15/02/2016

Le drapeau: ce qu'il signifie et le pavoisement des édifices publics.p

 

Le pavoisements des édifices publics.

Le 17 février prochain, les bâtiments publics seront pavoisés.

Précédemment, on commémorait l'anniversaire de la mort du Roi ALBERT.

Actuellement, on lui associe " tous les membres défunts de la famille Royale ".

Mais, dans le public...et pour la plupart des participants aux diverses cérémonies, cela reste "pour le Roi ALBERT"

S'il est peu utile de rappeler que c'est surtout son rôle durant la première guerre mondiale qui lui valut une popularité tant nationale qu'au-delà des frontières, il convient malgré tout de souligner brièvement quelques faits
- Face à l'agression allemande, c'est le Roi personnellement qui fit prévaloir auprès de ses conseillers et de ses ministres une attitude de fermeté totale face à l'envahisseur
- C'est lui aussi qui décida d'installer son Quartier général à La Panne et non bien à l'abri, loin de la ligne de front.
- C'est toujours lui qui préconisa l'engagement sans réserve dans la guerre des forces armées du Congo belge qui remportèrent en Afrique de retentissantes victoires.
- Il sut enfin défendre avec vigueur, face aux grands alliés, les intérêts de son petit état.

 

Le 17 février, le drapeau belge doit être arboré aux édifices publics.

Mais ce n'est pas la seule date. Il dit l'être aux dates officielles.

Il peut l'être aussi lors d'importantes cérémonies, lorsque les usages locaux le demandent, ou encore lors de la visite officielle d'un chef d'Etat étranger. Les Régions et les Communautés, en plus du drapeau tricolore, hissent leur propre drapeau le jour de leur fête.

Dates officielles :

  • 20 janvier : Anniversaire de la Reine Mathilde (née en 1973)
  • 17 février : Commémoration de tous les membres défunts de la famille royale
  • 7 avril : Hommage aux militaires belges décédés lors de missions de paix
  • 15 avril : Anniversaire du Roi Philippe (né en 1960)
  • 1er mai : Fête du Travail
  • 5 mai : Journée du Conseil de l'Europe (crée en 1949)
  • 8 mai : Victoire des Alliés en 1945 et fin du génocide
  • 9 mai : Journée de l'Europe (anniversaire du discours fondateur de l'Union européenne,prononcé par            Robert Schuman en 1950)
  • 6 juin : Anniversaire du Roi Albert II (né en 1934)
  • 11 juin : Anniversaire de la Reine Fabiola (née en 1928)
  • 2 juillet : Anniversaire de mariage du Roi Albert II et de la Reine Paola (en 1959)
  • 21, 22 et 23 juillet : Fête nationale (prestation de serment du Roi Léopold Ier, le 21 juillet 1831)
  • 11 septembre : Anniversaire de la Reine Paola (née en 1937)
  • 24 octobre : Journée des Nations Unies (créées en 1945)
  • 11 novembre : Armistice de 1918
  • 15 novembre : Fête du Roi
  • 4 décembre : Anniversaire de mariage du Roi Philippe et de la Reine Mathilde (en 1999)
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Le 17 février, dans diverses villes, et  notamment, à LIEGE, on assistera à des rassemblements de drapeaux d'associations patriotiques.

Que signifient ces drapeaux ?

Véritable étendard, le drapeau constitue un symbole définissant l’identité d’une association.

Logiquement, les associations patriotiques dont la FNC se le sont approprié. Pour rappeler les sacrifices des hommes au combat. Ils représentent l’image de la patrie: l’idée d’une unité, d’un enjeu commun autour de la liberté nationale et de valeurs communément admises par delà les différences d'opinions.

Ils furent utilisés en premier lieu au lendemain de la Première guerre mondiale.

Par après, hélas, ils ont été adoptés par les nombreuses associations représentant les combattants de la seconde guerre mondiale.

