19/02/2016

" Morts pour la France", une spécificité française.

 

" Morts pour la Patrie" en Belgique- " Morts pour la France " en France.



Chez nous, les victimes, d'abord de la guerre de 14-18, ensuite ceux de 40-45, sont repris sur les Monuments aux Morts sous le titre de "Morts pour la Patrie". Lors des cérémonies, lorsqu'on cite les noms, le public dit, soit après chaque nom " Mort pour la Patrie", soit on dit, à la fin de la liste "Tous morts pour la Patrie".

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En France, on entend les mots " Morts pour la France ". Bien que on trouve dans certains textes ou dans certain discours aussi " mort pour la Patrie". Mais c'est plus rare.

 

On s'est déjà posé beaucoup de questions à ce sujet. Pourquoi ne dit-on pas " Morts pour la Belgique " au lieu de " Mort pour la Patrie " ?

 

Parce que c'est une spécificité française qui n'a pas son équivalent chez nous. L'attribution de la mention « mort pour la France » est une opération relative à l'état civil, qui a été instituée pendant la Première Guerre mondiale par la loi du 2 juillet 1915 et modifiée par la loi du 22 février 1922 ( articles L. 488 à L. 492 bis1 du Code des Pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre.

 

De toutes les guerres  de l’histoire de France,la guerre de 14-18 est le seul conflit à concerner autant de Français. Chaque famille a compté au moins un poilu lors de la Grande Guerre qui a mobilisé plus de 8 millions d’hommes. Un million trois cent mille d’entre eux ne rentreront pas chez eux.

 

La mention "Mort pour la France" est attribuée dès que la preuve est rapportée que le décès est imputable à un fait de guerre, que ce décès soit survenu pendant le conflit ou ultérieurement.

 

Lorsque la mention "Mort pour la France" a été refusée à l'époque du décès, il n'est pas procédé au réexamen du dossier, compte tenu de la destruction fréquente des documents administratifs ou médicaux justifiant ces décisions qui, en tout état de cause, sont entérinées depuis des décennies.

Les enfants mineurs des "Morts pour la France" ont vocation à être " adoptés par la Nation ". Ce sont les " pupilles de la Nation". Il y a aussi le droit pour les veuves de toucher une pension

 

Cette mention confère aux victimes une reconnaissance et un statut individuel dont elles ne disposaient pas jusque-là (droit à la sépulture individuelle et perpétuelle dans un cimetière militaire aux frais de l'État par la loi du 29 décembre 1915, création d'associations de veuves et d'orphelins, pension de veuve de guerre).

 

Plus de 1 300 000 militaires décédés au cours de la Grande Guerre et ayant obtenu la mention " Mort pour la France " figurent sur une base de données. Celle-ci a été constituée par la numérisation et l'indexation des fiches élaborées au lendemain de la Première Guerre mondiale par l'administration des anciens combattants et aujourd'hui conservées par la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du Ministère de la Défense.

 

Le contenu de la base est constitué des fiches comportant les informations suivantes: nom; prénoms; dates de naissances et de décès; lieux de naissance et de décès; grade; corps; recrutement; matricules au corps et au recrutement; date et lieu de transcription de l'acte de décès ; circonstances du décès.

 

Enfin la mention offre aux descendants et ascendants la possibilité de bénéficier de mutuelles comprenant, en outre, des mesures fiscales avantageuses. Une seule condition : «La preuve doit être rapportée que la cause du décès est la conséquence directe d’un fait de guerre», rapporte la loi.

 

Notons aussi qu'en France, il y a un " Ministre des Anciens Combattants ".

 

Par la loi du 25 octobre 1919, « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre », l'Etat a lancé le projet d'un Livre d'or comprenant les noms de tous les héros jusqu'alors anonymes, qui serait déposé au Panthéon.

Le ministère des Pensions fut chargé d'établir, à partir du fichier existant, la liste des Morts pour la France de chaque commune.

Les Archives nationales conservent pour chaque commune française, la liste des soldats Morts pour la France, classée par ordre alphabétique des localités de chaque département.

 

En 1935, la présentation matérielle du futur Livre d'or est fixée: 120 volumes devaient être imprimés en plusieurs exemplaires, dont un serait déposé au Panthéon. Hélas, c'est resté lettre morte: les contraintes budgétaires, puis le début de la Seconde Guerre mondiale, mirent fin au projet, ne laissant subsister la documentation préparatoire.

 

Une mesure spéciale fut aussi prise relative aux écrivains, la durée de protection des œuvres des auteurs morts pour la patrie a été augmentée de 30 ans. Les premiers auteurs morts pour la France (ceux de l'année 1914) sont donc entrés dans le domaine public le 1er octobre 2009.

 

 

 

15/02/2016

Le drapeau: ce qu'il signifie et le pavoisement des édifices publics.p

 

Le pavoisements des édifices publics.

Le 17 février prochain, les bâtiments publics seront pavoisés.

Précédemment, on commémorait l'anniversaire de la mort du Roi ALBERT.

Actuellement, on lui associe " tous les membres défunts de la famille Royale ".

Mais, dans le public...et pour la plupart des participants aux diverses cérémonies, cela reste "pour le Roi ALBERT"

S'il est peu utile de rappeler que c'est surtout son rôle durant la première guerre mondiale qui lui valut une popularité tant nationale qu'au-delà des frontières, il convient malgré tout de souligner brièvement quelques faits
- Face à l'agression allemande, c'est le Roi personnellement qui fit prévaloir auprès de ses conseillers et de ses ministres une attitude de fermeté totale face à l'envahisseur
- C'est lui aussi qui décida d'installer son Quartier général à La Panne et non bien à l'abri, loin de la ligne de front.
- C'est toujours lui qui préconisa l'engagement sans réserve dans la guerre des forces armées du Congo belge qui remportèrent en Afrique de retentissantes victoires.
- Il sut enfin défendre avec vigueur, face aux grands alliés, les intérêts de son petit état.

 

Le 17 février, le drapeau belge doit être arboré aux édifices publics.

Mais ce n'est pas la seule date. Il dit l'être aux dates officielles.

Il peut l'être aussi lors d'importantes cérémonies, lorsque les usages locaux le demandent, ou encore lors de la visite officielle d'un chef d'Etat étranger. Les Régions et les Communautés, en plus du drapeau tricolore, hissent leur propre drapeau le jour de leur fête.

Dates officielles :

  • 20 janvier : Anniversaire de la Reine Mathilde (née en 1973)
  • 17 février : Commémoration de tous les membres défunts de la famille royale
  • 7 avril : Hommage aux militaires belges décédés lors de missions de paix
  • 15 avril : Anniversaire du Roi Philippe (né en 1960)
  • 1er mai : Fête du Travail
  • 5 mai : Journée du Conseil de l'Europe (crée en 1949)
  • 8 mai : Victoire des Alliés en 1945 et fin du génocide
  • 9 mai : Journée de l'Europe (anniversaire du discours fondateur de l'Union européenne,prononcé par            Robert Schuman en 1950)
  • 6 juin : Anniversaire du Roi Albert II (né en 1934)
  • 11 juin : Anniversaire de la Reine Fabiola (née en 1928)
  • 2 juillet : Anniversaire de mariage du Roi Albert II et de la Reine Paola (en 1959)
  • 21, 22 et 23 juillet : Fête nationale (prestation de serment du Roi Léopold Ier, le 21 juillet 1831)
  • 11 septembre : Anniversaire de la Reine Paola (née en 1937)
  • 24 octobre : Journée des Nations Unies (créées en 1945)
  • 11 novembre : Armistice de 1918
  • 15 novembre : Fête du Roi
  • 4 décembre : Anniversaire de mariage du Roi Philippe et de la Reine Mathilde (en 1999)
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Le 17 février, dans diverses villes, et  notamment, à LIEGE, on assistera à des rassemblements de drapeaux d'associations patriotiques.

Que signifient ces drapeaux ?

Véritable étendard, le drapeau constitue un symbole définissant l’identité d’une association.

Logiquement, les associations patriotiques dont la FNC se le sont approprié. Pour rappeler les sacrifices des hommes au combat. Ils représentent l’image de la patrie: l’idée d’une unité, d’un enjeu commun autour de la liberté nationale et de valeurs communément admises par delà les différences d'opinions.

Ils furent utilisés en premier lieu au lendemain de la Première guerre mondiale.

Par après, hélas, ils ont été adoptés par les nombreuses associations représentant les combattants de la seconde guerre mondiale.

Nombreuses car la seconde guerre, du fait de la défaite de 1940, de l'apparition de mouvements de résistance divers, des prisonniers ( de guerre et politiques ), des volontaires de guerre, des déportés, des réfractaires...La seconde guerre ayant davantage multiforme que la première, elle a produit plus d'associations et, nécessairement, plus de drapeaux.

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13/02/2016

"Y a bon banania": ce qui se cache derrière ce slogan.

CE QUI SE CACHE DERRIERE CE SLOGAN, AUJOURD'HUI PROSCRIT !

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La marque " Banania " a été déposée en 1914 à l’initiative de Pierre-François LARDET qui aurait découvert, en 1912, dans un village au cœur de la forêt du Nicaragua, une boisson préparée par les femmes indiennes à base de farine de banane, de cacao, d qui e céréales et de sucre.

 

La marque " Banania " fut lancée le 31 août 1914. Le tirailleur sénégalais comme emblème a été adopté fin 1915, dans le contexte de la guerre de 14-18. L'expression « Y a bon » fut adjointe en 1917. Lardet profita du contexte de la guerre pour populariser son produit. Il ne fut d'ailleurs pas le seul à le faire dans le cadre de l'élan de solidarité nationale et à en tirer profit. On peut citer le camembert et la marque Riqlès.

 

 

" Y a bon " était le surnom attribué aux tirailleurs sénégalais lors de la campagne du Maroc en 1908, et que la presse française avait depuis popularisé. Le terme « tirailleur » désignait un « combattant doté d’une certaine liberté de manoeuvre et qui tire en dehors du rang ». Il s’appliquait aussi bien aux soldats servant comme fantassins, cavaliers ou artilleurs qu’aux auxiliaires, conducteurs et infirmiers. Au début, on les qualifiait en raison de leur région d’origine… L’appellation « tirailleurs coloniaux » fut utilisée un temps avant que l’expression « tirailleurs sénégalais » s’impose à tous, le Sénégal étant le premier pays à avoir fourni des soldats.

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Pas loin de de 500000 tirailleurs (210000 pour l’Afrique subsaharienne et 272 000 pour le Maghreb) vinrent se battre pour sauver le territoire métropolitain. De nombreux Africains sont morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. On a évoqué le chiffre de 72000 combattants de l’ex-Empire français morts entre 1914 et 1918, « fantassins marocains, tirailleurs sénégalais tunisiens, algériens, soldats de Madagascar, d’Océanie, d’Indochine (Cochinchine, tirailleurs anamites).. Marsouins d’infanterie de marine ». Ce sont, en tout cas, les paroles de Jacques CHIRAC.

 

Au départ, il y eut, semble-t-il, un désir de participer à cette guerre. Pour une partie de la population, participer à la guerre était une manière d’accéder à une égalité avec les Blancs et les métis.

 

C'est sans doute vrai, mais il y eut aussi des révoltes. La première, d'une certaine importance, eut lieu chez les Bambaras du Mali, près de Bamako. Elle a duré environ 6 mois, du printemps 1915 à novembre 1915, annonçant d’autres révoltes plus tenaces. Certaines furent très durement réprimées en juin 1916 par la France qui a fait tirer son artillerie sur une dizaine de villages fortifiés, tuant plusieurs milliers de civils, dont femmes et enfants qui ont refusé de se rendre.

 

Depuis les années 1970, le slogan " Y a bon " a été critiqué de plus en plus comme porteur des stéréotypes racistes. On ne voulait y voir que la caricature du  " Noir ": éternel sourire niais, hilare, gros nez rouge, affublé d’une chéchia rouge, d'une veste, d'un gilet en drap bleu et d'un pantalon en cotonnade blanc, demeuré grand enfant et incapable de s'exprimer correctement en français.

 

Dans l'imaginaire occidental de l'époque, l'homme Noir est un sauvage que l'occidental, l'européen, a "élevé" au rang de colonisé.

 

Déjà en 1948, Léopold Sedar Senghor écrivait: « Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux. Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement. Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur. Mais je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France. »

 

 

12/02/2016

La peine de mort en Belgique, appliquée pour la dernière fois aux inciviques.

La peine de Mort chez nous et dans le monde.

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La peine de mort a été unanimement répudiée par les États européens et le CANADA ainsi que de nombreux États latino-américains et plusieurs États d'Afrique subsaharienne et d'Océanie. La Russie ou encore l'Algérie ont instauré un moratoire sur son application...

Au total, en 2009, 140 des 192 membres de l'ONU avaient aboli ou suspendu la peine de mort. Mais ces pays ne rassemblent que 40% de la population mondiale.

L'essentiel de l'Asie et les pays les plus peuplés du monde (Chine, Inde, Indonésie, États-Unis, Pakistan, Japon, Bangladesh etc) continuent d'appliquer la peine de mort sans guère d'état d'âme.

Chez nous, la loi du 10 juillet 1996 abolit la peine de mort du Code pénal. En 2005, fut inséré dans la Constitution l'article 14bis l'abolissant définitivement. La Belgique a également ratifié les 6e et 13e protocoles additionnels de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme  interdisant la peine de mort aux États signataires.

Depuis longtemps, les condamnés à la peine de mort bénéficiaient automatiquement d'une grâce royale qui la transformait en détention à perpétuité...sauf pour les condamnations prononcées dans les colonies et visant des indigènes ! Comportement honteux dont on n'a jamais beaucoup parlé.

 

Il y eut des exceptions durant la guerre de 14-18, mais il s'agissait des Tribunaux militaires. Après la première guerre, il y eut quelques condamnés pour intelligence avec l'ennemi mais qui furent grâciés.

 

Après la seconde guerre, on se montra beaucoup plus sévère, la volonté étant de punir ceux qui avaient activement collaboré avec l'occupant. Sur les 1202 personnes condamnées à la peine capitale, 242 furent exécutées ( 106 en Flandre, 122 en Wallonie, 14 à Bruxelles ) entre la Libération et la dernière, en 1950,qui fut l'exécution de Philipp SCHMITT, le commandant du Fort de BREENDONK et de la Caserne DOSSIN.

PHILIPP SCHMITT, SS, dernier fusillé.

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Certains farfelus, ou agitateurs d'extrême-droite, émettent le souhait que la peine de mort soit rétablie en Belgique, précisant, benoîtement, " pour certains crimes ".

C'est quasi impossible.

Il faudrait d'abord l'inscrire dans une révision de la Constitution. Ce qui signifie qu'un gouvernement devrait, à la fin de la législature, inscrire l'article concerné dans la liste des articles sujets à révision...et faire voter cette liste.

Ce serait à la législature suivante à modifier l'article et à le voter à une majorité des 2/3 !

Il faudrait alors réécrire toute l'échelle des peines du Code Pénal puisque la peine suprême serait modifiée.

Il faudrait aussi dénoncer toutes les conventions internationales que le pays a signées...ce qui provoquerait bien des dommages à notre égard. 

Chaque fois que l'on entend prononcer ce voeu de rétablissement, plutôt que de discuter vainement, il faut prendre le hurluberlu au mot et lui proposer de remonter encore plus loin dans le temps, à l'époque où les exécutions avaient lieu dans les villages  sur la place publique et de lui demander s'il accepterait d'être le bourreau ! 

 

 

08/02/2016

AWANS, le 02 mars 2016: " La Grande Guerre dans la Région d'AWANS"

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1914 - 1918

" La Grande Guerre dans la Région d'AWANS"

Les Membres du Foyer Culturel d'AWANS et son Président

Dominique LUGOWSKI

vous convient, le mercredi 02 mars à 20H00

au Foyer Culturel

à un exposé donné par Jean-Pierre LENSEN sur le sujet:

" Que s'est-il passé en 1914 dans notre région ?

La Province de LIEGE est la première à rencontrer le feu de l'ennemi.

La vie quotidienne sera aussi évoquée, jusqu'à l'après-guerre et la reconstruction."

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P.A.F. 5 Euros.

Inscriptions obligatoires avant le 26 février

04/257.46.03

 

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07/02/2016

Exposition à LIEGE: Les Roumains dans la 1° guerre.

La Roumanie dans la Première Guerre.

 

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La commémoration de la première guerre mondiale n’a jamais passionné les Roumains. Ceux-ci se sont toujours concentrés sur la date du 1er décembre.

Journée de fête nationale, le 1er décembre, est tellement ancré dans la mémoire collective qu’il occulte tous les autres souvenirs de la guerre de 1914-1918. Le 1° décembre 1918, c'est la date de la réunion de la Transylvanie à la Roumanie, votée par une assemblée de « patriotes roumains » réunis à Alba-Iulia. Le même jour, le général français Berthelot fait son entrée à Bucarest.

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C’est ce jour-là qu’est né ce pays composé de trois régions historiques: la Valachie au sud, auparavant vassalisée par l’Empire ottoman; la Moldavie à l’est, jadis sous influence de l’Empire russe; et la Transylvanie, au centre et à l’ouest qui était sous le contrôle de l’Empire austro-hongrois.

 

En 1914, les Roumains souhaitaient recevoir en retour la partie orientale de la Moldavie annexée par la Russie depuis 1812 et avaient des vues sur la Transylvanie dépendant de l'Empire austro-hongrois. Situation politique et diplomatique difficile puisque les territoires contestés étaient sous la dépendance des deux camps adverses. Vers quel camps pencher ? Chacune des deux options avaient ses partisans. Mais le capital de sympathie dont bénéficient les Alliés dans la population et dans la classes politique roumaine est grande.

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Dès le début de la guerre, l’Entente et les puissances centrales rivalisèrent pour se gagner la Roumanie, et la Transylvanie devint subitement un enjeu de la politique internationale.

 

Sans doute devant ce dilemme, dès la fin du mois de juillet 1914, la neutralité roumaine est annoncée par l'ambassadeur austro-hongrois. Puis officiellement proclamée, dès le 4 août 1914, jour fatidique. La sagesse politique dictait de garder sa force militaire intacte aussi longtemps que possible.

 

Cependant, à l'abri de cette neutralité, le gouvernement prépare, dans un contexte de dégradation des relations avec l'Autriche-HONGRIE l'entrée en guerre du pays aux côtés des puissances alliées, dès que les circonstances le permettront.

 

Observant l'évolution du conflit en 1914 et 1915, les dirigeants politiques roumains, tout en menant une politique attentiste, sont convaincus de la nécessité qu'il faudra entrer un jour ou l'autre dans le conflit pour « délivrer leurs frères subissant la tyrannie austro-hongroise ». Les mêmes responsables politiques utilisent cet attentisme comme moyen pour faire monter les enchères entre les deux blocs ennemis, tout en préparant le pays et son armée à intervenir dans le conflit.

 

Malgré son origine allemande, le roi de Roumanie de l’époque, Ferdinand Ier de Hohenzollern-Sigmaringen, avait choisi de rejoindre le camp des ennemis de l’Allemagne, ce qui lui avait valu d'être exclu de la maison royale des Hohenzollern. Le roi avait donc choisi de servir les intérêts du pays sur lequel il régnait plutôt que ceux de son pays d’origine. Pour rappel, à cette époque, les rois s'interpellaient sous le titre de "cousins".

La Roumanie déclare la guerre aux Empires centraux le 27 août 1916 et entame une offensive contre l'Autriche-Hongrie dans les Carpates.

Après quelques succès, les événements ne se déroulent pas favorablement pour la Roumanie. La défaite de Tutrakan menace directement la capitale BUCAREST. Le général en chef  doit réaffecter au sud des troupes depuis le front de Transylvanie, de sorte que le 15 septembre l'avance roumaine y est stoppée. Une nouvelle offensive repoussa en valachie les troupes roumaines et russes. Le 6 décembre, la capitale roumaine tombe.

Le front finit par se stabiliser à Mărășești où les 400 000 Roumains et les 100 000 Russes stoppent l'avance allemande, austro-hongroise et bulgare. Le gouvernement roumain se réfugie en Moldavie où les Alliés envoient du matériel. La France décida d’envoyer, dans la partie restée libre, une mission d’assistance militaire commandée par le Général Berthelot, qui a eu pour mission d’aider à la réorganisation et à la formation de l’armée roumaine. Cette assistance s’est accompagnée de livraisons d’armes et de munitions de nature à donner à cette armée rénovée les moyens d’affronter ses adversaires.

 

Un nouveau coup dur pour la Roumanie, se produisit à la suite de la révolution russe à l'automne 1917. Les soldats russes ne reçoivent plus de ravitaillement. Ils se débandent et se mettent à piller la Roumanie et à tuer quiconque s'y oppose.

 

Un armistice entre l’Allemagne et la Roumanie doit être conclu le 9 décembre 1917. Armistice refusé par le roi Ferdinand I°.

 

Fin 1918, la situation a alors beaucoup changé: l'avancée des troupes alliées en Serbie et sur le front occidental permet à la Roumanie  de reprendre le combat. La Roumanie reprend la guerre le 31 octobre 1918. Ce pays a la particularité d'entrer par deux fois en guerre

 

Mais, contrairement à ce qui s'est passé chez nous, la guerre en Roumanie ne cesse pas le 11 novembre 1918. En effet, les Armées alliées basées en Roumanie poursuivent la guerreaux côtés des Armées Russes blanches contre le gouvernement communiste de Russie et contre le régime des Conseils ouvriers de la République des Conseils de Hongrie. Ce fut la guerre hongro-roumaine de 1919. Les troupes roumaines engagent la lutte contre les armées hongroises et s’emparent de Budapest pour y mettre fin au régime communiste de Bela Kun. Elles agissent avec les encouragements des Alliés qui voient dans la Roumanie un élément du « cordon sanitaire » nécessaire pour contenir la poussée bolchevique en Europe.

De plus, les dirigeants roumains doivent faire face à des mutineries qui débutent le 16 avril.Les derniers militaires du Front roumain ne furent rapatriés qu'en 1920 et les derniers soldats roumains ne furent démobilisés qu'en 1921.

La Roumanie était entrée en guerre sur un coup de poker, mais cela lui coûta cher:- 250 000 morts et disparus, 430 000 Pertes civiles (Population - en millions: 7,5)

 

Finalement, la Roumanie obtint en échange de sa participation à la Première Guerre mondiale et aux campagnes anti-bolcheviques des Alliés, le rattachement de divers territoires majoritairement peuplés de roumanophones, pris tant à l'Autriche-Hongrie (BanatBucovineTransylvanieMarmatie) qu'à l'Empire russe (reconnaissance de l'union entre la République démocratique moldave deBessarabie et la Roumanie). La Roumanie triple alors sa superficie, mais sort de la guerre exsangue. Mais, histoire continuellement recommencée, le nord de la Bucovine,se trouve aujourd’hui en Ukraine

 

 

 

04/02/2016

Funérailles d'Albert I°. Hommage d'Arthur MASSON.

L’Adieu des petites gens.

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Arthur MASSON composa de nombreux poèmes. L’un deux à la gloire du Roi ALBERT parut sous le titre "L’Adieu des petites gens". Il connut un grand succès. Il a obtenu le prix ALBERT 1er.

 

Arthur MASSON y évoque le défilé des Anciens Combattants de la Grande Guerre devant la dépouille du Roi.

 

Ces vers furent composés en février 1934, mais seulement publiés en 1935. À cette occasion, il a obtenu le prix "Raoul Follereau" à Paris.

 

"L’Adieu des Petites Gens"

 

Au Roi Albert

Les poèmes laurés des bardes d’époque

Vont clamer jusqu’au ciel, où Dieu les entendra,

Les féales vertus de votre claire épée.

... Et la Légende d’or sur l’azur étendra

Le déploiement sans fin de ce geste indicible

Qui, vous transfigurant, avec vos bras en croix 

Et votre regard de victimes inflexible,

Campa sur l’Univers c’était vous, notre Roi !

Un paladin surgit de l’ombre du Calvaire. 

Vous serez à la fois, au fronton souverain

Où se gravent les noms que le monde révère,

Dans l’âme du granit éternel airain,

Un Roland moins altier, un Saint-Georges plus proche,

Un Bayard qui trembla de l’émouvante peur.

De n’être pas assez soldat sans reproche.

Vous serez tout cela, vous serez le Vengeur,

Celui qu’on aura vu, dans la plaine flamande,

S’obstiner à dresser sur un sol torturé,

À l’Honneur que sauva la grandeur de l’offrande, 

Le socle d’un serment douloureux, mais sacré.

... Votre peuple le sait ! La terre patriale,

De nous avoir donné ce grand mort adoré,

Nous le trouverons splendide et hautement royal,

L’aire s’en élargit de l’unique destin

D’avoir créé le cœur de ce roi magnifique,

Et d’être le creuset ou le charme latin

Allia son or souple au ferme acier nordique. 

Sire, nous vous aimons, car vous avez été

De ceux qui font l’histoire avec de la clarté.

... Pourtant, pardonnez-nous, elle est tellement belle

L’histoire où votre nom sur les autres excelle,

Que nous, les tout-petits, vos simples paysans,

Nous tous, les ouvriers, vos humbles artisans,

Tous ceux que vous saviez, d’un sourire timide,

D’un touchant geste gauche ou d’un mot qui déride,

Rapprocher gentiment de votre Majesté,

Nous trouvons à notre cœur comme un rythme attristé,

Quand notre oeil ébloui, qui n’a pas l’habitude,

Vous cherchez au fond d’un ciel d’une telle altitude ! 

Non, Sire, ce n’est pas le heaume couronné

Des lauriers triomphants de la haute victoire,

Ni le glaive vermeil, de splendeur fleuronnée ;

Ce n’est pas le soldat érigé dans la gloire

Que nous aimons le plus, nous autres les petits !

... C’est à l’homme livide, au cadavre raidi,

avec son front brisé, ses pansements de neige,

ses lilas expirants sur la tunique beige,

C’est au maître défunt de la grande maison

Que vont nos durs sanglots avec notre oraison !

Notre Roi, de vous voir ainsi, plus simple encore,

Dans le digne linceul du drapeau tricolore,

Surtout, Sire, de vous voir, en vos mains de croisé,

Le Crucifix d’ivoire imprimé son baiser

Au cœur qui le servit de façon souveraine,

La Belgique, pour vous, se sent un cœur de reine !

Vous les avez tous vus, les muets pèlerins ;

Ils avaient le regard des enfants orphelins.

Ils étaient recueillis comme on l’est à l’église.

La brume fraternelle, à leur légion grise,

Apportait sa navrance et sa solennité,

Et les hommes s’aimaient dans leur identité. 

Vous les avez revus, les anciens de Boncelle,

Avec ceux de Namur, d’Anvers, de Ramscapelle !

Dans la nuit lacrymale où se noyaient leurs rangs,

Ils se ressemblaient tous, quoique tous différents,

Dans le poignant aspect des vieilles cicatrices...

Silencieusement, leurs masses rédemptrices

Montaient vers le palais où reposait leur chef.

Ils s’en allaient vous dire, dans un adieu très bref, 

Qu’ils marchaient encore avec leur chair meurtrie,

Leurs moignons douloureux et leurs crochets de fer !

Vous les avez revus, vos hommes de l’Yser...

... Mais ceux dont les yeux morts sont figés vers les cimes,

Les avez-vous bien vus, vos aveugles sublimes ?

Leur front était le vôtre ! Ils étaient droits et beaux.

Et des larmes brillaient dans ces yeux de tombeaux.

Ces larmes de martyrs avaient tant de lumière,

Elles mettaient au fond des tragiques paupières

Une onde si lustrale, un diamant si pur,

Que Dieu lui-même ému par ces sevrés d’azur

Irradiant l’abîme où vague leur souffrance,

Fit rayonner l’Image en leur désespérance !

Qu’avez-vous donc été, vous, le Roi des petits,

Pour que tant de nous-mêmes avec vous soient partis ?

Dites, qu’aviez-vous fait à ce peuple placide

Qui ne s’émeut pas vite et froidement décide,

Pour qu’un divin frisson vînt étonner sa chair,

Et qu’à la grande tombe, il fit, géant et clair,

Le pavois d’un amour inconnu de lui-même ?

Répondez-nous, ô vous, vous, le Roi que l’on aime ! 

Je vous avais compris.

À chacun, je rendais tout ce que j’avais pris

Au pays ancestral.

J’en avais pris la foi, la noble patience,

Et le même métal

Faisait un tréfonds fier à notre conscience.

Des échos identiques

Trouvaient leur résonance en nos cœurs ataviques.

J’étais chacun de vous....

J’étais, plus grandement, le mineur des corons,

Qui travaille à genoux ;

J’avais la calme ardeur du sobre bûcheron

Des forêts ardennaises.

Amoureux de mon sol fait de rocs et de glaises,

J’aimais du même cœur, pour les unir en moi,

Mes enfants du Polder et ceux des Amerois,

Le Carrier obstiné des collines mosanes,

Et le doux laboureur des Flandres paysannes.

Je fus royalement un homme de Belgique. 

Si je fus héroïque,

C’est que l’honnêteté contient cette vertu.

Lorsque j’eus tout perdu,

Il me restait encore le vermeil diadème,

Le sceptre sans égal et le trône suprême

De la fidélité. 

C’est pourquoi, calme et fier, dans mon éternité,

J’emporte en mon cercueil, pour les offrir à Dieu,

Avec mon Christ d’ivoire et les fleurs de la reine,

Et la paix du Devoir dont ma vie plus pleine,

L’amour de vos adieux.