05/12/2015

Les PAYS-BAS et la seconde guerre mondiale.

 

La seconde guerre mondiale et les PAYS-BAS

( Bref exposé )

Ce tableau est apposé dans une des salles que le public peut visiter

à l'intérieur de l'Hôtel de Ville de 

GOUDA.

La traduction:

" En reconnaissance aux citoyens de la ville qui ont perdu la vie durant la seconde guerre mondiale "

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Les PAYS-BAS furent envahis le même jour que nous, le 10 mai 1940. 

Il capitulèrent après moins d'une semaine de combats.

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Contrairement à la BELGIQUE, la Reine et le Gouvernement eurent une position commune: ils se réfugièrent à LONDRES.

L'occupation allemande a officiellement commencé le 17 mai 1940. Elle sera de cinq ans avant que le pays soit libéré, au cours de laquelle plus de 300 000 Néerlandais ont perdu la vie.

Quelque 400 000 ouvriers néerlandais furent contraints d'aller travailler en ALLEMAGNE.

L'occupant accorda un large soutien au N.S.B. (Alliance national-socialiste), qui s'institua en serviteur disciplinée des Nazis.

Toutes sortes de nouvelles institutions et organisations national-socialistes (par exemple la S.S.-Pays-Bas) furent créées. Il fallait, à tout prix,de gré ou de force introduire et imposer l'idéologie nazie.

L'occupant se livra à la chasse aux juifs. Une grande partie de la population juive des Pays-Bas fut éliminée par l'expédition en déportation.

104000 juifs morts sur un total de 140 000 !

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Cette occupation dura jusqu'à la capitulation de l'ALLEMAGNE, en mai 1945. Elle se caractérisa par une répression brutale.

En septembre 1944, les troupes alliées atteignirent le territoire néerlandais. Mais les Allemands résistèrent avec acharnement. Après l'échec de l'opération alliée sur ARNHEM, les PAYS-BAS restèrent occupés pendant tout l'hiver 1944-1945.

Le Nord de la FRANCE et la plus grande partie de la BELGIQUE furent rapidement libérés, cela ne fut pas le cas pour les PAYS-BAS. En maintenant les PAYS-BAS sous leur contrôle les Allemands empêchaient l'utilisation du port d'ANVERS. Et cela aussi longtemps  que les rives de l'Escaut Occidental n'étaient pas libérées.
Ce fut seulement le 5 mai 1945 que les dernières troupes allemandes capitulèrent.

Les Néerlandais célèbrent le 4 mai ( désigné "Journée de commémoration des morts", en souvenir du 4 mai 1945, qui fut le dernier jour de l’occupation du pays.

Ce n'est donc pas le 8 mai comme chez nous.

 

 

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03/12/2015

Quelques mots sur la "Médaille de LIEGE".

La "Médaille de LIEGE"

( originale )

 

La "Médaille de LIEGE" fut une médaille commémorative de campagne décernée par la Ville de LIEGE , et non par l'Etat Belge, à ses défenseurs d'août 1914.

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Cette médaille en bronze avait un diamètre de 34 mm et était pourvue d’un ruban rouge et jaune, aux couleurs de LIEGE. Ce n’était pas une médaille officielle mais elle était appelée " Médaille de LIEGE " et avait autant d’aura que la médaille de Verdun. Le port sur l’uniforme par des militaires en service actif fut toléré par le Ministre de la Guerre ( ainsi appelait-on à l'époque le Ministre de la Défense Nationale ).

 

L'avers montre le "Perron liégeois" sur un fond formé par une décoration qui ressemble à la décoration française de la Légion d'Honneur.

Le millésime "19 14" se trouve sur les 2 cotés du Perron et en exergue, il y a le texte "LA VILLE DE LIÉGE A SES VAILLANTS DEFENSEVRS".

 

Le revers représente une scène de guerre avec une coupole détruite sur le bord de la Meuse, quelques soldats qui la défendent encore et un soldat blessé.

 

Le ruban, aux couleurs de la ville de Liège, est rouge et jaune.

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La gravure avait été confiée au sculpteur liégeois Georges PETIT (1879-1958), également sculpteur du Monument de la Défense du Fort de LONCIN. La frappe avait été réalisée à la Monnaie Royale de Belgique par l’atelier MICHAUX.

 

Elle fut décernée pour la première fois en avril 1920 dans une cérémonie présidée par le Prince Léopold (futur roi Léopold III), alors Duc de Brabant et le Lieutenant-Général LEMAN qui avait été fait "Comte". Celui-ci avait été commandant militaire de la défense de LIEGE durant la bataille qui s'y déroula du 5 au 16 août 1914. Il s'était installé au Fort de LONCIN et s'y trouvait le jour de l'explosion. Le Fort de LONCIN, reconnu comme « Nécropole nationale » du Royaume, a payé un très lourd tribut à la Grande guerre, avec la mort de 350 soldats le 15 août 1914 sous un obus de « La Grosse Bertha ».

 

LEMAN fut anobli après la guerre à l'instar d'autres généraux qui s'étaient distingués. En reconnaissance nationale, ce titre de comte lui fut octroyé le 15 novembre 1919.

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La défense acharnée de la ville et la résistance des forts avait contraint l'armée allemande à avoir recours à de l'artillerie de très gros calibres spécialisée contre les fortifications.

La "Médaille de Liège" fut décernée aux militaires belges, en grand nombre membres de la 3e division, qui participèrent à la défense de la ville de Liège entre le 5 et le 16 août 1914. Plus tard, elle fut également décernée aux résidents de la ville de Liège qui y furent condamnés à l'emprisonnement par un tribunal allemand suite de la bataille et qui reçurent la médaille du prisonnier politique.

La médaille originale était pourvue d’un ruban et avait été remise en avril 1920 aux 70.000 défenseurs de Liège - aussi bien militaires que prisonniers politiques.

Elle est accompagnée d'une lettre-brevet qui sert de diplôme.

 

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Il existe une autre médaille non officielle, la médaille des Victimes civiles 1914-1918.

A l'occasion du centenaire de la guerre 14-18, le Comité d'Entente des Groupements Patriotiques de Liège a souhaité laisser son empreinte en faisant frapper une médaille commémorative. Cette médaille reprend les motifs de la "Médaille de Liège".

 

Cette médaille est disponible depuis le mois de mai 2014 en trois versions :

- en OR titré à 999° de 6,22 gr de 21 mm de diamètre présentée en capsule et étui en velours. Vendue au prix de 325,-Euros hors frais d'expédition.

- en ARGENT titré à 925° de 22,85 gr de 37 mm de diamètre présentée en capsule et étui en velours. Vendue au prix de 49,- Euros hors frais d'expédition.

- en SIMILOR SABLE (couleur bronze) de 22 gr de 37 mm de diamètre présentée en capsule et étui de velours. Vendue au prix de 20,-Euros hors frais d'expédition.

Pour toute commande s'adresser directement à la Monnaie Royale de Belgique

 

 

 

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02/12/2015

La Ville de LIEGE, décorée de la Légion d'Honneur.

Légion d'honneur.jpg

 

La Ville de Liège est décorée de la Légion d’Honneur.

Décret :

Journal officiel (8 août 1914)

Paris, le 7 août 1914

Monsieur le Président,

Au moment où l’Allemagne, violant délibérément la neutralité de la Belgique, reconnue par les traités, n’a pas hésité à envahir le territoire belge, la ville de Liège, appelée, la première, à subir le contact des troupes allemandes, vient de réussir, dans une lutte aussi inégale qu’héroïque, à tenir en échec l’armée de l’envahisseur.

Ce splendide fait d’armes constitue, pour la Belgique et pour la ville de Liège en particulier, un titre impérissable de gloire dont il convient que le gouvernement de la République perpétue le souvenir mémorable en conférant à la ville de Liège la croix de la Légion d’honneur.

J’ai, en conséquence, l’honneur de vous prier de vouloir bien revêtir de votre signature le projet de décret ci-joint, approuvé par le Conseil de l’Ordre de la Légion d’honneur et décidant que la croix de la Légion d’honneur est conférée à la ville de Liège.

Le ministre des Affaires étrangères, Gaston Doumergue.

Le Président de la République Française

Sur la Proposition du Ministre des Affaires étrangères

DECRETE:

Article Premier. — La croix de chevalier de la Légion d’honneur est conférée à la ville de Liège.

ART. 2. — Le ministre des Affaires étrangères et le grand chancelier de l’Ordre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.

Fait à Paris, le 7 août 1914.

Par le président de la République.

R. Poincaré

Le ministre des Affaires étrangères

Gaston Doumergue



 

 

 

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30/11/2015

Que penser de GIONO ? De son refus de s'engager. De sa contestation du devoir de mémoire...mais aussi de ses actions cachées.

TEXTES de Jean GIONO.

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Pacifiste convaincu.

Ces textes sont une dénonciation virulente de la guerre, en particulier celle de 14-18.

 

GIONO ne désire pas le devoir de mémoire, au contraire, il voudrait oublier car pour lui, la guerre est une blessure du corps et de l'âme puisque vingt ans après, il a encore des accès de fièvre.

 

On peut certes apprécier ses descriptions de la guerre, ses descriptions de la situation des soldats, ses descriptions de l'état psychologique de ceux qui l'ont faite. Selon lui, ce qui est terrible, c'est que la guerre fait des survivants des éternels coupables; la guerre a sali ceux qui l'ont faite. La guerre a changé les combattants de manière définitive. Elle les a condamnés à traîner cette souillure toute leur vie. Il nous aide ainsi à comprendre pourquoi les combattants de 14-18 avaient toujours beaucoup de réticence à raconter leurs souvenirs.

C'est justement pour cela que nous ne pouvons pas le suivre dans son refus d'exercer le devoir de mémoire !

C'est justement pour cela que le devoir de mémoire est impératif ! Surtout maintenant qu'il n'y a plus de survivant !

 

 

Giono s'adresse à des paysans, pacifistes comme lui, qui ont composé la majeure partie des soldats de la Grande Guerre de 1914-1918.

La « Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix » a été écrite durant l’été 1938, entre le début juillet et la mi-août. GIONO l'a rédigée dans une atmosphère de bouleversement. En pacifiste convaincu il sait que depuis l’Anschluss les Français se préparent de plus en plus à la guerre et sont prêts à la faire. Son intention n’en est que renforcée. Bien qu'une nouvelle guerre lui paraisse inéluctable, son intention de lutter contre le militarisme n'est que renforcée.

Ici, c'est GIONO, «  pacifiste-anarchiste » qui parle. Il s'adresse aux paysans du monde entier. Il les exhorte contre la guerre et contre l’État. Mais il sait qu c'est une lutte perdue d’avance. Il sait que tous les états, pas seulement les états totalitaires mais aussi les démocratiques, n'y échapperont pas..

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« Je n'aime pas la guerre. Je n'aime aucune sorte de guerre. Ce n'est pas par sentimentalité. Je suis resté quarante-deux jours devant le fort de Vaux et il est difficile de m'intéresser à un cadavre désormais. Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut: c'est un fait. Je déteste la guerre. Je refuse la guerre pour la simple raison que la guerre est inutile. Oui, ce simple petit mot. Je n'ai pas d'imagination. Pas horrible; non, inutile, simplement. Ce qui me frappe dans la guerre ce n'est pas son horreur: c'est son inutilité. Vous me direz que cette inutilité précisément est horrible. Oui, mais par surcroît. Il est impossible d'expliquer l'horreur de quarante-deux jours d'attaque devant Verdun à des hommes qui, nés après la bataille, sont maintenant dans la faiblesse et dans la force de la jeunesse. Y réussirait-on qu'il y a pour ces hommes neufs une sorte d'attrait dans l'horreur en raison même de leur force physique et de leur faiblesse. Je parle de la majorité. Il y a toujours, évidemment, une minorité qui fait son compte et qu'il est inutile d'instruire. La majorité est attirée par l'horreur; elle se sent capable d'y vivre et d'y mourir comme les autres ; elle n'est pas fâchée qu'on la force à en donner la preuve. Il n'y a pas d'autre vraie raison à la continuelle acceptation de ce qu'après on appelle le martyre et le sacrifice. Vous ne pouvez pas leur prouver l'horreur. Vous n'avez plus rien à votre disposition que votre parole: vos amis qui ont été tués à côté de vous n'étaient pas les amis de ceux à qui vous parlez; la monstrueuse magie qui transformait ces affections vivantes en pourriture, ils ne peuvent pas la connaître; le massacre des corps et la laideur des mutilations se sont dispersés depuis vingt ans et se sont perdus silencieusement au fond de vingt années d'accouchements journaliers d'enfants frais, neufs, entiers, et parfaitement beaux. À la fin des guerres il y a un mutilé de la face, un manchot, un boiteux, un gazé par dix hommes; vingt ans après il n'y en a plus qu'un par deux cents hommes; on ne les voit plus; ils ne sont plus des preuves. L'horreur s'efface. Et j'ajoute que malgré toute cette horreur, si la guerre était utile il serait juste de l'accepter. Mais la guerre est inutile et son inutilité est évidente. L'inutilité de toutes les guerres est évidente. Qu'elles soient défensives, offensives, civiles, pour la paix, le droit pour la liberté, toutes les guerres sont inutiles. La succession des guerres dans l'histoire prouve bien qu'elles n'ont jamais conclu puisqu'il a fallu recommencer les guerres. La guerre de 1914 a d'abord été pour nous, Français, une guerre défensive. Nous sommes-nous défendus ? Non, nous sommes au même point qu'avant. Elle devait être ensuite la guerre du droit. A-t-elle créé le droit ? Non, nous avons vécu depuis des temps pareillement injustes. Elle devait être la dernière des guerres; elle était la guerre à tuer la guerre. L'a-t-elle fait ? Non. On nous prépare de nouvelles guerres ; elle n'a pas tué la guerre; elle n'a tué que des hommes inutilement. La guerre d'Espagne n'est pas encore finie qu'on aperçoit déjà son évidente inutilité. Je consens à faire n'importe quel travail utile, même au péril de ma vie. Je refuse tout ce qui est inutile et en premier lieu la guerre car son inutilité est aussi claire que le soleil.»

