05/09/2014

Parc d'AVROY à Liege en août 1914.

LIEGE au mois d'août 1914:

Les Allemands ont installé leurs canons au Parc d'Avroy.

Canon allemand dans le Parc d'Avroy.jpg

04/09/2014

Les villages dits "MORTS POUR LA FRANCE"

EN FRANCE : LES VILLAGES PERDUS.

 

Dits « MORTS POUR LA FRANCE »

 

Nous avons vu, pour la BELGIQUE, les villes et villages martyrs. Nous avons vu que certains villages avaient été presque complètement détruits. Ainsi, à FRASNES-lez-COUVIN, il ne restait, après les méfaits de l'armée allemande, que deux maison debout.

Chez nous, tous les villages ont été reconstruits. Il n'en va pas de même en FRANCE où on a de nombreux villages abandonnés à la suite de la guerre 14-18. On ne prendra en compte que les villages dits « perdus ».

La guerre de 14-18 a laissé dans les départements français du nord et de l'est de lourdes séquelles. Ainsi, un certain nombre de villages furent totalement détruits par les combats. Ces villages l'ont été pour diverses raisons: par souci de mémoire; en raison de la présence trop importante de munitions non explosées ; à cause du bouleversement des sols et de la pollution. En France, la destruction était quasi totale sur 7 % du territoire métropolitain. Les zones officiellement reconnues concernées par les dégâts de guerre couvraient 11 départements et plusieurs centaines de milliers d'hectares.

Les communes non reconstruites sont qualifiées de communes «  mortes pour la FRANCE ». En plus de ces villages désertifiés, il faut ajouter d'autres villages qui ont été reconstruits mais à un autre emplacement que l'emplacement originel.

En 1919, le « ministère des régions libérées », en liaison avec le ministère des armées, a produit une cartographie en trois niveaux de séquelles, représentés par trois couleurs.

 

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Zones vertes: zones de dégâts moyens. Ce sont les zones de passage ou de stationnement des armées, avec d’éventuels restes de dépôts de munitions, de matériels, casemates ou déchets divers.

Zones jaunes: zones brièvement ou ponctuellement touchées par les combats. Généralement situées derrière les lignes de front ou éloignées, où les infrastructures routières étaient, à peu près fonctionnelles après l’armistice.

Zones rouges: zones correspondant aux lignes de front des armées. Ce sont des zones où sont concentrées les dommages majeurs. Les sols y sont bouleversés, et les infrastructures routières, ferroviaires, industrielles, ainsi que ponts, ports et canaux y sont généralement totalement détruits. La zone rouge  correspond à environ 120 000 hectares des anciens champs de bataille. A cause des dégâts physiques majeurs sur l'environnement et en raison de la présence de milliers de cadavres et de millions de munitions non explosées, certaines activités ont été provisoirement ou définitivement interdites par la loi.

 Pour traiter la zone rouge, il a fallu:

  • purger le sols des milliers de cadavres et de restes humains. Ceux-ci, quand leur état le permettait, furent transportés dans les cimetières, nécropoles ou ossuaires;

  • traiter les cadavres d’animaux qui contaminaient les eaux de nappes souterraines et de surface;

  • utiliser des procédés nouveaux pour l'époque, telle la chloration de l’eau par chlore gazeux, appelée opportunément « verdunisation ».

  • mettre en oeuvre les premières techniques de dépollution et restauration de sols à grande échelle;

  • pratiquer le déminage et le désobusage.

Avec le temps, la surface de la zone rouge a été réduite, mais elle n'a pas disparu.

Revenons à nos villages « perdus ». ce serait fastidieux de les énumérer tous. On va se concentrer sur les trois départements les plus touchés.

Département de l'AISNES:

 

AILLES: en dehors d'une cave perdue dans une pâture et d'un monument commémoratif, il ne reste plus rien de ce village de 138 habitants en 1909.

