01/08/2016

Jeux Olympique de 1920: Jeux de la rancune!

JEUX OLYMPIQUES DE 1920:

Les Jeux de la rancune !

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Les débats actuels autour des Jeux ne sont pas neufs. L'esprit sportif, olympique, invoqué, n'est parfois pas exempt de calculs politiques, ainsi le Jeux de 1920 que l'on pourrait qualifier de Jeux de la revanche ou en tout cas jeux de la rancune.

 

Les Jeux de 1916 auraient dû avoir lieu à BERLIN. Le CIO avait choisi BERLIN en mai 1912 à l'occasion des Jeux Olympiques de STOCKHOLM.

 

Lors du déclenchement de la guerre, l'organisation ne s'interrompit pas, au début du moins, car tout le monde pensait que la guerre durerait peu de temps. Plus tard, les Jeux furent finalement annulés. 

 

La première conséquence de la guerre de 14-18 sur le mouvement olympique fut la décision de transférer le siège du CIO. Celui-ci était installé à PARIS depuis sa création, il fut transféré à LAUSANNE, en SUISSE, " à l'abri, en terrain neutre ".

 

C'est là que le 5 avril 1919, la BELGIQUE, alors surnommée dans le monde entier la « Poor little Belgium » se vit attribuer l’organisation des Jeux Olympiques de 1920, en hommage aux souffrances endurées par les Belges pendant la guerre de 14-18: tout un symbole. La BELGIQUE fut en effet le seul pays quasi complètement occupé durant 4 ans.

 

Cette édition des Jeux était d'ailleurs pleine de symboles. Le C.I.O. voulait, par cet acte, à prouver que les Jeux pouvaient résister aux guerres et à la barbarie humaine.

 

Un autre symbole fut le lâcher de colombes durant la cérémonie inaugurale.

 

Autre symbole, c'est la première fois qu'un athlète prononce le serment olympique. Le texte était le suivant : " Nous jurons que nous nous présentons aux Jeux olympiques en concurrents loyaux, respectueux des règlements qui les régissent et désireux d'y participer dans un esprit chevaleresque pour l'honneur de nos pays et la gloire du sport ".

 

Autre symbole, cet athlète fut Victor BOIN. Le 14 août 1920, cet escrimeur belge fut désigné comme porte-parole des athlètes. Il reçut la charge de prêter serment en levant la main devant le roi ALBERT. Victor BOIN avait participé précédemment à des Jeux. C'était un engagé volontaire dans l'armé&e belge en 1915.

 

Autre symbole: le drapeau olympique créé par Pierre de Coubertin en 1914 qui représente les continents en harmonie. Drapeau aux cinq anneaux entrelacés qui reprennent les couleurs de tous les drapeaux du monde.

 

Mais que cachaient tous ces symboles ? Le climat était-il aussi serein qu'on voulait bien le faire entendre ? C'est difficile à imaginer que même pas deux ans après l'Armistice, on allait pouvoir faire concourir dans un esprit " olympique " des nations qui s'était aussi cruellement combattues durant quatre ans. D'autant plus que le monde du sport avait payé un lourd tribut aux combats. Ainsi, rien que pour la FRANCE, au moins 400 sportifs de niveau international ont péri sur le front. Chaque pays engagé dans le conflit pouvait sûrement, proportionnellement établir le même décompte.

 

La désignation de la ville-hôte ne fut d'ailleurs pas aussi évidente qu'on l'a présentée. Dans un premier temps, c'est BUDAPEST qui avait été désigné pour organiser ces Jeux. Mais la HONGRIE avait été l'alliée de l'ALLEMAGNE...et de plus, la HONGRIE était un pays jeune puisque séparé de l'AUTRICHE depuis peu. Tout le monde n'était d'ailleurs pas là lors du choix: les trois membres français, souhaitant décaler les Jeux à 1921, refusèrent d’assister aux votes. Les représentants des pays ayant déclenché le conflit mondial en avaient été exclus.