 

« Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l'entends, je la subis encore. Et j'ai peur. Ce soir est la fin d'un beau jour de juillet. La plaine sous moi est devenue toute rousse. On va couper les blés. L'air, le ciel, la terre sont immobiles et calmes. Vingt ans ont passé. Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne me suis pas lavé de la guerre. L'horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants portent la marquent.

    J'ai été soldat de deuxième classe dans l'infanterie pendant quatre ans, dans des régiments de montagnards. Avec M. V., qui était mon capitaine, nous sommes à peu prés les seuls survivants de la 6ème compagnie. Nous avons fait les Epargnes, Verdun-Vaux, Noyons-Saint-Quentin, le Chemin des Dames, l'attaque de Pinon, Chevrillon, le Kemmel. La 6ème compagnie a été remplie cent fois et cent fois d'hommes. La 6ème compagnie était un petit récipient de la 27èmedivision comme un boisseau à blé. Quand le boisseau était vide d'hommes, enfin quand il n'en restait plus que quelques-uns au fond, comme des grains collés dans les rainures, on le remplissait de nouveau avec des hommes frais. On ainsi rempli la 6ème compagnie cent fois et cent fois d'hommes. Et cent fois on est allé la vider sous la meule. Nous sommes de tout ça les derniers vivants, V. et moi. J'aimerais qu'il lise ces lignes. Il doit faire comme moi le soir : essayer d'oublier. Il doit s'asseoir au bord de sa terrasse, et lui, il doit regarder le fleuve vert et gras qui coule en se balançant dans des bosquets de peupliers. Mais, tous les deux ou trois jours, il doit subir comme moi, comme tous. Et nous subirons jusqu'à la fin. »

 

Extrait de «  Refus d'obéissance »

 

À la déclaration de guerre, il se rendit, malgré tout, au centre de mobilisation de DIGNE. Là, à cause de son pacifisme,le 14 septembre 1939, il fut arrêté. Il bénéficia d'un non-lieu, il fut relâché et libéré de ses obligations militaires.

 

 

Par la suite, durant la guerre 40-45, GIONI poursuivi cette unique « pensée de la paix », il fut l'homme du refus de la guerre. Il s’enferma, dès que la guerre fut venue, dans une attitude strictement négative à l’égard de tout ce qui pouvait sortir de cette guerre. Donc, y compris de la Résistance. Son attitude provoqua un malaise. Quand se présenta à lui l’occasion de justifier rétrospectivement son refus de s'engager dans la Résistance, il ne trouva que ces mots :« La Résistance pour moi ça n’existait pas. » Cela ne signifiait pourtant pas qu’il avait approuvé l'occupation et la collaboration de certains. Ses paroles pouvaient laisser penser qu'il les les plaçait sur le même pied que la Résistance.

 

Il s'en justifie en quelque sorte :

« Si j’ai dit non à la guerre, ce n’est pas par ignorance de l’ignominie nazie pas plus que l’ignominie stalinienne, je dirais que c’était d’instinct. Fin 1942, j’ai reçu la visite d’un membre d’Esprit qui me demandait de participer à un mouvement de résistance. Ma position était d’autant plus inconfortable que je savais très bien ce que représentait le nazisme. »

 

Il est pourtant avéré qu'il a caché et entretenu à partir de 1940 des réfractaires, des juifs, des communistes. Il a notamment abrité Karl FIEDLER, trotskiste allemand et l’épouse de Max ERNST. Le fait d'avoir abrité un trotskiste constituait évidemment pour certains un fait défavorable !

 

Après la guerre, on l'accusa de collaboration. Il fut à nouveau emprisonné, en septembre 1944. Il ne fut libéré qu'en janvier 1945, sans avoir été inculpé. Néanmoins, le Comité national des écrivains, organisme issu de la Résistance, l'inscrivit sur sa liste noire, ce qui interdisait de fait toute publication de son œuvre en France. Bien des résistants qui avaient lutté contre le régime de Vichy ne lui avaient pas pardonné cette phrase : « Je préfère être un Allemand vivant qu'un Français mort », considérant cette citation comme une offense à leurs sacrifices. Cette mise à l'index ne prend fin qu'en 1947.

 

 

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27/11/2015

Petite histoire de la "Brabançonne", de Jenneval et de la révolution belge.

 

Première version de la Brabançonne qui a permis aux Belges de se soulever contre Le Roi des PAYS-BAS (27 août 1830)

 

JENNEVAL ( pseudonyme de Louis Alexandre DECHET – DECHEZ selon d'autres sources ), est un comédien et poète français né à LYON en 1801. C'est lui qui a écrit le premier texte de la Brabançonne. Il en composa plusieurs versions du qu'il adapta au fur et à mesure de l'évolution des événements.

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Il est mort le 19 octobre 1830 en défendant Lierre entre Lierre et Malines, décapité par un boulet de canon hollandais. Ici, une explication historique est nécessaire. On parle souvent, en évoquant la révolution belge des « journées de septembre ». En fait, les premiers troubles débutèrent le 22 août 1830 par l'annulation de l'exercice de la garde communale de Bruxelles par crainte de voir les gardes refuser de rendre les armes. La séparation administrative des provinces du sud fut proclamée le 6 octobre 1830. L'indépendance, elle, fut proclamée le 6 octobre 1830.

 

Dès lors, comment JENNEVAL fut-il tué près de Lierre, treize jours plus tard ? La place-forte d'Anvers était toujours tenue par les Hollandais, par le général CHASSE. Les volontaires belges entrèrent dans Anvers le 26 octobre 1830. s'ensuivit un combat et le bombardement de la ville par la garnison hollandaise. C'est seulement le 30 novembre 1831, que le maréchal français GERARD somma le général CHASSE de lui livrer la citadelle et que commença le siège. Après vingt-quatre jours et vingt-cinq nuits d'une lutte acharnée, la garnison capitula (23 décembre 1831 ).

La première version, n'est pas vraiment révolutionnaire. Ce texte a été écrit selon une croyance assez répandue à l'époque qu'un compromis était possible avec la HOLLANDE. On partait alors du principe que les revendications des Belges pourraient faire l'objet d'un accommodement avec le Roi Guillaume.


Il demande à Guillaume d'Orange de donner satisfaction au peuple belge qui continuerait à le respecter. La personnalité du Roi n'est donc pas encore mise cause à cette époque.


La première version de la Brabançonne se veut donc simplement un avertissement au Roi. On trouve dans le journal bruxellois
"L'Echo des Pays-Bas" du 7 septembre 1830 le texte suivant:


Aux cris de mort et de pillages,

Des méchants s'étaient rassemblés,
Mais notre énergique courage
Loin de nous les a refoulés.
Maintenant purs de cette fange
Que flétrissait notre cité,
Amis, il faut greffer l'Orange
Sur l'arbre de la liberté.

Oui, fiers enfants de la Belgique,
Qu'un beau délire a soulevés,
À notre élan patriotique
De grands succès sont réservés.
Restons armés, que rien ne change,
Gardons la même volonté,
Et nous verrons fleurir l'Orange
Sur l'arbre de la liberté.

Et toi dans qui le peuple espère,
Nassau, consacre enfin nos droits ;
Des Belges en restant le père,
Tu seras l'exemple des rois.
Abjure un ministère étrange,
Rejette un nom trop détesté,
Et tu verras mûrir l'Orange
Sur l'arbre de la liberté.

Mais malheur ! si de l'arbitraire
Protégeant les affreux projets,

Sur nous du canon sanguinaire
Tu venais lancer les boulets.
Alors tout est fini, tout change,
Plus de pacte, plus de traité,
Et tu verrais tomber l'Orange
De l'arbre de la liberté.

 

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Deuxième version corrigée de Jenneval de la Brabançonne (chantée le 12 septembre 1830)

Le texte publié est mis en musique par François Van Campenhout et revu par Jenneval qui corrige et permute les 2 premiers couplets. Cette version est chantée par le ténor Lafeuillade au Théâtre Royal de la Monnaie qui rouvre ses portes le 12 septembre 18307, après avoir été fermé à la suite des émeutes de la fin du mois d'août.

 

On se rend compte facilement que le ton et surtout l'esprit ont changé.

Dignes enfants de la Belgique
Qu'un beau délire a soulevés,
À votre élan patriotique
De grands succès sont réservés.
Restons armés, que rien ne change !
Gardons la même volonté,
Et nous verrons fleurir l'Orange
Sur l'arbre de la Liberté.

Aux cris de mort et de pillage
Des méchants s'étaient rassemblés,
Mais votre énergique courage
Loin de vous les a refoulés.
Maintenant, purs de cette fange
Qui flétrissait votre cité,
Amis, il faut greffer l'Orange
Sur l'arbre de la Liberté.

Et toi, dans qui ton peuple espère,
Nassau, consacre enfin nos droits;
Des Belges en restant le père,
Tu seras l'exemple des rois.
Abjure un ministère étrange,
Rejette un nom trop détesté,
Et tu verras fleurir l'Orange
Sur l'arbre de la Liberté.

Mais, malheur, si, de l'arbitraire
Protégeant les affreux projets,
Sur nous, du canon sanguinaire
Tu venais pointer les boulets!
Alors, tout est fini, tout change;
Plus de pacte, plus de traité;
Et tu verras tomber l'Orange
De l'arbre de la Liberté.

Version actuelle de 1860.

JENNEVAL étant décédé en 1830, il ne peut donc pas être l'auteur de la version actuelle.

 

Les paroles actuelles datent de 1860. Elles été modifiées sur ordre de Charles ROGIER qui préférait un texte plus consensuel. en un texte jugé plus consensuel. IL importait d'atténuer les insultes contre le Royaume des Pays-Bas avec lequel la Belgique était désormais en paix et de d'accréditer l'idée qu’avant la révolution de 1830, la Belgique existait déjà en germe, mais sous « domination étrangère » .

 

Idée controversée par les historiens mais qui n'est pourtant pas tout-à-fait fausse. Les provinces belges, à l'exception notoire de la Principauté de LIEGE, ont pourtant eu des destinées souvent communes. Mais la population et les classes dirigeantes avaient pourtant toujours considéré leurs princes respectifs comme souverains légitimes.

 

Après des siècles d'esclavage,
Le Belge sortant du tombeau,
A reconquis par son courage,
Son nom, ses droits et son drapeau.
Et ta main souveraine et fière,
Désormais peuple indompté,
Grava sur ta vieille bannière:
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Marche de ton pas énergique,
Marche de progrès en progrès;
Dieu qui protège la Belgique,
Sourit à tes mâles succès.
Travaillons, notre labeur donne
À nos champs la fécondité!
Et la splendeur des arts couronne
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Ouvrons nos rangs à d'anciens frères,
De nous trop longtemps désunis;
Belges, Bataves, plus de guerres.
Les peuples libres sont amis.
À jamais resserrons ensemble
Les liens de fraternité
Et qu'un même en' nous rassemble :
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Noble Belgique, ô mère chérie,
À toi nos cœurs, à toi nos bras!
À toi notre sang, ô Patrie!
Nous le jurons tous tu vivras!
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle:
Le Roi, la Loi, la Liberté!

 

Pourtant la Brabançonne eut bien du mal à s'imposer comme « chant national belge ». Une circulaire ministérielle du Ministère de l'Intérieur du 8 août 1921 décréta que seule la 4e strophe du texte de Charles ROGIER devait être considérée comme officielle.

Un texte officiellement autorisé de l'hymne national en néerlandais n'existe que depuis 1938. Aujourd’hui, l’hymne, naguère chanté en toutes occasions, n’est généralement plus l’objet que de restitutions instrumentales, contrairement à la « Marseillaise ». Nous venons encore d'en avoir un exemple pour cette dernière.

 

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24/11/2015

Camps d'entraînement belges en FRANCE, en 14-18.

 

1914-1918 :

 

L'Armée Belge s'entraîne en FRANCE.

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Après la stabilisation du Front derrière l’Yser, des camps d’entraînement furent organisés pour les soldats belges en FRNCE: dans le Nord, à Fécamp (mars 1917), à La Haye du Puits (mai 1915), à Auvours, Le Mailly (1916), à Honfleur, à Eu-Le Tréport...etc.

 

Pourquoi des camps d'entraînement ? Qui dit « entraînement » suppose automatiquement « nouvelles recrues ».  

 

Comment pouvait-il y avoir des recrues belges durant le conflit puisque la Belgique était quasiment occupée et que l'armée belge se trouvait, en fait, séparée du pays par l'armée allemande ? Quelle pouvait être l'origine de ces recrues ? Comment avaient-ils pu rejoindre l'armée belge ?

 

On peut citer trois possibilités.

 

Tout d'abord, la plus spectaculaire et la plus hasardeuse: la fuite vers les Pays-Bas et de là, l'Angleterre puis la France. Beaucoup de jeunes gens ont ainsi franchi, au péril de leur vie, la clôture électrifiée qui séparait la Belgique des pays-Bas.

 

Ensuite, pas mal de famille avaient fui devant l'envahisseur et s'étaient réfgugiées en France et en Angleterre. Les fils arrivés à l'âge de servir étaient appelés comme ils l'auraient été en Belgique. Suite à l’invasion allemande, une partie de la population belge s’était réfugiée en France, avec un gouvernement installé au Havre.

 

Des jeunes qui n'avaient jamais été militaires avaient suivi le mouvement de repli de l'armée. Comme ils avaient manifesté l'intention de s'engager, ils furent envoyés vers des centres d'instruction, des camps d'entraînement.

 

Nous prenons un cas particulier, celui d'Eu-Le Tréport. De nombreuses garnisons étaitent installées en "Seine-Inférieure". A titre d'exemple, citons aussi le cas de la ville de Honfleur, en octobre 1914. L'armée belge doit battre en retraite. 9 000 soldats belges débarquent alors, et s'installent dans la cité portuaire.

 

Aussi, le cas d' une garnison d’artilleurs à Eu-Le Tréport: les hôtels et villas sont réquisitionnés afin d'héberger des réfugiés du Nord de la France et de Belgique, ainsi que les combattants blessés. L'armée belge y installe un camp d'entraînement.

 

On en retrouve des traces dans les cimetières. A Eu, au cimetière communal, 39 tombes; Au Tréport, au cimetière communal, 1 tombe. Ils sont enterrés dans le carré franco-belge du cimetière communal.

 

La présence d’une tombe de soldat belge s’explique par le décès de ce combattant dans un camp d’entraînement ou de rééducation, dans un hôpital ou une maison de convalescence, voire dans une ambulance lors d’un transport.

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18:29 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

19/11/2015

La guerre des tranchées: une affaire de soldats-paysans ?

La Guerre dans les tranchées: 

Une affaire de soldats-paysans ?

réapprovisionnement dans les tranchées.jpg

La Guerre de 14-18 reste, dans la mémoire collective,tant en FRANCE qu'en BELGIQUE,  la "guerre des tranchées". Sur plusieurs fronts, en particulier sur le front qui traverse le Nord-Ouest de la France, les soldats s'enterrent pendant quatre ans. Ils y vivent donc la plus grande partie de la guerre, confrontés à une violence exceptionnelle. ce fut une première dans l’Histoire militaire. On utilisa une expression qui en fait masquait, pour le public, la sinistre réalité: on parla de "Guerre de Position", expression désignant le fait que les armées n'arrivant plus à se vaincre, se firent face à face dans les tranchées.

tranchée.jpg

La guerre de position a duré de novembre 1914 à mars 1918. En fait une zone qui s’étend sur plus de 700 km, des rivages de la Mer du Nord à la frontière suisse. Une bande de terrain transformée en réseau défensif, dont la largeur varie de quelques centaines de mètres à plusieurs dizaines de kilomètres, truffé de tranchées, de barbelés, de blockhaus et d’abris souterrains.

Les premières tranchées de 1914 furent creusées à la hâte. Mais les premiers mois de 1915 voient se mettre en place un redoutable système défensif tout au long du front. La réalisation est méthodique et minutieuse avec des moyens très importants. En quelques mois, la tranchée a perdu le caractère temporaire qu'elle avait au début. Elle est devenue un véritable mode de vie. 

soldat de 14 dans la tranchée dessin.jpg

Dans le langage militaire, est utilisée aussi une expression masquant la réalité: l'expression " Se fortifier sur place ", signifiant simplement "creuser une tranchée".

Les principaux problèmes furent l'approvisionnement en nourriture, le manque de sommeil, l'insalubrité, l'ennui et, surtout les risques pour la santé ( les attaques au gaz notamment ) et pour la vie. On estime qu'un million d'hommes ont péri dans les tranchées.

Un rédacteur du "Bochofage", un journal de tranchée, écrit : « L’enfer, ce n’est pas du feu. Ce ne serait pas le comble de la souffrance. L’enfer, c’est la boue. »

Un autre texte, extrait d’un journal de tranchée intitulé "L’Écho de Tranchées-ville", en date du 28 octobre 1915, donne un aperçu terrifiant de ce qu’était l’assaut :

« La fusillade crépite là-bas devant nous. Les mitrailleuses dévident leurs rubans de mort. Tac, tac, tac, tac. Nous rejoignons les camarades, mais, horreur, nous nous heurtons à une barrière de fils de fer barbelés intacte et profonde de plus de trente mètres. Pendant ce temps, les mitrailleuses ennemies continuent : tac, tac, tac, tac tandis que nous voyons à droite, à gauche, les camarades tomber et joncher la terre. […] En avant, quelques poilus qui ont réussi à se couler sous les fils de fer atteignent la tranchée des empoisonneuses. Ils sautent dedans mais hélas on ne les a pas revus… » 

Dans le "Manuel du chef de section d'Infanterie", on trouve, en 1918: "

"Aujourd'hui le soldat est à la fois un combattant et un travailleur: on ne conçoit plus l'un sans l'autre. Il se sert de son fusil quelquefois, de son outil tous les jours. Lorsqu'il a conquis un avantage au prix de son sang, s'il ne compte que sur son fusil pour le conserver, il sera cruellement déçu. Il faut que, quelque soit sa fatigue, il remue de la terre sur l'heure, qu'il sache que tout coup de pioche gagné sur sa lassitude est un échec à la contre-attaque que l'ennemi prépare contre lui en ce moment."

Apparaissent, dans ces conditions, inévitablement, les rapports de classes sociales d'avant la guerre. Et cela d'autant plus facilement que, dans les tranchées, même si toutes les classes sociales s'y trouvaient, les relations hiérarchiques militaires reproduisaient les rapports sociaux d'avant-guerre. Le soldat, ouvrier ou paysan, retrouvait comme officier son ingénieur ou son propriétaire terrien. Les officiers pouvaient avoir une ordonnance qu'ils choisissaient parmi la troupe. C'était donc la reproduction des rapports civils dans la vie militaire.

 

Ci-après, un texte extraits du livres "Les Poilus". L'auteur de ce texte nous décrit d'abord la vie dans les tranchées. 

Ensuite, nous avons droit à ses états d'âme. La vie des tranchées est peu ragoutante, démoralisante...et certains semblent se débrouiller pour y échapper. Seuls restent les paysans parce que, pense-t-il, il sont habitués au travail de la terre.

Cela reflète-t-il la réalité ?

Ou laisse-t-il apparaître l'ancienne opposition entre les hommes de la terre ?

Il ne faut pas oublier que, avant 1914, la FRANCE était un paysan essentiellement agricole !

 

« Les Tranchées. Là règne un homme qu'on appelle le Paysan. Les Tranchées, c'est affaire de remueurs de terre, c'est affaire de paysans. C'est l'installation de la guerre à la campagne, dans un décor de travaux et de saisons. Les Tranchées, c'est le retour à la terre. 
En fait, il restait surtout des paysans dans les tranchées. A la mobilisation, tout le monde était parti gaiement. Se battre, le Français aime ça (pourvu qu'il y ait un brin de clairon à la cantonade). L'offensive, la Marne, la course à la mer, un coup de gueule dans un vent d'héroïsme : ça va, ça va ! Avec un sou d'enthousiasme, on peut acheter cent mille hommes. Mais après les grandes batailles, dès qu'on s'arrêta, lorsque vint l'hiver avec ses pieds gelés, et la crise des munitions aidant, l'occasion, la chair tendre, les malins se débinèrent. Chacun se découvrit un poil dans les bronches, un quart de myopie, et d'ailleurs une vocation chaude, une âme de tourneur. Les avocats plaidèrent beaucoup pour l'artillerie lourde. Les professions libérales mirent la main à la pâte. Ce fut un printemps d'usines.

Le paysan, lui, resta dans les Tranchées.

Il se tient là, dans son trou, tapi comme ces blaireaux, ces fouines qu'il connaît bien. Creuser le sol, ça le connaît, n'est-ce pas ! Il creuse, de Dunkerque à Belfort, des lignes profondes. De l'époque des semailles jusqu'au mois des moissons, il creuse. A l'heure où le raisin mûrit, à l'heure où le colza lève, il creuse. Il creuse, dans la longue terre maternelle, des abris comme des épouses, des lits comme des tombes. Chaque tranchée est un sillon, et chaque sape un silo. Ces boyaux, ils sentent la bonne cave. Mille souvenirs champêtres fleurissent dans les entonnoirs. La terre est une grande garenne. Les copains soufflent comme des vaches à l'étable. Le flingot a un manche de fourche. Et toutes ces armes industrielles, ces engins nouveaux comme des étoiles, ces crapouillots à quatre pattes, ces lance-mines et ces tas d'obus fauves, tout a un grand air animal, un air d'animaux à cornes. La lune est toujours la lune des prairies. Il y a un merle sur une gueule de canon. De la pluie, de la pluie qui fait germer les avoines. Et le vent des tuiles passe sur les hommes de chair. »

 

 

 

extraits des Poilus (1926), , Grasset, réédition Cahiers rouges 1987

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17:23 Écrit par P.B. dans Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg