les Allemands d'aujourd'hui, 1948

  • La Religion de Goethe, 1949

  • Visage de l'Allemagne actuelle, 1950

  • L’Allemagne est-elle inquiétante ?, 1954

  • Konrad Adenauer, 1955

  • L'Allemagne d'Adenauer, 1958

  • L'Allemagne et l'Europe, Allemagne européenne, 1960

  • L'Allemagne, d'Adenauer à Erhard, 1964