 

Tous les pays ne participèrent pas, sans que cela soit de leur volonté. L'ALLEMAGNE, l'AUTRICHE, la HONGRIE, la BULGARIE et la TURQUIE en furent exclus en raison de leur participation à la guerre. " VAE VICTIS " disaient déjà les Romains. C'est la première décision de caractère politique dans l'Histoire de l'olympisme moderne: il y en aura d'autres ! Le CIO épousa purement et simplement la volonté d'humiliation qui guidait alors les pays vainqueurs. Etat d'esprit que l'on paiera chèrement plus tard !

 

George ORWELL aurait-il raison, lui qui a écrit:

" Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence; en d'autre mots, c'est la guerre, les fusils en moins."

Curieusement, la TCHECOSLOVAQUIE, bien que faisant partie de l'Empire Austro-Hongrois avant 1918, ne subit pas le même sort que la HONGRIE.

 

À l'occasion des Jeux d'ANVERS, l'U.R.S.S.  sera aussi écartée. Mais cela sembla faire son affaire puisqu'elle refusa de son propre chef d'y participer jusqu'en 1952.

 

Le rituel olympique se mit en place avec le serment prêté par les athlètes et les juges et le drapeau aux cinq anneaux entrelacés qui reprend les couleurs de tous les drapeaux du monde.

 

Mais l'organisation-même des Jeux pâtit de la situation d'après-guerre. Les JO ne furent guère rentables pour la BELGIQUE, le pays n'étant pas en mesure de faire face aux dépenses provoquée par l'événement. Les prix des entrées aux stades flambèrent et les recettes restèrent minimes. Un maximum d'épreuves se concentrèrent autour du stade du BEERSCHOT: les épreuves d'athlétisme, de football, de rugby et de gymnastique.  Le stade olympique disposait d'une capacité de 35 000 spectateurs.

 

 

 

29/07/2016

Fête Nationale: un acte faisant partie du ddevoir de mémoire.

Fête Nationale et devoir de Mémoire.

 

AWANS, combattants, FNC, Fête nationale, devoir de mémoireAWANS a célébré la Fête Nationale. A cette occasion, comme partout ailleurs où elle se fête, il y a eu un passage devant le Monument aux Morts.

Cela ne doit pas être un passage " obligé ". " Passage obligé " signifierait que cela ne serait rien d'autre qu'une contrainte. On y passerait uniquement parce qu'on ne pourrait pas faire autrement.

Le fait que, chez nous, on ait pris le temps d'y prononcer deux discours indique bien que l'on s'inscrit contre ce mode de pensée.

 

Se réunir devant ce monument, le 21 juillet, signifie que nous voulons montrer notre attachement aux valeurs fondatrices de la Belgique. Cela signifie également que nous voulons connaître, comprendre et, surtout, transmettre ces valeurs.

 

Cela signifie aussi que, à l'occasion de la Fête Nationale, nous rendons hommage à celles et à ceux qui, en 1830, ont lutté, au péril de leur vie, pour que naissent de nouvelles idées.

La Fête nationale du 21 juillet est aussi l’occasion, pour tous les citoyens belges, d’un devoir de mémoire et d’hommage aux Anciens. Nous rendons aussi hommage à celles et ceux qui, de 1914 à 1918 et de 1940 à 1945, se sont sacrifiés pour la sauvegarde de ces idées.

Se réunir devant le Monument aux Morts est donc inhérent au " Devoir de mémoire ". Ce " Devoir de Mémoire" est important afin que la mémoire collective garde toujours bien vivantes ces étapes historiques qui ont forgé notre Belgique d’aujourd’hui.

 

« La Patrie se compose de morts qui l’ont fondée aussi bien que des vivants qui la continuent » écrivait d’ailleurs Victor HUGO.

L'occasion aussi de rappeler que si la Constitution de 1831 stipulait tous les droits des citoyens, il y avait malgré tout loin de la coupe aux lèvres: il fallut attendre 1909 pour voir l'abolition de la conscription par tirage au sort; il fallut 1914 pour voir l'enseignement rendu obligatoire; 1919 pour voir l'instauration du suffrage universel pour les hommes et 1949 seulement pour les femmes...Cela fut rappelé dans le discours prononcé au nom de la FNC.

