10/08/2014

12 août 1914: la bataille de HALEN

HALEN, 12 août 1914:

La "Bataille des casques d'argent "

 

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Le 11 août, le commandement de l'armée belge était convaincu que les allemands tenteraient une percée dans le but de franchir la GETTE, sur le pont de HALEN. Le lieutenant-général De Witte devait défendre avec un petit nombre de soldats une ligne de 14km qui allait de DRIESLINTER à HALEN.

Dans la matinée du 12 août, l'état-major belge alors à LOUVAIN, fut informé qu'un grand nombre de troupes allemandes avaient traversé HASSELT et marchaient sur HALEN. Ils voulaient donc, comme prévu, traverser la GETTE. Les Allemands étaient persuadés que la possession de HALEN leur permettrait de couper en deux la ligne belge de défense de la Gette et leur donnerait un accès plus facile vers Anvers.

L'Etat-Major envoya alors au général De Witte la 4e Brigade mixte en renfort. Cette dernière était composée de 2 800 hommes qui arrivèrent dans l'après-midi après une marche de 15 km sous un soleil de plomb. La température était d'environ 26°.

 Le général De Witte disposait donc des troupes suivantes :

  • la 3° compagnie cycliste

  • le 4° régiment de chasseurs à cheval

  • les 1°et 2° régiments de guides

  • les 4°et 5° régiments de lanciers

En face,les troupes allemandes sous commandement du général-major Von der Marwitz se composaient comme suit :

  • le 2° régiment de cuirassiers

  • le18° régiment de dragons mecklembourgeois

  • le 9° régiment de uhlans de Poméranie

  • les 1° et 2° régiments de hussards

  • les 7° et 9° régiments de chasseurs

  • le 3° régiment d'artillerie de campagne.

Après quelques premières escarmouches,les troupes du génie de la compagnie cycliste dynamitèrent le pont qui s'effondra partiellement et un millier de soldats allemands occupèrent la ville de HALEN.

Convaincus, suite à cette victoire relative, que la suite serait facile, les Allemands pensèrent pouvoir lancer des charges de cavalerie sans courir de grands risques.

L'armée belge fut disposée intelligemment : les lanciers entre la forêt de Loksbergen ( aujourd'hui disparue ) et l'est de HALEN ( qui n'était alors qu'un gros village ). Cette position étant difficilement visible des Allemands, on pouvait ainsi s'approcher d'eux sans être aperçu ; le 2° régiment de guides prit position au nord de la Rohtemmolen ; le 1° régiment de guides, au bord de la forêt de Loksbergen ; quatre pièces d'artillerie furent placées juste derrière le sommet d'une colline, couvrant le terrain jusque HALEN ; de l'artillerie fut également placée sur le Bokkenberg et la compagnie cycliste s'installa à ZELK.

La cavalerie allemande, convaincue de sa supériorité, opta pour les charges de cavalerie « à l'ancienne », c'est-à-dire, au galop et sabres au clair. Lorsque les 17° et 18° régiment de dragons à cheval entrèrent dans HALEN, les troupes allemandes furent prises sous le feu de l'artillerie belge. Les Allemands voulurent les venger par un assaut d'infanterie.

Les cyclistes belges qui avaient dû se déplacer étaient mal situés, en réalité pris entre deux feux. Ils n'eurent pas le temps d'organiser leurs défenses. Attaqués par les chasseurs allemands, ils subirent des pertes s'élevant à 30 morts et plus de 100 blessés.

Entre 13 h et 14 h, un escadron du 17° dragon allemand fit mouvement de HALEN pour attaquer ZELK. La cavalerie allemande, convaincue de sa supériorité, opta, idiotement, pour les charges de cavalerie au galop et sabre au clair. On se serait cru dans les batailles du 19° siècle ! Il y fut massacré par les Belges et, seulement, dix chevaux sans cavaliers atteignirent la barricade. Le commandant de l'escadron fut même capturé.

 

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Le lendemain matin, à l'aube, des troupes belges entrèrent à HALEN. Elles découvrirent un spectacle désolant. La plupart des habitations ont été atteintes et ont durement souffert des combats et des déprédations de l'ennemi. Plusieurs centaines de chevaux et d'hommes gisent en tous endroits, tant à l'intérieur qu'au dehors de la ville.

Cette défaite allemande sonna le glas de la cavalerie. La cavalerie la mieux aguerrie est en effet condamnée à échouer si l'ennemi s'y oppose avec des armes à feu modernes. La bataille de HALEN fut la dernière grande charge de cavalerie sur le front ouest.

Ce fut un succès temporaire pour l'armée belge, qui dut ensuite se replier vers ANVERS.

 

3000 soldats allemands et 1100 soldats belges furent tués. 200 Allemands furent fait prisonniers.On compte, parmi les morts, beaucoup de cavaliers du 17° régiment de dragons, membres de la noblesse du Mecklembourg (Nord-Est de l'Allemagne).

Cette bataille porta successivement divers noms: bataille de la Gette, bataille de HALEN et bataille des casques d'argent. Ce nom est emprunté à la couleur des casques des cuirassiers allemands abandonnés sur le champ de bataille. Ce nom remonte à un poème écrit en 1914 par l’abbé Auguste CUPPENS. Elle fut présentée comme une grande victoire. Ce qui était exagéré. Il est cependant faux de dire que sa portée fut plutôt réduite. Elle empêcha, en fait, les allemands de s'emparer rapidement d'ANVERS.

Cette victoire belge ne connut hélas pas de lendemain. Après s'être repliées sur Anvers, les troupes belges se retrouvèrent  face aux Allemands pour le reste de la guerre, derrière l'Yser, jusqu'à la contre-offensive victorieuse d'octobre et de novembre 1918.

Chaque année, la ville de HALEN commémore l'anniversaire de cette bataille. La FNC y participe. Notre section ne pourra pas, cette année pour des problèmes d'agenda, y être présente comme ce fut le cas auparavant.

 commémoration 14-18,awans,fnc,combattantsN'oubliez pas: Facebook: "Awans, commémoration14-18"

 

08/08/2014

Bombardement de LIEGE par les ZEPPELINS, en août 1914.

LES ZEPPELINS BOMBARDENT LIEGE EN AOUT 1914.

 

Les contemporains de la première guerre ont vraiment eu, immédiatement, dès les premiers jours, le sentiment d'une rupture dans toutes les pratiques de guerre connues jusqu'alors.

La guerre de 14-18 a été marquée par l'absence de distinction entre populations civiles et combattants.

La guerre, d'une guerre entre armées, apparaît aussi comme une guerre contre les civils, signe d'une abolition totale des règles séparant traditionnellement les combattants des civils.

Quand on dit que c'est à LIEGE qu'a débuté la guerre on oublie souvent de dire que c'est aussi à LIEGE que l'ennemi a expérimenté la guerre contre les civils. Ainsi nous avons déjà parlé des atrocités commises dans les villes et villages martyrs.

Mais c'est aussi à LIEGE qu'ont été, pour la première fois, expérimenté les bombardements contre des objectifs civils. L’attaque aérienne n’était pas seulement dirigée contre les forts et fortifications. On ne peut d'ailleurs pas précisément parler d'objectifs car ce fut un bombardement effectué au hasard dans des quartiers populaires.

Les Allemands utilisèrent, non pas l'aviation qui était encore trop balbutiante, mais les fameux ballons dirigeables ZEPPELIN, du nom de leur inventeur, le Comte Ferdinand von ZEPPELIN.

Âgé de 60 ans et militaire en retraite, von ZEPPELIN décida d’investir sa fortune dans une compagnie produisant des aérostats. A force de perfectionnement, en mars 1909, il produit le ZEPPELIN Z1 achetée par l'armée allemande.En août 1914, elle en possédait sept.

Au début de la guerre les Zeppelins servirent à lancer des attaques aériennes. Le 6 août 1914 un Zeppelin a bombardé Liège en Belgique, mais il fut forcé d’atterrir près de BONN après avoir été touché par des tirs d’artillerie. Trois Zeppelins de plus ont été détruits par les forces de terre dans les 2 semaines suivantes.

Le Z VI accomplit le premier bombardement de la guerre en attaquant LIEGE, le 6 août 1914: il arriva à 2 h 45 du matin, à 1.450 mètres d'altitude, et lança 200 kilos de bombes sous la fusillade et la canonnade. En raison du feu violent de l'infanterie belge, il dut rentrer sans avoir pu observer les effets du bombardement. En très mauvais état, il fut démonté, en réalité démoli, les pièces pouvant encore servir étant réutilisée à la construction de nouveaux appareils.

Cette première participation d'un dirigeable dans la guerre se soldait par une grande déception pour le Grand Quartier Général allemand. C'était un indéniable échec.

Malgré quoi, ce raid aérien fut récupéré par la propagande allemande. La silhouette du Zeppelin Z VI est représentée sur tout ce qui sera publié ou confectionné pour célébrer la chute de Liège ( cartes postales notamment ).

 

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Il était très clair que ces appareils pouvaient être facilement touchés. Malgré cela les Allemands continuèrent à les utiliser pour les attaques contre la France.

Au Royaume-Uni, les premiers bombardements par des zeppelins à l'encontre de civils eurent lieu en 1915. LONDRES fut bombardée en 1916. Comme quoi il n'est pas tout-à-fait exact de dire que la Grande-Bretagne n'a pas connu la guerre sur son territoire.

L'usage des zeppelins sera ensuite interrompu avec le développement de l'aviation de chasse. Malgré leur efficacité toute relative, plus de quatre-vingt zeppelins ont mené 51 opérations de bombardement et largué 200 tonnes de bombes. 

On connaît les caractéristiques du Zeppelin Z VI utilisé por l'attaque sur LIEGE:

Désignation du constructeur: LZ 21

Volume: 20.870 m³

Nombre de ballonnets: 17

Longueur: 148 m

Diamètre: 14,86 m

Puissance: 3 moteurs Maybach de 180 CV chacun

Charge utile: 8.800 Kg

Plafond: 1.900 m

Rayon d'action: 1. 900 Km

Vitesse: 73 Km/h

1ère sortie : 10.11.1913

 

Dernier vol : 6.8.1914

 

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07/08/2014

Discours du Roi Albert à la Chambre le 4 août 1914.

4 août 1914 Discours du Roi Albert Belges à la Chambre des députés

 

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Jamais depuis 1830, heure plus grave ne sonna pour la Belgique. 

La force de notre droit et la nécessité pour l’Europe de notre existence autonome nous font encore espérer que les évènements redoutés ne se produiront pas, mais s’il faut résister à l’invasion de notre sol, le devoir nous trouvera armés et décidés aux plus grands sacrifices.

Dès maintenant, la jeunesse est debout pour défendre la patrie en danger ; un seul devoir s’impose à nos volontés : une résistance opiniâtre, le courage et l’union.

Notre bravoure est démontrée par notre irréprochable mobilisation et par la multitude des engagements volontaires.

Le moment est aux actes. 
Je vous ai réunis pour permettre aux Chambres de s’associer à l’élan du pays. 
Vous saurez prendre d’urgence toutes les mesures. 
Vous êtes tous décidés à maintenir intact le patrimoine sacré de nos ancêtres. 
Personne ne faillira à son devoir.

L’armée est à la hauteur de sa tâche. 
Le gouvernement et moi avons pleine confiance. 
Le gouvernement a conscience de ses responsabilités et les assumera jusqu’au bout pour sauvegarder le bien suprême du pays. 
Si l’étranger viole notre territoire* , il trouvera tous les Belges groupés autour de leur souverain qui ne trahira jamais son serment constitutionnel.

J’ai foi dans vos destinées. 
Un pays qui se défend s’impose au respect de tous et ne périt pas. 
Dieu sera avec nous. "

06/08/2014

LINCE: Massacre de 1914, un témoignage disparu.

MARTYROLOGUE

Ce martyrologue était visible, dans le temps, au presbytère:

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6 août 1914: Massacre de LINCE (SPRIMONT )

Le 06 août 1914 :

 

MASSACRE A LINCE

 

( SPRIMONT )

 

Le 6 août 1914, à Lincé, les 73e et 74e RI de l'armée impériale allemande passèrent trente-cinq civils par les armes et détruisirent soixante maisons à lors des " atrocités allemandes " commises au début de l'invasion dans diverses régions du pays. D'autres sources parlent de quarante, mais les divers monuments égrènent une liste de trente-cinq noms.Diverses manifestations seront organisées à Lincé à l'occasion du centenaire de l'invasion de notre pays en 1914 par les troupes allemandes et des atrocités commises dans ce village.

  • le 8 août: conférence-débat internationale avec Laurence Van Ypersele, Peter Winzen et Philippe Raxhon ;

  • du 6 au 10 août: Exposition à l'école communale.

Situé non loin de la frontière allemande de l'époque, Lincé avait été rapidement occupé, avec d’autres hameaux des alentours ( Chanxhe, lillé et Louveigné ).

Tous payèrent un lourd tribut à la soldatesque brutale. De nombreux civils furent passés par les armes et des demeures incendiées. Le village fut littéralement mis à sac par les soldats allemands qui fusillèrent 35 civils et détruisirent 52 maisons. 

On relate que au moins un malheureux fut traîné jusqu'à Poulseur où il sera abattu contre le mur du cimetière. Pourquoi cet acharnement et cette torture supplémentaire inutile ? Sans doute pour terroriser la région !

En photos, le monument au poing vengeur et quelques tombes de villageois fusillés.

 

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Lincé, victime des atrocités allemandes, se revendique, à juste titre, comme «  village martyr ». On fit construire, sur les lieux des massacres, un monument dédié aux civils exécutés le 6 août 1914. Celui construit à Lincé était très éloquent et émouvant. Il s'agissait de l'ancienne fontaine du village qui avait été coiffée d'une statue en bronze du sculpteur Georges PETIT. Une femme à genoux, portant un bébé, lève le poing en signe de vengeance. Ce monument sera vandalisé et détruit durant la Deuxième Guerre mondiale, le 6 décembre 1943.

 

Voir la carte postale de ce premier monument:

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En 1962,la vieille pompe fut détruite et remplacée par un monument symbolisant l'ancien mais de facture plus moderne. La nouvelle statue est l'oeuvre du sculpteur Marceau GILLARD qui reprit le thème de celle de Georges PETIT.

 

Un Monument est érigé Rue d'Ogné.  CoordonnéesGPS: Monument+50°30'56.71", +5°38'08.62". Arbre: +50°30'49.84", +5°38'07.64".

Figure sur ce monument, sans indication de noms, l'inscription suivante :

"AUX LINCÉENS
FUSILLÉS
SUR CETTE CAMPAGNE
6 - 7 AOÛT 1914
R. I. P."

Diverses manifestations seront organisées à Lincé, à l'occasion du centenaire de l'invasion de notre pays

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A l'église Sainte-Anne de Lincé, on peut voir ce vitrail avec les trente-cinq noms classés par ordre alphabétique suivis de la mention «  Aux paroissiens morts pour la patrie »

  

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05/08/2014

Villages martyrs de la Province de Luxembourg.

VILLES ET VILLAGES MARTYRS.

En Belgique, sept villes ont reçu le titre de " Villes martyrs ". Ces sept “ villes martyrs ” sont Aarschot, Termonde, Louvain, Andenne, Dinant, Sambreville et Visé. 

Le sud de la Province de Luxembourg compte, lui, vingt-et-un villages martyrs.

Entre le 21 et le 26 août 1914, dans ces vingt-et-un villages plusieurs centaines de civils ont été fusillés par les troupes de la 4° et de la 5° armées allemandes. Ce furent ce qu'on a appelé les " atrocités allemandes ". Les troupes allemandes vivaient une véritable paranoïa: ils étaient hantés par le mythe du " Franc-tireur ". Dans chaque civil, quel que son âge ou son sexe, ils voyaient un " Franc-tireur " possible qu'il fallait absolument mettre hors circuit.

Les " atrocités allemandes " désignent également les destructions ou incendies de villages.

En voici, pour le Luxembourg, la liste:

                     CIVILS EXECUTES     HABITATIONS DETRUITES

* ANLOY:                 49                         32 

* BARANZY:              27                         86      

* BERTRIX:               11                         04     

* BRISCOL:               11                         16     

* FREYLANGE:                                       38      

* HAMIPRE               09 

* HERBEUMONT:   incendié

* HOUDEMONT:         11                         68      

* IZEL:                   20                        164

* LATOUR:               71

* LONGLIER:                                         35

* MUSSON:              12                         118

* MUSSY-LA-VILLE     13                          55

* NEUFCHÂTEAU:       23                          21

* OCHAMPS:             05                          10

* OFFAGNE:             13                          22

* PORCHERESSE:      incendié

* ROSSIGNOL:           120                        72

* St LEGER:              11                          06

* TINTIGNY:            63                          183

Mais le plus touché fut ETHE où 211 civils furent passés par les armes et 256 maisons détruites.

Quelques documents photographiques:

 

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Avis mortuaire pour ANLOY publié en 1915. On remarque l'exécution d'une femme de 74 ans et d'un garçon de 14 ans.  De dangereux terroristes ?

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Village de MUSSON. On distingue les toitures détruites.

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BARANZY en 1914. Uk s'agit d'une carte allemande ( WELTKRIEG )

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TINTIGNY

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Désastre à ETHE

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ROSSIGNOL saccagé !

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Ce qu'il reste de la Grand'rue à PIN ( IZEL )

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AWANS 14-18.jpgEt... n'oubliez tours pas la page Facebook " AWANS, commémoration 14-18 "

 

 

 

 

03/08/2014

La Gare de METZ: Force de frappe de l'Empire allemand en 1914.

Un exemple d'architecture civile cachant une fonction militaire:

La Gare de METZ.

 

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Succédant à une gare française mal adaptée aux volontés impériales allemandes affichées après l'annexion de l'Alsace-lorraine suite à la défaite française de 1870, la gare de METZ paraît complètement disproportionnée par rapport aux besoins de l'époque, même si elle est aujourd'hui conforme aux besoins modernes. 

 

Avec ses 300 mètres de long, la gare de Metz reste toujours la plus longue de France. Son réseau ferroviaire, large de 150 mètres, comportait quinze voies desservies par des quais hauts pour les voyageurs et les chevaux, et bas destinés à l’origine pour les bagages et les soldats.

La gare française qu'elle remplaçait était plus modeste et était situé un peu plus à l'ouest dans la ville.Elle n'était pas prévue pour des besoins civils, très limités, mais poursuivait, en réalité, un but militaire. 

De METZ annexée par l’Allemagne depuis la fin de la guerre de 1870, l’empereur Guillaume II avait voulu faire une place militaire majeure, créant en 1890 un corps d’armée de 25 000 hommes. La construction d’une nouvelle gare devait alors remplir plusieurs objectifs : assurer l’acheminement aisé et rationnel des soldats en cas de conflit, affermir la domination politique allemande, symboliser la modernité de l’empire. 

Un des objectifs était clairement de montrer aux habitants de METZ, aux lorrains mais aussi aux français habitant dans les départements frontaliers la puissance et la richesse de l'empira allemand. la construction d'un tel bâtiment, et du quartier "impérial" devait bien montrer que METZ était devenu allemand "pour toujours ".

Mais le véritable objectif était clairement militaire: le nouveau bâtiment devait permettre de faire embarquer ( et évidemment débarquer ) 75 000 chevaux avec 25000  soldats en 24 heures, en cas de guerre sur les fronts français et russe.

Durant la première guerre, la gare remplit bien ce rôle.

Mais la fortune des armes a tourné. En 1918, les signes iconographiques trop évidents du deuxième Reich furent éliminés : aigles impériales, casques à pointes... 

Dernier pied de nez à l'histoire mouvementée de la ville de METZ et symbole du retournement de l'histoire: une statue en couleur de Jean MOULIN a été élevée dans le hall de la Gare de METZ, où son décès fut déclaré le 8 juillet 1943. Sans chapeau mais vêtu d’un costume banal qui renvoie à sa condition humaine, Jean MOULIN contemple posément du haut de son piédestal la foule des voyageurs et des passants. Il est accompagné de trois silhouettes grises sculptées qui symbolisent l’armée de l’ombre évoquée par André MALRAUX.

Cet hommage à Jean Moulin, dans le hall des départs de la gare,est très touchant.

Ou, aussi, comment la gare de METZ, symbole de l'impérialisme allemand est devenue, en quelque sorte, symbole inverse !

 

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