18/09/2017

Cris lancés par les artistes et les poètes.

 

Le CRI

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Cette photo du  CRI de RODIN  est une contribution à la réflexion sur notre façon de voir, de penser le monde, et d'écouter ses cris d'alarme qui nous sont lancés tels des SOS. De l'émotion qui est exprimée à travers l'expression du visage découle la colère, la douleur, le désespoir.

 

Un penseur a dit: "Si tu es dans le monde, alors, tu participes au monde...". Entre 1936 et 1945, la voix des poètes s'élève pour dire la détresse, la souffrance, mais aussi la colère, l'espoir et l'amour de la liberté. La Résistance, c'était aussi l'écriture.

 

La parole, l'écriture sont essentielles, surtout à notre époque à notre époque. La parole et l'écriture réunissent les peuples et les cultures. Ils s'adressent à l'humain. C'est le cri des poètes et des lanceurs d'alerte. Mais les sourds n’entendent pas ce cri, surtout les sourds volontaires. " Il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ". on peut rappeler la parole du roi Louis-Philippe:

« Ne me parlez pas des poètes qui parlent de politique ! » Cri du cœur du roi répondant au fameux cri du cœur de LAMARTINE: « Périssent nos mémoires, pourvu que nos idées triomphent ! […] Ce cri sera le mot d’ordre de ma vie politique. » 

 

 

Pour illustrer ce cri, voici un poème de Paul ELUARD,

 

Paul ÉLUARD. (1895-1952) Les sept poèmes d’amour en guerre, 1943

 

Au nom du front parfait profond


Au nom des yeux que je regarde


Et de la bouche que j’embrasse


Pour aujourd’hui et pour toujours


Au nom de l’espoir enterré


Au nom des larmes dans le noir


Au nom des plaintes qui font rire


Au nom des rires qui font peur


Au nom des rires dans la rue


De la douceur qui lie nos mains


Au nom des fruits couvrant les fleurs


Sur une terre belle et bonne


Au nom des hommes en prison


Au nom des femmes déportées


Au nom de tous nos camarades


Martyrisés et massacrés


Pour n’ avoir pas accepté l’ombre


Il nous faut drainer la colère


Et faire se lever le fer


Pour préserver l’image haute


Des innocents partout traqués


Et qui partout vont triompher.


 

10/09/2017

40-45: La guerre fut aussi une guerre entre belges.

40-45: La Guerre entre les Belges.

 

1. Introduction.

 

Contrairement à ce qui, en gros, s'était passé durant la guerre de 14-18 ( exception faite de certains mouvements flamands ), la guerre de 40-45 peut aussi être vue comme une guerre ayant opposé des belges contre d'autres belges.  

 

2. La collaboration.

 

La collaboration n'était pas seulement un état de soumission à l'égard de l'occupant mais elle s'est caractérisée par deux choses:

- l'embrigadement de combattants, surtout jeunes, dans des organismes militaires allemands ou ayant combattu avec l'armée allemande ( SS WALLONIE, S.S. Westland Regiment, Vlaamsche Wacht, Légion Wallonie...)

- la mise à disposition de l'occupant de polices supplétives menant la chasse contre les opposants à l'ordre nouveau ( Vlaamsche Wacht, Zwarte Brigade, Département de Sécurité et d'Information-D.S.I...)

 

Dans leur sinistre besogne, ces milices pouvaient hélas compter sur tous les aigris, les jaloux qui dénoncèrent allégrement, souvent faussement, des rivaux ( ou des rivales ). Il suffit de se rendre au Fort de HUY où l'on trouve, exposées, des lettres de dénonciation.

 

La collaboration est un concept juridique qui, en Belgique, est qualifié par le Code pénal. Les articles, 113, 115, 118bis et 121bis abordent respectivement la collaboration militaire, la collaboration économique, la collaboration politique et intellectuelle et les dénonciateurs.

 

3. Petit aperçu des groupements de collaborateurs et leurs mésententes.

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On trouve un nombre important d'organisations militaires ou paramilitaires de collaborateurs. Fort heureusement, une mésentente profonde, voire une lutte féroce, les opposait souvent.

Certains voulaient une Belgique maintenue mais organisée selon les principes de l'ordre nouveau. D'autres voulaient, surtout du côté flamand mais parfois aussi wallon, une intégration pure et simple à l'Allemagne nazie.

C'était vrai aussi du côté flamand: la plupart voulaient profiter de la situation pour créer un état flamand alors que d'autres revendiquaient l'intégration pure et simple à l'Allemagne.

En plus, tout ce petit monde faisait preuve d'un appétit débordant et c'était à qui allait être plus nazi que l'autre.

 

Prenons l'exemple des "Amis du Grand Reich Allemand (AGRA)" qui cherchait surtout à recruter des gens opposés au rexisme. L'AGRA fut fondé en mars 1941, à l'instigation du Sipo-SD de liège. Les membres de ce mouvement reconnaissaient Hitler comme chef unique de l'Europe et adhéraient sans restriction aux doctrines nazies. L'AGRA s'opposait au caractère unitaire de la Belgique et souhaitait son rattachement au Troisième Reich se basant sur un prétendu caractère nordique du wallon.

 

L'AGRA créé sur instigation de l'occupant pour dépasser le rexisme fut victime, plus tard, d'une manoeuvre identique de la part des SS. Apparut ainsi en 1943 la "Deutsch-wallonische Arbeitsgemeinschaft (Dewag)". Il s'agissait de dépasser l'AGRA qui,elle, avait été créée pour dépasser REX.

 

On retrouve là, déjà, un des grands problèmes de l'extrême-droite en Belgique: la division à l'extrême, les luttes intestines, le grenouillement d'organismes, de partis se combattant sans merci. Le seul moment où ils s'unirent, ce fut, en 1936, à l'apogée de REX. C'est aussi un problème plus général de l'extrême-droite: prenons en exemple les luttes intestines du FN et de la famille Le PEN en FRANCE.

 

En Flandre, on trouvait "De Vlag" opposé à la VNV ou encore le "Nationaal-socialistische beweging in Vlaanderen" et le "Volksverweering". En 1942, une réorganisation de l'Algemeene-SS Vlaanderen débouche sur un changement de nom : Germaansche SS in Vlaanderen

 

Et en Wallonie, une multitude de petits partis ou mouvements: la "Communauté Culturelle Wallonne", la "Défense du Peuple", le "Mouvement National Populaire Wallon (MNPW) qui fusionnera avec la "Défense du Peuple", le "Parti national-socialiste Wallon" plus tous les groupements dépendant de REX, ( les Gardes Wallonnes, par exemple ).

 

4. Les différences " NORD-SUD".

 

La collaboration connut aussi une différence "Nord-Sud". Une part considérable de l'élite politique et intellectuelle flamande fut mêlée, d'une façon ou d'une autre, à la collaboration. Le poids du Vlaams Nationaal Verbond (VNV) qui avait absorbé le Verdinaso et le Rex flamand, fut considérable. C'était un parti de masse fort de 50000 membres, enraciné dans la société. Apparurent aussi des milices: la Vlaamsch Legioen, la Vlaamsche Wacht, la Dietsche Militie, la Zwarte Brigade... etc.

 

Du côté francophone, la collaboration intellectuelle resta un phénomène marginal. REX électoralement plus puissant que le VNV en 1936 (21 sièges à la Chambre contre 16), avait perdu, dès 1939, la plupart de ses élus. Il convient de distinguer le Rexisme d'avant-guerre et le Rexisme de guerre. Le Rexisme était réduit à portion congrue à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale. Et lorsqu'il va renaître durant celle-ci, ce ne sera plus avec les mêmes buts ni les mêmes moyens.

L'entrée de REX dans la collaboration avait fait fuir beaucoup de sympathisants mais lui en avait fait recruter d'autres dont l'idéalisme était loin d'être la vertu majeure.

Pendant la guerre, DEGRELLE a recruté beaucoup d’opportunistes prêts à tout. Pendant la guerre, REX, malgré l'appui de ROMSEE, n'est jamais parvenu à contrôler que 13% des communes. Toutefois ces 13% couvraient plus de 60% de la population Wallonne, surtout après la fusion imposée des grandes agglomérations.  Mais jamais le parti rexiste ne put obtenir un contrôle complet sur la vie sociale. REX pendant la guerre ne compta jamais plus de 10000 membres.

 

REX fit usage du clientélisme politique. Ceux qui n’appartenaient pas au clan rexiste étaient mis au ban. Cela signifiait la faim, le manque de chauffage, la déportation ou, en tout cas, de telles menaces. Les membres locaux du parti Rexiste attendaient de leurs bourgmestres collaborateurs qu’ils les protègent et les aident. Le parti voulait que les communes, les provinces et les ministères apportent un soutien à certaines initiatives du parti. Cela se déroulait dans un contexte autoritaire où tout contrôle extérieur (et, cela va sans dire, démocratique) avait disparu.

 

Il faut toutefois écarter le vieux mythe qui opposerait une Flandre collaboratrice à une Wallonie résistante.

Les Flamands ne se sont pas, proportionnellement, plus compromis que les Wallons: environ 13.000 Flamands se sont battus sur le front de l'Est pour le compte des nazis, pour près de 9.000 côté wallon. Quant aux quelque 100000 collabos actifs sur le sol belge pendant l'Occupation, il se répartissent plus ou moins aussi équitablement: une petite majorité au nord, une grosse minorité au sud.

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5. La résistance.

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Dès octobre-novembre 1940, les premiers signes de résistance à l’occupant se manifestèrent. Les Allemands, malgré leur supériorité aérienne, avaient échoué en Angleterre et chacun se doutait que la guerre risquait de durer longtemps et

aussi qu'elle n’était pas perdue d’avance !

Très vite apparurent les résistants de terrain. Ceux-ci vont se répartir selon deux types : les « mouvements » et les « réseaux de renseignements et ’évasions ».  Parmi les réseaux de renseignements: le réseau "Clarence" et le "Service D"

La résistance n'était pas uniforme; On dénombre un grand nombre de groupements. C'est normal: en période de dictature et de répression, il est quasiment impossible d'avoir une opposition unitaire.

Au fil du temps, on assista quand même à des regroupements ou des fusions. Ainsi, l'"Armée Belge des Partisans" issue de la mouvance du Parti Communiste fusionnera en 1941 avec le "Front de l'Indépendance". Idem pour les "Milices Patriotiques" travaillant de concert avec l'"Armée Belge des Partisans". Cela pour la résistance dite " de gauche". Le Front de l'indépendance fut fondé en mars 1941 par le docteur  marteaux (du Parti Communiste), l'abbé André Bolland et Fernand DemanyDemany. Son but était de réunir les résistants de toutes opinions et tendances, toutefois le seul parti politique qui y adhéra formellement en bloc fut le Parti Communiste

Du côté de la mouvance démocrate-chrétienne, nous avons l'"Armée de la Libération" née fin 1940.

Autre grande organisation, face au "Front de l'Indépendance", on trouve l' "Armée Secrète", issue du regroupement de la "Légion belge" fondée en 1940 et de l'"Armée belge reconstituée". Ces deux mouvements de Résistance armées décidèrent de joindre leurs forces afin d'avoir plus d'efficacité, et prirent le nom unique de "Légion Belge" pour devenir en 1942 l'"Armée de Belgique"  puis "Armée secrète".

On peut encore citer le "Mouvement National Belge", le "Mouvement National Royaliste", le "Groupe NOLA", l'"Organisation militaire belge de la Résistance", très faible ( 3112 membres).Et d'autres organisations plus locales ou professionnelles. Le "Service D" compta énormément de postiers.

 

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Ecusson du Front de l'Indépendance.

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Ecusson de l'Armée Secrète.

7. Tous unis ?

Oui et non. Si l'objectif final était la lutte contre l'occupant et la libération du pays, l'unité d'action fut rare ou, en tout cas, difficile. On assista surtout à une répartition des tâches ou des zones de territoires. Ainsi, dans le Condroz, le Front de l'Indépendance était prépondérant sur la rive droite du Hoyoux et l'Armée secrète sur l'autre rive.

La division était inévitable, les motivations idéologiques et politiques étaient trop éloignées. Si on était d'accord sur l'objectif premier ( la Libération ), on navait pas la même vision du pays après la guerre. Que pouvait-il y avoir de commun entre le Front de l'Indépendance et le Mouvement National Royaliste ?

Quant à l'Armée secrète, c'était en fait le bras armé du Gouvernement en exil avec lequel d'autres n'étaient pas d'accord.

 

8. Et, après la Libération ?dafanch98_numl000047_2.jpg



A l'issue de la guerre, entre septembre 1944 et fin 1949, 405 000 dossiers furent ouverts pour faits de collaboration. De ce chiffre, on retira les 58 000 travailleurs volontaires.

70% des dossiers (228 000) furent classés sans suite; 15 % (59 500) débouchèrent sur un non-lieu; 14 % (57 000) entraînèrent des poursuites pénales.

Au final, 53 000 belges furent condamnés pour collaboration: 1247, condamnés à mort (et 1693 par contumace), mais 242 seulement furent exécutés (238 hommes et 4 femmes); 1 839 condamnés à la perpétuité (et 501 par contumace). Plus de 43 000 Belges perdent leurs droits civiques et politiques dans le cadre de l'épuration, tandis que des milliers d'ex-collaborateurs fuient en Allemagne, en France, en Espagne, en Afrique du Sud, en Amérique latine, aux USA...

 

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18:51 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

06/09/2017

Cimetière de Sainte Walburge, le 22 septembre. Hommage à Noël LEDOUBLE.

HOMMAGE AU SOLDAT NOËL LEDOUBLE d'AWANS

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Une cérémonie est programmée le 22 septembre prochain, à 10H00 au Cimetière de SAINTE WALBURGE, en hommage au soldat Noël LEDOUBLE ( de VILLERS- l'EVÊQUE ).

Ce jour là sera inaugurée la nouvelle plaque réalisée par la Défense. 

La cérémonie se déroulera notamment en la présence des membres de la famille, de représentants de la Défense, et des autorités communales.

Pour rappel : 



17 août 1914, à l’Hôpital militaire de SAINT-LAURENT, un blessé amené du fort de LONCIN pousse son dernier soupir. L’infirmier rempli l’acte de décès et y appose le nom que le blessé lui avait soufflé peu auparavant « …Noël … LEDOUP ».

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Noël fût ainsi inhumé au cimetière de SAINTE WALBURGE sous le nom de « Noël LEDOUP » et non sous le sien « Noël LEDOUBLE ».



Au mois de février 2017, Jean et Maria LEDOUBLE, neveu et nièce de Noël, persuadé que leur parent repose sous le fort, apprennent de la bouche de Patrick GALAND, Président du CHLAM, que Noël repose en fait au cimetière de SAINTE WALBURGE.

Le 22 septembre 2017, en présence de la famille, des représentants du Front de Sauvegarde du Fort de LONCIN, du Colonel HAMES, Commandant militaire de la Province de Liège et des autorités civiles, sera inaugurée la nouvelle plaque réalisée par la Défense reprenant l'identité correcte de Noël LEDOUBLE, l'un des Héros du fort de LONCIN.

 

17:25 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

04/09/2017

" Pas dans le même camp; mais les mêmes soucis "

" Pas dans le même camp, mais les mêmes soucis"

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Pas dans le même camp, mais les mêmes soucis; pas dans le même camp, mais les mêmes souffrances. C'est un des thèmes abordés dans notre halte ( notre stand ) lors de l'opération WEEK-END WALLONIE BIENVENUE des 21 et 22 octobre 2017 à AWANS.

 

Nous n'abordons pas le cas des souffrances physiques, des souffrances dues aux maladies, aux blessures, aux pertes de camarades... qui étaient certes aussi identiques.

 

Nous abordons le cas des problèmes psychologiques liés à l'éloignement de leurs familles: les épouses abandonnées et livrées à elles-mêmes, des enfants que l'on ne voit pas grandir, des parents âgés que l'on ne reverra peut-être plus, des fiancées que l'on redoute de perdre ... !

 

Des élèves de l'école Saint-Genès à Bordeaux, titulaires du prix départemental décerné par l'Office des anciens combattants, ont créé cette chanson qui paraît bien refléter ces tourments, pas seulement les tourments des tranchées mais les tourments de l'éloignement.

 

" La Chanson du Soldat ".

 

Nos rêves volés
Et j’entends des pas s’approcher, 
Je vois des fusées voler, 
Je vois la vie exploser, 
Je vois ma vie défiler, 
J’entends des canons tonner, 
Je vois mes amis tomber, 
Je te revois en train de danser 
Et je m’imagine tous ces moments volés.

Refrain
Et malgré tout ça, je garde espoir, 
Je vis dans ton regard 
Et malgré tout ça, je vis dans le noir, 
Je garde espoir à n’en plus pouvoir.

2
Je m’ prépare, l’assaut est donné, 
Je marche sur des rêves brisés. 
Nos vies ne sont que poussières 
Mais mon Dieu sommes nous en enfer ! 
Je sens la terre trembler, 
L’odeur me fait suffoquer 
Je te revois dans ce champ de blé 
Et je m’imagine tous nos rêves effacés.

3
Enterré au fond de ma tranchée, 
Je sens la pluie me glacer, 
J’entends des cris m’appeler, 
Je veux pouvoir oublier, 
Je veux pouvoir espérer. 
Je veux te retrouver
Auprès de toi, en train de danser 
Et je vais revivre tous ces moments volés.

 

Dans les tranchées, le soldat côtoie en permanence la mort, ceux des premières lignes étant les plus exposés, surtout quand ils partent à l'assaut de la tranchée adverse. Dans l'enfer des combats, l'homme finit par perdre son humanité. Et pourtant, ce sont ces tourments nés de l'éloignement qui permettront de sauvegarder cette humanité.

Dans les tranchées et après, dans les période de repos, relatif, à l'arrière, les soldats font surtout des cauchemars. Mais aussi des rêves heureux. Ces songes heureux ne concernent pas la guerre mais les ramènent au passé de leurs jeunesses, de leur pays d’origine, ou de la vie civile. Des rêves qui leur permettent de revoir les proches. Face à l’ennui et à la dureté de la vie au front, le rêve est un moyen de se remémorer les absents et de dialoguer avec eux. 

Les soldats français et allemands avaient la possibilité de correspondre avec leurs familles. Mais les lettres étaient évidemment soumises à la censure. il n'était pas question de dévoiler, même accidentellement, des informations stratégiques.

Pour les soldats belges, c'était nettement différent. La correspondance avec leur famille se heurtait à de nombreux obstacles.

Le premier obstacle était le fait que la Belgique était complètement occupée, que la partie occupée se trouvait de l'autre côté des lignes allemandes. En 1914, beaucoup n’avaient pas l’habitude d’écrire.

La Belgique étant occupée, les lettres des soldats et les réponses de leur famille devaient circuler clandestinement, via l’Angleterre et les Pays-Bas. Le “Mot du Soldat” se chargeait de l'acheminement, périlleux des lettres vers leur destinataire.

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Lettre d'un soldat allemand

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Carte postale d'un soldat français.

19:58 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

01/09/2017

NE JOUEZ PAS AUX SOLDATS !

Ne jouez pas aux soldats (vers 1925)

Paroles et musique de Léo Lelièvre - Paul Dalbret

Auguste Paul Van Trappe, dit Paul DALBRET, né à Paris (11ème) le 2 avril 1876 et mort à Chateau Gombert  le 3 mars 1927, est un auteur-compositeur-interprète français. D'abord interprète, il devient auteur-compositeur à partir de 1907.

En 1904 qu'il est engagé au théâtre de l'Alcazar à Marseille. Séduit par la ville et l'accueil de ses habitants, il décide de s'installer dans le quartier de Château Gombert  au chemin des Paroyes dans une propriété mitoyenne de celle construite par  «Dérouvile » un auteur -compositeur des ses amis . Dès lors, il mène une carrière bien remplie, tant sur les scènes parisiennes que Marseillaises, jusqu'à la déclaration de guerre.



Bien qu'âgé de 38 ans et marié, il est envoyé directement sur le front. En 1915, il est victime d'une attaque massive au gaz moutarde qui le contraint à passer de longues mois en convalescence dans un sanatorium. Il est alors réformé définitivement. Jusqu'à la fin de la guerre, il compose et enregistrera de nombreuses chansons à caractère patriotique.

À la fin de sa carrière, il abandonne la chanson réaliste pour se tourner vers la chanson coquine.

Malgré les difficultés respiratoires consécutives à son gazage, il reprends dès 1919 le chemin des scènes de spectacles et des tournées, tant en province qu'à l'étranger. Mais à partir de 1924, son état pulmonaire s'aggrave et il doit progressivement ralentir ses activités. Il arrête définitivement les séances d'enregistrements qui l'épuise. Alité depuis plusieurs mois à la suite d'un malaise sur scène, il s'éteint à Marseille le 3 mars 1927. Il allait avoir 51 ans.

C'est donc une victime, tardive, de la première guerre mondiale.

 

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Ne jouez pas aux soldats

1er couplet

A mon petit garçon pour le jour de sa fête

J’ai dit : Viens avec moi acheter un joujou

Au bazar tu verras pantins et marionnettes

Un beau chemin de fer, mais l’enfant tout à coup

Répondit : Je voudrais un fusil, un beau casque

Un sabre avec un sac comme en ont les soldats

Alors tout ahuri, par ce désir fantasque

J’ai dit : Non mon petit, non tu n’auras pas ça.

Refrain :

Ne joues pas au soldat mon cher petit bonhomme

Les sabres et les fusils ne sont pas des jouets

Plus tard tu en auras quand tu seras un homme

Je n’veux pas voir ces choses entre tes doigts fluets

Ces joujoux là vois tu, rappellent trop la guerre

Les chagrins et les deuils que l’on voit ici bas

Ils ont trop fait pleurer les cœurs des pauvres mères

Dont les enfants sont morts en jouant aux soldats

2ème couplet

N’as tu pas remarqué lorsque tes camarades

Font la petit guerre, comme ils deviennent méchants

Ne pensant qu’à frapper, ils rêvent d’embuscades

Leur grand sabre de bois les rend presque arrogants

Pour ceux là rien n’existe, ils en font à leur guise

Les grammaires, les calculs ne les intéressent pas

Quand vient le mardi gras, les parents les déguisent

En zouave, en cuirassiers, des galons pleins les bras

Refrain

3ème couplet

Faut il que les parents n’aient rien dans les méninges

Les soirs de carnaval pour déguiser encor

Leurs enfants en poilus comme des petits singes

Qui seraient habillés dans la veste d’un mort

La capote horizon est le dernier emblème

Le linceul dans lequel nos fils dorment là-bas

Au moins respectez les, les soirs de mi-carême

En ne déguisez pas vos enfants en soldats

4ème couplet

Pense à nos grands savants, ces héros anonymes

Passant leur existence à sauver des humains

Ceux qui se sacrifient dans un rêve sublime

Pour adoucir la vie de leurs contemporains

Curie, Péan, Pasteur tous ces rois de la science

Ont autant de mérite que nos plus grands guerriers

Ils ont chassé la mort qui rôdait sur l’enfance

Ils ne pensent qu’à guérir et non pas à tuer

Refrain

Il faut que les enfants dans leur jeunesse apprenne

A chérir leur pays, à défendr’ leur honneur

Mais n’leur inculquez pas des sentiments de haine

La guerre et les combats devraient leur faire horreur

Au nom de nos héros, morts en pleine jeunesse

Pour que ce drame affreux ne recommence pas

Et pour que la bonté sur ce monde renaisse

Il ne faut plus jamais s’amuser aux soldats

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Ce sera un des thèmes que nous afficherons lors de notre participation à l'opération

WEEK-END WALLONIE BIENVENUE

à AWANS, les 21 et 22 octobre prochains !

La FNC AWANS-BIERSET vous accueillera à l'église d'AWANS ( dans la petite salle située à droite dès l'entrée ). 

28/08/2017

La mémoire se transmet, l'espoir se donne.

" La Mémoire se transmet, l'espoir se donne ".

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Pourquoi avoir choisi ce slogan. Ce n'est pas une invention de notre part mais une trouvaille sur internet. Ce slogan semble largement utilisé par nos équivalents français et est surtout utilisé pour qualifier les travaux collectifs d'écoles ou pour qualifier les manifestations patriotiques, les rassemblements autour des Monuments aux Morts.

 

Nous l'avons donc repris car il illustre bien ce qui doit être le travail des associations patriotiques et plus particulièrement la nôtre.

 

L'Armistice de la première guerre fut signé dans la clairière de RETHONDES dans un wagon de chemin de fer et concrétisée plus tard, en 1919, à VERSAILLES. Elle fit près de 10 millions de morts et plus de 31 millions de blessés.

La capitulation allemande lors de la seconde guerre mondiale se déroula en deux temps. Le texte connut deux version: la première fut signée à REIMS le 7 mai 1945 et la seconde à BERLIN le 8 mai. La capitulation du JAPON, le 2 septembre 1945 mit réellement fin à la seconde guerre. Ce fut le conflit le plus meurtrier de l'Histoire avec plus de 60 millions de morts soit 2,5 % de la population mondiale. Mais, globalement, les historiens évaluent de 50 millions de morts, pour le chiffre minimal, à 85 millions, pour le chiffre maximal. Ces chiffres ne prennent pas en considérations les morts de carences, privations, de suites de blessures, ou autres maladies consécutives au conflit, après mai 1945, en Europe, et septembre 1945, en Asie.

Nos petits malheurs quotidien doivent parfois faire référence à ces périodes tragiques pour nous faire relativiser. Transmettre pour l'avenir les valeurs de solidarité et de mémoire aux jeunes générations, telle est l'œuvre de notre association.

Transmettre, c'est une ardente obligation. Il est de notre responsabilité de garder la force de la mémoire dont nous sommes héritiers et qui est d'abord un projet d'humanité. Rappelons-nous les mots de Simone WEIL:  

La collectivité a ses racines dans le passé. Elle constitue l'unique organe de conservation pour les trésors spirituels amassés par les morts, l'unique organe de transmission par l'intermédiaire duquel les morts puissent parler aux vivants. Et l'unique chose terrestre qui ait un lien direct avec la destinée éternelle de l'homme, c'est le rayonnement de ceux qui ont su prendre une conscience complète de cette destinée, transmis de génération en génération."

Mais quelle mode de transmission voulons-nous ? Celle du passage du témoin des courses-relais. Les modes passent mais la mémoire et le souvenir restent. C'est important dans une société qui évolue vite, dans une société qui a accès à une source d'information inépuisable. Dans une société qui, depuis 50 ans, donne le primat au présent et valorise le nouveau pour le nouveau.

On parle souvent de perte de valeurs et de repères pour la nouvelle génération. A cette nouvelle génération de montrer qu'elle est certes tournée vers l'avenir mais qu'elle sait embarquer avec elle l'héritage du passé historique et culturel.

Citons ici les paroles de trois penseurs. ALAIN qui dit:

« Je crois que la mémoire n'est pas la condition du travail mais en est bien plutôt l'effet. ».

BALZAC pour qui

« L'espoir est une mémoire qui désire. »

Et COMTE-SPONVILLE qui écrit:

« La mémoire est la conscience présente du passé, que ce soit en puissance (comme faculté) ou en acte (comme mémoration ou remémoration). »

L'expression " Devoir de Mémoire " évoque un rituel à exécuter, une quasi-obligation de commémorer. Ce " devoir " peut paraître ringard mais il est indispensable. C'est lui qui nous permet d'interroger notre relation au passé pour comprendre le présent et inventer l'avenir. C'est pourquoi beaucoup lui préfèrent le terme de «travail de mémoire» qui confère une sorte de responsabilité et qui conjugue à la fois l’évocation de certains faits du passé avec l’indispensable éducation citoyenne

Parler ne suffit pas, que ce soit au niveau collectif ou individuel. Il faut continuer de s'interroger sur le sens d'un génocide. Il faut se demander par exemple ce qui fait qu'un peuple aussi civilisé que le peuple allemand ait, à un moment, pu faire sauter tous les verrous de l'humanité. Non pas pour stigmatiser le peuple allemand mais pour faire réfléchir: ce qui a pu faire sauter ces verrous dans un peuple aussi civilisé pourrait-il aussi se reproduire ailleurs ? Cela implique un effort d'introspection.

Dans ce contexte, il convient de rappeler que l’on n’est rien sans histoire, sans patrimoine culturel, et que la mémoire nous permet de ne pas répéter des erreurs historiques commises. 

 

Mais il y a pire que l'oubli: l'ignorance, le refus de voir et de savoir. Il est certes malsain de vivre dans le passé, mais il est indispensable d'apprendre à vivre avec lui. On peut dire que " le passé n'est pas toujours passé ". Le passé est toujours là et il est parfois têtu. L'histoire bégaie parfois. Aussi longtemps qu'aucun «travail» sur le passé n'est effectué, le présent peut toujours être empoisonné par des résurgences nuisibles. Laisser l’oubli s’installer, c’est trahir la volonté de ceux qui ont lutté et résisté. Ne rien transmettre, c'est abandonner et, pire, c'est transmettre cet abandon !

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19:28 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

07/08/2017

MOISSAC: histoire d'une ville française en 40-45.

MOISSAC: La Seconde Guerre mondiale et le refuge des enfants juifs.

 

MOISSAC: VILLE HEROÏNE OUBLIEE.

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, MOISSAC, une petite ville à 30 km de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, fut un refuge pour l'importante communauté des Eclaireurs Israélites de France (EIF).

 

Ceux-ci furent hébergés au Moulin de MOISSAC. Quant aux plus jeunes, ce fut à la Maison des Enfants de MOISSAC, sise 18, Quai du Port. Les uns comme les autres y restèrent durant tout le conflit grâce à la bienveillance des autorités municipales et de la population. En tout cas sans problème jusqu'en 1942.

 

En novembre 1942, l'occupation de la zone Sud aggrava la situation qui devint beaucoup plus périlleuse. Le préfet, François MARTIN, s'est montré peu obéissant aux ordres de VICHY. Il  a répugné à appliquer rigoureusement la répression antisémite. Le 3 octobre 1940, le Conseil des ministres de Vichy avait arrêté le "Statut des juifs". Les préfets de zone sud avaient la possibilité d'assigner à résidence ou d'interner les "ressortissants étrangers de race juive".

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En 1943, cependant, les rafles se multiplièrent. Les jeunes réfugiés, grâce à des fuites administratives bienveillantes, ont déjà échappé à plusieurs d'entre elles Il serait désormais suicidaire de ne pas disperser les enfants. Fin novembre, la maison est « dissoute ». Il fallut donc prendre d'autres initiatives: les enfants juifs furent dispersés dans des familles d'accueil jusqu'à la Libération le 19 août 1944 . Une des responsables de ces refuges porte un nom aujourd'hui célèbre, Herta Cohn-Bendit, la mère de Daniel, né en 1945 à MONTAUBAN.

 

Ainsi, entre 1939 et 1943, environ 500 jeunes juifs sont passés par MOISSAC. Ils y trouvèrent refuge, nourriture, instruction et bienveillance. Mais ils purent aussi vivre leur religion au grand jour, sous la protection de la population. A MOISSAC, ils n'eurent même pas à taire leur identité. Dans la ville, ils n'avaient pas à cacher leur judaïsme. Shabbat, bar-mitsva, fêtes juives..., tout y était célébré au grand jour.En pleine journée, en pleine rue, ils  chantaient:

« Lève la tête, peuple d'Israël /

Et que ton chant de fête /

Monte jusqu'au ciel... »

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Cette grandeur d'âme collective fut pourtant peu reconnue. En effet, contrairement à CHAMBON-SUR-LIGNON, en Haute-Loire, de DIEULEFIT, dans la Drôme, où des enfants juifs furent aussi sauvés par centaines, MOISSAC n'a pas été honorée de la médaille des " Justes parmi les nations" par le mémorial Yad Vashem. Une aberration et une injustice. On semble avoir oublié le cas de MOISSAC.

 

Cependant dix habitants de la ville furent honorés comme "Justes parmi les Nations"Sur les 500 jeunes qui y trouvèrent refuge, aucun ne fut dénoncé, ni déporté. ni non plus ceux qui les ont aidés. Parmi ces enfants, environ un tiers de Français, et deux tiers d'étrangers, dont beaucoup de réfugiés allemands.

 

Mais on ne sauva pas que des enfants: 7 familles trouvèrent asile à MOISSAC. Les familles Braunstein, Dembak, Glazman, Mangel, Rajchman, Ribowski et Schmauss, certains de nationalité allemande. La dernière famille citée se maria à MOISSAC.

 

MOISSAC DANS SON ENVIRONNEMENT EN 40-45

 

Le département de Tarn-et- Garonne se distingua aussi dans le sauvetage des juifs. Voici la liste des lieux de sauvetage du département:

 

 82140 Saint-Antonin-Noble-Val 
Auberge de jeunesse 82000 Montauban 
Couvent d'Auvillar 82340 Auvillar 
Couvent de Grisolles 82170 Grisolles 
Domaine de Charry 82200 Boudou 
La Bastiolle 82000 Montauban 
Maison de Moissac 82200 Moissac 
Moulin de Moissac 82200 Moissac 
Soeurs bénédictines de Mas-Grenier 82600 Mas-Grenier

 

Malgré cela, le 26 août 1942, lors de la rafle des Juifs étrangers en zone non occupée par les forces de police et de gendarmerie française, 173 personnes furent arrêtées en Tarn-et-Garonne. Mgr Pierre-Marie Théas, évêque de Montauban, rédigea une lettre de protestation sur le respect de la personne humaine. Il en demanda la lecture lors des messes du 30 août. En voici un extrait:

"... Dans nos régions, on assiste à un spectacle navrant : des familles sont disloquées ; des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau, et envoyés vers une destination inconnue, avec la perspective des plus graves dangers". Il critiqua les mesures antisémites qui "sont un mépris de la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés de la personne et de la famille".


D'après les Archives départementales, près de 453 hommes, femmes et enfants ont été arrêtés durant la guerre dans le département dont 172 déportés pour motif racial.


MOISSAC SERAIT-ELLE UNE VILLE OUBLIEUSE ?

En septembre 2015,le maire a été interrogé quant à l'accueil dans la ville de réfugiés syriens.

Voici sa déclaration: "il faut sortir de l'émotion, nous ne sommes pas en mesure d'accueillir des familles dans des conditions décentes avec tout le suivi que cela impose".

Cette décision a choqué un certains nombre d'habitants. Une décision qui se heurte à l'histoire de la commune pourtant si généreuse et accueillante lors de la Seconde Guerre mondiale.

19:32 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg