17/08/2014

SAINT-SEVERIN ( Condroz ): Monument aux Morts.

SAINT-SEVERIN 'CONDROZ )

 ( Commune de NANDRIN )

HEURS ET MALHEURS DU MONUMENT  aux MORTS.

Un nouveau Monument aux Morts a été érigé au centre du village.

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Il ne mentionne aucun nom.

Il est simplement dédié à toutes les victimes de l'ancienne commune de SAINT-SEVERIN.

Ci-dessous, la photo prise lors de l'inauguration de ce monument.

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A la façade de l'ancienne maison communale, nous trouvons ces très belles plaques commémoratives.

Comme on peut le voir, il ne s'agit pas des fameuses "plaques provinciales" apposées après la première guerre à l'initiative de la Province de LIEGE. Mais de très belles plaques colorées.

Elles ont une autre particularité: on ne s'est pas borné à mentionner la liste des défunts mais d'y ajouter la liste de tous les combattants, revenus survivants.

Les voici, telles qu'elles se présentaient encore, il y a quelques années.

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A présent, on a trouvé intéressant ( ? ) de les "garnir" de plantes grimpantes qui finiront par les camoufler !

 

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En examinant de plus près la plaque relative à la guerre de 14-18, on constate qu'un nom a été éliminé.

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Très curieusement, quand on interroge la population, personne ne semble se souvenir de qui il s'agit ni non plus pourquoi. 

Selon mes informations, mais l'Administration Communale, consultée, ne m'a jamais répondu, il s'agit de

PAQUOT Ferdinand,

Bourgmestre rexiste de VILLERS-LE-TEMPLE, abattu par la résistance le 17 septembre 1943 à SERAING ( aux " BIENS COMMUNAUX " ).

Après 1945, la section locale de la FNC a demandé et obtenu que son nom soit éliminé de la plaque commémorative.

 

 

14/08/2014

14-18: la mort de masse.

LA MORT DE MASSE

 

" Cette guerre, malgré l’horreur et justement à cause de cette horreur, est l’événement décisif, l’axe frémissant de toute l’histoire humaine. Cette guerre atroce a augmenté la conscience. Elle nous élève irrésistiblement à l’idéal de justice et de vérité que nous attendions. (…) Et c’est nous, combattants, qui avons été sur le front, les créateurs suppliciés du nouvel évangile (…) Nous voulons ce pourquoi nous nous sommes battus : le droit. Notre solidarité saura l’obtenir. "

Manifeste des écrivains français anciens combattants, juin 1919.

Un souffle encore piqua sur nous... Je m’étais ramassé, la tête dans les genoux, le corps en boule, les dents serrées. Le visage contracté, les yeux plissés à être mi-clos, j’attendais... Les obus se suivaient, précipités, mais on ne les entendait pas, c’était trop près, c’était trop fort. A chaque coup, le coeur décroché fait un bond, la tête, les entrailles, tout saute. On se voudrait petit, plus petit encore, chaque partie de soi-même effraie, les membres se rétractent, la tête bourdonnante et vide veut s’enfoncer, on a peur enfin, atrocement peur... Sous cette mort tonnante, on n’est plus qu’un tas qui tremble, une oreille qui guette, un coeur qui craint...

Roland DORGELES " Les Croix de Bois "

 

Le guerre de 14-18 a provoqué un nouveau rapport à la mort. Jusque là, le rapport à la mort était individualisé ou, mieux " familialisé ". Le culte des morts était, en fait,un culte rendu aux proches décédés.

Les batailles, les tranchées, les prises des forts engendrent la « mort de masse ». Il y a fatalement des évolutions telles que la banalisation de la mort et une perte de sensibilité pour les compagnons qui y assistent. Pour ceux-ci, il devient aussi, en quelque sorte normal, en retour, de la provoquer en face.

C'est ce que certains ont défini, après guerre, comme la brutalisation de la société: évocation du conflit et des batailles sous une forme banale, inscription  de la " mort de masse " quasiment comme simple statistique, consentement ou en tout cas résignation à la guerre.  C’est davantage l’artillerie qui tue et « il est rare que l’on se tue les yeux dans les yeux ». Dans les guerres du passé, on voyait surtout périr l’adversaire, en 14-18, on a surtout vu les cadavres des compagnons. Il n'y a plus guère de combats individuels, on tue peu directement pendant la guerre (10% environ).

Durant la Grande Guerre, l’artillerie fut la principale source de blessures et de mort : 70% des dégâts corporels furent infligés par les obus. Le processus de fragmentation des projectiles avait été étudié pour permettre à ces éclats de ne pas perdre trop rapidement leur vitesse et leur force vive après l’explosion. Les plus gros éclats enlevèrent des visages, des têtes, des membres, lacérèrent les ventres, cisaillèrent parfois en deux le corps des hommes. 

 

Mais, en contrepartie, la fréquentation de tous les instants de la mort a renforcé la camaraderie entre les hommes. 

Pour les familles, pour la société, la guerre a bouleversé l'ordre des générations. Il n'était pas plus naturel au début du 20° siècle que de nos jours de voir les parents pleure la mort de leurs enfants. Lorsque cela arrivait, c'était considéré comme un malheur familial. Une famille parmi tant d'autres était touchée. Avec la "mort de masse" de la guerre 14-18, cela devint quelque chose fatal. C'était devenu presque inévitable, si pas normal. 

 

Mort de masse 1.jpg

masse.gifAutre phénomène très perturbant pour les familles et les proches, l'absence de dépouilles a rendu le deuil plus difficile. Une grande partie des corps n'existait plus ou n'était pas identifiée ou reposait loin des familles dans des cimetières militaires. Cette situation était encore plus dramatique pour les familles des combattants originaires des autres continents: même identifiés et enterrés sous une stèle où leur nom était gravé, il était impossible, pour l'époque, que les familles puissent un jour s'y recueillir.

 

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D'où l'apparition, probablement pour la première fois, d'un culte de la mémoire aux victimes d'une guerre. Le culte de la mémoire a ainsi dû pallier à l'absence de corps.

Ce culte de la mémoire a revêtu deux aspects nouveaux: la création d'un culte au "Soldat Inconnu " et la floraison de dizaines de milliers de monuments aux morts. Ces mémoriaux égrènent les noms et prénoms des défunts, presque toujours sans ordre de préséance.

Les monuments aux morts sont des traces indélébiles pour les diverse mémoires: la mémoire familiale, la mémoire des localités, des entreprises. Ils sont aussi des traces de la façon dont la population a voulu interpréter la guerre après coup. Ils sont aussi des traces de la mentalité qui régnait dans les localités dans les années 20; on peut déplorer que dans certains endroits, la magnificence de certains monuments témoigne davantage de l'affirmation de la richesse de la localité que de la mémoire.

13/08/2014

1914: Recours massif aux troupes des empires coloniaux.

Guerre de 14-18:

Recours massif aux empires coloniaux.

Ce fut le cas pour la FRANCE et le ROYAUME -UNI. 

L'Empire britannique sollicita à fond les ressources humaines de ses dépendances:

* L'INDE fournit 938000 hommes;

* Le CANADA, 458000;

* L'AUSTRALIE, 332000;

* L'AFRIQUE DU SUD, 136000;

* LA NOUVELLE-ZELANDE, 112000.

La FRANCE eut recours à

* L'AFRIQUE de l'OUEST qui fournit 166000 hommes;

* L'ALGERIE, 140000;

* L'INDOCHINE, 50000;

* LA TUNISIE, 47000;

* LE MAROC, 24300.

L'Empire britannique mobilisa  donc, dans ses colonies, près de 2 millions d'hommes soit quatre fois plus  que la FRANCE.

Cependant, cela doit être nuancé. A l'exception de l'INDE où l'on recruta des "indigènes", les autres soldats provenaient de "dominions". Un dominion est, au départ, une colonie britannique mais devenu indépendant. Ils pouvaient s'occuper eux-mêmes (à part quelques exigences imposées par LONDRES ) de leurs finances, de leur politique intérieure, de leur commerce  et de  commerce (ici aussi à l'exception des exigences de la métropole). Il a droit à une force armée se rapportant en dernier lieu au Royaume-Uni. Par exemple, l'armée canadienne était partie intégrante de l'armée britannique jusqu'en 1917. c'était aussi le cas de l'AUSTRALIE, de la NOUVELLE-ZELANDE et de l'AFRIQUE du SUD.

 

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Affiche de recrutement australienne.

 

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Au CANADA, appel aux canadiens francophones.

 

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Les Britanniques insistent sur l'amitié entre les troupes "anglaises" et les troupes indiennes.

Pour l'Empire colonial français, les Africains de l'Ouest, surtout les Sénégalais, formèrent le gros des troupes coloniales avec les soldats issus du Maghreb. 

 

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Tirailleurs sénégalais.

 

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Tirailleurs algériens autour d'un drapeau français.

Une analyse détaillée des pertes humaines fait ressortir que  les tirailleurs sénégalais furent autant victimes des maladies pulmonaires que des faits de guerre. Les africains souffrirent énormément du froid à tel point que des mesures protectrices furent prises dès 1915. Ils furent expédiés en camps d'hivernage et ainsi mis relativement mieux à l'abri des rigueurs de l'hiver.

N'oubliez pas sur facebook: "AWANS, commémoration 14-18 "

 

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12/08/2014

Histoire oubliée: un bataillon du 14° de ligne, rescapé, se regroupe à AWANS.

13 août 1914:

Un bataillon "oublié" du 14° de ligne se regroupe à AWANS.

( vu dans "La Meuse" du 12 août 2014 )

 

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Monument au 14° de Ligne à LIEGE.

Le 6 août 1914, le 2° bataillon du 14° de ligne est en poste à CHAUDFONTAINE. Il est chargé de tenir la vallée de la Vesdre. Un ordre de retrait est donné au 14° de ligne mais, pour des raisons inconnues, ce bataillon ne le reçoit pas.

Dès lors, malgré les rumeurs d'occupation de la ville de LIEGE, il maintient sa position ne voulant pas désobéir aux ordres qui n'avaient pas été contredits. Ce n'est que le 12 août, dans la soirée, que l'ordre émanant du Général LEMAN leur parvient.

Le problème est que ce bataillon se trouvait derrière les positions allemandes. Le 8 août le fort de BARCHON s'était rendu, le 11 août ce fut le tour de celui d'EVEGNEE, le 13 août les forts de CHAUDFONTAINE, d'EMBOURG et de PONTISSE tombèrent, le 14 août ce fut les forts de LIERS et de FLERON qui se rendirent.

Lundi 3 août, Leman sollicite l’autorisation de procéder aux destructions « de la première série » devant Liège. Le génie fait sauter les tunnels de Hombourg sur la voie ferrée de Verviers à Aix-la-Chapelle et de Nasproué, sur la voie de Liège à Luxembourg, ainsi que ceux de trois-ponts et de Stavelot. Les voies de chemin de fer sont coupées et des déraillements volontaires de locomotives sont provoqués dans les tunnels de Coo, de Roanne, de Remouchamps, de Verviers est et de la Sauvenière à Spa.

En même temps, les ponts sur la Meuse entre Liège et la frontière hollandaise, à Visé et à Argenteau, sont détruits.

En effet, dans la nuit du 4 août, l’ordre avait été donné de faire sauter tous les ouvrages d’art des chemins de fer de la province de Luxembourg ainsi que les ponts d’ENGIS, d’OMBRET etHERMALLE-SOUS-HUY.

Comment faire pour ne pas se faire prendre ? Courageusement, la troupe ( +/- 800 soldats ) remonta vers EMBOURG et MEHAGNE. Durant la nuit, ils redescendirent sur la vallée de l'OURTHE qui'ils franchirent par des moyens de fortune. Ils parvinrent ainsi au SART-TILMAN. Très curieusement et fort heureusement, ils ne furent jamais repérés. Il est vraisemblable que l'ennemi n'aurait jamais imaginé un exploit pareil !

Le plus compliqué restait à faire: rejoindre la rive gauche de la MEUSE. 

Sous la protection des canons des forts de FLEMALLE et de HOLLOGNE, ils rejoignirent le village d'AWANS, le 13 août en fin de matinée.

Arrivés à AWANS, l'équipée n'était pas terminée. On aurait pu penser qu'ils auraient dû pren,dre la direction de BRUXELLES. Mais, alors qu'ils se trouvaient à AWANS, ils reçurent l'ordre de rejoindre la position de NAMUR via HUY où ils arrivèrent vers 17H30. Heureusement pour eux, ils purent embarquer dans un train vers NAMUR.

 

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Les Forts de LIEGE et les plans allemands.

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L'article de LA MEUSE pose problème à qui veut en savoir plus. Il y est dit que " ...ils peuvent alors traverser la Meuse en passant par les superstructures du pont de chemin de fer du Val-Benoît...Celui-ci a sauté, mais ne s'est effondré qu'à moitié dans le fleuve..."

Or, on trouve ceci, sur le site www.chu.ulg.ac.be:

"Le pont du Val Benoit resta intact. Pourquoi ? LEMAN donne la réponse dans son rapport : « Ce pont aurait pu être détruit le 6 août, lors de la retraite de la 3e Division d’Armée. Il est à remarquer qu’à ce moment, par suite de la destruction de tunnels, une interruption importante était créée sur chaque ligne de chemin de fer venant de l’Est vers Liège et qu’il y avait lieu de supposer le trafic des voies ferrées supprimé pour un certain temps. Or on savait que la construction de ponts sur les cours d’eau ne demandait pas beaucoup de temps quand on dispose des matériaux nécessaires, ce dont les Allemands ne manquaient pas et l’expérience de la campagne a bien montré qu’il en était ainsi. (…) D’autre part, les Allemands ont occupé la Ville de Liège le 7 août 1914, mais ils n’ont pu débouler en masse que le 16 août sur les plateaux de Hesbaye, après la chute des derniers forts de la rive gauche ».

Pendant 9 jours, les Allemands ont donc piétiné sur place. Ils auraient eu tout le loisir, selon LEMAN, de réparer le pont du Val Benoit, ou établir à côté un pont provisoire, ou construire à 1200 m en amont un pont en charpente sur pilots ou mieux sur bateaux de commerce ; la ligne se serait raccordée à la gare de formation de Kinkempois sur la rive droite et à la ligne du Nord Belge sur la rive gauche ; ce travail eut demandé moins de huit jours. Ils auraient aussi pu faire un détournement, relativement simple et facile, par le pont de Fragnée, détournement qui se serait relié, d’une part au sommet nord du quadrilatère de voies immédiatement à l’est du pont du Val Benoit et, d’autre part à ..."

D'autre part, sur WIKIPEDIA, on trouve:

" En 1892, on décida de construire un nouveau pont, en raison des graves avaries causées aux culées et aux piles par les tassements miniers dus à la proximité du charbonnage des Aguesses. Cette décision ne trouva jamais d’application. On se contenta de consolider l’ouvrage par des injections de béton. Le pont fut épargné par la Première Guerre Mondiale."

 

Voir FACEBOOK: "AWANS, commémoration 14-18 "

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11/08/2014

Place du XX août à LIEGE: Commémoration du centième anniversaire.

20 AOÛT 2014:

SOUVENEZ-VOUS DU 20 AOÛT 1914 à LIEGE:

CENTENAIRE DE LA TRAGEDIE Place de l'Université

( devenue Place du XX Août )

Même à LIEGE, qui pourrait encore dire pourquoi la Place du XX Août est appelée ainsi ?

La réponse se trouve sur la plaque commémorative apposée à la façade de la Faculté de Philosophie et Lettres, située sur cette place. C’est le 20 août 1914 que 17 civils, choisis au hasard ont été fusillés par les Allemands sur la place de l’Université, avant que celle dernière ne soit ensuite incendiée. Cette plaque, qui mériterait une rénovation, donne les noms des victimes.

 

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L'ancien bâtiment de l'Emulation ( aujourd'hui Théâtre de LIEGE ) et sa bibliothèque furent également incendiés. Les locaux de l'université furent, eux,  saccagés et pillés

On se plaint parfois de l'état de la plaque commémorative. Mais, en 2013, le Recteur, Bernard RENTIER, bien mal inspiré ce jour-là, proposa de débaptiser la place, un siècle de commémoration lui semblant suffisant ! 

Pour commémorer le centenaire de cette tragédie, l'ULG ( démentant ainsi Bernard RENTIER ), la Société Libre d'Emulation, le Théâtre de LIEGE, et la Province de LIEGE se sont associés et proposent une journée de manifestations, le 20 août 2014.

* D'abord une matinée de conférences publiques données dans la Salle académique de l'ULG et accessibles gratuitement à tous, de 9H30 à 13H30. Francis BALACE ( Invasion de la province en août 1914 ); Christophe BECHET ( 20 août 1914 et violences allemandes en région liégeoise ); Catherine LANNEAU ( Mémoire des atrocités en région liégeoise ); Christophe Brül ( Poides d'août 1914 dans les relations belgo-allemandes ); Philippe RAXHON ( Conclusion, 1914-2014, les enjeux d'un enracinement mémoriel ).

* Projection du film " Les trois serments " dans le Salle académique de l'Université. Ce sera à 17H30 et l'accès est gratuit..

* Commémoration sur la Place du XX août, à 19H30. Rapide rappel des faits par l'historien Christophe BECHET, lecture d'un poème d'APPOLINAIRE écrit au front, sonnerie aux morts par les trompettistes de l'ensemble Quartz.

* Concert du centenaire au Théâtre de LIEGE, à 20H00. L'ensemble Quartz interprétera des oeuvres d'Eugène ISAYE, Sylvain DUPUIS et Joseph JONGEN. L'accès est gratuit mais il faut réserver ( billetterie@theatrede liege.be ) ou 04/3420000

liège,commémoration 14-18Facebook: " Awans, commémoration 14-18 "

 

 

10/08/2014

12 août 1914: la bataille de HALEN

HALEN, 12 août 1914:

La "Bataille des casques d'argent "

 

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Le 11 août, le commandement de l'armée belge était convaincu que les allemands tenteraient une percée dans le but de franchir la GETTE, sur le pont de HALEN. Le lieutenant-général De Witte devait défendre avec un petit nombre de soldats une ligne de 14km qui allait de DRIESLINTER à HALEN.

Dans la matinée du 12 août, l'état-major belge alors à LOUVAIN, fut informé qu'un grand nombre de troupes allemandes avaient traversé HASSELT et marchaient sur HALEN. Ils voulaient donc, comme prévu, traverser la GETTE. Les Allemands étaient persuadés que la possession de HALEN leur permettrait de couper en deux la ligne belge de défense de la Gette et leur donnerait un accès plus facile vers Anvers.

L'Etat-Major envoya alors au général De Witte la 4e Brigade mixte en renfort. Cette dernière était composée de 2 800 hommes qui arrivèrent dans l'après-midi après une marche de 15 km sous un soleil de plomb. La température était d'environ 26°.

 Le général De Witte disposait donc des troupes suivantes :

  • la 3° compagnie cycliste

  • le 4° régiment de chasseurs à cheval

  • les 1°et 2° régiments de guides

  • les 4°et 5° régiments de lanciers

En face,les troupes allemandes sous commandement du général-major Von der Marwitz se composaient comme suit :

  • le 2° régiment de cuirassiers

  • le18° régiment de dragons mecklembourgeois

  • le 9° régiment de uhlans de Poméranie

  • les 1° et 2° régiments de hussards

  • les 7° et 9° régiments de chasseurs

  • le 3° régiment d'artillerie de campagne.

Après quelques premières escarmouches,les troupes du génie de la compagnie cycliste dynamitèrent le pont qui s'effondra partiellement et un millier de soldats allemands occupèrent la ville de HALEN.

Convaincus, suite à cette victoire relative, que la suite serait facile, les Allemands pensèrent pouvoir lancer des charges de cavalerie sans courir de grands risques.

L'armée belge fut disposée intelligemment : les lanciers entre la forêt de Loksbergen ( aujourd'hui disparue ) et l'est de HALEN ( qui n'était alors qu'un gros village ). Cette position étant difficilement visible des Allemands, on pouvait ainsi s'approcher d'eux sans être aperçu ; le 2° régiment de guides prit position au nord de la Rohtemmolen ; le 1° régiment de guides, au bord de la forêt de Loksbergen ; quatre pièces d'artillerie furent placées juste derrière le sommet d'une colline, couvrant le terrain jusque HALEN ; de l'artillerie fut également placée sur le Bokkenberg et la compagnie cycliste s'installa à ZELK.

La cavalerie allemande, convaincue de sa supériorité, opta pour les charges de cavalerie « à l'ancienne », c'est-à-dire, au galop et sabres au clair. Lorsque les 17° et 18° régiment de dragons à cheval entrèrent dans HALEN, les troupes allemandes furent prises sous le feu de l'artillerie belge. Les Allemands voulurent les venger par un assaut d'infanterie.

Les cyclistes belges qui avaient dû se déplacer étaient mal situés, en réalité pris entre deux feux. Ils n'eurent pas le temps d'organiser leurs défenses. Attaqués par les chasseurs allemands, ils subirent des pertes s'élevant à 30 morts et plus de 100 blessés.

Entre 13 h et 14 h, un escadron du 17° dragon allemand fit mouvement de HALEN pour attaquer ZELK. La cavalerie allemande, convaincue de sa supériorité, opta, idiotement, pour les charges de cavalerie au galop et sabre au clair. On se serait cru dans les batailles du 19° siècle ! Il y fut massacré par les Belges et, seulement, dix chevaux sans cavaliers atteignirent la barricade. Le commandant de l'escadron fut même capturé.

 

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Le lendemain matin, à l'aube, des troupes belges entrèrent à HALEN. Elles découvrirent un spectacle désolant. La plupart des habitations ont été atteintes et ont durement souffert des combats et des déprédations de l'ennemi. Plusieurs centaines de chevaux et d'hommes gisent en tous endroits, tant à l'intérieur qu'au dehors de la ville.

Cette défaite allemande sonna le glas de la cavalerie. La cavalerie la mieux aguerrie est en effet condamnée à échouer si l'ennemi s'y oppose avec des armes à feu modernes. La bataille de HALEN fut la dernière grande charge de cavalerie sur le front ouest.

Ce fut un succès temporaire pour l'armée belge, qui dut ensuite se replier vers ANVERS.

 

3000 soldats allemands et 1100 soldats belges furent tués. 200 Allemands furent fait prisonniers.On compte, parmi les morts, beaucoup de cavaliers du 17° régiment de dragons, membres de la noblesse du Mecklembourg (Nord-Est de l'Allemagne).

Cette bataille porta successivement divers noms: bataille de la Gette, bataille de HALEN et bataille des casques d'argent. Ce nom est emprunté à la couleur des casques des cuirassiers allemands abandonnés sur le champ de bataille. Ce nom remonte à un poème écrit en 1914 par l’abbé Auguste CUPPENS. Elle fut présentée comme une grande victoire. Ce qui était exagéré. Il est cependant faux de dire que sa portée fut plutôt réduite. Elle empêcha, en fait, les allemands de s'emparer rapidement d'ANVERS.

Cette victoire belge ne connut hélas pas de lendemain. Après s'être repliées sur Anvers, les troupes belges se retrouvèrent  face aux Allemands pour le reste de la guerre, derrière l'Yser, jusqu'à la contre-offensive victorieuse d'octobre et de novembre 1918.

Chaque année, la ville de HALEN commémore l'anniversaire de cette bataille. La FNC y participe. Notre section ne pourra pas, cette année pour des problèmes d'agenda, y être présente comme ce fut le cas auparavant.

 commémoration 14-18,awans,fnc,combattantsN'oubliez pas: Facebook: "Awans, commémoration14-18"

 

08/08/2014

Bombardement de LIEGE par les ZEPPELINS, en août 1914.

LES ZEPPELINS BOMBARDENT LIEGE EN AOUT 1914.

 

Les contemporains de la première guerre ont vraiment eu, immédiatement, dès les premiers jours, le sentiment d'une rupture dans toutes les pratiques de guerre connues jusqu'alors.

La guerre de 14-18 a été marquée par l'absence de distinction entre populations civiles et combattants.

La guerre, d'une guerre entre armées, apparaît aussi comme une guerre contre les civils, signe d'une abolition totale des règles séparant traditionnellement les combattants des civils.

Quand on dit que c'est à LIEGE qu'a débuté la guerre on oublie souvent de dire que c'est aussi à LIEGE que l'ennemi a expérimenté la guerre contre les civils. Ainsi nous avons déjà parlé des atrocités commises dans les villes et villages martyrs.

Mais c'est aussi à LIEGE qu'ont été, pour la première fois, expérimenté les bombardements contre des objectifs civils. L’attaque aérienne n’était pas seulement dirigée contre les forts et fortifications. On ne peut d'ailleurs pas précisément parler d'objectifs car ce fut un bombardement effectué au hasard dans des quartiers populaires.

Les Allemands utilisèrent, non pas l'aviation qui était encore trop balbutiante, mais les fameux ballons dirigeables ZEPPELIN, du nom de leur inventeur, le Comte Ferdinand von ZEPPELIN.

Âgé de 60 ans et militaire en retraite, von ZEPPELIN décida d’investir sa fortune dans une compagnie produisant des aérostats. A force de perfectionnement, en mars 1909, il produit le ZEPPELIN Z1 achetée par l'armée allemande.En août 1914, elle en possédait sept.

Au début de la guerre les Zeppelins servirent à lancer des attaques aériennes. Le 6 août 1914 un Zeppelin a bombardé Liège en Belgique, mais il fut forcé d’atterrir près de BONN après avoir été touché par des tirs d’artillerie. Trois Zeppelins de plus ont été détruits par les forces de terre dans les 2 semaines suivantes.

Le Z VI accomplit le premier bombardement de la guerre en attaquant LIEGE, le 6 août 1914: il arriva à 2 h 45 du matin, à 1.450 mètres d'altitude, et lança 200 kilos de bombes sous la fusillade et la canonnade. En raison du feu violent de l'infanterie belge, il dut rentrer sans avoir pu observer les effets du bombardement. En très mauvais état, il fut démonté, en réalité démoli, les pièces pouvant encore servir étant réutilisée à la construction de nouveaux appareils.

Cette première participation d'un dirigeable dans la guerre se soldait par une grande déception pour le Grand Quartier Général allemand. C'était un indéniable échec.

Malgré quoi, ce raid aérien fut récupéré par la propagande allemande. La silhouette du Zeppelin Z VI est représentée sur tout ce qui sera publié ou confectionné pour célébrer la chute de Liège ( cartes postales notamment ).

 

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Il était très clair que ces appareils pouvaient être facilement touchés. Malgré cela les Allemands continuèrent à les utiliser pour les attaques contre la France.

Au Royaume-Uni, les premiers bombardements par des zeppelins à l'encontre de civils eurent lieu en 1915. LONDRES fut bombardée en 1916. Comme quoi il n'est pas tout-à-fait exact de dire que la Grande-Bretagne n'a pas connu la guerre sur son territoire.

L'usage des zeppelins sera ensuite interrompu avec le développement de l'aviation de chasse. Malgré leur efficacité toute relative, plus de quatre-vingt zeppelins ont mené 51 opérations de bombardement et largué 200 tonnes de bombes. 

On connaît les caractéristiques du Zeppelin Z VI utilisé por l'attaque sur LIEGE:

Désignation du constructeur: LZ 21

Volume: 20.870 m³

Nombre de ballonnets: 17

Longueur: 148 m

Diamètre: 14,86 m

Puissance: 3 moteurs Maybach de 180 CV chacun

Charge utile: 8.800 Kg

Plafond: 1.900 m

Rayon d'action: 1. 900 Km

Vitesse: 73 Km/h

1ère sortie : 10.11.1913

 

Dernier vol : 6.8.1914

 

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