Nombreuses car la seconde guerre, du fait de la défaite de 1940, de l'apparition de mouvements de résistance divers, des prisonniers ( de guerre et politiques ), des volontaires de guerre, des déportés, des réfractaires...La seconde guerre ayant davantage multiforme que la première, elle a produit plus d'associations et, nécessairement, plus de drapeaux.

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13/02/2016

"Y a bon banania": ce qui se cache derrière ce slogan.

CE QUI SE CACHE DERRIERE CE SLOGAN, AUJOURD'HUI PROSCRIT !

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La marque " Banania " a été déposée en 1914 à l’initiative de Pierre-François LARDET qui aurait découvert, en 1912, dans un village au cœur de la forêt du Nicaragua, une boisson préparée par les femmes indiennes à base de farine de banane, de cacao, d qui e céréales et de sucre.

 

La marque " Banania " fut lancée le 31 août 1914. Le tirailleur sénégalais comme emblème a été adopté fin 1915, dans le contexte de la guerre de 14-18. L'expression « Y a bon » fut adjointe en 1917. Lardet profita du contexte de la guerre pour populariser son produit. Il ne fut d'ailleurs pas le seul à le faire dans le cadre de l'élan de solidarité nationale et à en tirer profit. On peut citer le camembert et la marque Riqlès.

 

 

" Y a bon " était le surnom attribué aux tirailleurs sénégalais lors de la campagne du Maroc en 1908, et que la presse française avait depuis popularisé. Le terme « tirailleur » désignait un « combattant doté d’une certaine liberté de manoeuvre et qui tire en dehors du rang ». Il s’appliquait aussi bien aux soldats servant comme fantassins, cavaliers ou artilleurs qu’aux auxiliaires, conducteurs et infirmiers. Au début, on les qualifiait en raison de leur région d’origine… L’appellation « tirailleurs coloniaux » fut utilisée un temps avant que l’expression « tirailleurs sénégalais » s’impose à tous, le Sénégal étant le premier pays à avoir fourni des soldats.

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Pas loin de de 500000 tirailleurs (210000 pour l’Afrique subsaharienne et 272 000 pour le Maghreb) vinrent se battre pour sauver le territoire métropolitain. De nombreux Africains sont morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. On a évoqué le chiffre de 72000 combattants de l’ex-Empire français morts entre 1914 et 1918, « fantassins marocains, tirailleurs sénégalais tunisiens, algériens, soldats de Madagascar, d’Océanie, d’Indochine (Cochinchine, tirailleurs anamites).. Marsouins d’infanterie de marine ». Ce sont, en tout cas, les paroles de Jacques CHIRAC.

 

Au départ, il y eut, semble-t-il, un désir de participer à cette guerre. Pour une partie de la population, participer à la guerre était une manière d’accéder à une égalité avec les Blancs et les métis.

 

C'est sans doute vrai, mais il y eut aussi des révoltes. La première, d'une certaine importance, eut lieu chez les Bambaras du Mali, près de Bamako. Elle a duré environ 6 mois, du printemps 1915 à novembre 1915, annonçant d’autres révoltes plus tenaces. Certaines furent très durement réprimées en juin 1916 par la France qui a fait tirer son artillerie sur une dizaine de villages fortifiés, tuant plusieurs milliers de civils, dont femmes et enfants qui ont refusé de se rendre.

 

Depuis les années 1970, le slogan " Y a bon " a été critiqué de plus en plus comme porteur des stéréotypes racistes. On ne voulait y voir que la caricature du  " Noir ": éternel sourire niais, hilare, gros nez rouge, affublé d’une chéchia rouge, d'une veste, d'un gilet en drap bleu et d'un pantalon en cotonnade blanc, demeuré grand enfant et incapable de s'exprimer correctement en français.

 

Dans l'imaginaire occidental de l'époque, l'homme Noir est un sauvage que l'occidental, l'européen, a "élevé" au rang de colonisé.