La célébration du 21 juillet a pas, pour les derniers anciens combattants, une signification bien particulière, celle de la liberté. Car ils ont connu l'époque où la célébration de la Fête nationale était strictement interdite. On ne pouvait le faire qu'à la sauvette et cachément.

 

L’importance du devoir de mémoire doit être, à l'occasion de la Fête Nationale, particulièrement souligné. Le souvenir est la mémoire du cœur, la mémoire émotionnelle. Mais il meurt s’il n’est pas entretenu.

Les festivités du 21 juillet qui incitent à se souvenir des événements de 1830 et 1831 ne devraient-elles pas nous rappeler notre Devoir de Mémoire vis-à-vis de ceux qui au cours des deux guerres ont donné leur vie pour une Belgique libre?

 

Le meilleur moyen de remplir ce " Devoir de Mémoire ", est d’adhérer aux associations patriotiques et plus particulièrement à la FNC qui reste l'association la plus importante en nombre d'adhérents, qui a une présence dans tous les coins du pays et qui a aussi une histoire.

 

 

27/07/2016

AWANS: sur le discours de la FNC: le devoir de vigilance.

 

Le Devoir de Vigilance:

Un obligation morale souvent difficile.

"Une éternelle vigilance est l'impossible prix de la liberté."

Eric Frank Russell

AWANS, FNC, devoir de vigilance

Lors du discours du 21 juillet 2016 prononcé, à AWANS, au nom de la FNC, il a été question du "devoir de vigilance".

 

" Devoir de vigilance " qui est absolument utile au moment où tout semble se déliter au moment où toute l'Europe semble être prise de sidération, au moment où, suite aux coups subis depuis des années ( crise interminable, crise financière de 2008, crise des migrants, replis des pays européens sur eux-mêmes, triomphe de l'extrême-droite...) tout le monde semble frappé de stupeur.

 

Le " Devoir de vigilance" n'est nullement un " Devoir de surveillance ".

 

Comme le " Devoir de mémoire ", le " Devoir de Vigilance " a divers sens selon la personne, l'association ou l'institution à laquelle elle s'adresse.

 

Le " devoir de vigilance " a pour objet la protection, au nom de l’intérêt collectif, des valeurs fondatrices de la collectivité: la protection de l’environnement, la protection des droits humains, la sauvegarde des droits inscrits dans la Constitution ou conquis au fil des ans.

 

Les violations de droits de l’homme sont aujourd’hui le plus souvent commises par des multinationales devenues plus puissantes que les États.

 

Les Etats sont-ils restés spectateurs impuissants. Il existe des exemples de législation:

 

* Au Royaume-Uni, une loi ( " Act " ) stipule qu’il y a une infraction quand les personnes morales ( firmes ) ne remplissent pas leur obligation de vigilance en matière de corruption. En cas de pépin, une question est posée: la société a-t-elle tout mis en œuvre pour éviter ou identifier un acte de corruption commis en son sein.

 

* En Suisse, l’article 102 du code Pénal prévoit que la responsabilité de l’entreprise peut être engagée « en raison du manque d’organisation de l’entreprise » et s’il lui est « reproché de ne pas avoir pris toutes les mesures d’organisation raisonnables et nécessaires pour empêcher une telle infraction » . Mais...on sait aussi que la SUISSE est très protectrice de ses sociétés...Avoir une loi, c'est bien. Encore faut-il qu'elle soit appliquée. Là le " Devoir de Vigilance " des citoyens doit intervenir pour l'exiger.

 

* Depuis le 8 juin 2001, l’Italie a promulgué un décret-loi instaurant une responsabilité administrative des personnes morales si une infraction de corruption transnationale est constatée... Mais on sait aussi la puissance Berlusconi qui n'a pas encore dit son dernier mot et la puissance de la mafia. Encore une fois, une loi, c'est bien mais la vigilance des citoyens est utile...

