19/08/2014

HISTOIRE TUMULTUEUSE DE CERTAINS MONUMENTS AUX MORTS ( LEFFE et GENTIOUX )

HISTOIRE MOUVEMENTEE DE MONUMENTS AUX MORTS.

 

Les monuments aux morts n'ont, parfois, pas pu échapper aux luttes menées entre différents courants de pensée après la guerre. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler. Dans une localité, le Monument aux Morts exprime la façon dont la population – ou du moins les instigateurs – ont vécu les événements ou la façon dont ils veulent les interpréter ou les messages qu'ils veulent transmettre.

Nous avons vu aussi que, quelquefois, on semble s'être livré, entre communes voisines, à une sorte de compétition. Là, le Monument aux Morts exprime surtout la prospérité dont jouit à nouveau la commune. Est-ce condamnable moralement ? Pas nécessairement, le Monument peut alors exprimer que la localité a non seulement survécu mais qu'elle a triomphé des plaies laissées par la guerre.

Nous allons aujourd'hui nous pencher sur deux cas - un belge et un français – où l'on aassisté à une véritable lutte idéologique entre courants de pensée.

 

Le cas belge : l'histoire mouvementée du Monument aux morts de LEFFE

( DINANT )

 

Il n'est pas vain de rappeler que, entre le 22 et le 24 août 1914, 674 civils ont été exécutés, et 950 maisons incendiées par les Allemands. Après guerre, la cité mosane, comme d'autres villes martyres, a été dotée de nombreux monuments en souvenir de ces morts de 14-18.

Dans le cas, en particulier de LEFFE, petite localité périphérique de DINANT qui a compté 243 fusillés, on a assisté à une véritable bataille idéologique.

Sur la petite place, face à l’abbaye des Prémontrés, au lieu-dit " A la cliche de Bois ", la société de libres penseurs " L’Étoile " a érigé vers 1920 un édicule orné d'une colonne brisée. Ce dernier a été remplacé en 1930 par le mémorial du " Sacré-Cœur ". Peut-être, après coup, peut-on penser que l'emplacement d'un Monument de la Libre-Pensée en face de l'abbaye n'était peut-être pas très heureux !

commémoration 14-18, monuments aux morts, combattants

La colonne brisée des libres penseurs, privée de sa palme dorée lors de son déplacement, reste visible à quelques pas de là, dans le vallon des Fonds de LEFFE, au lieu-dit " Papeterie ". Sa base est ornée d' un élément décoratif (don de l’hôtelier Adelin HENROREAU ) sculpté de volutes, de fleurs et d’une feuille d’acanthe. La fleur d'acanthe est une manière d'afficher les convictions de ceux qui rejetaient alors la présence sur les Monuments aux Morts de tout signe philosophique ou religieux.

Ce dernier a été remplacé en 1930 par le mémorial du " Sacré-Cœur ". Ce projet défendu a aussi suscité la polémique. Le collège échevinal ne voulait pas accepter la stèle de la Libre-Pensée comme monument officiel. Après avoir avait refusé un projet représentant une pleureuse, il opta pour l'image pieuse du sacré-cœur de JESUS. Bien que sur plusieurs monuments figurent une croix ou d'autres mentions religieuses ( RIP, par exemple ), c'est quasiment un des seuls cas où le Monument aux Morts est résolument catholique. A côté du groupe sculpté représentant un jeune garçon accroché à la jupe de sa mère, l’épigraphe ne comporte que la mention de la date fatidique du 23 août 1914 et la dédicace "A nos martyrs". Certaines familles irritées par la récupération idéologique de l’événement s'étaient opposées à ce que les noms des victimes soient gravés sur les parois du monument.

 

commémoration 14-18, monuments aux morts, combattants

 

C'est ainsi que la stèle des Libre-penseurs fut déplacée et qu'elle perdit, mystérieusement, sa palme.

 Le cas français: Le Monument aux Morts de GENTIOUX, jamais inauguré officiellement.

Ce monument est construit avec trois marches et tout en bas un écriteau : "Maudite soit la guerre".

A côté, un orphelin en bronze revêtu de la blouse de l'écolier, le visage triste, lève le bras et montre les 58 noms des morts de la commune gravés sur la stèle.

 

 

commémoration 14-18, monuments aux morts, combattants

 

Ce Monument ne sera jamais officiellement inauguré. Il fut longtemps ignoré des autorités de la république. dans ce département de la CREUSE, existait un fort sentiment pacifiste après 1918. la population estimait qu'elle avait payé un trop lours tribut pendant la guerre de 14-18; environ la moitié des appelés n'étaient pas revenus.

Dés 1922 on va commencer à parler de ce monument érigé à l’initiative du maire du village, Jules COUTAUD. Il a été maire de GENTIOUX pendant 45 ans de 1920 à 1965. Il est maréchal ferrant. C'est un homme simple qui a été gazé pendant la guerre et qui a fait toute la guerre. Il veut que le monument de la commune ait une signification forte, que ce soit un monument sobre avec une stèle sur laquelle graver les noms des 58 jeunes morts pendant la guerre.

L'histoire de sa conception et de sa réalisation est aussi extraordinaire. Ici, pas de sculpteur renommé ! Trois projets furent soumis présentés au conseil municipal. Celui qui fut retenu est l'oeuvre d'un conseiller municipal, Monsieur DUBURGT, ébéniste. Il explique ainsi son choix :

« Plutôt qu'un poilu, j'ai voulu traduire un cri du cœur. J'ai donc dessiné un orphelin, en tenue d'écolier, montrant du doigt cette inscription gravée dans la pierre et qui était alors sur toutes les lèvres : « Maudite soit la guerre ! ». Il réalisa un modèle en bois. Ce sont ensuite des artisans locaux qui réaliseront le monument. La sculpture métallique fut néanmoins réalisée par des professionnels.

 

commémoration 14-18, monuments aux morts, combattants

En 1922, le monument fut inauguré exclusivement par les élus locaux et par la population. Le Préfet considérant le Monument comme maudit refusa d'être présent et d'être représenté. Ainsi ce Monument ne fut jamais officiellement inauguré. 

Lorsque des troupes passaient devant le monument, ordre était donné aux soldats de détourner la tête. L'inauguration officielle s'effectua, par hasard en 1985. Quelques jours après l'inauguration d'une nouvelle gendarmerie, des officiers assistèrent au dépôt d'une gerbe devant ce « monument maudit ». Ce n'est pas vraiment une « inauguration officielle ».

Depuis 1989, le monument de GENTIOUX est inscrit sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques au titre de "lieu de mémoire" et il est stipulé que l’inscription "Maudite soit la guerre" ne peut pas être modifiée ni éliminée.

Il aura donc fallu attendre 63 ans pour que le Maire et ses conseillers municipaux soient « pardonnés ». 

17/08/2014

SAINT-SEVERIN ( Condroz ): Monument aux Morts.

SAINT-SEVERIN 'CONDROZ )

 ( Commune de NANDRIN )

HEURS ET MALHEURS DU MONUMENT  aux MORTS.

Un nouveau Monument aux Morts a été érigé au centre du village.

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Il ne mentionne aucun nom.

Il est simplement dédié à toutes les victimes de l'ancienne commune de SAINT-SEVERIN.

Ci-dessous, la photo prise lors de l'inauguration de ce monument.

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A la façade de l'ancienne maison communale, nous trouvons ces très belles plaques commémoratives.

Comme on peut le voir, il ne s'agit pas des fameuses "plaques provinciales" apposées après la première guerre à l'initiative de la Province de LIEGE. Mais de très belles plaques colorées.

Elles ont une autre particularité: on ne s'est pas borné à mentionner la liste des défunts mais d'y ajouter la liste de tous les combattants, revenus survivants.

Les voici, telles qu'elles se présentaient encore, il y a quelques années.

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A présent, on a trouvé intéressant ( ? ) de les "garnir" de plantes grimpantes qui finiront par les camoufler !

 

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En examinant de plus près la plaque relative à la guerre de 14-18, on constate qu'un nom a été éliminé.

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Très curieusement, quand on interroge la population, personne ne semble se souvenir de qui il s'agit ni non plus pourquoi. 

Selon mes informations, mais l'Administration Communale, consultée, ne m'a jamais répondu, il s'agit de

PAQUOT Ferdinand,

Bourgmestre rexiste de VILLERS-LE-TEMPLE, abattu par la résistance le 17 septembre 1943 à SERAING ( aux " BIENS COMMUNAUX " ).

Après 1945, la section locale de la FNC a demandé et obtenu que son nom soit éliminé de la plaque commémorative.

 

 

16/08/2014

OTHEE (AWANS): La Grande Guerre sur la Route des Clochers "

OTHEE

( Commune de AWANS )

" LA GRANDE GUERRE SUR LA ROUTE DES CLOCHERS "

Une intitiative de QUALITE-VILLAGE OTHEE.

QUAND ?

Le vendredi 22 août 2014 à OTHEE ( AWANS )

QUOI ?

Balade en vélo commentée de 15 km, commentée, initulée " Comme en 14 "

DEPART ?

A 13H30, Place du Monument à OTHEE ( AWANS )

RESERVATION ?

Réservation obligatoire à la Maison du Tourisme du Pays de LIEGE: 04/2379292

EXPOSITION:

" Monuments et plaques commémoratifs sur la route des clochers "

De 11H00 à 18H00, Salle Nicolas CLOES à OTHEE (AWANS )

RENSEIGNEMENTS ?

marcgerardothee@yahoo.fr

 

 

Le circuit complet  " Route des clochers " ci-dessous fait 52 km.

Le circuit prévu au départ d'OTHEE ne fait que 15 km.

15 Km en HESBAYE, en vélo, est une chose facilement réalisable ...à condition de disposer d'une bicyclette !

clochers.jpg

 Voir aussi, sur FACEBOOK:

" AWANS, commémoration 14-18 "

 

AWANS 14-18.jpg

 

 

19:06 Écrit par P.B. dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

14/08/2014

14-18: la mort de masse.

LA MORT DE MASSE

 

" Cette guerre, malgré l’horreur et justement à cause de cette horreur, est l’événement décisif, l’axe frémissant de toute l’histoire humaine. Cette guerre atroce a augmenté la conscience. Elle nous élève irrésistiblement à l’idéal de justice et de vérité que nous attendions. (…) Et c’est nous, combattants, qui avons été sur le front, les créateurs suppliciés du nouvel évangile (…) Nous voulons ce pourquoi nous nous sommes battus : le droit. Notre solidarité saura l’obtenir. "

Manifeste des écrivains français anciens combattants, juin 1919.

Un souffle encore piqua sur nous... Je m’étais ramassé, la tête dans les genoux, le corps en boule, les dents serrées. Le visage contracté, les yeux plissés à être mi-clos, j’attendais... Les obus se suivaient, précipités, mais on ne les entendait pas, c’était trop près, c’était trop fort. A chaque coup, le coeur décroché fait un bond, la tête, les entrailles, tout saute. On se voudrait petit, plus petit encore, chaque partie de soi-même effraie, les membres se rétractent, la tête bourdonnante et vide veut s’enfoncer, on a peur enfin, atrocement peur... Sous cette mort tonnante, on n’est plus qu’un tas qui tremble, une oreille qui guette, un coeur qui craint...

Roland DORGELES " Les Croix de Bois "

 

Le guerre de 14-18 a provoqué un nouveau rapport à la mort. Jusque là, le rapport à la mort était individualisé ou, mieux " familialisé ". Le culte des morts était, en fait,un culte rendu aux proches décédés.

Les batailles, les tranchées, les prises des forts engendrent la « mort de masse ». Il y a fatalement des évolutions telles que la banalisation de la mort et une perte de sensibilité pour les compagnons qui y assistent. Pour ceux-ci, il devient aussi, en quelque sorte normal, en retour, de la provoquer en face.

C'est ce que certains ont défini, après guerre, comme la brutalisation de la société: évocation du conflit et des batailles sous une forme banale, inscription  de la " mort de masse " quasiment comme simple statistique, consentement ou en tout cas résignation à la guerre.  C’est davantage l’artillerie qui tue et « il est rare que l’on se tue les yeux dans les yeux ». Dans les guerres du passé, on voyait surtout périr l’adversaire, en 14-18, on a surtout vu les cadavres des compagnons. Il n'y a plus guère de combats individuels, on tue peu directement pendant la guerre (10% environ).

Durant la Grande Guerre, l’artillerie fut la principale source de blessures et de mort : 70% des dégâts corporels furent infligés par les obus. Le processus de fragmentation des projectiles avait été étudié pour permettre à ces éclats de ne pas perdre trop rapidement leur vitesse et leur force vive après l’explosion. Les plus gros éclats enlevèrent des visages, des têtes, des membres, lacérèrent les ventres, cisaillèrent parfois en deux le corps des hommes. 

 

Mais, en contrepartie, la fréquentation de tous les instants de la mort a renforcé la camaraderie entre les hommes. 

Pour les familles, pour la société, la guerre a bouleversé l'ordre des générations. Il n'était pas plus naturel au début du 20° siècle que de nos jours de voir les parents pleure la mort de leurs enfants. Lorsque cela arrivait, c'était considéré comme un malheur familial. Une famille parmi tant d'autres était touchée. Avec la "mort de masse" de la guerre 14-18, cela devint quelque chose fatal. C'était devenu presque inévitable, si pas normal. 

 

Mort de masse 1.jpg

masse.gifAutre phénomène très perturbant pour les familles et les proches, l'absence de dépouilles a rendu le deuil plus difficile. Une grande partie des corps n'existait plus ou n'était pas identifiée ou reposait loin des familles dans des cimetières militaires. Cette situation était encore plus dramatique pour les familles des combattants originaires des autres continents: même identifiés et enterrés sous une stèle où leur nom était gravé, il était impossible, pour l'époque, que les familles puissent un jour s'y recueillir.

 

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D'où l'apparition, probablement pour la première fois, d'un culte de la mémoire aux victimes d'une guerre. Le culte de la mémoire a ainsi dû pallier à l'absence de corps.

Ce culte de la mémoire a revêtu deux aspects nouveaux: la création d'un culte au "Soldat Inconnu " et la floraison de dizaines de milliers de monuments aux morts. Ces mémoriaux égrènent les noms et prénoms des défunts, presque toujours sans ordre de préséance.

Les monuments aux morts sont des traces indélébiles pour les diverse mémoires: la mémoire familiale, la mémoire des localités, des entreprises. Ils sont aussi des traces de la façon dont la population a voulu interpréter la guerre après coup. Ils sont aussi des traces de la mentalité qui régnait dans les localités dans les années 20; on peut déplorer que dans certains endroits, la magnificence de certains monuments témoigne davantage de l'affirmation de la richesse de la localité que de la mémoire.

13/08/2014

1914: Recours massif aux troupes des empires coloniaux.

Guerre de 14-18:

Recours massif aux empires coloniaux.

Ce fut le cas pour la FRANCE et le ROYAUME -UNI. 

L'Empire britannique sollicita à fond les ressources humaines de ses dépendances:

* L'INDE fournit 938000 hommes;

* Le CANADA, 458000;

* L'AUSTRALIE, 332000;

* L'AFRIQUE DU SUD, 136000;

* LA NOUVELLE-ZELANDE, 112000.

La FRANCE eut recours à

* L'AFRIQUE de l'OUEST qui fournit 166000 hommes;

* L'ALGERIE, 140000;

* L'INDOCHINE, 50000;

* LA TUNISIE, 47000;

* LE MAROC, 24300.

L'Empire britannique mobilisa  donc, dans ses colonies, près de 2 millions d'hommes soit quatre fois plus  que la FRANCE.

Cependant, cela doit être nuancé. A l'exception de l'INDE où l'on recruta des "indigènes", les autres soldats provenaient de "dominions". Un dominion est, au départ, une colonie britannique mais devenu indépendant. Ils pouvaient s'occuper eux-mêmes (à part quelques exigences imposées par LONDRES ) de leurs finances, de leur politique intérieure, de leur commerce  et de  commerce (ici aussi à l'exception des exigences de la métropole). Il a droit à une force armée se rapportant en dernier lieu au Royaume-Uni. Par exemple, l'armée canadienne était partie intégrante de l'armée britannique jusqu'en 1917. c'était aussi le cas de l'AUSTRALIE, de la NOUVELLE-ZELANDE et de l'AFRIQUE du SUD.

 

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Affiche de recrutement australienne.

 

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Au CANADA, appel aux canadiens francophones.

 

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Les Britanniques insistent sur l'amitié entre les troupes "anglaises" et les troupes indiennes.

Pour l'Empire colonial français, les Africains de l'Ouest, surtout les Sénégalais, formèrent le gros des troupes coloniales avec les soldats issus du Maghreb. 

 

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Tirailleurs sénégalais.

 

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Tirailleurs algériens autour d'un drapeau français.

Une analyse détaillée des pertes humaines fait ressortir que  les tirailleurs sénégalais furent autant victimes des maladies pulmonaires que des faits de guerre. Les africains souffrirent énormément du froid à tel point que des mesures protectrices furent prises dès 1915. Ils furent expédiés en camps d'hivernage et ainsi mis relativement mieux à l'abri des rigueurs de l'hiver.

N'oubliez pas sur facebook: "AWANS, commémoration 14-18 "

 

AWANS 14-18.jpg

 

 

 

12/08/2014

Histoire oubliée: un bataillon du 14° de ligne, rescapé, se regroupe à AWANS.

13 août 1914:

Un bataillon "oublié" du 14° de ligne se regroupe à AWANS.

( vu dans "La Meuse" du 12 août 2014 )

 

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Monument au 14° de Ligne à LIEGE.

Le 6 août 1914, le 2° bataillon du 14° de ligne est en poste à CHAUDFONTAINE. Il est chargé de tenir la vallée de la Vesdre. Un ordre de retrait est donné au 14° de ligne mais, pour des raisons inconnues, ce bataillon ne le reçoit pas.

Dès lors, malgré les rumeurs d'occupation de la ville de LIEGE, il maintient sa position ne voulant pas désobéir aux ordres qui n'avaient pas été contredits. Ce n'est que le 12 août, dans la soirée, que l'ordre émanant du Général LEMAN leur parvient.

Le problème est que ce bataillon se trouvait derrière les positions allemandes. Le 8 août le fort de BARCHON s'était rendu, le 11 août ce fut le tour de celui d'EVEGNEE, le 13 août les forts de CHAUDFONTAINE, d'EMBOURG et de PONTISSE tombèrent, le 14 août ce fut les forts de LIERS et de FLERON qui se rendirent.

Lundi 3 août, Leman sollicite l’autorisation de procéder aux destructions « de la première série » devant Liège. Le génie fait sauter les tunnels de Hombourg sur la voie ferrée de Verviers à Aix-la-Chapelle et de Nasproué, sur la voie de Liège à Luxembourg, ainsi que ceux de trois-ponts et de Stavelot. Les voies de chemin de fer sont coupées et des déraillements volontaires de locomotives sont provoqués dans les tunnels de Coo, de Roanne, de Remouchamps, de Verviers est et de la Sauvenière à Spa.

En même temps, les ponts sur la Meuse entre Liège et la frontière hollandaise, à Visé et à Argenteau, sont détruits.

En effet, dans la nuit du 4 août, l’ordre avait été donné de faire sauter tous les ouvrages d’art des chemins de fer de la province de Luxembourg ainsi que les ponts d’ENGIS, d’OMBRET etHERMALLE-SOUS-HUY.

Comment faire pour ne pas se faire prendre ? Courageusement, la troupe ( +/- 800 soldats ) remonta vers EMBOURG et MEHAGNE. Durant la nuit, ils redescendirent sur la vallée de l'OURTHE qui'ils franchirent par des moyens de fortune. Ils parvinrent ainsi au SART-TILMAN. Très curieusement et fort heureusement, ils ne furent jamais repérés. Il est vraisemblable que l'ennemi n'aurait jamais imaginé un exploit pareil !

Le plus compliqué restait à faire: rejoindre la rive gauche de la MEUSE. 

Sous la protection des canons des forts de FLEMALLE et de HOLLOGNE, ils rejoignirent le village d'AWANS, le 13 août en fin de matinée.

Arrivés à AWANS, l'équipée n'était pas terminée. On aurait pu penser qu'ils auraient dû pren,dre la direction de BRUXELLES. Mais, alors qu'ils se trouvaient à AWANS, ils reçurent l'ordre de rejoindre la position de NAMUR via HUY où ils arrivèrent vers 17H30. Heureusement pour eux, ils purent embarquer dans un train vers NAMUR.

 

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Les Forts de LIEGE et les plans allemands.

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L'article de LA MEUSE pose problème à qui veut en savoir plus. Il y est dit que " ...ils peuvent alors traverser la Meuse en passant par les superstructures du pont de chemin de fer du Val-Benoît...Celui-ci a sauté, mais ne s'est effondré qu'à moitié dans le fleuve..."

Or, on trouve ceci, sur le site www.chu.ulg.ac.be:

"Le pont du Val Benoit resta intact. Pourquoi ? LEMAN donne la réponse dans son rapport : « Ce pont aurait pu être détruit le 6 août, lors de la retraite de la 3e Division d’Armée. Il est à remarquer qu’à ce moment, par suite de la destruction de tunnels, une interruption importante était créée sur chaque ligne de chemin de fer venant de l’Est vers Liège et qu’il y avait lieu de supposer le trafic des voies ferrées supprimé pour un certain temps. Or on savait que la construction de ponts sur les cours d’eau ne demandait pas beaucoup de temps quand on dispose des matériaux nécessaires, ce dont les Allemands ne manquaient pas et l’expérience de la campagne a bien montré qu’il en était ainsi. (…) D’autre part, les Allemands ont occupé la Ville de Liège le 7 août 1914, mais ils n’ont pu débouler en masse que le 16 août sur les plateaux de Hesbaye, après la chute des derniers forts de la rive gauche ».

Pendant 9 jours, les Allemands ont donc piétiné sur place. Ils auraient eu tout le loisir, selon LEMAN, de réparer le pont du Val Benoit, ou établir à côté un pont provisoire, ou construire à 1200 m en amont un pont en charpente sur pilots ou mieux sur bateaux de commerce ; la ligne se serait raccordée à la gare de formation de Kinkempois sur la rive droite et à la ligne du Nord Belge sur la rive gauche ; ce travail eut demandé moins de huit jours. Ils auraient aussi pu faire un détournement, relativement simple et facile, par le pont de Fragnée, détournement qui se serait relié, d’une part au sommet nord du quadrilatère de voies immédiatement à l’est du pont du Val Benoit et, d’autre part à ..."

D'autre part, sur WIKIPEDIA, on trouve:

" En 1892, on décida de construire un nouveau pont, en raison des graves avaries causées aux culées et aux piles par les tassements miniers dus à la proximité du charbonnage des Aguesses. Cette décision ne trouva jamais d’application. On se contenta de consolider l’ouvrage par des injections de béton. Le pont fut épargné par la Première Guerre Mondiale."

 

Voir FACEBOOK: "AWANS, commémoration 14-18 "

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11/08/2014

Place du XX août à LIEGE: Commémoration du centième anniversaire.

20 AOÛT 2014:

SOUVENEZ-VOUS DU 20 AOÛT 1914 à LIEGE:

CENTENAIRE DE LA TRAGEDIE Place de l'Université

( devenue Place du XX Août )

Même à LIEGE, qui pourrait encore dire pourquoi la Place du XX Août est appelée ainsi ?

La réponse se trouve sur la plaque commémorative apposée à la façade de la Faculté de Philosophie et Lettres, située sur cette place. C’est le 20 août 1914 que 17 civils, choisis au hasard ont été fusillés par les Allemands sur la place de l’Université, avant que celle dernière ne soit ensuite incendiée. Cette plaque, qui mériterait une rénovation, donne les noms des victimes.

 

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L'ancien bâtiment de l'Emulation ( aujourd'hui Théâtre de LIEGE ) et sa bibliothèque furent également incendiés. Les locaux de l'université furent, eux,  saccagés et pillés

On se plaint parfois de l'état de la plaque commémorative. Mais, en 2013, le Recteur, Bernard RENTIER, bien mal inspiré ce jour-là, proposa de débaptiser la place, un siècle de commémoration lui semblant suffisant ! 

Pour commémorer le centenaire de cette tragédie, l'ULG ( démentant ainsi Bernard RENTIER ), la Société Libre d'Emulation, le Théâtre de LIEGE, et la Province de LIEGE se sont associés et proposent une journée de manifestations, le 20 août 2014.

* D'abord une matinée de conférences publiques données dans la Salle académique de l'ULG et accessibles gratuitement à tous, de 9H30 à 13H30. Francis BALACE ( Invasion de la province en août 1914 ); Christophe BECHET ( 20 août 1914 et violences allemandes en région liégeoise ); Catherine LANNEAU ( Mémoire des atrocités en région liégeoise ); Christophe Brül ( Poides d'août 1914 dans les relations belgo-allemandes ); Philippe RAXHON ( Conclusion, 1914-2014, les enjeux d'un enracinement mémoriel ).

* Projection du film " Les trois serments " dans le Salle académique de l'Université. Ce sera à 17H30 et l'accès est gratuit..

* Commémoration sur la Place du XX août, à 19H30. Rapide rappel des faits par l'historien Christophe BECHET, lecture d'un poème d'APPOLINAIRE écrit au front, sonnerie aux morts par les trompettistes de l'ensemble Quartz.

* Concert du centenaire au Théâtre de LIEGE, à 20H00. L'ensemble Quartz interprétera des oeuvres d'Eugène ISAYE, Sylvain DUPUIS et Joseph JONGEN. L'accès est gratuit mais il faut réserver ( billetterie@theatrede liege.be ) ou 04/3420000

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