 

Déjà en 1948, Léopold Sedar Senghor écrivait: « Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux. Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement. Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur. Mais je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France. »

 

 

12/02/2016

La peine de mort en Belgique, appliquée pour la dernière fois aux inciviques.

La peine de Mort chez nous et dans le monde.

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La peine de mort a été unanimement répudiée par les États européens et le CANADA ainsi que de nombreux États latino-américains et plusieurs États d'Afrique subsaharienne et d'Océanie. La Russie ou encore l'Algérie ont instauré un moratoire sur son application...

Au total, en 2009, 140 des 192 membres de l'ONU avaient aboli ou suspendu la peine de mort. Mais ces pays ne rassemblent que 40% de la population mondiale.

L'essentiel de l'Asie et les pays les plus peuplés du monde (Chine, Inde, Indonésie, États-Unis, Pakistan, Japon, Bangladesh etc) continuent d'appliquer la peine de mort sans guère d'état d'âme.

Chez nous, la loi du 10 juillet 1996 abolit la peine de mort du Code pénal. En 2005, fut inséré dans la Constitution l'article 14bis l'abolissant définitivement. La Belgique a également ratifié les 6e et 13e protocoles additionnels de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme  interdisant la peine de mort aux États signataires.

Depuis longtemps, les condamnés à la peine de mort bénéficiaient automatiquement d'une grâce royale qui la transformait en détention à perpétuité...sauf pour les condamnations prononcées dans les colonies et visant des indigènes ! Comportement honteux dont on n'a jamais beaucoup parlé.

 

Il y eut des exceptions durant la guerre de 14-18, mais il s'agissait des Tribunaux militaires. Après la première guerre, il y eut quelques condamnés pour intelligence avec l'ennemi mais qui furent grâciés.

 

Après la seconde guerre, on se montra beaucoup plus sévère, la volonté étant de punir ceux qui avaient activement collaboré avec l'occupant. Sur les 1202 personnes condamnées à la peine capitale, 242 furent exécutées ( 106 en Flandre, 122 en Wallonie, 14 à Bruxelles ) entre la Libération et la dernière, en 1950,qui fut l'exécution de Philipp SCHMITT, le commandant du Fort de BREENDONK et de la Caserne DOSSIN.

PHILIPP SCHMITT, SS, dernier fusillé.

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Certains farfelus, ou agitateurs d'extrême-droite, émettent le souhait que la peine de mort soit rétablie en Belgique, précisant, benoîtement, " pour certains crimes ".

C'est quasi impossible.

Il faudrait d'abord l'inscrire dans une révision de la Constitution. Ce qui signifie qu'un gouvernement devrait, à la fin de la législature, inscrire l'article concerné dans la liste des articles sujets à révision...et faire voter cette liste.

Ce serait à la législature suivante à modifier l'article et à le voter à une majorité des 2/3 !

Il faudrait alors réécrire toute l'échelle des peines du Code Pénal puisque la peine suprême serait modifiée.

Il faudrait aussi dénoncer toutes les conventions internationales que le pays a signées...ce qui provoquerait bien des dommages à notre égard. 

Chaque fois que l'on entend prononcer ce voeu de rétablissement, plutôt que de discuter vainement, il faut prendre le hurluberlu au mot et lui proposer de remonter encore plus loin dans le temps, à l'époque où les exécutions avaient lieu dans les villages  sur la place publique et de lui demander s'il accepterait d'être le bourreau ! 

 

 

08/02/2016

AWANS, le 02 mars 2016: " La Grande Guerre dans la Région d'AWANS"

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1914 - 1918

" La Grande Guerre dans la Région d'AWANS"

Les Membres du Foyer Culturel d'AWANS et son Président

Dominique LUGOWSKI

vous convient, le mercredi 02 mars à 20H00

au Foyer Culturel

à un exposé donné par Jean-Pierre LENSEN sur le sujet:

" Que s'est-il passé en 1914 dans notre région ?

La Province de LIEGE est la première à rencontrer le feu de l'ennemi.

La vie quotidienne sera aussi évoquée, jusqu'à l'après-guerre et la reconstruction."

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P.A.F. 5 Euros.

Inscriptions obligatoires avant le 26 février

04/257.46.03

 

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07/02/2016

Exposition à LIEGE: Les Roumains dans la 1° guerre.

La Roumanie dans la Première Guerre.

 

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La commémoration de la première guerre mondiale n’a jamais passionné les Roumains. Ceux-ci se sont toujours concentrés sur la date du 1er décembre.

Journée de fête nationale, le 1er décembre, est tellement ancré dans la mémoire collective qu’il occulte tous les autres souvenirs de la guerre de 1914-1918. Le 1° décembre 1918, c'est la date de la réunion de la Transylvanie à la Roumanie, votée par une assemblée de « patriotes roumains » réunis à Alba-Iulia. Le même jour, le général français Berthelot fait son entrée à Bucarest.

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C’est ce jour-là qu’est né ce pays composé de trois régions historiques: la Valachie au sud, auparavant vassalisée par l’Empire ottoman; la Moldavie à l’est, jadis sous influence de l’Empire russe; et la Transylvanie, au centre et à l’ouest qui était sous le contrôle de l’Empire austro-hongrois.

 

En 1914, les Roumains souhaitaient recevoir en retour la partie orientale de la Moldavie annexée par la Russie depuis 1812 et avaient des vues sur la Transylvanie dépendant de l'Empire austro-hongrois. Situation politique et diplomatique difficile puisque les territoires contestés étaient sous la dépendance des deux camps adverses. Vers quel camps pencher ? Chacune des deux options avaient ses partisans. Mais le capital de sympathie dont bénéficient les Alliés dans la population et dans la classes politique roumaine est grande.

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Dès le début de la guerre, l’Entente et les puissances centrales rivalisèrent pour se gagner la Roumanie, et la Transylvanie devint subitement un enjeu de la politique internationale.

 

Sans doute devant ce dilemme, dès la fin du mois de juillet 1914, la neutralité roumaine est annoncée par l'ambassadeur austro-hongrois. Puis officiellement proclamée, dès le 4 août 1914, jour fatidique. La sagesse politique dictait de garder sa force militaire intacte aussi longtemps que possible.

 

Cependant, à l'abri de cette neutralité, le gouvernement prépare, dans un contexte de dégradation des relations avec l'Autriche-HONGRIE l'entrée en guerre du pays aux côtés des puissances alliées, dès que les circonstances le permettront.

 

Observant l'évolution du conflit en 1914 et 1915, les dirigeants politiques roumains, tout en menant une politique attentiste, sont convaincus de la nécessité qu'il faudra entrer un jour ou l'autre dans le conflit pour « délivrer leurs frères subissant la tyrannie austro-hongroise ». Les mêmes responsables politiques utilisent cet attentisme comme moyen pour faire monter les enchères entre les deux blocs ennemis, tout en préparant le pays et son armée à intervenir dans le conflit.

 

Malgré son origine allemande, le roi de Roumanie de l’époque, Ferdinand Ier de Hohenzollern-Sigmaringen, avait choisi de rejoindre le camp des ennemis de l’Allemagne, ce qui lui avait valu d'être exclu de la maison royale des Hohenzollern. Le roi avait donc choisi de servir les intérêts du pays sur lequel il régnait plutôt que ceux de son pays d’origine. Pour rappel, à cette époque, les rois s'interpellaient sous le titre de "cousins".

La Roumanie déclare la guerre aux Empires centraux le 27 août 1916 et entame une offensive contre l'Autriche-Hongrie dans les Carpates.

Après quelques succès, les événements ne se déroulent pas favorablement pour la Roumanie. La défaite de Tutrakan menace directement la capitale BUCAREST. Le général en chef  doit réaffecter au sud des troupes depuis le front de Transylvanie, de sorte que le 15 septembre l'avance roumaine y est stoppée. Une nouvelle offensive repoussa en valachie les troupes roumaines et russes. Le 6 décembre, la capitale roumaine tombe.

Le front finit par se stabiliser à Mărășești où les 400 000 Roumains et les 100 000 Russes stoppent l'avance allemande, austro-hongroise et bulgare. Le gouvernement roumain se réfugie en Moldavie où les Alliés envoient du matériel. La France décida d’envoyer, dans la partie restée libre, une mission d’assistance militaire commandée par le Général Berthelot, qui a eu pour mission d’aider à la réorganisation et à la formation de l’armée roumaine. Cette assistance s’est accompagnée de livraisons d’armes et de munitions de nature à donner à cette armée rénovée les moyens d’affronter ses adversaires.

 

Un nouveau coup dur pour la Roumanie, se produisit à la suite de la révolution russe à l'automne 1917. Les soldats russes ne reçoivent plus de ravitaillement. Ils se débandent et se mettent à piller la Roumanie et à tuer quiconque s'y oppose.

 

Un armistice entre l’Allemagne et la Roumanie doit être conclu le 9 décembre 1917. Armistice refusé par le roi Ferdinand I°.

 

Fin 1918, la situation a alors beaucoup changé: l'avancée des troupes alliées en Serbie et sur le front occidental permet à la Roumanie  de reprendre le combat. La Roumanie reprend la guerre le 31 octobre 1918. Ce pays a la particularité d'entrer par deux fois en guerre

 

Mais, contrairement à ce qui s'est passé chez nous, la guerre en Roumanie ne cesse pas le 11 novembre 1918. En effet, les Armées alliées basées en Roumanie poursuivent la guerreaux côtés des Armées Russes blanches contre le gouvernement communiste de Russie et contre le régime des Conseils ouvriers de la République des Conseils de Hongrie. Ce fut la guerre hongro-roumaine de 1919. Les troupes roumaines engagent la lutte contre les armées hongroises et s’emparent de Budapest pour y mettre fin au régime communiste de Bela Kun. Elles agissent avec les encouragements des Alliés qui voient dans la Roumanie un élément du « cordon sanitaire » nécessaire pour contenir la poussée bolchevique en Europe.

De plus, les dirigeants roumains doivent faire face à des mutineries qui débutent le 16 avril.Les derniers militaires du Front roumain ne furent rapatriés qu'en 1920 et les derniers soldats roumains ne furent démobilisés qu'en 1921.

La Roumanie était entrée en guerre sur un coup de poker, mais cela lui coûta cher:- 250 000 morts et disparus, 430 000 Pertes civiles (Population - en millions: 7,5)

 

Finalement, la Roumanie obtint en échange de sa participation à la Première Guerre mondiale et aux campagnes anti-bolcheviques des Alliés, le rattachement de divers territoires majoritairement peuplés de roumanophones, pris tant à l'Autriche-Hongrie (BanatBucovineTransylvanieMarmatie) qu'à l'Empire russe (reconnaissance de l'union entre la République démocratique moldave deBessarabie et la Roumanie). La Roumanie triple alors sa superficie, mais sort de la guerre exsangue. Mais, histoire continuellement recommencée, le nord de la Bucovine,se trouve aujourd’hui en Ukraine

 

 

 

04/02/2016

Funérailles d'Albert I°. Hommage d'Arthur MASSON.

L’Adieu des petites gens.

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Arthur MASSON composa de nombreux poèmes. L’un deux à la gloire du Roi ALBERT parut sous le titre "L’Adieu des petites gens". Il connut un grand succès. Il a obtenu le prix ALBERT 1er.

 

Arthur MASSON y évoque le défilé des Anciens Combattants de la Grande Guerre devant la dépouille du Roi.

 

Ces vers furent composés en février 1934, mais seulement publiés en 1935. À cette occasion, il a obtenu le prix "Raoul Follereau" à Paris.

 

"L’Adieu des Petites Gens"

 

Au Roi Albert

Les poèmes laurés des bardes d’époque

Vont clamer jusqu’au ciel, où Dieu les entendra,

Les féales vertus de votre claire épée.

... Et la Légende d’or sur l’azur étendra

Le déploiement sans fin de ce geste indicible

Qui, vous transfigurant, avec vos bras en croix 

Et votre regard de victimes inflexible,

Campa sur l’Univers c’était vous, notre Roi !

Un paladin surgit de l’ombre du Calvaire. 

Vous serez à la fois, au fronton souverain

Où se gravent les noms que le monde révère,

Dans l’âme du granit éternel airain,

Un Roland moins altier, un Saint-Georges plus proche,

Un Bayard qui trembla de l’émouvante peur.

De n’être pas assez soldat sans reproche.

Vous serez tout cela, vous serez le Vengeur,

Celui qu’on aura vu, dans la plaine flamande,

S’obstiner à dresser sur un sol torturé,

À l’Honneur que sauva la grandeur de l’offrande, 

Le socle d’un serment douloureux, mais sacré.

... Votre peuple le sait ! La terre patriale,

De nous avoir donné ce grand mort adoré,

Nous le trouverons splendide et hautement royal,

L’aire s’en élargit de l’unique destin

D’avoir créé le cœur de ce roi magnifique,

Et d’être le creuset ou le charme latin

Allia son or souple au ferme acier nordique. 

Sire, nous vous aimons, car vous avez été

De ceux qui font l’histoire avec de la clarté.

... Pourtant, pardonnez-nous, elle est tellement belle

L’histoire où votre nom sur les autres excelle,

Que nous, les tout-petits, vos simples paysans,

Nous tous, les ouvriers, vos humbles artisans,

Tous ceux que vous saviez, d’un sourire timide,

D’un touchant geste gauche ou d’un mot qui déride,

Rapprocher gentiment de votre Majesté,

Nous trouvons à notre cœur comme un rythme attristé,

Quand notre oeil ébloui, qui n’a pas l’habitude,

Vous cherchez au fond d’un ciel d’une telle altitude ! 

Non, Sire, ce n’est pas le heaume couronné

Des lauriers triomphants de la haute victoire,

Ni le glaive vermeil, de splendeur fleuronnée ;

Ce n’est pas le soldat érigé dans la gloire

Que nous aimons le plus, nous autres les petits !

... C’est à l’homme livide, au cadavre raidi,

avec son front brisé, ses pansements de neige,

ses lilas expirants sur la tunique beige,

C’est au maître défunt de la grande maison

Que vont nos durs sanglots avec notre oraison !

Notre Roi, de vous voir ainsi, plus simple encore,

Dans le digne linceul du drapeau tricolore,

Surtout, Sire, de vous voir, en vos mains de croisé,

Le Crucifix d’ivoire imprimé son baiser

Au cœur qui le servit de façon souveraine,

La Belgique, pour vous, se sent un cœur de reine !

Vous les avez tous vus, les muets pèlerins ;

Ils avaient le regard des enfants orphelins.

Ils étaient recueillis comme on l’est à l’église.

La brume fraternelle, à leur légion grise,

Apportait sa navrance et sa solennité,

Et les hommes s’aimaient dans leur identité. 

Vous les avez revus, les anciens de Boncelle,

Avec ceux de Namur, d’Anvers, de Ramscapelle !

Dans la nuit lacrymale où se noyaient leurs rangs,

Ils se ressemblaient tous, quoique tous différents,

Dans le poignant aspect des vieilles cicatrices...

Silencieusement, leurs masses rédemptrices

Montaient vers le palais où reposait leur chef.

Ils s’en allaient vous dire, dans un adieu très bref, 

Qu’ils marchaient encore avec leur chair meurtrie,

Leurs moignons douloureux et leurs crochets de fer !

Vous les avez revus, vos hommes de l’Yser...

... Mais ceux dont les yeux morts sont figés vers les cimes,

Les avez-vous bien vus, vos aveugles sublimes ?