 

BEAULNES et CHIVY: il n'existe actuellement qu'une ferme reconstruite et une chapelle commémorative. La commune comptait 164 habitants en 1909. 

 

COURTECON: de ce village de 95 habitants en 1905, il ne reste aujourd'hui qu'une chapelle commémorative.

 

VAUCLERC-et-la-VALLEE-FOULON : de ce village de 62 habitants en 1909, il ne subsiste aujourd'hui que les ruines de l'abbaye, qui se visitent.

 

Département de la MEUSE:

 

BEAUMONT-en-VERDUNOIS: en 1911,186 habitants, inhabité après l'armistice.

 

BEZONVAUX: en 1911 149 habitants, inhabité depuis l'armistice.

 

CUMIERES-le-MORT-HOMME: en 1911 205 habitants, en 1921 3, 0 maintenant.

 

Département de la MARNE:

 

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HURLUS: Le village comptait 88 habitants en 1911.

 

hurlus_eglise_ Pastel de Charles Pichon.jpg

Chapelle  de HURLUS, pastel de Charles PICHON

LE MESNIL lez HURLUS

 

PERTHES lez HURLUS: Le village comptait 156 habitants en 1914. Le passage de l'armée allemande a contraint les habitants à fuir leurs maisons dès le début septembre 1914. Le village fut anéanti, et ne s'est plus jamais relevé.

 

En 1964, 50 ans après la destruction, l'ancien curé de ce village a écrit une lettre à ses anciens paroissiens, paroissiens qui s'étaient réinstallés aileeurs. Voici un extrait de cette lettre:

 

« Après la guerre de 1914-1918, devant l'impossibilité de réintégrer votre village, vous, et vos parents, vous vous êtes installés là où vous avez cru pouvoir continuer votre vie.
Presque tous ceux qui, aujourd'hui, ont dépassé la cinquantaine, se sont mariés et établis au gré des circonstances.
Des enfants vous sont nés, qui se sont mariés à leur tour.
Pour eux, Perthes n'est pas même un souvenir, puisqu'ils ne l'ont pas connu.
Mais pour nous, il reste la terre de Chanaan, que nous avons quittée devant l'avance d'une armée qui s'avérait, pour lors, particulièrement cruelle, sans espoir de l'habiter à nouveau. »

 

RIPONT: Le village de comptait 84 habitants en 1911.

 

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TAHURE: Le village s'étendait sur 2 200 hectares de terres labourables et 112 hectares de bois. Il comptait 185 habitants au recensement de 1911.

Le souvenir de Tahure est conservé dans le poème "Le poète" de Guillaume Apollinaire :
(.../...)
Depuis dix jours au fond d'un couloir trop étroit
Dans les éboulements et la boue et le froid
Parmi la chair qui souffre et dans la pourriture
Anxieux nous gardons la route de Tahure

 

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Plusieurs voies de villes françaises portent le nom de Tahure: à SOMMEPY-TAHURE, à REIMS, au HAVRE et même à MARSEILLE. Les communes françaises ont souvent voulu commémorer le nom de ces villages « perdus »

 

MORONVILLIERS: 86 habitants en 1911. La commune a été supprimée en 1950. Symboliquement, son nom a été joint à celui de la commune voisine pour former « PONTFAVERGER-MORONVILLIERS »

 

NAUROY: L'ancienne commune de BEINE a ajouté à son nom, le nom du village détruit voisin de NAUROY pour devenir BEINE-NAUROY. La fusion a eu lieu en 1950.

 

Remarque: On découvre ici une particularité surprenante pour les belges : à savoir l'existence officielle de commune sans habitants !

03/09/2014

Lucien JACQUES ou comment un écrivain pacifiste accepte de remplir son devoir.

Lucien JACQUES

Né le 2 octobre 1891 à VARENNES -EN-ARGONNE ( département de la MEUSE )

Décédé à NICE le 11 avril 1961.

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Poète, mais aussi aquarelliste, féru de musique, de littérature et de peinture. L'art sous toutes ses formes fut sa passion perpétuelle.

En 1914, malgré ses tendances libertaires, il choisit de répondre à l'appel, malgré des hésitations.

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Lucien JACQUES est né le 2 octobre 1891 à VARENNES-SUR-ARGONNE, dans la MEUSE. Il est issu d'une famille ouvrière: son père est cordonnier et sa mère, vendeuse de tabac.

Ses parents s'installent à PARIS en 1896. Ils accompagnaient son frère aîné qui y suivait une formation de joaillier. Il ne fit pas d'études extraordinaires. Il entre à l’école primaire et passe, sans succès, son Certificat d'Études. Après cela, il suivit les traces de son frère. il fut pris comme apprenti chez un joaillier sertisseur. Il accompagnait souvent son frère à des concerts de musique.

Son père doutant de son avenir artistique, Lucien JACQUES doit prendre son indépendance et occuper divers petits boulots: commissionnaire, employé chez un marchand de métaux et aussi chez des créateurs de bijoux et de sculpture sur ivoire.

Attiré par tout ce qui est artistique, il fréquente assidûment le Musée du Louvre. Il se passionne pour Auguste RENOIR. Au début des années 1910, il rencontre la danseuse américaine Isadora DUNCAN. Il en fera son modèle, et deviendra son secrétaire particulier. Séduit par sa personnalité, il en parlera souvent dans ses écrits tout au long de sa vie. Il rencontre  son frère, Raymond DUNCAN, et s’inscrit à son école ( l'Akadémia ). Cette école, gratuite, était basée sur l'idée d'académie platonicienne: un lieu ouvert à toutes les innovations en théâtre, littérature, musique et arts plastiques. Là, il apprend la danse, la gymnastique et le tissage. Il y rencontre de nombreux intellectuels et artistes que réunit entre eux la passion de la Grèce et de l’hellénisme.

En août 1914, il va connaître les horreurs de la première guerre. Il reçoit son ordre de rejoindre. Il n'y répond pas avec enthousiasme. Antimilitariste, il est partagé entre deux pensées: se réfugier à l'étranger ou répondre à l'appel. C'est cette seconde solution qu'il choisit. Il souhaite néanmoins rester acteur passif de la tragédie qu'il pressent.

«  Mais finalement,... je pris la décision d’y répondre, me jurant de ne me laisser entamer en rien, de ne pas participer, de faire ce qu’il m’était arrivé de faire dans certains ateliers dont la tournure d’esprit des autres m’était étrangère mais que j’avais supportés sans souffrir, me cuirassant d’indifférence.

J’avais mes principes de vie que je m’étais forgé, de morale, et pourquoi ne pas le dire de mystique. Qui n’a les siens? Principes et autodéfense naïfs, oui, mais que je pratique encore.

La machine militaire était trop forte; ne pas la heurter de front, ne jamais dire non et n’en faire autant qu’il se pourrait, qu’à ma tête. »

Il parvient à se faire verser dans la section musicale de son régiment. Cela ne dure guère, l'armée a besoin de tous ses soldats. Il devient brancardier au 151e Régiment d'Infanterie. Ce n'est pas une sinécure: il faut aller chercher les blessés jusque dans les premières lignes et y découvrir toutes les horreurs. Cependant, il peut rester fidèle à ses convictions et ne pas porter les armes. Là, il découvre les valeurs humaines de ses camarades, leur grandeur, leurs défauts. Comme dérivatif, il peut leur parler de culture, de musique, d'art. Blessé à plusieurs reprises, la dernière fois très gravement, il est contraint à de longues convalescences dont une en Bretagne et une dans le sud de la France. En Bretagne, il rencontre Louis GUILLOUX. Dans le midi, il découvre la beauté des paysages provençaux, contraste avec sa région natale, dévastée par la guerre. Ces années conforteront son pacifisme. Il écrit son journal Carnets de Moleskine.

Il en dira:

« Afin de ne point perdre pied

sur les épluchures de gloire

et, de leur fait, glisser et choir

au beau mitan du bourbier,

là où barbote et fait la belle

madame l'opinion courante,

cruelle sotte !

 Sur un cahier de moleskine

j'ai consigné jour après jour

la terne, simple et triste histoire

des temps où je fus brancardier... »

Démobilisé, il regagne PARIS. Il y ouvre une boutique de produits divers qu'il fabrique. Il écrit des textes, édite et expose. Il publie, dès 1918, des poèmes qui lui ont été inspirés par la guerre dans plusieurs cahiers tirés à 500 ex, (« La syrinx »).. Il expose des bois gravés avec des amis graveurs.

Il crée ensuite  une revue artistique Les Cahiers de l'Artisan , dont chacun de ses numéros est consacré aux productions d'un artiste. Au cours de sa vie, à plusieurs reprises, il redonnera vie à cette publication. Ce sera le cas en 1922, puis en 1924. En 1953, il la relance à nouveau. 

En 1922, des raisons de santé l'amène à s'installer à la Côte d'Azur, à GRASSE où il fait deux rencontres: son voisin H.G.Wells et, surtout, son ami d'une vie: le poète Charles VILDRAC.

Il aidera Jean GIONO à se lancer dans une carrière d'écrivain. Il fait sa connaissance grâce à la revue marseillaise La Criée. Il découvre là un talent et publie dans Les Cahiers de l'Artisan une série de ses poèmes. Il envoie à GRASSET un texte de GIONO (Naissance de l'Odyssée). GRASSET n'a pas le nez fin et le refuse. Lucien JACQUES persiste. Il lui soumet un roman, Colline. C'est gagné et GIONO fait son entrée dans le monde littéraire.

Les années 1925-1935 sont pour Lucien JACQUES une période faste, dans tous les domaines: poésie, peinture, sculpture... Il collabore à diverses revues Nouvel Âge et À contre-courant, Les Humbles, et Clarté dirigée parBARBUSSE... Il présente ses oeuvres à l'étranger au cours de nombreux voyages au cours desquels il crée aussi.

Fin des années 30, il s'installe à Saint-Paul. Dès 1936, avec GIONO, il sera le pivot d'un grand rendez-vous d'intellectuels, de pacifistes. Ce sont «  Les rencontres du Contadour ». Il créera à cette occasion les Cahiers du Contadour, sorte de compte-rendu littéraire de chaque séjour: textes inédits, poèmes, réflexions, traductions...

La seconde guerre le voit s'isoler sur la montagne de LURE menant avec des bergers une vie simple, tout en n'oubliant pas d'utiliser sa plume et ses pinceaux. Il continue à recevoir ses amis « contadouriens » qui veulent prolonger les "rencontres". Cette période noire passée, il s'installe près de Manosque, qu'il veut transformer en village d'artistes. Ses amis peintres, écrivains et poètes y passent souvent. C'est pour lui une époque faste. Il voyage, expose, crée et édite beaucoup.

En 1956, il écrit La Marche Militaire, inspirée de son service,   qui commence par: “J’ai dû naître antimilitariste”. Mais il y décrit aussi les relations enrichissante qu'il eut avec des officiers férus d'art.

Il passe les six dernières années de sa vie à GREOUX-les- BAINS. Malgré son état de santé, il continue de créer et d'exposer. En 1960, il participe au tournage de Crésus , film de  son ami GIONO comme décorateur et accessoiriste de film. Le cancer l'emportera à l'hôpital de NICE le 11 avril 1961.

 



 

 

01/09/2014

FRASNES-lez-COUVIN: village martyr 1914-1918

FRASNES-lez-COUVIN

 

MASSACRE DU 26 AOÛT 1914.

