01/02/2015

Un aperçu sur le rôle des chiens durant la guerre de 14-18.

Les chiens dans la guerre 14-18.

 

La Première Guerre mondiale ne fut pas seulement faites par des soldats. Toute une série d’animaux y furent engagés à divers titres, dont des chiens. 14 millions d’animaux ont été embarqués dans le conflit: chevaux, chiens, pigeons voyageurs… mais aussi, curieusement mulets, bœufs, ânes. Les animaux étaient bel et bien présents dans le quotidien des soldats et ont eux aussi participé massivement au conflit.

On estime à 1000000 le nombre de chiens engagés dans la guerre.

 

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Quelle que soit l'armée concernée, ces animaux ont joué un rôle important au cours des hostilités, tantôt comme acteurs dans les combats, tantôt que comme adjuvants au moral des hommes. La présence des animaux dans les campements et tranchées a contribué à soutenir le moral des troupes. Dans ce dernier cas, ce fut souvent des chiens abandonnés qui furent recueillis. Réunion d'êtres perdus dans la même tourmente. Les combattants n’hésitaient pas à qualifier ces compagnons d’infortune de « frères »Certains animaux devinrent rapidement les mascottes des soldats.

 

Il faut aussi se souvenir que, avant 1914, le chien occupait une place importante dans les pays européens. Il était couramment utilisé comme force de travail. On le trouve, comme force de traction, presque au même titre que le cheval, chez les laitiers, les légumiers, les marchands de journaux...et même à la Poste dans l'acheminement des dépêches. A titre d'exemple, une navette entre WAREMME et REMICOURT était assurée par un facteur accompagné d'un chien tirant une petite remorque.

 

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Du côté de l'armée française, en 14-18, on peut lister plusieurs types de fonctions dévolues aux chiens:

- les chiens de sentinelle;

- les chiens de liaison ou d’estafette ;

- les chiens de patrouille, d’attaque ou de recherche;

- les chiens sanitaire ; les chiens de trait; 

- les mascottes, chasseurs de nuisibles...

 

En ce concerne l'armée belge, au début du 20° siècle, on avait convaincu l’Etat-Major d’utiliser des mâtins pour tirer les mitrailleuses. Ce furent les sections dites « canimobiles ». La traction canine est une spécificité de l’armée belge. Deux chiens, généralement de la race des mâtins belges, assistaient les sections de carabiniers mitrailleurs en tirant des charrettes spécialement conçues pour le transport d’une mitrailleuse ou de caisses à munitions.

Durant la guerre, malgré des débuts prometteurs, il y eut, dans l'armée belge, trop peu de chiens bien entraînés: seules les sections des Carabiniers, purent montrer leur efficacité. Ce fut le cas, le 12 août 1914, à la Bataille de HAELEN. Une des sections canimobiles des Carabiniers bloquant la rue principale de HAELEN empêcha les escadrons allemands de s'y aventurer.

Ailleurs, dans d'autres brigades, ces sections ayant été constituées à la hâte, les mitrailleurs n'étaient pas habitués à soigner et diriger des chiens. Ceux-ci devinrent agressifs ou, à l'inverse, peureux, de toute façon, inefficaces.

La présence de chiens dans l'Armée belge a néanmoins marqué les esprits. L’écrivain américain Walter Alden DYER fit connaître le chien belge de mitrailleuse au travers de son livre " Pierrot, dog of Belgium ". Les recettes de la vente de ce livre ont alimenté la « Commission for Relief in Belgium » qui a fourni une aide importante à la population de la Belgique occupée.

 

 

 

D'une façon plus générale, quelle que soit l'armée, les chiens furent quasi tous utilisés de la même façon.

Chiens messagers:

Le chien muni d’un tube à message est capable de relier deux points fixes entre eux en effectuant des allers et retours et, si nécessaire, de ravitailler en munitions. Attaché au maître et à son chenil, on est sûr qu'il fera le chemin de retour.

Vitesse moyenne du Pigeon : 1 km en 1 minute. Celle du chien : 1 km en 2 minutes.

 

Chiens d'attaque ou de défense:

Dressé à l’attaque, il peut se révéler un redoutable adversaire. On a ici exploité la faculté d'attachement extrême que certains chiens vouent à leur maître. On peut malgré tout penser que l'usage des chiens à cet effet ne fut que occasionnel.

 

Chiens patrouilleurs:

Grâce à son ouïe fine et son odorat développé, le chien est un auxiliaire primordial pour les missions de défense et de reconnaissance. Notamment la nuit ou par temps de brouillard. Le chien patrouilleur accompagnait la troupe dans ses déplacements.

 

Chiens sentinelles:

À l’arrière du front, le chien remplit une fonction de sentinelle pour garantir le repos des unités cantonnées et surveiller les stocks de munitions.

Placé aux avant-postes ou dans les tranchées, il accomplit une tâche de guet. Rien n’échappe à sa vigilance. Toute approche invisible et silencieuse de l’ennemi est détectée et signalée.

 

Chiens auxiliaires de santé:

 

 

 

Les chiens sanitaires furent dressés pour retrouver les blessés. Les Allemands pratiquèrent ce dressage à grande échelle. Les Français, moins.

La guerre des tranchées caractérisée par des combats ininterrompus, un sol et le pilonnage continu de l’artillerie posa le problème de l’évacuation des blessés. Pour y remédier, toutes les armées généralisèrent l’emploi du chien « sanitaire ».

Grâce à sa faculté à franchir les obstacles et son odorat, il peut fouiller le moindre recoin du champ de bataille et repérer les blessés, de jour comme de nuit. Lorsqu’il en découvre, il le signale à son maître brancardier.

Le blessé est alors évacué puis soigné. Le chien est parfois attelé à une charrette aménagée en civière sur laquelle il peut transporter un à deux hommes.

 

La France abandonna leur usage en 1915. Pas l’Allemagne, et ni l’Autriche-Hongrie, sur le front alpin. Côté allemand, on estime qu’un chien a sauvé trois blessés par an.

 

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Histoire des chiens tireurs de traîneaux:

Durant l'hiver 1914, dans les Vosges, la situation des soldats français en première ligne était catastrophique. Il était impossible de les ravitailler en nourriture et en munitions du fait des conditions climatiques. Le front résistamaisdes milliers de combattants y perdirent la vie. Il fallait à tout prix éviter que le désastre se reproduise l’hiver suivant. La fracture de ce front aurait eu pour conséquence l'envahissement de la France.

 

 

Deux officiers, le capitaine Louis MOUFFLET et le lieutenant René HAAS proposèrent au commandement de l’Armée des Vosges d’utiliser des chiens de traîneau. Ces deux officiers avaient vécu en Alaska. Ces chiens y sont connus pour leur résistance: ils arpentent le grand nord sur des milliers de kilomètres. En août 1915, les deux officiers sont envoyés au CANADA avec comme mission de ramener 440 chiens. Et aussi d'acquérir le matériel nécessaire.

 

Ils reçurent l'aide du plus célèbre conducteur d'attelage de chiens de l'époque , Scotty Allan, un écossais naturalisé américain. Celui-ci s'empressa de faire la tournée de tous les villages d'inuits dans le but d'acquérir le plus de chiens possible, faisant croire qu'il les cherchait pour son propre chenil. Ainsi la discrétion fut gardée. Quelques semaines plus tard, 406 chiens furent rassemblés. Après un périple de plus de 3000 km à travers le CANADA, l'expédition embarqua, à QUEBEC, en direction de l'Europe en guerre. Scotty Allan tint à accompagner l'expédition jusqu'en France afin de former les soldats recrutés pour les "sections d'équipage d'Alaska".

 

Durant la traversée, on commença la préparation des chiens. On accrocha sur leur collier une plaque portant le nom du chien, son numéro d'équipage et surtout sa place dans l'attelage.

 

Sur 440 partis du CANADA, 436 arrivèrent au port du HAVRE. Une unité, constituée de gradés et d'hommes de troupe, en pris possession afin de constituer des équipages familiarisés à ces animaux à moitié sauvages et prêts à devoir monter au front. A SAINT-AME, près de GERARDMER, deux sections constituées.

 

Les soldats recrutés comme meneurs de chiens de traîneau ont vite compris l'importance de pouvoir ravitailler les soldats en première ligne. 60 équipages furent formés. Durant la période de formation, on leur apprit les rudiments du métier: place des chiens dans l'attelage, conduite du traîneau, harnachement ...

 

A la fin de la période de formation, les chiens furent transportés par camion jusqu'aux Vosges. Leurs premières missions furent de ravitailler une batterie d'artillerie isolée sur un mont enneigée et de remettre en état 50km de ligne téléphonique. Ces chiens réussirent là où les hommes et les mulets avaient échoué. Par la suite, les chiens reçurent de nombreuses autres missions: opérations de montagne, évacuation de blessés. Ils eurent parfois aussi en charge le transport des officiers généraux et de l'Etat-Major qui autrement n’auraient pas pu se rendre ou communiquer avec les premières lignes.

 

Les traîneaux étaient conduits par un homme de troupe ou un gradé qui se tenait debout à l’arrière, sur les patins du frein. Un frein au pied permettait d'engager dans la neige, des pointes d’acier. Cette manoeuvre avait pour but d'avertir les chiens qu'ils devaient arrêter leur progression. Sur le traîneau se tenait un deuxième conducteur chargé de surveiller le chargement et qui, le cas échéant, prêtait main forte au conducteur, afin d'équilibrer ou de diriger l'équipage. 

 

Pendant les périodes de l'année sans neige, les traîneaux étaient munis de roues caoutchoutées. 

 

Près de la moitié, sur un total de 436 chiens de traîneaux moururent durant le guerre, sous le feu ennemi. D'autres furent blessés, d'autres encore recevront des décorations militaires....

 

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Dans le culte du souvenir, les chiens ne furent pas oubliés.  Après la guerre apparaissent, surtout en France, des monuments dédiés aux chiens combattants. A BRUXELLES, un monument sur lequel figure un chien a été érigé sur la place POELAERT, face au Palais de Justice.

 

 

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19:40 Écrit par P.B. dans Actualité, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/01/2015

La guerre de 14-18 fut vraiment mondiale: la preuve par les affiches.

AFFICHES DE PROPAGANDE:

La guerre fut vraiment mondiale:

Il y eut des campagnes d'affichage sur tous les continents.

 

FRANCE 1916: " Les Gueules cassées"

Manifestement, il n'y eut pas de censure sur ce problème.

C'était d'ailleurs impossible: les combattants français pouvaient correspondre par lettres et même obtenir des périodes de repos. 

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ITALIE en 1916: appel à un emprunt !

Les banques ont eu du boulot !

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RUSSIE: affiche de 1916.

Puisque l'on parle de %, il s'agit sans doute d'un appel aux porte-monnaies !

Nous en verrons d'autres !

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AUTRICHE-HONGRIE en 1917:

Pauvre soldat austro-hongrois.

On fait appel à la souscription d'un emprunt.

Puisque les soldats souffrent, les citoyens sont appelés à ouvrir leurs goussets !

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AUSTRALIE: affiche de 1918 

à comparer avec celle de 1915, plus bas;

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AUSTRALIE en 1915: 

appel à l'enrôlement de volontaires.

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Affiche publiée en ARGENTINE en 1918:

appel à la souscription d'un emprunt de guerre.

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19/01/2015

Encore quelques renseignements sur Martial LEKEUX.

Toujours sur Martial LEKEUX.

Nous avons vu que Martial LEKEUX, dans sa mission en tant que militaire travaillait comme s'il était chargé d'une mission divine. Il considérait que les tourments qu'il subissait faisait partie de cette mission. C'est ce qui l'aidait probablement à passer de l'état de religieux à l'état de combattant. C'est ce qui explique sans doute le choix du titre de ses souvenirs ( " Mes cloîtres dans la tourmente" ).

Mais dans sa littérature religieuse, il lui arrive aussi plus tard de faire référence à des images militaires pour expliquer des concepts purement religieux. Curieux mélange des genres !

Voici, par exemple:

" Il faut viser l’impossible pour atteindre le possible. (…). Non pas qu’on doive prétendre atteindre l’impossible, mais il faut tendre au delà du but pour parvenir au but. C’est le procédé de l’artilleur. Il ne pointe pas sa pièce sur l’objectif : la pesanteur aidant, le projectile irait se ficher en terre bien avant celui-ci. Alors, il relève le canon, décrit sa trajectoire et retombe au but. Faites de même, visez haut, tenez compte de la pesanteur d’âme qui ramène toujours l’idéal en deçà de l’idéal."

"Sainteté et Bonne volonté" ( 1944 )

 Nous avons vu aussi que c'est à lui que l'on doit de connaître l'histoire des " Spéciaux " qu'il a vu à l'oeuvre près de son poste d'observation. Il écrit:

en mars 1915, d’après Martial Lekeux, ceux-ci furent envoyés en mission pour attaquer les « tanks à pétrole » immenses cuves métalliques  fortifiées par l’ennemi et qui sur la rive gauche de l’Yser dominaient les positions belges. L’attaque se révéla  un échec et celui-ci entraîna  la suppression de cette compagnie au grand regret du franciscain :

 

" Pauvres « spéciaux » ! Vous étiez trop sauvages et trop beaux pour la campagne nouvelle. La guerre s’organisait - l’ère des rapports - et des inventaires et vous n’aviez pas compris que dans un corps organisé il ne faut que des qualités et des vices médiocres : c’est pour cela que vous deviez disparaître, car vos mérites trop hauts étaient le compromettant signal qui faisait attaquer vos défauts. "

En mars 1915 d’après Martial LEKEUX,  les " Spéciaux " reçurent la mission  d'attaquer, sur la rive gauche de l'Yser, les « tanks à pétrole » immenses cuves métalliques fortifiées par l’ennemi. Ces cuves dominaient les positions belges. Ce fut un échec qui entraîna la suppression de cette compagnie.

Ce texte est édifiant: 

 Alors la voix divine parla ainsi en moi :

Mon bien-aimé, as-tu donc oublié que c'est pour Moi que tu luttes et pour Moi que tu souffres? N'es-tu pas, en cette guerre, soldat de la Justice et de l'Amour? — La Justice est ma fille, et l'Amour c'est moi-même. Tu le sais bien!... Sois-en bien sûr, chaque fois que sur la terre un bras se dresse contre quelque mensonge ou quelque ignominie, chaque fois qu'un coeur bondit pour venger la Beauté et défendre le trésor des choses spirituelles, c'est Moi-même qu'il défend, et c'est Moi- même qu'il venge. Aurais-tu, sans cela, repris cette épée qui m'était consacrée?... Alors, pourquoi laisser le doute envahir ta pauvre âme? Pourquoi ce trouble, cette angoisse, et cette grande détresse?

Tu demandes ton cloître... Cœur faible! Qu'es-tu allé chercher dans son silence austère? Qu'as-tu demandé à ses grilles, sinon le Sacrifice et, par lui, l'amour?

 

Ne sais-tu pas que c'est de renoncement qu'est faite toute sa paix et toute sa blancheur?"

...

"La guerre! La guerre sur les villes de Belgique ! C'est donc vrai, mon Dieu!". Mon esprit, désemparé, cherche en vain à fixer cette chose monstrueuse, énorme, démesurée...

Un bouillonnement de bruits confus monte des rues jusqu'à ma cellule, dominé par instants par le martèlement du tocsin et l'appel haletant du clairon. Il y a une fièvre dans l'air.

... Il y a une fièvre dans mon âme. Mon esprit chevauche, la bride sur le cou. Je vois les troupes qui se forment, qui se ruent vers la frontière... Branle-bas !

 

Et moi?... Pour la vingtième fois je relis l'odieux papier déplié sur ma table : « Officier démissionnaire »... On ne me rappellera donc pas, moi ! — Partir? je ne puis plus, je suis rivé : j'ai fait voeux— Rivé aux murs de cette cellule sans air ! Rivé, alors que c'est la guerre dans le pays, alors que le tocsin m'appelle, alors que ce clairon m'appelle, qui sonne éperdument l'alarme !... Mon regard s'affole, cherche à fuir... Il se bute aux murs blancs, il se bute aux carreaux plombés : ma cellule, tout à coup, est devenue trop étroite ; et, pour la première fois, je constate que mon coeur n'y est plus : j'ai l'impression très nette que je ne suis plus à ma place."

Nous avons aussi dit qu'il faisait, trop volontiers disent certains, étalage de scènes de boucherie. Cette littérature, d'apparence virile est surtout marquée par la foi. C'est la littérature d'un " miles Christi", un "soldat du Christ". Il lui arrive pourtant, parfois de se questionner sur sa foi.

En voici quelques exemples:

Je pousse la porte et reste cloué d’horreur. Une douzaine d’Allemands sont étendus pêle-mêle dans la salle crevée, tombés en tas les uns sur les autres, fauchés par le « coup de hache » d’un obus. L’un d’eux est éventré comme une bête de boucherie – une cervelle a jailli sur le mur et y a plaqué une affreuse étoile sanglante, des rictus contractent les faces lépreuses qui montrent des yeux blancs. Et cela me lance au nez une dégoûtante bouffée de cette fade et épouvantable odeur des cadavres pourris. Peste ! un joli endroit pour passer une journée ! "

....

 

Comment ! Pendant dix ans je n'ai fait que cela fourbir mes armes, me préparer à pouvoir un jour me croiser pour quelque rédemption. Je n'ai laissé ce rêve de ma vie que pour celui du cloître. Et maintenant qu'il s'offre comme une réalité, je dois rester en place, inutile, les bras vides ! Ah! non, voyons !... Un flot de sang monte à ma tête, mes tempes brûlent,.. Mon Dieu ! " 

 ...

 

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Martial LEKEUX représenté à son poste dans un vitrail.

 

Martial LEKEUX, moine soldat de 14-18, un acteur et témoin bien oublié.

Martial LEKEUX.

 

Moine soldat, soldat écrivain, moine écrivain.

Né à Arlon le 19 juin 1884.

Décédé à Liège le 16 octobre 1962.

Bien rares sont encore aujourd'hui ceux qui savent qui il était et quel a été son rôle dans la Guerre 14/18.

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Il a tenté de raconter son l’expérience , dans un style tantôt très réaliste, tantôt plus poétique, en tout cas toujours puissant. 
Ce témoignage, méconnu, a une valeur littéraire mais aussi historique.

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Rien ne prédestinait à la vie monacale Edouard-Martial LEKEUX, né à ARLON le 19 juin 1884. Après de brillantes études à l’Athénée Royal, il effectua à BRUXELLES une année de préparation à l’examen d’entrée à l’Ecole Royale Militaire. Ses études militaires terminées, il fut affecté à LIEGE, comme officier d'artillerie.

 

En 1911, le 15 novembre, il quitta l'armée pour l'ordre franciscain sous le nom de « Frère Martial ».

 

Il étudiait la théologie à TURNHOUT, lorsque la guerre éclata. Il reprit le service actif. Le 5 août 1914, il est envoyé en mission à la Citadelle de LIEGE pour évaluer les moyens de défense.

 

Voici comment LEKEUX, aspirant moine, a été amené à faire la guerre de 14-18 comme combattant et non comme les autres ecclésiastiques. Ces derniers étaient des « dispensés du service en temps de paix ». Ils furent mobilisés comme ambulanciers. Sans aucune formation militaire, ils se retrouvèrent subitement sous les armes.

 

Il vécut la reddition de la Citadelle de LIEGE. Déclassée depuis 1891, celle-ci n'a joué aucun rôle dans la défense de LIEGE. C'était une caserne pour réservistes. Elle ne possédait que six canons inutilisables. Le 12e de Ligne l'avait quittée la nuit du 1er au 2 août 1914 pour aller défendre les ponts de VISE et d'ARGENTEAU.

 

Le 6 août, au soir, le Colonel ECKSTEIN qui montrait, des signes d'aliénation mentale, fit arborer le drapeau blanc. Il tenta de se suicider et fut interné le soir même. Martial LEKEUX raconte une scène surréaliste relative à ce Colonel. Celui-ci lui ayant indiqué où se trouvent les canons, il note:  «Quels canons, bon Dieu ! (...) Alignés comme dans un musée, ils sont là, six, immobiles, léthargiques, rouillés, qui roupillent depuis vingt ans à la même place, sur leurs énormes affûts. Ils sont tellement pétrifiés que les roues sont devenues ovales.

La Citadelle fut bombardée le 7 août à 5 h 30. Vers 7 h, une troupe allemande, se présenta à l'entrée de la Citadelle et s'en empara sans combat. Sa centaine d'occupants furent faits prisonniers.

 

LEKEUX avait quitté LIEGE le 6 à l'aube pour participer aux combats de BONCELLES et de HERSTAL. Après la retraite de Liège, il conduira ses hommes à Anvers où sa batterie sera une des dernières à tenir. De là, il rejoignit l'Yser via les PAYS-BAS et KNOKKE.

 

Il fut placé comme observateur d’artillerie de décembre 1914 à mai 1916 à OUD-STUIVEKENSKERKE. Là se trouvait une église détruite en 1870. Seul le clocher subsistait. Vu sa position stratégique, on l'utilisa comme avant-poste, fortifié. Il se révéla un très bon observateur des lignes ennemies.Il y reçut, en 1915, la visite du Ministre Emile VANDERVELDE. Ce dernier révéla l’existence de ce « moine-soldat » lors d’une interview diffusée par la presse. VANDERVELDE dit: « Il est sorti de son couvent. J'ai quitté ma Maison du Peuple. Nous nous défendons coude à coude contre l'agression brutale et injuste ». Rencontre de deux hommes, différents, mais, avant guerre, pacifistes.

 

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Dans son journal, il décrit la vie, curieuse, qui se déroule à proximité de son poste d'observation. Grâce à lui, nous connaissons la vie des « Spéciaux » qui s’installèrent dans le hameau  en janvier 1915 pour effectuer des  reconnaissances vers les lignes allemandes. La « compagnie spéciale pour missions dangereuses » créée à la fin du siège d’Anvers. C’étaient des aventuriers à la recherche d’un coup à faire. L’ennemi tenta de les déloger par des bombardements et par  l’envoi de patrouilles nocturnes.

 

Dans son livre «Mes cloîtres dans la tempête», publié en 1922, il relate tous ses souvenirs de guerre. LEKEUX reconnaît que la guerre est d’abord souffrance. Il le dit avec son vocabulaire de franciscain exalté par la mission divine dont il se croit investi:

« Souffrir, souffrir… C’est donc cela, la guerre ! Il semble vraiment que notre mission soit de sauver le monde par la seule force de la souffrance. Combattre, ce n’est plus se battre, c’est porter le cilice ; c’est raidir son âme contre son corps, se forcer à vouloir, dans la fatigue, le dénuement, la détresse de la chair. ».

 

Il y décrit des images de boucherie comme BARBUSSE. Mais ce n'est pas par pacifisme. C'est un mystique qui se met en scène en soldat du Christ. En troquant son froc contre l’uniforme, il pense avoir obéi à un ordre divin.Son livre, bien oublié aujourd'hui, connut l'une des plus forts tirages de la littérature de guerre (150 éditions). Il fut traduit en plusieurs langues.

 « Des hurlements s’élèvent : la tranchée est atteinte. J’y vais voir. Un homme sans main, assis, les pieds dans l’eau, devant un abri, regarde fixement dans le vide d’un regard désespéré, le front plissé comme une reinette, et tandis que le sang s’égoutte du moignon de son bras, ses lèvres ne cessent de remuer, comme s’il marmonnait un chapelet. Un autre est couché, le ventre troué, la figure blême tirée comme celle d’un mort, sans s’arrêter de pousser des « hein… » lamentables, avec une voix d’enfant malade... Que c’est donc stupide, la guerre !

( Mes cloîtres dans la tempête )

 

 

 

 

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La guerre finie, il rejoignit son couvent, rhumatisé, grippé en permanence et rongé par une gastrite. Il fut ordonné prêtre le 8 septembre 1920. Pendant des années, il mena une activité fébrile au service des régions dévastées qu’il fallait reconstruire. Il enchaîne conférences de ville en ville et animations dans les paroisses et établissements religieux.

 

En 1927 sort le livre « Le patelin de Notre-Dame » qui connut aussi un grand succès. Les bénéfices étaient destinés à  l’érection d’un calvaire devant DIXMUDE.

 

En 1931, ce sera « Passeurs d'hommes, le drame de la frontière 1914-1915 ». Un film en fut tiré en 1937. On y décrit en Belgique envahie, les efforts des Allemands qui cherchent en vain à démanteler l'organisation des passeurs d'hommes qui aident des volontaires à franchir la frontière vers les PAYS-BAS.

 

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En mai 1940, il se trouvait à ALEXANDRIE. Il décida de rejoindre LONDRES pour se mettre à la disposition du gouvernement belge. Il y fut promu major. En avril 45, on l'autorisa à rentrer. Il resta un an au Ministère de la Défense pour aider à la planification de la réorganisation de l’armée.

 

Martial LEKEUX  passera la fin de sa vie à la maison franciscaine de LIEGE. Pendant toute sa vie, il eut aussi une abondante production littéraire religieuse. Il termina celle-ci en s’attachant à faire connaître la vie d’un  jeune prêtre de sa génération, Edouard POPPE qui mourut à l’âge de 34 ans en ayant montré un zèle chrétien et une  piété exceptionnelle. Cette biographie fut son dernier livre.

 

Il mourut le 18 octobre 1962. Le cortège funèbre n’était formé que de ses confrères moines franciscains et de quelques pauvres et vieux de la paroisse.

 

16/01/2015

La mythologie de la baïonnette: les Monuments aux Morts"

La mythologie de la baïonnette

exprimée sur les

Monuments aux Morts.

La charge à la baïonnette, telle qu'elle est parfois racontée n'est qu'une légende. Le véritable corps à corps que cela impliquerait est extrêmement rare. 

Mais il y a, dans le public, une véritable fascination pour l'arme blanche. Il faut ajouter aussi que, en FRANCE, en tout cas, lors de leurs permissions, les combattants, bien souvent, exploitaient cette fascination et entretenaient cette légende.

On a manifestement toujours à l'esprit la lutte chevaleresque du moyen-âge. Hélas, la guerre de 14-18 fut tout sauf cela. 

Pour les combattants, lors des repos ou après la guerre, c'était plus valorisant que d'expliquer ce qu'ils avaient vraiment vécu. C'était peut-être aussi une façon d'épargner à leurs proches le récit des affres subies. Et aussi une façon d'exorciser ce qu'ils avaient parfois dû commettre.

Un officier français explique d'ailleurs:

" Le véritable corps à corps est extrêmement rare; celui des deux adversaires qui a le moins confiance se rend ou lâche pied quelques secondes avant le choc."

Quoi qu'il en soit, ce mythe s'est bien implanté à tel point que, très souvent, sur les monuments aux Morts, est représenté un combattant portant un fusil la plupart du temps muni de sa baïonnette.

En voici quelques exemples, en FRANCE et en BELGIQUE.

Au cimetière d'IXELLES

 

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A MALINCOURT ( France)

 

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LIGNIERES ( FRANCE )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A WANDRE

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VERVIERS

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QUIMPER

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15/01/2015

La baïonnette, arme emblématique de 14-18? La vérité.

La baïonnette est-elle vraiment l'arme emblématique de la guerre de 14-18 ?

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La baïonnette au bout d’un fusil, telle est souvent la représentation du combattant de 14-18. Qui plus est, cette image est presque toujours associée à l’idée d’assaut : on sort des tranchées et on part à l'assaut de la tranchée adverse « baïonnette au canon » !

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Tout d'abord, les tranchées étaient des boyaux larges au maximum de 1,60 m alors que les fusils, munis de leur baïonnette, faisaient 1,80 m de long. Voilà un équipement bien encombrant et bien inadapté. De plus, cela présentait des risques sérieux pour les compagnons de tranchées.

 

Est même née la fameuse mythologie de la « Tranchée des baïonnettes » à VERDUN. Certains pensent que des soldats ont été enterrés vivants dans une tranchée située non loin de la côte de THIAUMONT. D'autres, en revanche, n’y voit qu’une légende.

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En fait, il semble que ces derniers aient bien raison. Deux ans après la guerre, des étrangers en visite sur le champ de bataille remarquèrent une ligne de fusils dressés, certains portant encore avec leur baïonnette. De là est née la mythologie d'un groupe de soldats enterrés vivants avec leurs fusils, les baïonnettes dépassant le niveau du sol. En fait, il n'y avait là rien d'étonnant car c’était l’habitude des Français et des Allemands de jalonner ainsi les tranchées devenues inutiles, tranchées transformées en fosses communes pour les cadavres sans sépulture et comblées.

 

L'idée de soldats enterrés debout à leur poste par les explosions d'obus est d'ailleurs irréelle. Les obus ne peuvent fermer des tranchées. Au contraire, ils disloquent les tranchées et et éparpillent les corps des occupants. Cela frappa tellement les imaginations que la légende pris corps...et qu'un monument fut même érigé. De croyance, c'était devenu légende puis, hélas, imposture.

 

Il en est de même du combat à la baïonnette.  En 1914, les pertes par armes blanches ( baïonnettes,lances et sabres de cavalerie ) représentent seulement 0.9% des pertes humaines. En 1917, elles ne représentent plus rien. 

 

Quelles sont alors les armes utilisées et qui provoquèrent les pertes humaines ? La balle du fusil ordinaire, mais aussi les rafales de mitrailleuses et surtout, les tirs de grenade. Pour le combat entre combattants blottis dans des tranchées très proches les unes des autres, l'arme « idéale » est la grenade. C'est la façon la plus adéquate d'attaquer des adversaires proches mais invisibles.

 

Toutes les guerres ont nécessité une grande diversité d’armes. Ce qui caractérise la Guerre de 14-18, c'est l'accélération dans la recherche d'armes nouvelles et la course à leur perfectionnement. Chaque état belligérant a cherché à  produire des armes de plus en plus performantes et de plus en plus dévastatrices.

 

C'est symptomatique pour les grenades. Les premières grenades utilisées durant ce conflit furent de simples boîtes de conserves remplies de poudre et équipées d’une mèche.

 

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Des grenades ( au sens propre), plus élaborées, voient ensuite le jour: notamment les « Mills Bomb », provenant de GRANDE-BRETAGNE. La grenade « Mills » fut la première vraie grenade.

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Durant la guerre de 14-18, les grenades étaient lancées à  la main. Les lance-grenades n'apparurent qu’à l’entre-deux guerre.

 

Mais l'arme la plus meurtrière, en 14-18, fut incontestablement l'obus. Non seulement l'obus tue, mais il mutile gravement. C'est aux obus que l'on doit le nombre de « Gueules cassées ». Les blessures par obus sont plus horribles que les blessures par balles de fusil et même que les blessures causées par les grenades.

 

Voici quelques chiffres tirés de la Bataille de VERDUN. Et encore, ils sont bien incomplets quand on songe au nombre de soldats disparus. En 1916, elle causa la perte de 163000 français et 143 000 allemands, tués ou disparus. 216 000 français et 196 000 allemands seront blessés.

 

Voici cette sinistre statistique relatives à l'origine des blessures:

 

Eclats d'obus : 86% des blessures.

 

Balles de fusils ou de mitrailleuses: 6% des blessures.

 

Eclats de grenade: 4% des blessures.

 

Armes blanches: 1% des blessures.

 

Accidents: 3% des blessures.

 

Autres (gaz...): 1% des blessures.

 

Les tranchées virent aussi l'apparition d'armes telles que le lance-flammes et les gaz.

 

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08/01/2015

Guerre de 14-18: Un appel à l'unité nationale, réponse à la Flamenpolitik...

AFFICHE DE LA GUERRE DE 14-18.

Un appel, en néerlandais, à l'unité nationale.

 

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Ci-dessous, une affiche émanant d'une association dénommée en néerlandais "Maatschappijenvereeniging voor de Nationale verdediging" ( " Association des sociétés pour la Défense nationale" ).

Il s'agissait sans doute de faire pièce aux menées des groupements activistes flamands qui voulaient utiliser la guerre et la situation dans les tranchées pour prôner, déjà, une séparation du pays.

En clair, c'était une réponse à la "Flamenpolitik" conduite par l'occupant allemand. 

La "Flamenpolitik" fut lancée en 1916, ce qui permet de dater l'affiche. Au début de l'occupation consistait, l'autorité allemande traduisait les lois allemandes dans les deux langues de la BELGIQUE. Dès 1916, ils partirent de l'idée que la BELGIQUE telle qu'elle existait, même occupée, constituait un obstacle. L'Allemagne devait être entourée d'États inoffensifs et gagnés à l'influence allemande. Il fallait donc, dans leur esprit, diviser le pays en deux éléments, l'un flamand et l'autre wallon. Les autorités allemandes soutinrent le "Conseil de Flandre", qui proclama en 1917 l'autonomie de la Flandre.  Le gouverneur von BISSING constitua une commission pour préparer la division du pays. Par un décret le 21 mars 1917, il créa  deux régions administratives: La Flandre ( comprenant BRUXELLES et la Wallonie ). Pour bien marquer la différence des deux régions dans leurs rapports avec l'Allemagne, la partie wallonne, à l'inverse de la Flandre, ne disposa pas de Conseil. 

Les Allemands ont exploité les problèmes linguistiques existant avant 1914, en particulier la discrimination du néerlandais à l'époque.

ce qui est significatif, c'est la lettre envoyée par von BISSING au Kaizer en 1917, dont voici un extrait:

«Conformément aux indications de Votre Majesté, j'applique toute mon énergie à développer le plus rapidement possible la politique flamande [Flamenpolitik] ordonnée par Votre Majesté. Après m’être entendu sur les mesures à prendre, le 17 du mois passé, avec le représentant du chancelier, le secrétaire d’état à l’Intérieur, j'ai institué une commission qui doit préparer la division de l'ancien royaume de Belgique en partie flamande et partie wallonne. Comme premier pas, j'ai, d'après l'avis de cette commission, divisé, par ordonnance du 21 écoulé, le territoire du gouvernement général en deux régions administratives, une flamande et une wallonne. En prenant pour base la limite linguistique, ces deux territoires sont bornés par les frontières des provinces et il n'y a que le Brabant qui sera divisé en deux.
À mesure que l'avancement des travaux le permettra, les ministères wallons seront transférés à Namur, tandis que les [ministères] flamands resteront à Bruxelles. Suivant nos prévisions, on commencera par le déplacement du ministère wallon de l’Industrie et du Travail à Namur. Dès maintenant, on prend des mesures pour trouver des locaux à Namur. La séparation des ministères sera suivie d’autres mesures de séparation. Il convient de signaler particulièrement l’organisation judiciaire.
Aux mesures de séparation des autorités belges se joindra la nomination de deux chefs d'administration allemands, pour la Flandre et la Wallonie, et cette désignation va même se faire, dès maintenant. Les espérances fondées sur la création d'une Flandre délivrée de l'influence des Wallons seront, espérons-le, réalisées et serviront alors certainement les intérêts allemands."

Cette affiche est donc une réponse. Avec, une lourde gaffe commise. Elle s'adresse principalement aux soldats flamands et la résistance de la BELGIQUE est symbolisée par un coq ! Lourde erreur psychologique ! 

Ils utilisaient l'aversion des meneurs flamingants contre la langue française, rivale du flamand.  La suppression de l'usage du français en Flandre, réalisée par le gouvernement général allemand, leur a donné  satisfaction.  C'est ce qu’ils réclamaient depuis des dizaines d’années.

Cette affiche est réalisée par James THIRIAR.

James THIRIAR, né à Bruxelles en 1889 où il est décédé en 1965, est un dessinateur, illustrateur, peintre et costumier belge bruxellois, connu principalement pour ses dessins d'uniformes militaires.


Blessé au début de la Première Guerre mondiale alors qu'il combattait au sein de la Garde civique, James THIRIAR rejoint l'armée belge à LONDRES où il réalise de nombreux dessins de la vie quotidienne des soldats au front, publiés notamment par « The Illustrated London News ».


D'abord attaché au service topographique de l'armée pour la réalisation de cartes détaillées et de dessins de la ligne de front, il est transféré à la section artistique de l'armée belge en campagne en 1916 et organise plusieurs expositions à LA PANNE et à LONDRES en 1917.


Il produit des illustrations pour un magazine belge francophone du soldat appelé « L'Yser »: journal hebdomadaire du front belge, sous le pseudonyme de « UILENSPIEGEL ».


Il réalise aussi des dessins sous le titre "La guerre sur l'Yser" dessinée par les combattants pour le magazine bimensuel français "La Guerre des Nations".

 


En 1917, il illustre le livre de Jacques PIRENNE intitulé Les Vainqueurs de l'Yser.
Après la guerre, il publie en 1920 son propre livre de mémoires et d'illustrations, "Gloire et Misère au Front de Flandres 1914-1918", et illustre d'autres livres tels que "Raconte la Guerre" de Robert VIVIER.

 

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Von BISSING devint gouverneur militaire de BELGIQUE après avoir repoussé l'armée belge derrière l'Yser. Il est mort le 18 avril 1917 à BRUXELLES. Il est enterré à BERLIN. Il a appliqué chez nous les théories du pangermanisme. Le pangermanisme considèrait la BELGIQUE comme une création artificielle de la diplomatie qui aurait ravi à l’Allemagne plusieurs millions de "germains" pour les obliger à vivre avec les Wallons, de race différente.