 

* Aux États-Unis, depuis 1789, l’Alien Tort Claim Act (ATCA) permet la compétence des juridictions américaines pour des recours en responsabilité civile engagés par des citoyens non-américains victimes de dommages commis à l’étranger et à l’encontre de personnes situées sur le sol américain. Cette loi a été utilisée plusieurs fois à l’encontre de filiales et sous-traitants d’entreprises transnationales domiciliées aux États-Unis, pour des dommages ou violations ayant eu lieu en dehors du territoire américain.

 

* En France, cinq lois comprennent un article en leur faveur, dont trois datent de 2013. Ces lois autorisent un signalement direct aux autorités judiciaires ou administratives ou aux régulateurs institués, sauf la loi du 16 avril 2013.

  • La première date de 2007. Elle protège seulement les salariés du secteur privé en cas de signalements de faits de corruption.

  • Pour faire suite au scandale du Mediator, une loi a été adoptée mais se limite à l’industrie pharmaceutique.

  • La loi du 16 avril 2013 protège tous ceux qui préviennent d'un «risque grave pour la santé publique ou l’environnement ».

 

Enfin, on ne peut pas parler du "devoir de Vigilance ", sans parler des " Lanceurs d'alerte ". " Un lanceur d'alerte " est une personne ou un groupement agissant de façon désintéressée, qui révèle des informations sur des agissements illégaux ou immoraux ou, tout simplement, dangereux. C'est-à-dire: dangereux pour l'homme, la société, l'économie ou l'environnement.

Ici, nous nous heurtons, pour les fonctionnaires à la fameuse " obligation de réserve ". Le premier devoir d'un fonctionnaire ayant découvert de tels faits est d'abord de réagir en interne, éventuellement en passant outre des échelons hiérarchiques.

S'il n'y réussit pas, il ne lui reste plus qu'à les porter à la connaissance d'instances officielles, d'associations ou de médias, parfois contre l'avis de sa hiérarchie.

Un exemple puisé dans le passé, en France: en 1958, Michel ROCARD, durant son service militaire, est envoyé en Algérie. Là, il découvre que plus d'un millions d'algériens ont été déplacés dans des camps par les militaires afin de faciliter le traitement au napalm de régions entières. Même de Gaulle n'est pas au courant.

De septembre à novembre 1958, il sillonne l'Algérie et recense de façon quasi clandestine tous les camps où s'entassent surtout femmes et enfants. En février 1959, il remet son rapport et il estime à plus d'un million le nombre de déplacés. Une fuite est commise, dans un Ministère, et ce rapport est publié dans le presse.

Michel ROCARD en parle plus tard. En quelques lignes, il expose ce fameux " Devoir de réserve" :

" Nous sommes fonctionnaires et en tant que tels, nous ne visons pas à lancer une campagne de presse, mais à acquérir une information certaine, sans connotation politique aucune."

 

20/07/2016

Révolution belge ou d'une monarchie despotique à une monarchie élue.

La monarchie belge par opposition à la monarchie néerlandaise d'avant 1830

ou

Léopold I°, un Roi élu.

Le Congrès National se réunit pour la première fois le 10 novembre 1830 et reprit la mission législative entamée par le gouvernement provisoire. Ses tâches principales étaient:

  • La rédaction définitive de la nouvelle Constitution du pays
  • L’élection du Chef de l’Etat.

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Le Congrès National restera en fonction jusqu’à la prestation de serment du premier roi des Belges.

Le 18 novembre, il proclame à son tour l’indépendance du peuple belge

Le 22 novembre, il se prononce pour un régime de monarchie constitutionnelle représentative sous un chef héréditaire car celle-ci est la seule susceptible d’être acceptée par les grandes puissances européennes.

Le 24 novembre, le Congrès exclut à perpétuité les membres de la Maison d’Orange-Nassau du trône de Belgique.

Le 26 juin 1831, Léopold de Saxe-Cobourg Gotha fut, en réalité, élu premier roi des Belges par le Congrès national.

Il fut " couronné" le 21 juillet 1831.

Le terme "couronné" n'est pas correct en ce qui concerne la monarchie belge. Contrairement à d'autres monarchies, même actuellement, le Roi entre en fonction du fait de sa prestation de serment. Aucun signe distinctif ne lui est remis: ni couronne, ni sceptre, ni manteau d'hermine. A notre quand même, le fait que le nouveau Roi est revêtu d'un uniforme militaire du plus haut grade...C'est finalement le seul signe distinctif.

Le choix de Léopold I° répondait à diverses motivations: un passé militaire prestigieux, ses liens de parenté avec la famille royale d'Angleterre ( Veuf de la princesse royale Charlotte d'Angleterre ), son ascendance familiale allemande...

Le Congrès National  avait d'abord songé au fils de LOUIS-PHILIPPE, Roi des Français. Pour ne pas irriter les Anglais, ils se décidèrent pour Léopold de Saxe-Cobourg, prince allemand et luthérien de 41 ans. 

Tout cela rassure les puissances entourant la Belgique nouvelle.

En février 1830, des hommes d’Etat anglais lui avaient proposé le trône de la Grèce qui venait de s’affranchir de la domination turque. L’opération ne lui semblant pas suffisamment fiable, il avait refusé.

Choisi par la bourgeoisie, Léopold Ier devient également le principal actionnaire de la Société générale de Belgique, la première société du pays chargée de l'équipement public.

Contrairement à l'évolution historique des autres monarchies européennes, la constitution belge et son état de droit n'était pas le fait d'une grâce royale. Elle n'avait pas non plus été arrachée à la monarchie en place. 

Elle était le fait des révolutionnaires de 1830 et du Congrès National, soit en fait de la bourgeoisie. 

Pour devenir Roi et instaurer la dynastie, le premier Roi n'eut d'autre choix que d'y jurer fidélité.

On rapporte d'ailleurs qu'il n'en fut pas très heureux: il accepta à la condition que soit réglé le problème des frontières et des dettes de la Belgique. Il obtient de la conférence de Londres le traité des Dix-Huit Articles, accepté par le congrès le 9 juillet 1831. 

Aux négociateurs belges, il aurait eut ces mots: " Messieurs, vous avez durement traité la royauté, qui n’était pas là pour se défendre. Votre charte est bien démocratique; cependant, je crois qu’en y mettant de la bonne volonté de part et d’autre, on peut encore marcher.”

En effet, à l'époque du régime hollandais, il n'y avait pas de séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif, les ministres n'étaient pas responsables devant les Etats-généraux mais seulement devant le Roi, le Roi conservait la maîtrise de toute une série d'attributions telles que la politique étrangère.

Enfin, contrairement à ce qui a été dit souvent lors de l'abdication du Roi Albert II, quand un Roi abdique, il n'abdique pas en faveur de .... Il abdique simplement, la succession est définie par les articles de la Constitution.

Les compétences politiques du souverain sont regroupées dans le chapitre 3 de la Constitution et sont explicitées en même temps que celles du gouvernement.

19:35 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

19/07/2016

Fête Nationale: pourquoi le 21 juillet ?

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Le 21 juillet est un jour férié spécial en BELGIQUE, qui commémore le serment prêté le 21 juillet 1831 par Léopold de Saxe-Cobourg, premier Roi des Belges, de rester fidèle à la Constitution.

Jour férié spécial donc pour ce qu'il commémore. Spécial aussi parce qu'il se situe en pleine période de vacances, ce qui signifie que de nombreux belges sont en "congés normaux" à ce moment...souvent même à l'étranger.

Spécial aussi parce que, contrairement au 11 novembre et au 8 mai, il n'est pas possible de réunir les enfants des écoles.

Ce serment constitutionnel - le premier- marquait le début de l'indépendance de la Belgique.

Ce serment inaugurait aussi les bases de l'état de droit en Belgique: régime d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire.

Par ce serment, le premier Roi jurait d'observer la Constitution, fait à signaler à l'époque. fait qui avait une importance symbolique. En effet, à partir du moment où le premier personnage de l'Etat faisait allégeance à la Constitution, cela lui conférait une très grande valeur.

Cette Constitution garantit les libertés individuelles des citoyens et se fonde sur la séparation des trois pouvoirs: pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire. 

Pourtant, cet état de droit s'il établissait tous les principes fondamentaux qui nous régissent toujours, était bien imparfait: régime électoral censitaire, service militaire injuste, femmes mises à l'écart de la vie publique...

La devise de la Belgique est : "l'union fait la force". Une devise que l'on traduit en néerlandais par "Eendracht maakt macht" et en allemand par "Einigkeit macht stark". Contrairement à ce que l'on croit, elle ne fait pas référence au fait que la Belgique est un état fédéral comptant trois régions: la région bruxelloise, la région flamande et la région wallonne, mais au fait que , après l'indépendance, le pays vécut sous le principe de l'unionisme ( union des laïcs et des religieux, des catholiques et des libéraux, des anciens républicains et des royalistes ...).

devise_belge.jpgL'unionisme entre Catholiques et Libéraux, scellé en 1827-1828, est consacré par un compromis en 1830: la construction d'un État libéral où il n'y a pas de politique anticléricale et où le catholicisme est reconnu comme religion de la majorité, le tout basé sur une Constitution intouchable à leurs yeux, qui garantit un nombre élevé de libertés comparé aux autres lois fondamentales de l'époque. Cet unionisme se transforme après l'indépendance en «une coalition électorale et gouvernementale permanente, constituée de membres modérés des deux partis qui n'ont pas oublié les leçons de la Révolution brabançonne».

Dès le début, le 21 juillet est l’occasion de sortir le drapeau belge, notamment sur les édifices publics, et de s’amuser lors de festivités populaires: bals aux lampions, feux d’artifices, spectacles.

Sous le règne de Léopold II, la loi du 27 mai 1890 instaura cette officiellement le 21 juillet comme « Fête nationale belge ». le but était de lier cette journée de fête à la personne du Roi.

Cette "Fête nationale" est pourtant largement méconnue à l'étranger. J'ai eu l'occasion de m'en rendre compte à l'occasion de voyages qui se déroulaient à ce moment de l'année. 

Il faut toutefois citer le cas d'une petite ville française: Sainte-Adresse, une station balnéaire française située en Normandie. On y arbore chaque 21 juillet les couleurs de la Belgique. Pour un raison peu connue chez nous: cette ville a fait office de capitale du royaume pendant la quasi-totalité de la guerre de 1914-18. Le gouvernement belge s'y était réfugié.

Comment cette journée fut-elle vécue en 14-18 ? 
Un an après l’invasion, à Bruxelles, la Fête nationale du 21 juillet 1915 était convertie en journée de deuil. La capitale fut transformée en ville morte aux magasins clos et aux volets baissés, voulant ainsi nier la légitimité de l’Occupation.

Durant la seconde guerre, on doit signaler la mission aérienne belge du 21 juillet 1943.

Le 21 juillet 2013 fut la date choisie par le roi Albert II pour abdiquer en faveur de Philippe de Belgique. Philippe devint ainsi le deuxième roi des Belges à prêter le serment constitutionnel le jour de la fête nationale.

Chez nous, à AWANS, on célèbre la Fête Nationale depuis 2006. C'était, au départ, pour répondre à une demande adressée à toutes les communes par le Gouverneur de la Province de LIEGE.

Pour gouverne, ce fut aussi l'occasion pour les trois sections d'Anciens Combattants d'avoir une manifestation commune.

18/07/2016

Coquelicots ou bleuets ?.

Des bleuets pour les Français et des coquelicots pour les britanniques.

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Ces deux fleurs sauvages ont continué à croître dans les terrains ravagés par les combats lors de la première guerre mondiale.

Toutes deux font référence à un poème, les « Bleuets de France »

« Les voici les p’tits « Bleuets »
Les Bleuets couleur des cieux
Ils vont jolis, gais et coquets,
Car ils n’ont pas froid aux yeux.
En avant partez joyeux ;
Partez, amis, au revoir !
Salut à vous, les petits « bleus »,
Petits « bleuets », vous notre espoir ! »

— Alphonse Bourgoin, extrait de Bleuets de France, 1916

et « In Flanders fields » (« Dans les champs des Flandres »).

Dans les champs de Flandre, les coquelicots fleurissent
entre les rangées de croix qui marquent notre place
Et dans le ciel, malgré le rugissement des canons
L'on perçoit encore le chant des courageuses alouettes.

Nous sommes la Mort et pourtant quelques jours auparavant
Nous regardions l'aurore poindre et le soleil rougir en
Se couchant. Nous aimions et étions aimés et aujourd'hui
Nous gisons dans les champs de Flandre.

Reprenez notre combat contre l'ennemi:
De nos mains qui chancellent, nous vous confions
Le flambeau qui sera vôtre et que vous tiendrez haut.

Si vous ne croyez plus en nous qui mourrons, jamais nous
Ne retrouverons le repos dans les Champs de Flandre
Ou fleurissent les coquelicots

(Traduction Dr Loodts)

 

19:44 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

17/07/2016

Le martyr des juifs luxembourgeois en 40-45.

CINQFONTAINES et le martyr des Juifs luxembourgeois.

On ne connaît pas exactement le nombre des Juifs vivant au Grand-Duché de Luxembourg en 1940.

Le recensement général de la population du 31 décembre 1935,déclarait 3.144 personnes de confession israélite: 870 citoyens luxembourgeois et 2.274 Juifs de nationalité étrangère ou apatrides. Selon d'autre calculs, le nombre de juifs en mai 1940 peut être estimé le nombre à 3.907.  

 

Quelques mois après l’occupation allemande, en septembre 1940, les Juifs habitant du Grand-Duché furent privés systématiquement de leurs droits, mis à l'écart de la population non-juive et pillés par l’administration civile nazie.

 

Le nombre total des déportés du Luxembourg s’élève à 677. 664 personnes firent partie de l’un des 7 convois qui quittèrent le Luxembourg entre le 16 octobre 1941 et le 17 juin 1943. 13 autres personnes furent déportées hors convois dans des camps et prisons.

 

Très peu ont survécu à la déportation: 624 sont morts au cours de la guerre et seulement 53 sont sortis vivants des différents camps et prisons. Ceci équivaut à un taux de 92,2% de morts.

 

Ainsi, au moins 1.384 personnes juives sont mortes entre 1940 et 1945. Ceci correspond à 35,4% de la population juive du Grand‐Duché en 1940. Lors de la libération, la communauté juive du Grand Duché avait pratiquement cessé d’exister: en septembre 1944, de 3.907 la population juive était tombée à 70.

 

Au 10 mai 1940, la communauté juive luxembourgeoise disposait d’une nombre vingtaine d’associations qui se répartissaient sur un éventail allant des associations caritatives en passant par les consistoires locaux, les organisations de jeunesse, etc. Elles furent dissoutes et leurs avoirs et biens confisqués.

 

Comment cela a-t-il été possible ?

 

L’occupation allemande au 10 mai 1940 signifia la fin de l’état de droit luxembourgeois. La direction du pays fut confiée à un Gauleiter, Gustav SIMON et considéré comme une partie de l'Allemagne. Gustav SIMON dirigeait d'ailleurs la région de Coblence.

 

La Grande Duchesse, la famille Grand Ducale et le Gouvernement avaient quitté le pays au matin de l’invasion pour se soustraire à l’emprise allemande, pour éviter de devoir se soumettre et afin de maintenir, virtuellement, l'existence officielle de l'Etat.

 

Ce départ fut en réalité vécu comme une trahison par un grand nombre de Luxembourgeois. Des responsables politiques luxembourgeois restés sur place, misant sur la victoire allemande en 1940 et sur la domination nazie en Europe, cherchèrent à s’intégrer dans l’Europe nouvelle, et proposèrent aux Allemands leur collaboration. Les Allemands la refusèrent car ils désiraient annexer purement et simplement le Luxembourg.

 

Ce Gouvernement en exil permit l'apparition d'un mythe. Celui fondateur d'un petit pays uni dans sa lutte contre l’Allemagne nazie. Ce mythe s’imposa rapidement après la Libération, renvoyant à la société luxembourgeoise une image valorisante. Soumis à une politique de germanisation brutale, le peuple se serait dressé unanimement contre l’occupant -à l’exception d’une poignée de criminels, d’opportunistes ou d’individus d’ascendance allemande.

 

Certains chercheurs dépeignent une situation moins valorisante. C'est à la fois inexact et injuste, il y eut une véritable résistance luxembourgeoise,soldée par de nombreuses exécutions. 

 

Ceci pour esquisser le cadre général de la vie luxembourgeoise durant la guerre. De plus, il y avait, comme partout ailleurs en Europe, un antisémitisme latent, antisémitisme qui n'allait pas jusqu'à souhaiter leur extermination.

 

A partir d'octobre 1941 tous les Juifs sont obligés de porter l’étoile jaune.

 

Comment la déportation fut-elle organisée, pratiquement ?

 

En mars 1941, le couvent de Cinqfontaines fut fermé par l’administration allemande. Il abrita de 1941 à 1943 un camp d’internement contrôlé par la Gestapo sous la dénomination officielle « Maison de Retraite juive ». Il devait s’agir surtout de personnes âgées et malades. En réalité, elles étaient amenées dans ce couvent désaffecté avant d’être déportées vers les ghettos et les camps d’extermination.

 

Les conditions de vie y étaient précaires. Le manque de vivres et de médicaments, la promiscuité, l’isolement, les tracasseries administratives, ainsi que les maladies et l’insuffisance des soins médicaux rendaient la vie très difficile aux habitants qui vivaient dans une incertitude permanente et dans l’attente des déportations.

 

En août 1941, les premiers Juifs y arrivèrent pour préparer l’arrivée des suivants. A la fin de l’été, le nombre des internés atteignit la centaine, originaires de toute l’Europe. A côté de Juifs luxembourgeois, on trouvait de nombreux Juifs réfugiés venus au Luxembourg au cours des années trente.

 

En octobre 1941, débutèrent les déportations vers l’Europe de l’Est. Le premier transport emmena 334 personnes vers le Ghetto de Lodz.

 

En octobre/novembre 1941, des Juifs astreints aux travaux forcés commencèrent la construction des fondations pour 9 baraques afin de créer des logements supplémentaires, le bâtiment principal du couvent étant surpeuplé.

 

Le 7 janvier 1942, en plein hiver, les internés sont forcés de remettre pratiquement tous leurs vêtements à l’administration civile.

 

En 1942, 21 Juifs meurent de maladies ou de privations. La plupart ont été enterrés à Cinqfontaines.

 

Le 23 avril 1942, 2e déportation: 27 (28) Juifs, dont 14 (18)de Cinqfontaines, sont déportés à Izbica (Pologne).

 

Le 12 juillet 1942, 3e déportation. 24 (23) Juifs (6 (19) venant de Cinqfontaines) sont déportés vers Auschwitz. D’après une statistique officielle, 145 Juifs sont alors internés dans la „Maison de Retraite juive“.

 

La 4e déportation a lieu le 26 juillet. 16 (24) Juifs de Cinqfontaines accompagnés de 11 (1) autres sont transportés dans le Ghetto de Theresienstadt (Térézin en Tchécoslovaquie).

 

Deux jours après, un 5e transport amène 159 (158) Juifs (73 (101) également à Theresienstadt.

 

En avril 1943, quelque 90 personnes sont encore internées au couvent de Cinqfontaines, dont 87 sont déportées le 6 avril vers Theresienstadt (6e transport). La « Maison de retraite juive » sera fermée quelques jours après que les derniers Juifs eurent été déportés le 17 juin vers Theresienstadt et Auschwitz (7e et dernier transport).

 

La plupart des Juifs de Cinqfontaines ne survivent pas à leur déportation. On estime que 24 personnes rentrèrent des camps.

 

DSCI4952.JPGEn 1969, on inaugura un monument près du Couvent à la mémoire de tous les Juifs déportés du Luxembourg. L’artiste sculpteur Lucien Wercollier, déporté politique, est l’auteur du projet.

 

Il existe un projet de "musée". Des photos, virtuelles, existent sur internet mais tout semble encore très lointain !