Leur front était le vôtre ! Ils étaient droits et beaux.

Et des larmes brillaient dans ces yeux de tombeaux.

Ces larmes de martyrs avaient tant de lumière,

Elles mettaient au fond des tragiques paupières

Une onde si lustrale, un diamant si pur,

Que Dieu lui-même ému par ces sevrés d’azur

Irradiant l’abîme où vague leur souffrance,

Fit rayonner l’Image en leur désespérance !

Qu’avez-vous donc été, vous, le Roi des petits,

Pour que tant de nous-mêmes avec vous soient partis ?

Dites, qu’aviez-vous fait à ce peuple placide

Qui ne s’émeut pas vite et froidement décide,

Pour qu’un divin frisson vînt étonner sa chair,

Et qu’à la grande tombe, il fit, géant et clair,

Le pavois d’un amour inconnu de lui-même ?

Répondez-nous, ô vous, vous, le Roi que l’on aime ! 

Je vous avais compris.

À chacun, je rendais tout ce que j’avais pris

Au pays ancestral.

J’en avais pris la foi, la noble patience,

Et le même métal

Faisait un tréfonds fier à notre conscience.

Des échos identiques

Trouvaient leur résonance en nos cœurs ataviques.

J’étais chacun de vous....

J’étais, plus grandement, le mineur des corons,

Qui travaille à genoux ;

J’avais la calme ardeur du sobre bûcheron

Des forêts ardennaises.

Amoureux de mon sol fait de rocs et de glaises,

J’aimais du même cœur, pour les unir en moi,

Mes enfants du Polder et ceux des Amerois,

Le Carrier obstiné des collines mosanes,

Et le doux laboureur des Flandres paysannes.

Je fus royalement un homme de Belgique. 

Si je fus héroïque,

C’est que l’honnêteté contient cette vertu.

Lorsque j’eus tout perdu,

Il me restait encore le vermeil diadème,

Le sceptre sans égal et le trône suprême

De la fidélité. 

C’est pourquoi, calme et fier, dans mon éternité,

J’emporte en mon cercueil, pour les offrir à Dieu,

Avec mon Christ d’ivoire et les fleurs de la reine,

Et la paix du Devoir dont ma vie plus pleine,

L’amour de vos adieux.

 

 

 

 

02/02/2016

20° siècle: siècle des génocides et des massacres de masse.

Les meurtres de masse: un fléau moderne.

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La notion de "génocide" a été défini après la Seconde Guerre mondiale, concernant les Juifs d'Europe (1940-1945). Les génocides sont la forme extrême du "crime contre l'humanité", un concept également issu de la Seconde Guerre mondiale. 

 

On peut retenir comme définition du "génocide", celle donnée par les historiens Frank Chalk et Kurt Jonasshon: « Le génocide est une forme de massacre de masse unilatéral par lequel un État ou une autre autorité a l'intention de détruire un groupe, ce groupe et ses membres étant définis par le perpétrateur ».

 

 

On estime que les génocides ont entraîné plus de 100 millions de victimes depuis la fin du 19e siècle, représentant la première cause de décès au 20e siècle.

 

Rétrospectivement, on a réétudié l'histoire et on a appliqué cette notion à des massacres antérieurs. On a ainsi pu parler du génocide des Arméniens (1915).

 

Il s'est appliqué, plus récemment au massacre des Cambodgiens (1975) et , plus récemment encore, au massacre des et des Tutsis (1994).

 

Qu'est-ce qui distinguent les génocidaires des autres fauteurs de guerre: ils se considèrent investis d'une mission de purification de la société au nom de leurs principes: la religion, l'origine ethnique, l'éradication de populations inassimilables politiquement...Il y a donc des génocidaires racistes et des génocidaires politiques ou religieux ou économiques. Ce sont, pour résumer, des génocidaires "idéologiques".

