28/07/2014

AWANS, il y a soixante ans. Comment on célébrait la Fête Nationale.

AWANS en 1955:

Comment on célébrait la Fête Nationale.

Trouvé dans les archives de la section FNC "AWANS-BIERSET" ( en tout cas dans ce qu'il en reste ), le compte-rendu suivant, soigneusement transcrit par le Secrétaire de la section.

Il s'agit de la réunion du 15 juillet 1955.

" Léon SEPTON signale que le dimanche 24 juillet ( dimanche suivant le 21 juillet ), il y aura un Te Deum en l'église d'AWANS. Mr le curé a dit qu'il verrait ce jour-là avec plaisir les deux drapeaux. On pourrait se réunir, les deux drapeaux en question, et arriver ensemble avant la messe."

Quelques remarques:

* la Fête Nationale n'était pas célébrée le 21 juillet, mais le dimanche suivant.

* Manifestement, il s'agissait d'une initiative du Curé d'AWANS. 

* A AWANS, la Fête Nationale n'est en effet célébrée, le 21 juillet, avec réception à la Commune, que depuis quelques années.

* Quand on parle des " deux drapeaux ", il s'agit du drapeau de la FNC et du drapeau de la FNAPG. Nous n'avons pas à rougir puisque, cette année, huit drapeaux étaient présents. Nos prédécesseurs qui craignaient une désaffection peuvent être rassurés !

* Inutile, sans doute de rappeler, que, en 1955, les cérémonies prises en charge par la section FNC "AWANS-BIERSET" ne concernaient que les anciennes communes de BIERSET, FOOZ, HOGNOUKL et AWANS.

" Le lundi de la fête de juillet, il y a messe pour les victimes de la guerre. Le lundi de la fête à la Gare - à la demande du comité de la Gare - il y a messe pour les morts des deux guerres: c'est ce jour-là quele drapeau a coutume d'y aller et non le lundi de la grande fête."

Quelques remarques:

* Maintenant, depuis une trentaine d'années, il n'y a plus de fête dans le quartier  de la gare.

* A l'époque, en 1955, l'essentiel du quartier de la gare ( fin de la Rue de la Station depuis le croisement avec la Rue du Pont ainsi que la Rue du pont ), ne faisaient pas partie de la commune d'AWANS mais de BIERSET.

* Il n'y a bien sûr plus de messe demandée pour les victimes des deux guerres.

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Nous avons encore trouvé quelques surprises dans ce carnet. On en reparlera.

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Ancienne gare de BIERSET-AWANS, telle qu'elle était encore en 1955:

AWANS, commémoration 14-18, FNC, comnbattants, fête nationale.

 

Et maintenant:

En route vers la commémoration du centenaire de la Première Guerre.

Page Facebook: "AWANS, commémoration 14-18"

AWANS, commémoration 14-18, FNC, comnbattants, fête nationale.

 

 

 

 

Dernier discours de Jean JAURES, à BRUXELLES, le 29 juillet 1914

 

Dernier discours de Jean JAURES

Le dernier discours de jean JAURES n'a pas été prononcé le 25 juillet à PARIS, comme c'est souvent dit.

Mais à BRUXELLES, le 29 juillet 1914.

Il n'en existe pas de texte écrit par lui-même. mais son discours a pu être reconstitué grâce à des compte-rendus parus dans les journaux "LE PEUPLE " et "L'INDEPENDANCE BELGE" du 30 juillet.

Des extraits ont aussi été rapportés dans le journal "LE SOIR" du 31 juillet 1914.

Deux jours plus tard, il fut assassiné à PARIS, au Café  du Croissant. par un exalté , Raoul VILLAIN.

 Une grande voix pour la paix s'éteignait.

pour mémoire, Raoul VILLAIN avait d'abord penser à tuer le Kaizer lui-même ! Comme c'était évidemment au-delà de ses possibilités, il avait ensuite pensé à exécuter le Ministre français des Finances, Joseph CAILLAUX. 

Il finit par trouver une meilleure cible, bien moins protégée, sinon pas protégée du tout: Jean JAURES.

 

En 1924, les cendres de Jean JAURES furent transférées au Panthéon.

A AWANS, une rue lui a été dédiée.

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"Citoyens, je dirai à mes compatriotes, à mes camarades du parti en France, avec quelle émotion j’ai entendu, moi qui suis dénoncé comme un sans-patrie, avec quelle émotion j’ai entendu acclamer ici, avec le nom de la France, le souvenir de la grande Révolution. (Applaudissements)

Nous ne sommes pas ici cependant pour nous abandonner à ces émotions mais pour mettre en commun, contre le monstrueux péril de la guerre, toutes nos forces de volonté et de raison.

On dirait que les diplomaties ont juré d’affoler les peuples. Hier, vers 4 heures, dans les couloirs de la Chambre, vint une rumeur disant que la guerre allait éclater. La rumeur était fausse, mais elle sortait du fond des inquiétudes unanimes! Aujourd’hui, tandis que nous siégeons au B.S.I.(1), une autre dépêche plus rassurante est arrivée. On nous dit qu’on peut espérer qu’il n’y aurait pas de choc, que l’Autriche avait promis de ne pas annexer la Serbie (Rires), et que moyennant cette promesse, la Russie pourrait attendre.

On négocie; il paraît qu’on se contentera de prendre à la Serbie un peu de son sang, et non un peu de chair (Rires); nous avons donc un peu de répit pour assurer la paix. Mais à quelle épreuve soumet-on l’Europe! À quelles épreuves les maîtres soumettent les nerfs, la conscience et la raison des hommes!

Quand vingt siècles de christianisme ont passé sur les peuples, quand depuis cent ans ont triomphé les principes des Droits de l’homme, est-il possible que des millions d’hommes puissent, sans savoir pourquoi, sans que les dirigeants le sachent, s’entre-déchirer sans se haïr?

Il me semble, lorsque je vois passer dans nos cités des couples heureux, il me semble voir à côté de l’homme dont le cœur bat, à côté de la femme animée d’un grand amour maternel, la Mort marche, prête à devenir visible! (Longs applaudissements).

Ce qui me navre le plus, c’est l’inintelligence de la diplomatie.(Applaudissements) Regardez les diplomates de l’Autriche-Hongrie, ils viennent d’accomplir un chef d’œuvre: ils ont obscurci toutes les responsabilités autres que la leur. Quelles qu’aient été les folies des autres dirigeants, au Maroc, en Tripolitaine, dans les Balkans, par la brutalité de sa note, avec son mélange de violence et de jésuitisme, la coterie militaire et cléricale de Vienne semble avoir voulu passer au premier plan.(Applaudissements)

Et l’Allemagne du Kaiser, comment pourra-t-elle justifier son attitude de ces derniers jours? Si elle a connu la note austro-hongroise, elle est inexcusable d’avoir pardonné pareille démarche. Et si l’Allemagne officielle n’a pas connu la note autrichienne, que devient la prétendue sagesse gouvernementale (Rires) Quoi! vous avez un contrat qui vous lie et qui vous entraîne à la guerre, et vous ne savez pas ce qui va vous y entraîner! Si c’est la politique des majestés, je me demande si l’anarchie des peuples peut aller plus loin. (Rires et applaudissements)

Si l’on pouvait lire dans le cœur des gouvernants, on ne pourrait y voir si vraiment ils sont contents de ce qu’ils ont fait. Ils voudraient être grands; ils mènent les peuples au bord de l’abîme; mais, au dernier moment, ils hésitent. Ah! le cheval d’Attila qui galopait jadis la tête haute et frappait le sol d’un pied résolu, ah! il est farouche encore, mais il trébuche(Acclamations). Cette hésitation des dirigeants, il faut que nous la mettions à profit pour organiser la paix.

Nous, socialistes  français, notre devoir est simple. Nous n’avons pas à imposer à notre gouvernement une politique de paix. Il la pratique. Moi qui n’ai jamais hésité à assumer sur ma tête la haine de nos chauvins, par ma volonté obstinée, et qui ne faillira jamais, de rapprochement franco-allemand (Acclamations), moi qui ai conquis le droit, en dénonçant ses fautes, de porter témoignage à mon pays, j’ai le droit de dire devant le monde que le gouvernement français veut la paix et travaille au maintien de la paix. (Ovation. Cris: « Vive la France! »)

Le gouvernement français est le meilleur allié de la paix de cet admirable gouvernement anglais qui a pris l’initiative de la médiation. Et il donne à la Russie des conseils de prudence et de patience. Quant à nous, c’est à notre devoir d’insister pour qu’il parle avec force à la Russie de façon qu’elle s’abstienne. Mais si, par malheur, la Russie n’en tenait pas compte, notre devoir est de dire: « Nous ne connaissons qu’un traité: celui qui nous lie à la race humaine! Nous ne connaissons pas les traités secrets! » (Ovation)

Voilà notre devoir et, en l’exprimant, nous nous sommes trouvés d’accord avec les camarades d’Allemagne qui demandent à leur gouvernement de faire que l’Autriche modère ses actes. Et il se peut que la dépêche dont je vous parlais tantôt provienne en partie de cette volonté des prolétaires allemands. Fût-on le maître aveugle, on ne peut aller contre la volonté de quatre millions de consciences éclairées. (Acclamations)

Voilà ce qui nous permet de dire qu’il y a déjà une diplomatie socialiste, qui s’avère au grand jour et qui s’exerce non pour brouiller les hommes mais pour les grouper en vue des œuvres de paix et de justice.(Applaudissements)

Aussi, citoyens, tout à l’heure, dans la séance du Bureau Socialiste International, nous avons eu la grande joie de recevoir le récit détaillé des manifestations socialistes par lesquelles 100 000 travailleurs berlinois, malgré les bourgeois chauvins, malgré les étudiants aux balafres prophétiques, malgré la police, ont affirmé leur volonté pacifique.

Là-bas, malgré le poids qui pèse sur eux et qui donne plus de mérite à leurs efforts, ils ont fait preuve de courage en accumulant sur leur tête, chaque année, des mois et des années de prison, et vous me permettrez de leur rendre hommage, et de rendre hommage surtout à la femme vaillante, Rosa Luxemburg (Bravos), qui fait passer dans le cœur du prolétariat allemand la flamme de sa pensée. Mais jamais les socialistes allemands n’auront rendu à la cause de l’humanité un service semblable à celui qu’ils lui ont rendu hier. Et quel service ils nous ont rendu à nous, socialistes français!

Nous avons entendu nos chauvins dire maintes fois: « Ah! comme nous serions tranquilles si nous pouvions avoir en France des socialistes à la mode allemande, modérés et calmes, et envoyer à l’Allemagne les socialistes à la mode française! » Eh bien! hier, les socialistes à la mode française furent à Berlin (Rires) et au nombre de cent mille manifestèrent. Nous enverrons des socialistes français en Allemagne, où on les réclame, et les Allemands nous enverront les leurs, puisque les chauvins français les réclament. (Applaudissements)

Voulez-vous que je vous dise la différence entre la classe ouvrière et la classe bourgeoise? C’est que la classe ouvrière hait la guerre collectivement, mais ne la craint pas individuellement, tandis que les capitalistes, collectivement, célèbrent la guerre, mais la craignent individuellement. (Acclamations) C’est pourquoi, quand les bourgeois chauvins ont rendu l’orage menaçant, ils prennent peur et demandent si les socialistes ne vont pas agir pour l’empêcher. (Rires et applaudissements)

Mais pour les maîtres absolus, le terrain est miné. Si dans l’entraînement mécanique et dans l’ivresse des premiers combats, ils réussissent à entraîner les masses, à mesure que les horreurs de la guerre se développeraient, à mesure que le typhus achèverait l’oeuvre des obus, à mesure que la mort et la misère frapperaient, les hommes dégrisés se tourneraient vers les dirigeants allemands, français, russes, italiens, et leur demanderaient: quelle raison nous donnez-vous de tous ces cadavres? Et alors, la Révolution déchaînée leur dirait: « Va-t-en, et demande pardon à Dieu et aux hommes! » (Acclamations)

Mais si la crise se dissipe, si l’orage ne crève pas sur nous, alors j’espère que les peuples n’oublieront pas et qu’ils diront: il faut empêcher que le spectre ne sorte de son tombeau tous les six mois pour nous épouvanter.(Acclamations prolongées)

Hommes humains de tous les pays, voilà l’œuvre de paix et de justice que nous devons accomplir!

Le prolétariat prend conscience de sa sublime mission. Et le 9 août, des millions et des millions de prolétaires, par l’organe de leurs délégués, viendront affirmer à Paris l’universelle volonté de paix de tous les peuples."

Voici quelques unes de ces citations:

« Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle, la  liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail.  »

« L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.  »

Et celle-ci, prophétique à son propre sujet:

« Le courage, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.  »

27/07/2014

Combattants d'AWANS durement éprouvés début août 1914.

AWANS

( Anciennes communes de AWANS, FOOZ, HOGNOUL, VILLERS L'EVÊQUE et OTHEE.)

Les premiers jours de guerre ont fait des ravages parmi les combattants d'AWANS.

Plusieurs combattants d'AWANS ont perdu la vie dans les combats pour la défense de LIEGE dès les premiers jours de la guerre, soit en août 1914.

Il s'agit de :

* DUCHÊNE Maurice, né à OTHEE le 05/06/1894 et tué à RABOZEE le 05 ou 06/08/1914 ( 14° régiment de Ligne )

* CLAJOT Jean, né à AWANS le 20/01/1893 et tué à BEYNE-HEUSAY le 06/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* HANNON Joseph, né à VILLERS L'EVÊQUE le 31/08/1882 et tué à BOIS St JEAN le 06/08/1914 ( A.F. LIEGE )

* JODOCY Gilles, né à BEHO le 11/03/1882 et mort à AWANS (?) le 15/08/1914 ' 14° Régiment de Ligne )

* WARNANT Clément, né à LIEGE le 20/05/1886 et victime de l'explosion du Fort de Loncin le 15/08/1914 ( A.F. LIEGE )

* DELMOTTE Joseph, né à FOOZ le 09/12/1892 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* GERMEAUX Jean-Louis, né à HOGNOUL le 02/08/1893 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914

* HEPTIA Victor, né à VILLERS L'EVÊQUE le 27/12/1889 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914 ( A.F. LIEGE )

* LEDOUBLE Noël, né à VILLERS L'EVÊQUE le 15/05/1893 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* LEDUC Joseph, né à VILLERS L'EVÊQUE le 02/01/1893 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914 ( A.F. LIEGE )

Le plus jeune  ( DUCHÊNE Maurice ) avait à peine vingt ans et le plus âgé ( HANNON Joseph ) n'avait que trente-deux ans. Voilà un ensemble de vies et de familles brisées.

Trois combattants ont trouvé la mort chez nous:

* MARTENS Désiré, né à ZELE le 12/01/1886 et tué à FOOZ le 06/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* LAMENS Théophile, né à BEVINGEN le 19/02/1884 et tué à FOOZ le 14/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* GUIMY François, né à FIZE-LE-MARSAL et tué à HOGNOUL le 14/08/1914 ( Affectation non connue mais vraisemblablement 14° Régiment de Ligne )

Etrangement , de ces trois victimes, la mémoire populaire ne conserve que le nom de LAMENS Théophile. Une stèle a été érigée en son honneur dans les campagnes de FOOZ. Chaque année, la FNC "AWANS-BIERSET " rend hommage à cette stèle.

Tous ces combattants faisaient partie soit de l' Artillerie de Forteresse, du 14° Régiment de Ligne.

 

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En souvenir des victimes du Fort de LONCIN

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Régiment de Ligne en 1914

N'oubliez pas la page facebook "AWANS, commémoration 14-18"

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26/07/2014

Combattants d'AWANS morts de le grippe espagnole.

Deux combattants d'AWANS victimes de la grippe espagnole.

Il s'agit de: 

* Achille MASSET, de FOOZ, caporal, mort à l'hôpital militaire de CALAIS, le 08/06/1918

* Renier LEJEUNE, de HOGNOUL, mort à l'hôpital militaire d'AUVOURS, le 26/10/1918

 

 

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Soldats canadiens se protégeant ( ? ) comme ils pouvaient !

La grippe de 1918, surnommée  « grippe espagnole », est due à une souche particulièrement virulente et contagieuse de grippe qui s’est répandue en pandémie de 1918 à 1919. Cette pandémie a fait de 20 à 40 millions de morts entre février 1918 et avril 1919 . ce serait la pandémie la plus mortelle de l’histoire dans un délai aussi court.

 

Ce nom « grippe espagnole » vient du fait que seule l’Espagn.e - non impliquée dans la Première Guerre mondiale - a pu, en 1918, publier librement les informations relatives à cette épidémie. Les journaux français parlaient donc de la « grippe espagnole » qui faisait des ravages « en Espagne » sans mentionner les cas français qui étaient tenus secrets pour ne pas faire savoir à l’ennemi que l’armée était affaiblie.

Apparemment originaire de Chine, le virus de 1918  a gagné rapidement les États-Unis, où le virus aurait muté pour devenir plus mortel (pour 3% des malades, contre moins de 1/1000 pour les autres épidémies de grippe). Elle devint alors une pandémie, à travers l’Europe, puis dans le monde entier par ses colonies.

 Elle se déroula essentiellement durant l’hiver 1918-1919, avec 1 milliard de malades, et 20 à 40 millions de morts, selon de premières estimations très imprécises fautes de statistiques établies à l’époque. 

En quelques mois seulement, elle fit  plus de victimes que la Première Guerre mondiale qui se terminait cette même année 1918, et certains pays seront encore touchés en 1919.

La progression du virus fut foudroyante : des foyers d’infection furent localisés dans plusieurs pays et continents à la fois en moins de 3 mois, et de part et d’autre des USA en sept jours à peine. Localement, deux, voire trois vagues se sont succédé, qui semblent liées au développement des transports par bateau et rail notamment, et plus particulièrement au transport de troupes. de la maladie aux États-Unis.

Cette théorie pourrait expliquer que les premiers cas français aient été bordelais, région de débarquement des navires en provenance d’outre-Atlantique.

Les services de santé militaires entreprennent de sensibiliser toutes les régions militaires sur les mesures prophylactiques à adopter, mais le corps médical est globalement impuissant à enrayer cette pandémie.

Les idées les plus folles circulent, notamment qu'elle serait l'oeuvre celle des bactériologistes de l'Empire allemand. Il faut dire que l'on avait été ébranlé par l'usage des gaz.

Il est incontestable aujourd’hui que la maladie a sévi chez tous les belligérants. Elle a frappé le camp allemand aussi durement que le camp des alliés. Les armées étaient affaiblies par quatre ans de guerre et par la pénurie alimentaire. Non seulement les combattants présentaient des organismes diminués mais l’air qu’ils respiraient restait pollué par les gaz asphyxiants.

D'autres théories aussi fumeuses firent leur apparition et persistent encore de nos jours: complot américain, usage maladroit des vaccins...

On sait maintenant que le foyer de cette épidémie s’est déclaré dans le Pas-de-Calais, dans le camp militaire d’Etaples,  fin 1916 déjà.

 

Ce vaste camp regroupait les soldats britanniques venus des quatre coins de l’Empire depuis l’Inde jusqu’au Canada. On imagine aisément comment à partir de là, cette grippe s’est répandue dans le monde entier -au fur et à mesure que les soldats rentrèrent dans leurs pays d'origine.

Les écrivains-combattants Louis BOUMAL et Guillaume APPOLINAIRE périrent, dans les derniers jours de la guerre, victimes de la "grippe espagnole".

 

AWANS 14-18.jpgVoir facebook: "AWANS, commémoration 14-18"

 

19:58 Écrit par P.B. dans Actualité, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/07/2014

AWANS a fêté le 21 juillet.

AWANS:

La Fête Nationale a été célébrée à AWANS.

Ci-après, le discours prononcé, Place Communale, au monument aux Morts,

au nom de la FNC "AWANS-BIERSET" par le Secrétaire

Pierre BEAUJEAN.

 Un petit reportage photographique suivra très prochainement.

 

 

AWANS 14-18.jpg" Août 1914. Il y a bientôt cent ans éclatait la première guerre, d'abord appelée « européenne » puis « mondiale ». Dans nombre de localités de multiples commémorations rappelleront les souffrances des victimes, les massacres, les destructions, les villes et villages martyrs.

La Belgique, ses habitants et ses combattants furent durement concernés. Notre armée se trouvait pratiquement, en entier, à l'extérieur du pays. Contrairement aux combattants des autres armées, nos soldats étaient privés de tout contact, même épistolaire, avec leurs familles. Les autres soldats avaient au moins ce réconfort et pouvaient, parfois, bénéficier, de véritables périodes de repos. Les témoignages écrits après guerre par les écrivains-combattants décrivent bien l'état de dépression de nos soldats. Dépression qui n'empêchait pas les actes de courage et de dévouement. Les prisonniers de la seconde guerre vécurent à peu près la même situation.

Quant à la population belge, on doit se souvenir que notre pays fut, durant cette guerre, le seul pays complètement occupé par l'armée allemande. On peut, sans se tromper, dire que l'occupation de la Belgique fut pour l'Allemagne une véritable expérience en grandeur nature. L'organisation mise en place par l'occupant, on la retrouvera en 1940, mais à l'échelle de tout le continent.

Comment tous ont-ils pu tenir ? Tous ont connu le froid, la faim, la peur, la tristesse, les privations, les enfants notamment. En ébauche de réponse, on rappellera l'importance de la solidarité, du partage, de la vie associative, de l'entraide. Ces valeurs, retrouvées instinctivement, ont permis aux soldats, aux résistants, aux prisonniers, aux civils de tenir bon face à la force brutale de l'occupant, au régime de terreur imposé par celui-ci, à la répression. Ces valeurs ont aussi permis aux civils de tenir le coup contre la pénurie. De faire face au découragement. De résister aux menées de certains défaitistes ou collaborateurs. De s'opposer à l'audace de certains profiteurs qui voyaient dans la situation l'occasion de s'enrichir. Cela on le reverra aussi après 1940.

Heureusement, dans notre partie du monde, une guerre sanglante n'est plus à l'ordre du jour. Il n'est plus question de batailles. Il n'est plus question de résistance contre un occupant !

Toutefois, on se trouve face à un ennemi plus insidieux: le repli sur soi des communautés, le repli sur soi des individualités. A titre d'exemple, dans les entreprises, on pousse le personnel à la compétition ! Dans le sport, dans les écoles même, la saine émulation a fait place à la compétition. « Compétition », idée qui se rapproche fâcheusement de la notion de « rivalité ». Là est le premier coup porté contre les valeurs de solidarité. Solidarité bien nécessaire car elle doit être une arme dans la lutte contre la pauvreté, la maladie, l'exclusion sociale.

 

Pourtant, il reste des combats à mener. Penser que l'idée de « Liberté » a atteint son objectif, c'est penser, faussement, que les tyrannies ont disparu de la Terre, que les pouvoirs sont transparents partout, que la corruption n'est pas en train de saper même les états démocratiques, qu'aucune minorité n'est plus discriminée nulle part, que les multinationales n'outrepassent jamais leurs prérogatives, que les femmes jouissent partout des droits qui leurs sont dus – et, ici, on ne parle pas de l'égalité des droits mais de la reconnaissance des droits simplement élémentaires. Dès qu'on examine attentivement la société - et nous devons même être très humbles, il n'est parfois pas nécessaire de se rendre dans des contrées plus exotiques – on voit bien que la réponse à toutes ces questions est négative !

C'est pourquoi, il n'est nullement ringard d'honorer, chaque année et à chaque occasion, le souvenir des combattants, résistants, prisonniers et malheureux civils. Mais, si on veut donner un sens à cet hommage, à ces commémorations, si on veut éviter toute "ringardise", si on veut éviter que les cérémonies soient de simples rituels mécaniques, il faut revenir sur cet esprit de solidarité.

 

A la FNC, nous sommes porteurs de l'hommage que la nation doit au courage, aux sacrifices des anciens, mais aussi de cet idéal de solidarité. Nous devons porter ce message avec enthousiasme."

 

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20/07/2014

JUILLET 1914.

L'assassinat de l'archiduc héritier François-Ferdinand, détermine – et c'est bien compréhensible – l'ouverture d'une enquête. celle-ci aboutit à démontrer le rôle de la Serbie dans l'attentat sans toutefois être en mesure de le prouver effectivement, Les responsables autrichiens orientent leurs réflexions vers une implication des responsables serbes dans l'organisation de l'attentat.

Le gouvernement bicéphale austro-hongrois, tiraillé entre la partie autrichienne et la partie hongroise, veut punir la Serbie pour son implication dans l'assassinat mais il souhaite obtenir au préalable l'aval de son allié allemand.

En Serbie, les diplomates autrichiens sont frappés par le décalage existant entre les condoléances officielles de l'état et les réactions enthousiastes de la population à la nouvelle de l'assassinat.

Entre le 20 et le 23 juillet le Président français POINCARE et le Président du Conseil René VIVIANI sont en déplacement officiel à Saint-Pétersbourg . On ne connaît pas grand chose du contenu de leurs entretiens avec le gouvernement russe.

Ils semblent ne pas être parvenus à convaincre le tsar et son gouvernement – on devrait plutôt parler d'un entourage, la Russie étant sous régime autocratique - de montrer de la retenue dans le conflit naissant entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie. Le communiqué rédigé après cette réunion proclame que la Russie jure fidélité à la France. Ce qui ne veut pas dire grand chose. Pour gouverne, la Russie estimait être le défenseur naturel des populations slaves dont une bonne partie faisait partie de l'empire austro-hongrois.

Par la suite, les Russes montrent qu'ils sont certains que le gouvernement français est déterminé à agir en commun avec eux.

 

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Nicolas II

A ce moment, le 25 juillet, POINCARE et VIVIANI rentre en France par voie maritime. Il est très difficile de les contacter car le code diplomatique français est connu des services allemands. L'ambassadeur de France doit donc passer par l'ambassade française en Suède. Ce qui rallonge considérablement les délais de communication entre eux et Saint-Pétersbourg. POINCARE et VIVIANI se trouvent dans l'incapacité de pouvoir encore influencer le Tsar.

 

 

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Raymond POINCARE

Le rôle de POINCARE dans le déclenchement de la guerre est controversé. On dit qu' il aurait poussé la Russie à la fermeté lors de son voyage officiel afin de renforcer l'alliance deux semaines après l'attentat de Sarajevo. 

Le rôle de VIVIANI est plus ambigu encore. De tempérament pacifique et partisan de l'arbitrage, il tente de sauver la paix. Mais, en même temps, il prépare la mobilisation et, recevant JAURES, avec qui il avait fondé L'HUMANITE, à la veille de son assassinat, il lui laisse peu d'espoir.

 

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René VIVIANI

Avant leur retour, dès le 27 juillet, les syndicats français organisent des manifestations contre la guerre qui s'annonce.

Dès son retour à Paris, VIVIANI ordonne à l’armée française de se tenir à 10 km de la frontière pour éviter tout incident. POINCARE, de son côté, écrit au Roi d'Angleterre,  George V pour lui demander le soutien britannique. Le gouvernement britannique est en fait très divisé sur la question: LLOYD GEORGE , chancelier de l'Échiquier, était opposé à la guerre, même si la la neutralité de la Belgique venait à être violée; CHURCHILL, Premier Lord de l'Amirauté, ainsi que Sir Edward GREY, secrétaire au Foreign Office , étaient d'un avis opposé. GEORGE V adressa, le 1° août une réponse « diplomatique », une grande démonstration d'amitié qui était, en réalité, une fin de non recevoir.

Alors que les dirigeants français se trouvait en Russie en Russie et dans les pays scandinaves, le 23 juillet 1914, le gouvernement austro-hongrois transmis à la Serbie, un ultimatumexpirant sous 48 heures. La Serbie devait poursuivre et punir de la sévèrement les auteurs de l'attentat et leurs commanditaires supposés. L'Autriche-Hongrie exigeait aussi que la Serbie combatte les séparatistes agissant contre l'empire. Il fallait aussi intégrer des forces policières et militaires autrichiennes dans les services serbes chargés de mener l' enquête. Ce texte est formulé de telle façon qu'il fut perçu comme une ingérence étrangère dans les affaires intérieures serbes et donc comme une insulte.

Malgré tout, le 25 juillet, le gouvernement serbe accepta huit des exigences mais formula des réserves pour la dernière, la participation de fonctionnaires autrichiens à l'enquête sur l'attentat de Sarajevo en territoire serbe. En contrepartie, la Serbie proposait de solliciter l'avis de la Cour Internationale de Justice. Le gouvernement ajoutait que les exigences pouvaient être satisfaites si la souveraineté serbe était bien garantie. Contrairement à ce qui est souvent dit, il ne s'agit donc pas d'un rejet par la Serbie mais d'une attitude très diplomatique avec, comme but, de gagner du temps.

Le 29 juillet, Jean JAURES prononce son dernier discours, à Bruxelles. Ce discours n’a pas été sténographié, mais plusieurs comptes-rendus en ont été donnés. Contrairement à ce qui a parfois été dit, il n’y eut pas de débordements ce soir-là et tout se déroula dans le calme.

Au départ de cette affaire, le Kaiser, GUILLAUME II, part en croisière pour trois semaines, le long des côtes norvégiennes. Il montre ainsi qu'il prend ses distances. Il veut montrer que le conflit ne doit pas déborder du cadre local austro-serbe, il part pour une croisière de trois semaines le long des côtes norvégiennes. À son retour, le 28 juillet, il se dit satisfait de ce qu'il appelle un « succès diplomatique ». Il écrit dans son journal : " C'est un brillant résultat, un grand succès pour Vienne, il fait disparaître toute raison de guerre ".

Cependant, le 30 juillet, le Chancelier se rend compte du danger, devant l'insistance de la Grande-Bretagne à intervenir pour trouver un compromis au cours d'une conférence internationale. Il s'efforce de pousser le gouvernement autrichien à accepter la réponse serbe. Mais en Allemagne aussi, il y a une tendance guerrière : le Chef du Grand État-major, le général VON MOLTKE intervient, avec succès, auprès du Kaiser dans le sens de repousser la réponse serbe.

Dès lors, fort du soutien de l'empire allemand, le gouvernement autrichien juge cette réponse serbe insuffisante. L'engrenage infernal est lancé !

La 4 août, un message de POINCARE est communiqué aux Chambres par VIVIANI: « La France sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l’ennemi l’union sacrée ».

En fait, on assiste un véritable ballet d'arrière-pensées qui devait mal se terminer. L'autriche-Hongrie est tiraillée entre ses deux grandes composantes et gère à grand peine la quinzaine de nationalités qui la compose. C'est un empire en fin de course qui cherche à se maintenir par tous les moyens. La Russie tsariste était désireuse de s'étendre vers les peuples slaves, éternel désir russe quel que soit son mode de gouvernement ! La France souhaitait regagner l'Alsace-Lorraine, surtout sous la présidence du lorrain POINCARE. L'Allemagne voulait profiter de sa supériorité militaire pour casser la triple-entente franco-anglo-russe. Le Royaune-Uni aurait pu, en rappelant dès le début, son intention de s'engager à soutenir la Russie et la France, inciter l'Allemagne à freiner les ardeurs autrichiennes. Au lieu de cela, les britanniques ne se sont déclarés qu'au dernier moment, trop tard, laissant l'Allemagne penser que face à la France et la Russie seules, une carte pouvait être jouée.

 

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A quoi pouvait bien penser ce paisible lecteur du journal en juillet 1914 ?

centenaire 14-18; 1914; combattants

 

Et pour finir, n'oubliez pas, sur facebook:

" AWANS, commémoration 14-18"

 

 

19/07/2014

14-18: Action des Français compatissants: "L'OEUVRE DU SOLDAT BELGE "

LES FRANCAIS AU SECOURS DES SOLDATS BELGES.

 

14-18; centenaire 1914; ccombattantsLe cas de la « petite » Belgique, pays neutre envahi par l'armée allemande de beaucoup supérieure en nombre; pays ayant subi, dès les premiers jours de la guerre des destructions et de massacres de civils ; pays seul à être entièrement occupé durement par l'armée allemande suscita l'enthousiasme et le dévouement des pays amis. Il faut se rappeler les contributions de guerre imposées par l'occupant.

C'est aussi surtout la situation malheureuse de nos soldats qui émut considérablement nos alliés. Il faut se rappeler que l'armée belge se trouvait quasi entièrement en dehors du territoire national. Il ne restait du pays que, symboliquement un petit bout du territoire derrière l'Yser.

De ce fait, les soldats belges étaient complètement coupés du pays et, partant, de leurs familles. En conséquence, pas de courrier, par de colis, pas de nouvelles, pas de véritable période de repos dans une ambiance familiale.

En France, apparut l'OEUVRE DU SOLDAT BELGE, placée sous le haut patronage de s.A.R. la Duchesse de VENDÔME, Présidente et de la duchesse d'URSEL. Son but était l'appel à la générosité non seulement des Français mais aussi des alliés et amis en faveur des soldats belges.

A l'occasion de la Fête de LL.MM. le Roi et la Reine des Belges, le 14 novembre 1915, un service solennel fut célébré en l'église Notre-Dame.

Voici l'affiche réalisée par l'artiste Maurice Romberg à cette occasion.

 

 

Maurice Romberg belgique 1918.jpg

Ce ne fut pas la seule activité publique. Voici, entre autres, une article de la presse parisienne conviant à un spectacle, au Palais du Trocadéro. On parle d'ici du patronage de Monsieur Carton de Wiart. 

 

14-18; centenaire 1914; ccombattants