 

Le 26 août 1914, l'armée allemande ( 100°, 101° et 104° RI ) y commirent un massacre. Douze civils en périrent. Ils furent, soit exécutés, soit ils moururent des suites immédiates des événements ( une dame de 60 ans fut asphyxiée dans une cave de maison incendiée et un homme de 56 ans ne fut jamais retrouvé ).

Il s'agit d'un massacre purement gratuit. L'épouse d'un fusillé fut accusée du crime de son mari, jugée sommairement et exécutée. Un vieillard manchot de 77 ans fut exécuté d'une balle en plein front. Une dame de 70 ans prit la fuite et mourut de saisissement. Un adolescent...

Plusieurs personnes furent blessées ou molestées.

 

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Pendant ce temps, les soldats allemands se précipitaient dans les habitations en hurlant. Tous les civils qu'ils rencontraient furent arrêtés et constitués en groupes de prisonniers. Les uns, au nom­bre de 54, furent conduits à la sortie du village, du côté de COUVIN, au lieu-dit «Le Congo». Une mi­trailleuse fut placée devant eux, mais ils échappèrent, on ne sait comment, à la mort dont ils étaient menacés.

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Cent-quarante-cinq maisons furent détruites. Seules deux maisons restèrent miraculeusement intactes.

Vous trouverez ci-dessous un message du Bourgmestre de COUVIN, Raymond DOUNIAUX :

« Pour septembre, une belle exposition sera organisée à Frasnes lez Couvin, village détruit par les hordes de barbares de 1914. Cette expositon est réalisée conjointement par une association provinciale, les associations patriotiques et de jeunes de Frasnes lez Couvin. La Maison de la Mémoire de Couvin apportera son aide. Une brochure didactique a été réalisée pour les élèves des écoles primaires et secondaires (premier degré). Monsieur Gabriel Baudet, directeur d’école honoraire a réalisé ce magnifique travail. Le livre ‘ la guerre de Droit ‘, consacré à août 1914 dans la région sera en vente. Le cercle d’histoire de Petigny organise, lui aussi, une exposition, la bibliothèque de Mariembourg prévoit un espace du souvenir et le comité de la Maison de la Mémoire prévoit pour le 28 septembre 2014, l’inauguration d’une stèle souvenir en l’honneur de l’abbé Paul Gilles, massacré par les hordes de barbares. Cette stèle sera inaugurée au sein de l’église de COUVIN. Pour cette occasion, la Maison de la Mémoire prévoit une exposition spécifique. »

A l'initiative de la région de FRASNES-lez-COUVIN, le 31 octobre ( soir ) : vernissage de l'exposition avec les invités et autorités communales à la salle des fêtes des « LEUS ». Du 01/11/2014 au 11/11/2014 au soir : exposition importante avec la collaboration de la Province de NAMUR sur le thème « FRASNES, village martyr 1914-1918 »

Le village connut encore une autre tragédie perpétrée à l'encontre de réfugiés français, le 16 septembre 1914.

FRASNES-lez-COUVIN fut une commune autonome jusqu'en 1976. Depuis ce moment, elle est une section de la commune de COUVIN.

N'oubliez pas de regerder sur Facebook: "AWANS, commémoration 14-18"

 

 

31/08/2014

1914: La fin d'une Belle Epoque.

 

AOÛT 1914:

La fin des autocraties .

 La fin d'une "Belle Epoque "

 

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Il faut faire attention aux interprétations d'après-guerre. On assiste parfois, non pas à une réécriture de l'histoire, mais bien à une réécriture des motivations.

Ainsi, on interprète souvent l'entrée en guerre de la FRANCE et de la GRANDE-BRETAGNE, et plus tard des ETATS-UNIS, comme une volonté conjointe des grandes démocraties de mettre à bas  les Empires autocratiques d'ALLEMAGNE et d'AUTRICHE-HONGRIE. 

Cette question n'était nullement au coeur des motivations des alliés. Si cela avait été le cas, pourquoi les ETATS-UNIS auraient-ils attendu 1917 pour débarquer...et 1918 pour réellement participer aux combats ?

Faut-il aussi rappeler, s'il ne faut pas nier la puissance du Kaizer et de l'appareil militaro-industriel allemand, que cet Empire avait un parlement, que la Social-Démocratie était un authentique contre-pouvoir, que l'appareil syndical était puissant, la législation social très évoluée... L'ALLEMAGNE était un Empire autoritaire mais non autocratique. L'Empire Allemand était considéré comme le pays de la science. Il collectionnait, avant guerre, la majorité des prix Nobel scientifiques. En 1914, le contre-pouvoir du mouvement ouvrier allemand était plus fort que dans tous les autres pays européens. En Allemagne existait déjà depuis 1884 une assurance contre les accidents du travail, un système de pensions, une assurance-maladie depuis 1889, une assurance-invalidité. Certains expliquent ainsi que les sociaux-démocrates aient voté les crédits de guerre en août 1914: ils auraient voulu sauver le progrès social allemand qu'ils considéraient comme leur progrès social.

Comment expliquer l'étroite alliance entre la FRANCE et l'EMPIRE RUSSE. Pour la RUSSIE, la Douma était fantomatique et impuissante. La RUSSIE était l'exemple typique d'un Empire autocratique. Pourtant l'union étroite avec celle-ci a fait croire au Tsar que tout lui était permis.

En GRANDE-BRETAGNE même, ni les ouvriers ni les femmes n'avaient le droit de vote. En FRANCE, existait le suffrage universel masculin qui excluait certaines catégories comme les militaires. En BELGIQUE, c'était le suffrage universel masculin tempéré par le vote plural, certains électeurs disposant de plusieurs voix.

Certes, le résultat de la guerre fut le renversement des trois empires, autoritaires pour l'ALLEMAGNE et l'AUTRICHE-HONGRIE, et autocratique pour la RUSSIE mais là n'était pas l'objectif premier.

Parlons de la "Belle Epoque". Autre réécriture.

La " Belle époque " est en fait une illusion rétrospective. Cette époque ne fut pas belle pour tout le monde. La protection sociale, quand elle existait était faible. Curieusement, c'est en ALLEMAGNE qu'elle était la meilleure. En RUSSIE, elle était nulle. 

L'expression est apparue après la guerre. La "Belle Epoque ", c'était la période d'avant la tuerie, la période des années de vie par opposition avec les années de mort.

D'autre part, partout, les années qui suivirent la guerre furent des années difficiles. La guerre de 14-18 ne fut pas seulement le conflit le plus meurtrier connu jusque là, ce fut une grande crise économique. A l'été 1914, l'EUROPE était en pleine euphorie économique; l'EUROPE, via ses Empires coloniaux dominait le monde. Après la guerre, le continent plongea dans une profonde récession. La production industrielle a baissé  partout. Les déficits publics ont sombré dans le rouge et pour longtemps. En règle générale, on a connu une période d'inflation, surtout en ALLEMAGNE. L'épargne s'est effondrée. Le chômage devient chronique dans l'ensemble des pays développés à économie libérale.

La guerre ne fut bonne, sur le plan économique, que pour les ETATS-UNIS et pour les pays qui étaient resté neutres.

 

 

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29/08/2014

En FRANCE, il y eut des Monuments aux Morts contestés: Celui de CHATEAU-ARNOUX

Encore un Monument aux Morts contesté, parce que pacifiste.

Le Monument de CHATEAU-ARNOUX.

Sur le Monument aux Morts de CHATEAU-ARNOUX, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, on peut lire cette inscription pacifiste « Pax, Vox Populi ». Ce monument est érigé Place de la Résistance.  Commandé dès 1921, il fut érigé en 1928.

C'est le titre du poème du maire Victorin MAUREL gravé sur le monument. Voilà un  exemple de monument aux morts résolument pacifiste.  Comme pour le Monument aux Morts de GENTIOUX,  le sous-préfet n’était pas présent lors de l’inauguration.

 

Ce monument représente un homme qui brise son glaive sur son genou, derrière lui une femme pleure. Au sommet, un globe terrestre est entouré d’un rameau. 

 

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Cela symbolise ainsi la douleur et la révolte après la perte d'un fils au cours de la Guerre de 14-18

Comme pour GENTIOUX, ce monument a été, en quelque sorte, réhabilité. Pour gouverne, il faut signaler la manifestation du 8 mai 2014. Un drapeau du "SOUVENIR FRANCAIS" a été remis au Collège de CHATEAU-ARNOUX, en récompense du Concours National de la Résistance et de la Déportation, devant l'Inspecteur de l'Académie, le Sous-Préfet, le délégué du "SOUVENIR FRANCAIS"  et diverses personnalités dont, notamment, des voitures militaires américaines et des officiers.

 

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Ce Monument aura donc attendu 86 ans !

 

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PAX... VOX POPULI
Passant incline-toi devant ce monument !...

Vois cette femme en deuil montrant les hécatombes
Ses yeux taris de pleurs, scrutent au loin les tombes
Où dorment tant de preux, victimes du moment !...
Ils firent ces héros le solennel serment
De fermer à jamais les noires catacombes
Arrière, disent-ils, les obus et les bombes
Et sois bénie, ô paix, sœur du désarmement !...
Passant, incline-toi ! Regarde cette mère !...
Elle clame à son fils : « la gloire est bien amère
La gloire, ô mon enfant, est là, chez nos grands morts
Mais, sache désormais, que la guerre est un crime
Qu’elle laisse après elle, à de cuisants remords,
Ceux qui firent sombrer les peuples dans l’abîme.

    Victorin Maurel, maire de Château-Arnoux (1868-1935), instituteur..

Voir aussi sur Facebook: AWANS, commémoration 14-18"

 

 

28/08/2014

Lundi 1° septembre sur FRANCE 5: "Le Pantalon"

ON A FUSILLE EN 14_18.

 

DANS TOUTES LES ARMEES...Y COMPRIS L'ARMEE BELGE.

 

C'est surtout l'armée française qui est montrée du doigt !

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Lundi 1° septembre, sur France 5, passera le film d'Yves BOISSET «  Le Pantalon ».

Ce film raconte une histoire véridique, celle du Lucien BERSOT. Lucien BERSOT est né le 7 juin 1881 à AUTHOISON (Haute-Saone) dans une famille de petits paysans. Ses parents étant venus s'installer à Besançon , il y apprend le métier de maréchal-ferrand. Il s'y marie en 1908 avant de devenir père d'une petite fille en 1909.

En février 1915, Lucien BERSOT est incorporé à la 8ème compagnie du 60ème régiment d'infanterie. Quand on lui attribue son paquetage, il ne reçoit pas pas le fameux pantalon rouge garance réglementaire, qui n'est plus en stock pour sa taille, mais un pantalon blanc. Un peu plus tard, le sergent fourrier lui donne le pantalon rouge garance d'un soldat mort. Celui-ci est maculé de sang, de boue et d'excréments. BERSOT, s'estimant en droit de défendre sa dignité, le refuse.

Pour avoir refusé ce pantalon, Lucien BERSOT sera d'abord puni. Il se vit infliger une peine de huit jours de prison. Mais le lieutenant-colonel AUROUX, commandant du régiment, estima cette punition insuffisante et demanda sa comparution en Conseil de guerre spécial, véritable cour martiale. Son intention était de faire un exemple de discipline militaire. Le Conseil de Guerre fut présidé par AUROUX lui-même. Voila un exemple parfait de justice expéditive avec confusion des rôles, l'accusateur étant en même temps juge et chef hiérarchique. BERSOT fut "fusillé pour l'exemple".

La peine infligée était non seulement excessive mais ne correspondait aucunement au code de justice militaire, le délit ayant été constaté à l'arrière et non au contact de l'ennemi. Deux compagnons du condamné ( les soldats Elie COTTET-DUMOULIN et André MOHN intervinrent alors auprès du lieutenant-colonel pour tenter d'adoucir la sentence, mais ne furent pas entendus et se virent punis à leur tour. C'est ici que la triple casquette du lieutenant-colonel AUROUX joua.

Camarade de BERSOT, COTTET-DUMOULIN qui avait contesté la sanction fut condamné à vingt ans de travaux forcés mais envoyé sur le front de SERBIE. Il y mourut deux ans plus tard.

En raison de la guerre, le gouvernement français avait confié aux militaires davantage de pouvoirs avec les conseils de guerre spéciaux, créés en septembre 1914. Il n'y avait quasiment pas de défense et on ne pouvait pas non plus faire citer de témoin. Le conseil de guerre spécial était donc bien une machine répressive, dès sa conception. Les critiques furent telles que le gouvernement civil reprit, dès septembre 1915, certains pouvoirs aux militaires.

Après la guerre, une campagne de presse fut engagée par le journal Germinal par un jeune avocat, René RUCKLIN. Il obtint la réhabilitation de Lucien BERSOT le 12 juillet 1922. La Cour de Cassation confirma donc rapidement l'injustice dont le soldat fut victime. Ainsi sa veuve put prétendre à la pension de veuve de guerre et sa fille, reconnue comme pupille de la nation .

 

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Lucien BERSOT fut ré-inhumé en 1924 dans le cimetière de BESANCON.

Une stèle près de l'église de FONTENOY, inaugurée en novembre 1994 , rend hommage à Lucien BERSOT et à un autre fusillé pour l'exemple: le soldat Léonard LEYMARIE du 305ème Régiment d'infanterie, exécuté le 12 décembre 1914 sous le prétexte de "mutilation volontaire" . LEYMARIE fut réhabilité en 1923 . Le tragique incident s'était déroulé près de FONTENOY.

 

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Maintenant, le nom de BERSOT figure sur une plaque au-dessus du porche de la Maison du Peuple de BESANCON, au côté de celui de son camarade Élie COTTET-DUMOULIN.

Après des études, on estime maintenant que le nombre d'exécutions, dans l'armée française, serait de 740. Certains tentent de minimiser ce fait, mettant ce chiffre en rapport avec le nombre de soldats tués ( 1.400.000 morts ). Les fusillés ne seraient que 0,05% des victimes. Ils disent aussi que le nombre de victimes d'exécutions arbitraires ne représenterait finalement qu'une poignée. Ce serait des destins tragiques mais exceptionnels !

Cela s'est produit dans toutes les armées. Au niveau européen, la France se situerait après l'Italie, qui a exécuté 750 de ses soldats.

Le Royaume-Uni en compte 306. Ces 306 soldats britanniques fusillés pour «lâcheté ou abandon de poste» ont été graciés à titre posthume, en 2006. avait décidé en 2006 le gouvernement britannique. Une décision qui n’avait pas été simple à prendre car elle avait été rejetée à plusieurs reprises auparavant.

L'Allemagne n'en signale qu'une quarantaine. Mais faut-il accorder crédit à cette information. Après la guerre, l'Allemagne était au bord de la guerre civile et annoncer un chiffre plus élevé aurait aggravé la situation. Après, ce fut le nazisme et il fallait à tout pris faire croire que l'armée allemande avait été exemplaire en 14-18 mais trahie par les politiciens.

Et l'armée belge ? On en parle très peu sinon pas du tout. Durant la Première Guerre Mondiale, 222 militaires belges ont été condamnés à mort. Sur ces 222 condamnations, seulement douze ont réellement été exécutées, en 1914, 1915 et 1918. de ces 12 fusillés belges, si l'on retire les condamnés pour homicides, il y eut neuf soldats exécutés pour «manquement au devoir».