 

Les génocidaires racistes justifient l'extermination par la prétention qu'il existe une différence entre leur propre population considérée comme supérieure ou pure ou élue par

opposition aux autres considérées comme « inférieures » et/ou « indésirables » et/ou "susceptibles de rendre impure leur population par métissage". Bien entendu, on appartient « par naissance » soit à la population "supérieure" soit à l'autre, aucune passerelle n'est possible.

 

Les génocidaires "idéologiques" ne s'en prennent pas à leurs victimes comme membres d'un groupe ethnique, mais en raison de leurs positions sociales antérieures ou parce qu'ils sont considérés comme des adversaires inaptes à toute adaptation: le massacre des Cambodgiens en est l'exemple typique.

 

D'autres attaques sont parfois rangées dans cette catégorie: la famine de masse des Ukrainiens (1932), les guerres intestines de l'ex-Yougoslavie parfois aussi.

 

Curieusement, il a fallu longtemps pour considérer que le massacre des Tziganes au cous de la seconde guerre mondiale relevait aussi du génocide.

 

Il faut prendre garde aux mots utilisés. Le mot "génocide", comme le mot "fasciste" ou comme le mot " criminel de guerre" ne doivent pas être galvaudés. On doit éviter de les utiliser à la légère. Au risque d'aboutir à une dérive: une définition extensive, élargie de la notion. On arriverait à qualifier de génocide ou de crime contre l'humanité tous les méfaits, toutes les opérations guerrières d'une certaine ampleur. On assisterait alors à une banalisation de ces concepts. Cela leur enlèverait tout sens avec comme conséquence que les négationnistes auraient beau jeu de prétendre que les véritables génocides n'en étaient pas ( pour rappel, les propos maintes fois répétés de Jean-Marie LEPEN ).

 

La dérive inverse serait une interprétation ultra-restrictive de la notion de "génocide": l'extermination des Juifs ( la Shoah ) serait le seul véritable génocide. En ont pâti les Tziganes qui ont eu du mal à ce que leur traitement soit reconnu comme "génocidaire".

 

C'est en s'appuyant sur cette dérive que certains, même non Turcs, refusent

de ranger le massacre des Arméniens parmi les génocides.

 

C'est aussi en partant de cette dérive que les crimes staliniens contre certaines populations ( les Ukrainiens, les Tatars...) ont du mal à être versés dans le nombre des "génocides".

 

L'article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide adoptée par l'assemblée générale de l'ONU en décembre 1948, stipule:

« Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe ;

b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;

c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;

d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;

e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.  »

 

Le Grand Atlas de l'Histoire du Monde, ( édition 1999) parlant des grands massacres pas tous reconnus comme génocides, nous rapporte que:

1915-1917: Massacre systématique de la population arménienne par les Turcs, 1 500 000 victimes

1941-1945: Mise en oeuvre de la "solution finale" processus d'élimination des juifs d'europe par les nazis (Holocauste ou shoah) 5000000 à 6000000 de victimes

1941-1945: Extermination des populations tsiganes d'Europe dans les camps nazis, 800000 victimes

1967-1970 Hécatombe au sein de la minorité Ibo du Biafra, en guerre contre L'armée fédérale du Nigéria, 1000000 de victimes

1975-1979: Elimination massive de civils cambodgiens sous le régime des Khmers rouges 2000000 de victimes

1985-1999: Destruction de villages kurdes par les forces irakiennes 400000 1992-1999: En ex-Yougoslavie, persécution des Bosniaques puis des Kosovars par les Serbes, dans le cadre de la "purification ethnique" 200000 à 250000 victimes 1994: Massacres des représentants du groupe ethnique tutsi par les Hutu au Rwanda 500000 à 800000 victimes. 

 

Un autre génocide méconnu, celui des Hereros par les Allemands. Il est pourtant le premier génocide du 20ème siècle. En outre, par ses méthodes (camps de concentration) et par ses motivations (racistes), il préfigurait le génocide des Juifs lors de la Seconde guerre mondiale.