04/01/2015

Le souvenir des Terre-Neuviens: le mémorial, le myosotis.

 

Le sacrifice des Terre-Neuviens à la bataille de la Somme.

 

commémoration 14-18, combattants

 

TERRE-NEUVE était, à l’époque de la guerre, un Dominion britannique au même titre que le CANADA qu’il ne rejoindra qu’en 1949.

 

A ce titre, comme tous les autres pays de l’Empire, ce territoire a levé une armée de volontaires. Cette île, d’une superficie de 115.220 kilomètres carrés soit 4 fois la BELGIQUE, située au Nord-Est du fleuve Saint-Laurent, vit partir au combat, vers les Dardanelles et ensuite, en mars 1916, en France , plus de 6.000 de ses hommes. 1.305 ne rentrèrent jamais au pays.

 

Ils se sont illustrés lors de la bataille de la Somme. La bataille de la Somme désigne une confrontation opposant, du 1°juillet au 18 novembre 1916, les Britanniques et les Français aux forces allemandes. C'est la première offensive conjointe franco-britannique. Elle fut une des batailles les plus sanglantes de la guerre de 14-18. Elle fit environ 1 060 000 victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus.

 

Leurs tranchées se situaient dans la commune de BEAUMONT-HAMEL. Le régiment terre-neuvien faisait partie de la 29° Division.

 

L’artillerie avait pilonné les lignes allemandes pendant cinq jours avant l’attaque, dans l’intention de détruire les fils de fer barbelés de la zone neutre et de tuer ou démoraliser les soldats allemands. Mais ces derniers étaient retranchés bien profondément sous terre et les bombes n’affectèrent guère les barbelés.

 

La première vague, lancée à 7 h 30, fut très rapidement stoppée par les réseaux de barbelés resté intacts, par les mitrailleuses et les obus allemands. A 8 h 45, le 1° juillet 1916, les Terre-Neuviens ainsi que l’Essex Regiment s’élancèrent à leur tour. Les hommes du régiment terre-Neuvien, à peine sortis de leurs tranchées, se trouvèrent pris sous le feu de mitrailleuses allemandes. L’attaque ne dura pas 30 minutes. Les pertes furent effroyables parmi les Terre-Neuviens. Sur les 802 hommes du bataillon, seulement 68 ressortirent indemnes. Les autres furent tués (un tiers de l’effectif) ou gravement blessés. Une demi-heure plus tard, ils n’étaient plus que 68 valides. Tous les officiers avaient été tués ou blessés. Proportionnellement aux effectifs engagés, cette action fut l’une des plus meurtrières de l’offensive de la Somme.

Le 1° juillet 1916, premier jour de la bataille,fut, pour l'armée britannique, une véritable catastrophe, avec 58 000 soldats mis hors de combat dont 19 240 morts. Le régiment Terre-Neuvien donna, proportionnellement aux forces engagées le plus fort taux de victimes.

 

Ce qui explique que cette bataille occupe une place importante dans la mémoire collective des Britanniques, des Canadiens, des Australiens et des Néo-Zélandais. Le 1er juillet est une journée de commémoration dans le département de la Somme.

 

À BEAUMONT-HAMEL, a été érigé le mémorial Terre-Neuvien. Le site couvre 16hectares. Ce lieu historique est situé dans le nord de la FRANCE, à neuf kilomètres au nord de la ville d'ALBERT.

 

Ce lieu de mémoire est consacré pour bonne part aux Terre-Neuviens. Le terrain fut acheté au sortir de la Première Guerre mondiale, grâce à des fonds recueillis en grande partie par les Terre-Neuviens. Réaménagé en 1960, il est propriété du Newfoundland ( Territoire de Terre-Neuve » ) et de la Province canadienne du Labrador dont dépend Terre-Neuve. Celui-ci donne une vision réaliste des combats grâce à un champ de bataille bien conservé. Le site s’étend sur 30 hectares. Il fut inauguré en 1925. La table d’orientation permet de situer correctement la position des armées en présence. 

commémoration 14-18, combattants

Le site est géré par l’Etat canadien. Ce parc est ouvert tous les jours et la visite est gratuite. Horaires d'ouverture hebdomadaires:Ouvert tous les jours du 15 janvier au 15 décembre de 9h à 17h (du 1er mai au 30 octobre, de 10h à 17h).

 

Beaumont-Hamel a été désigné lieu historique national du Canada en 1997 parce que :

  • les exploits, la contribution et les sacrifices de Terre-Neuve pendant la Première Guerre mondiale revêtent en soi une importance nationale considérable;

  • la perte de Terre-Neuviens au cours de cette guerre a eu de profondes répercussions sur la colonie;

  • l'endroit témoigne éloquemment du courage et de l'esprit de sacrifice dont ont fait preuve les membres du Royal Newfoundland Regiment pendant la bataille de la Somme, le 1er juillet 1916, et immortalise les soldats terre-neuviens morts au combat qui n'ont pas de sépulture connue.

 


A l’entrée du mémorial se trouve le monument à la 29ème division. Un chemin conduit à la table d’orientation, au sommet de 
la butte du Caribou, appelée ainsi car elle est surplombée d’une statue de caribou en bronze de deux mètres de haut. Le caribou est l'insigne du Royal Newfoundland Regiment( Régiment Royal Terre-Neuvien » ). L'effigie du caribou est également présente sur la pièce canadienne de 25 cents. C'est aussi le symbole du grand nord canadien, et, de Terre-Neuve particulièrement. Le caribou est devenu le symbole du courage des soldats venus de Terre-Neuve. On peut ainsi retrouver le même caribou à Monchy-le-Preux, Beaumont-Hamel et Gueudecourt dans la Somme et à Courtrai en Belgique.

 

C’est de cet endroit qu’est parti, le 1° juillet 1916, l’assaut. Là, une table d'orientation offre une vue d’ensemble sur tout le champ de bataille et permet de voir et de comprendre le dédale des tranchées.

commémoration 14-18, combattants

Au pied de la butte, se trouvent trois plaques portant les noms des 814 Terre-Neuviens demeurés sans sépulture. Ces derniers représentant soixante pour cent des effectifs Terre-Neuviens morts au combat ou décédés en mer.

commémoration 14-18, combattants

Saviez-vous que les Terre-Neuviens ornent leur habit du myosotis chaque 1er juillet en hommage à ceux qui ont combattu et ont consenti le sacrifice ultime durant la bataille de la Somme à BEAUMONT-HAMEL, lors de Première Guerre mondiale ? Rien d'étonnant, le myosotis est surtout surnommé par des phrases poétiques amoureuses : « Aimez-moi », « Souvenez-vous-de-moi », « Pensez à moi » et le plus souvent: « Ne m'oubliez pas » !

commémoration 14-18, combattants

 

Avant rejoindre le CANADA en 1949, les Terre-Neuviens célébraient traditionnellement Memorial Day chaque 1er juillet, date choisie en hommage aux centaines de soldats du Royal Newfoundland Regiment tués ou blessés le 1er juillet 1916 à Beaumont-Hamel (France). Le myosotis a d'abord été un symbole de respect et est plus tard devenu une source de revenus pour les anciens combattants blessés. Encore aujourd'hui, de petites fleurs de myosotis en tissu sont portées le 1er juillet à Terre-Neuve-et-Labrador en signe de commémoration.Ces fleurs servent à rappeler qu’il ne faut pas oublier ceux qui sont morts en service.

02/01/2015

Au "Poilu" français correspond le "Jass" belge.

Au « Poilu » français correspond le « Jass » belge.

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Les combattants des différents pays qui participèrent à la Première Guerre mondiale, furent baptisés de surnoms. Chaque nation avait, à l’époque, un surnom pour ses propres soldats.

 

  • France: les « Poilus ». Contrairement à une idée largement répandue, le terme « Poilus » reste uniquement appliqué aux combattants français. Ils ne sont pas surnommés ainsi en raison de l'impossibilité de se raser dans les tranchées. Ce surnom est déjà utilisé au XIXe siècle, par BALZAC notamment. "Poilu", devenu synonyme de "soldat de 1914-1918", renvoie à la notion de courage viril.

  • Allemagne: les « Michel’s ou Landsers ». Ce dernier mot fut aussi utilisé durant la seconde guerre et semble aussi l'être dans la Bundeswehr. Il ne semble pas exclusif de la guerre 1914-1918 contrairement au mot « poilu ».

  • Angleterre: les « Tommies ». Ce surnom est très ancien, peut être même d'avant le XVIIIe siècle.

  • Australie: les « Diggers ». Ceux qui creusent.

  • États-Unis: les « Doughboys », les « Sammies ».

  • Turquie: les « Mehmetçik » (lire Méhmédtchique, littéralement « petit Mehmet », allusion au prophète Mahomet).

  • Portugal: les « Serranos ».

  • Nouvelle-Zélande: les "kiwi" en référence à l'oiseau emblème du pays

  • Belgique: les Jass ( Nous dirons pourquoi ).

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Pendant la guerre 14-18, plusieurs surnoms désignèrent le soldat belge. “Jass” (ou “jasse”, “jas”), “piotte”, “piou-piou” ou même “poilu” furent indifféremment utilisées par les anciens combattants belges dans leurs carnets de guerre. Durant l’entre-deux-guerres, le terme “jass” va s’imposer.

 

En pleine guerre, dans un journal des tranchées composé artisanalement, on le trouve dans un article humoristique:

 

« Les zharicots sont entrés en guerre avant les Etats-Unis, Cuba et le Brésil et personne ne leur en a su gré. Ah! s'ils avaient pu rester neutres, ceux-là ! C'est que nous, le peuple de «jasses », préférions conserver comme alliés directs nos sincères, réconfortantes et savoureuses patates... ».

 

L'utilisation du surnom « poilu » est impropre appliqué aux soldats belges. En fait, il n'y pas eu de "poilus" belges ! Ce terme ne s'applique proprement qu'aux soldats français.

 

On trouve plus couramment celui de "Piotte". « Piotte » est un mot d’avant-guerre, utilisé jusqu’à la fin des années trente. Il désigne le soldat des régiments d’infanterie de ligne, par opposition aux cavaliers, artilleurs ou aux hommes des régiments de fantassins plus prestigieux, comme les grenadiers. Dans le contexte du début du siècle, il fait penser à une "armée de pauvres". Ce terme est péjoratif: on n’admire pas le « piotte », on le méprise ou, au mieux on le plaint. Ce terme implique aussi l'idée de subordination du soldat à la hiérarchie. Durant la guerre de 14-18, la distinction entre « piottes » et les autres, plus nobles, s'atténua rapidement pour disparaître lorsque tous connaîtront le même sort derrière l'Yser. A ce moment, seuls les aviateurs étaient distingués.

 

Tout cela explique que le mot « Jass » ait fini par s'imposer. Soit ! Mais alors comment expliquer qu'il ait fini par disparaître de la mémoire collective. De même que le mot « Piotte ». et que, de nos jours, on entend souvent référence erronée au mot « Poilu ». Ce n'est pas étonnant. Cela s'explique facilement par la prédominance chez nous de la littérature, des revues et du cinéma d'origine française.

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A ARLON, on trouve une statue qui est populairement appelée « Le Jass », une statue de bronze de 2.30 m. de hauteur figurant le soldat belge, selon son surnom de l'époque. Elle est l'oeuvre du sculpteur Jean-Marie GASPAR. Elle fut inaugurée le 3 octobre 1920 grâce à une souscription publique. Un exemple qui prouve bien la popularité du terme au sortir de la guerre.

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Mais, première question, d'où vient ce terme ?

De l'uniforme militaire belge de 1914. Le soldat belge de 1914 était affublé d'un manteau encombrant et peu conforme aux besoins d'une armée en campagne. Cela n'a d'ailleurs rien de déshonorant car il apparaît que les autres armées n'étaient guère mieux préparées sur le plan vestimentaire : le pantalon rouge des français, le calot des français et le képi des anglais, le casque en cuir des allemands et les uniformes souvent rétrogrades de plusieurs unités allemandes...Plus tard, dans le courant de 1915, les soldats belges reçurent un autre équipement: d'abord une casquette qui les protégeait...du froid et non des obus et un habillement fait de tissus d'origines assez disparates, souvent kaki...avant de recevoir, enfin, un casque.

 

Plus tard, il est habituellement représenté en tenue kaki revêtu d'un manteau. C'est cette tenue qui lui a valu le surnom légendaire de « Jass ». C'est l'adaptation pure et simple du mot flamand « Jas » qui signifie « Manteau ».

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On trouve ce mot dans la littérature des tranchées de l'époque, comme non l'avons déjà vu plus haut. Il y a un autre exemple: le livre "Alphabet de la guerre. Pour les grands et les petits" de André HELLE. ( Contributor Fernand Allard L'Olivier ).

 

Mais, seconde question : comment le prononcer ?

Si l'on s'en tient à l'origine flamande du mot, il faut prononcer « Yass ». Le j néerlandais se prononçant comme le y français de « Yolande ». Cependant, il semble bien que la prononciation de ce terme ait été francisée.

 

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 Cependant, au vu du texte ci-après, publié durant la guerre, on a orthographié "Yass" et non "Jass". Cela semble vouloir dire que, dans les tranchées, tout le monde, wallon ou flamand, prononçait "Yass" !

Tout comme le terme, cela semble avoir été oublié !

 

commémoration 14-18,combattants

29/12/2014

Sujet à remettre en lumière: la déportation civile en 14-18.

Les déportés civils belges en 14-18.

 

En fait, la déportation de civils belges est le prototype de ce que les nazis instaureront durant la seconde guerre mondiale ( le sinistre STO en FRANCE ). La déportation débuta en réalité en 1916.

 

Le 3 octobre 1916, un arrêté du Grand Quartier générai allemand institua, en Belgique occupée ( mais elle était entièrement occupée sauf quelques hectares derrière l'Yser où se massait l'armée belge ), un régime du travail forcé, avec déportation, pour toute personne inoccupée tombée, théoriquement, à la charge d' autrui.

 

On a bien écrit « théoriquement ». C'était pour masquer la véritable intention. Une sorte de « double langage » pour donner à cette mesure une apparence sociale.

 

Ce fut, en réalité, une mesure générale, d'intérêt militaire, applicable indistinctement à toute la population valide du territoire occupé. Les déportations commencèrent vers la mi-octobre 1916. Ces mesures sont exécutées de manière très rigoureuse, en faisant bien ressentir la contrainte. Manifestement, les autorités allemandes y avaient pensé depuis longtemps car les procédés prouvèrent une préparation administrative minutieusement étudiée.

 

En 1916, en pleine bataille de VERDUN, le haut commandement allemand fit le choix de la guerre à outrance non seulement sur le plan militaire mais également sur le plan économique: dans les zones proches du front, soumises à l’autorité des armées, les déportations commencent en octobre 1916 et dureront jusqu’à la fin de la guerre, au mépris des conventions relatives au droit de la guerre.

 

Combien de Belges furent ainsi déportés ? Il est difficile de le dire. Les chiffres sont variables selon les sources. Ils étaient âgés de 17 à 60 ans !

 

Les civils déportés furent expédiés le plus souvent vers l'Allemagne. On estime à 60000 ceux qui furent envoyés en Allemagne. Francis BALACE, donne, lui, le chiffre de 90000 Belges envoyés travailler en Allemagne. Il ne faut pas y voir de contradiction. En effet, 30000 hommes ( principalement des mineurs du Hainaut) s'y rendirent comme volontaires. A leur décharge, les autorités allemandes avaient désorganisé le marché du travail, les conditions matérielles étaient pénibles et on procéda à des réquisitions des chômeurs entre 1916 et 1918. Certains, à l'époque, donnent encore des chiffres plus importants mais il faut se méfier de l'effet de propagande.

Toute vérité, même désagréable, doit être dite: des travailleurs parmi les plus démunis, espérant être mieux traités que les déportés, s’engageront comme volontaires. A la fin du conflit, il y en près de 160000.

Un certain nombre fut dirigé, vers les départements occupés du nord de la FRANCE. On estime leur nombre à 62000. Ils y furent employés sur le front, sous la contrainte, à des travaux interdits par le droit des gens car destinés directement à l'armée allemande. Souvent, durant ces travaux, ils étaient exposés aux tirs de l'artillerie alliée. Ils furent utilisés à la construction de la fameuse « Ligne HINDENBURG », vaste système de défenses et de fortifications au nord-est de la FRANCE, aménagé pendant l'hiver 1916-1917. Cette ligne s'étend sur près de 160 km de LENS aux environs de SOISSONS. A ces 62 000 civils belges, il faut ajouter environ 20 000 Français.

 

L'Administration allemande se heurta à la résistance passive et aux protestations des bourgmestres et collèges échevinaux belges. Elle n'en tint aucunement compte. Des protestations très énergiques lui furent faites par diverses autorités belges et étrangères ( l’Ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles), morales ( le Grand Maître du Grand Orient de Belgique,le Cardinal MERCIER et l'épiscopat ), scientifiques ou judiciaires ( la Cour de Cassation, entre autres).

 

Ce n'était rien d'autre qu'une sorte d'esclavagisme organisée en Belgique par l'Allemagne, une tentative officielle de rétablissement de l'esclavage dans les coutumes de la guerre. Cela traumatisa la population. Il faut se rappeler que pour la Belgique et surtout la Wallonie d’avant-guerre, l’Allemagne était un partenaire économique de première importance et une référence culturelle. Dans l'enseignement secondaire,la langue allemande était souvent la première langue étrangère enseignée.

 

L'Administration allemande contesta la théorie de l'esclavagisme. Si l'on s'en tient aux déclarations du Gouverneur général von Bissing au représentant du New-York Times, « l'Allemagne, en organisant le travail forcé et la déportation violente des Belges, ne ferait qu'accomplir, dans une pensée supérieure d'humanité et d'hygiène morale, le devoir imposé à l'au- torité occupante, par les Conventions de La Haye, de sauvegarder l'ordre public et l'intérêt social des régions occupées, mis en péril par l'extension du chômage en Belgique. »

 

Les protestations relayées par la propagande internationale, auront raison de ces exactions: en mars 1917, les déportations sont suspendues. Sur le plan moral, le retentissement fut énorme: la haine contre l’occupant augmente. Ces sentiments sont encore renforcés quand la population découvre l’état pitoyable dans lequel les déportés rentrent au printemps 1917.

Tous ne rentrèrent pas: 2614 moururent. Ils se répartissent de façon +/- égale entre les deux groupes ( travailleurs en Allemagne et travailleurs sur le front )..

D’autre part, l’Allemagne a été condamnée moralement par la communauté internationale. Elle n’avait pas respecté l’un des fondements des Conventions de La Haye: aucun civil ne peut être utilisé au profit de l’effort de guerre de l’ennemi contre sa patrie.

On ne sait pourquoi l'histoire de la déportation civile belge a été, au fil du temps, gommée. Elle reste un aspect maintenant méconnu de la guerre. Un autre aspect méconnu, la résistance des rétifs au travail obligatoire en Allemagne. Parmi les milliers de Belges déportés outre-Rhin pour servir de main-d’œuvre forcée, nombreux refusèrent de travailler pour l’Occupant. Parqués dans des camps, ils furent maltraités, soumis au chantage et à la faim pendant des mois, avant d’être rapatriés faute d’avoir cédé.

En BELGIQUE, la figure du déporté, comme celle du civil fusillé, est reconnue. Dans de nombreuses communes, ils côtoient, sur les mémoriaux, les combattants et les prisonniers. Toutefois, pour être reconnus, ils devront d’abord prouver qu’ils n’étaient des volontaires.

En FRANCE, en revanche, les violences à l’égard des civils seront occultées dans les mémoires au profit de la glorification du seul « Poilu ». Après l'Armistice, c’est la suspicion qui domine. Le déporté est souvent soupçonné d’avoir été un volontaire. C'est aussi une préfiguration du sort réservé plus tard aux STO.

commémoration 14-18, déportation , combattants

 

 

Médaille du déporté

commémoration 14-18, déportation , combattants

26/12/2014

LATOUR: tragique destin d'une famille en 1914.

CIMETIERE DE LATOUR

( VIRTON )

 

Comme cela é déjà été expliqué sur ce site, le village de LATOUR ( fusionné avec VIRTON en 1976 ) a été victime de la barbarie allemande fin août 1914.

Le cimetière du village contient nombre de tombes qui y font référence.

Ci-dessous, une tombe  qui nous interpelle: celle de la famille LAVAL. Ont été massacrés le père et trois de ses fils.

D'autant plus tragique que, sept jours plus tôt, le quatrième fils avait été victime de l'explosion du Fort de LONCIN.

Ce qui explique la mention portée sur la stèle.

Une question, le 22 août, à LATOUR, connaissait-on les sort tragique du FORT de LONCIN ?

On peut peut-être en douter: à l'époque, pas de téléphone, ni de radio, les journaux en ont-ils parlé ? et qui lisait les journaux à LATOUR ?

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21/12/2014

Pourquoi le bleuet pour les Francais ?

Au coquelicot des Britanniques correspond le bleuet des Français.

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Le coquelicot et le bleuet sont devenues les fleurs symboles de la guerre de 1914-1918. En FRANCE, l’armistice de la première guerre mondiale (11 novembre 1918), à pris cette fleur comme symbole.

 

Elle pousse très souvent dans les champs de blés. C’était autrefois une plante très commune qui s’est raréfiée de nos jours à cause des pesticides et des désherbants.

 

Dans les compositions florales le bleuet est signe de timiditédélicatesse mais aussi de fidélité. Les bleuets – comme les coquelicots – continuaient à pousser dans la terre retournée par les milliers d’obus qui labouraient quotidiennement les champs de bataille. Ces deux fleurs étaient le seul témoignage de la vie qui continuait et la seule note colorée dans la boue des tranchées.

 

La FRANCE a choisi le bleuet, présent en abondance dans l’Est de la France alors que le ROYAUME-UNI a privilégié le coquelicot, présente dans les champs de bataille des Flandres, de la Somme et de la Picardie.

 

Mais pour les Français, le mot « bleuet » a aussi une autre signification.

 

En 1915, les soldats présents au front depuis la mobilisation ont donné le surnom de « bleuets » aux jeunes recrues qui arrivaient au front, habillées du nouvel uniforme « bleu horizon » de l’armée française. Ces jeunes recrues avaient été surnommés ainsi par les poilus plus anciens qui avaient porté le désastreux pantalon « rouge garance »  en usage au tout début de la guerre. Ce surnom persistera toute la guerre parce que l’uniforme neuf aux couleurs encore fraîches qui équipait le nouvel arrivant contrastait avec la couleur de boue des uniformes des plus anciens.

 

Dans l’argot militaire, « Bleus, bleuet, bleusaille » désigne un soldat inexpérimenté. En temps de guerre, un soldat n’ayant pas encore ou peu vu le feu.

 

La popularité des « Bleuets » est telle que la propagande utilisera cette image au travers de cartes postales, affiches, chansons et poèmes:

 

« Les voici les p’tits « Bleuets »
Les Bleuets couleur des cieux
Ils vont jolis, gais et coquets,
Car ils n’ont pas froid aux yeux.
En avant partez joyeux ;
Partez, amis, au revoir !
Salut à vous, les petits « bleus »,
Petits « bleuets », vous notre espoir ! »

 

— Alphonse Bourgoin, extrait de Bleuets de France, 

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Le « Bleuet de FRANCE » fut donc un symbole commémoratif de la Première Guerre mondiale vendu sous forme de broches que l'on portait à la boutonnière.

 

A l'origine de ce symbole on trouve deux femmes: une infirmière, Suzanne LENHARD, veuve du Capitaine Maurice LENHARD du 21ème régiment d'infanterie coloniale, et Charlotte MALLETERRE, fille du Général NIOX, Commandant de l'Hôtel des Invalides. Toutes deux furent émues par les souffrances endurées par les blessés de guerre dont elles ont la charge, A elles deux, elles organisèrent des ateliers pour confectionner des bleuets dont les pétales sont en tissu et les étamines en papier. Les recettes de ces insignes devaient permettre de dégager des fonds pour la réinsertion des invalides et blessés de guerre.

 

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Madame LENHARD

 

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Madame MALLETERRE

Voici les références de cette oeuvre :

Œuvre Nationale du Bleuet de France 
Hôtel National des Invalides 
75700 PARIS 
Tél. : 01 49 55 75 41 
Fax : 01 49 55 75 05 
Chargé de la promotion du Bleuet de France : Alexandre FONS
Mail : 
alexandre.fons@onacvg.fr

 

La comparaison avec le coquelicot des Britanniques s'arrête là.

 

En 1920, Louis FONTENAILLE, président des Mutilés de France, présenta dans un rapport à la Fédération Interalliée des Anciens Combattants à Bruxelles un projet destiné à rendre pérenne le Bleuet de France comme fleur symbolique des soldats français morts pour la FRANCE.

 

En 1928, Gaston DOUMERGUE, Président de la République, accorda son haut patronage au Bleuet de France. Les ventes augmentèrent alors progressivement. Elles s'étendirent à l’ensemble du pays 

 

C'est depuis 1934 seulement que furent vendus lors de la commémoration de l'armistice des fleurs de bleuet confectionnées par les anciens combattants. L'Etat français officialisa cette vente dès 1935, chaque 11 novembre afin de témoigner de la reconnaissance de la nation. Depuis 1957, le 8 mai est le deuxième jour de vente autorisée.

 

Cette organisation avait fortement décliné. Un groupe d'officiers de l'École de guerre et du Cours supérieur d'état-major (CSEM) a décidé de relancer la vente de bleuets. De nos jours, l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) a pris en charge la gestion de « l'Oeuvre Nationale du Bleuet de France ». 

 

En 1957, un second jour de collecte est créé, le 8 mai, date anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie. Depuis, chaque année lors des commémorations du 8 mai et du 11 novembre, le Bleuet de France est vendu sur la voie publique par des bénévoles de L’Œuvre Nationale du Bleuet de France.

 

A la différence de la FRANCE, au ROYAUME-UNI, la vente de coquelicots en papier commence près de deux semaines avant le 11 novembre et l'adhésion publique y est sans commune mesure. A tel point que le coquelicot a même franchi les océans et est arboré chez nous.

 

Cette vente recueille beaucoup moins d'écho. 90 % des ressources de l'oeuvre proviennent essentiellement des collectes sur la voie publique le jour du 11 Novembre (environ 1,2 million d'euros pour les meilleures années). C'est très loin derrière les résultats de la Royal British Legion, qui récolte chaque année plus de 50 millions d'euros avec son Poppy.

 

A l’occasion du centenaire de la Guerre de 14-18, la Monnaie de PARIS a édité une nouvelle série dont le symbole est un Bleuet.Avec cette nouvelle série, La Monnaie de Paris soutient le « Bleuet de France » en lui reversant 1 € sur chaque vente de cette série.

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L’Œuvre soutient aussi les militaires actuellement engagés sur des théâtres d’opération: par exemple le « Colis de Noël pour les soldats en OPEX ». Elle participe aussi à des actions auprès des écoles, des collèges et des lycées en participant financièrement à des déplacements permettant la découverte de lieux de mémoire.

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En 2011, près de 32 000 bénévoles ont réuni 1 102 449 € qui ont permis de venir en aide à 18 141 personnes et d’organiser plus de cinq cents initiatives de mémoire pour les jeunes génération partout en FRANCE.

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 Le Président François HOLLANDE porte le bleuet à la boutonnière.

 

12/12/2014

La Guerre de 14-18 et le spiritisme.

La guerre 14-18 et le spiritisme.

 

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Beaucoup de gens n'avaient jamais entendu parler du spiritisme avant cette période. Malgré l'existence de groupes, le sujet n'était guère compris. On ne lui reconnaissait guère d'existence.

 

La guerre a tout changé. Il faut distinguer les diverses périodes ( pendant la guerre et après la guerre ) et les endroits ( au front et dans les familles ). Il y a aussi une différence entre la FRANCE et la BELGIQUE. Et en BELGIQUE, la situation est autre en Wallonie qu'en Flandre. Et encore, en Wallonie, il y a des différences selon les régions. Le spiritisme en Belgique était presque exclusivement une spécialité wallonne. Il y avait des sections à Liège, Charleroi, Mons, Namur et Bruxelles. Il faut aussi parler de la mouvance Antoiniste, l'antoinisme n'étant rien d'autre qu'une dissidence du spiritisme.

 

Pourquoi cet intérêt soudain pour le spiritisme ( ou activités apparentées ) ? La mort qui frappait presque toutes les familles du pays, ou qui menaçait de frapper, a suscité un intérêt puissant pour la vie après la mort.

 

Nous assistons ici à deux phénomènes différents, deux croyances différentes.

 

Tout d'abord, les gens ont souhaité savoir si une communication était possible avec leurs chers disparus et, à l'aide de médiums, rechercher le contact. Des milliers de gens se sont aussi mis à chercher pour eux-mêmes. Dans cette optique, c'est la croyance en la possibilité d'entrer en relation avec les âmes des défunts.

 

D'autres ont poussé plus loin. Ils se sont posé la question : « Si un homme meurt, vivra-t-il à nouveau ? » Dans ce cas, c'est la croyance en la réincarnation. Ils étaient tellement frappés par l'injustice de ces morts qu'ils ne pouvaient pas se résoudre à la disparition définitive des victimes.

 

Il faut encore ajouter une forme souvent confondue avec le spiritisme mais qui s'apparente davantage avec la radiesthésie, la curiosité, le besoin de savoir où et dans quel état se trouvaient les soldats au front. C'est surtout le cas en BELGIQUE où le contact entre l'armée et les familles était pratiquement inexistants. Ici, nous rencontrons trop souvent les charlatans et les adeptes de superstitions. C’est l’avis d’un journaliste du Messager de Bruxelles qui écrit ceci en avril 1916 « ...jamais les diseuses de bonne aventure n’ont fait autant d’affaires que depuis le début de la guerre. J’ai eu l’occasion d’en interviewer une ces jours derniers et elle m’a confirmé que sa clientèle, féminine particulièrement, avait augmenté dans des proportions incroyables ".

 

Au front : la mort est devenue un élément du quotidien. Une culture de la mort s’est installée, souvent violente. Cependant, il semble que les soldats du front aient été écartés ( certains diront « protégés » des avancées spirites. Il y avait un fort encadrement religieux par les aumôniers.

 

Alors que le marché des livres relatifs aux prophéties, au spiritisme ou à d’autres croyances ésotériques et irrationnelles se porte bien en FRANCE ou en GRANDE-BRETAGNE pendant la guerre, en BELGIQUE occupée il est tout simplement impossible de publier de tels ouvrages.

 

En ce qui concerne la FRANCE, pour ne pas être exhaustifs, on peut citer le cas de LYON. Jusqu’à la guerre de 14-18, la Société d’Etudes Psychiques et Spirites de Lyon, présidée par M.BOUVIER, est en plein essor. Environ 7 à 800 personnes participent à des manifestations diverses: conférences, spectacles , un banquet et bal familial...Mais la tourmente de la guerre mondiale met la Société en veilleuse. Ce qui n’empêche pas le Président BOUVIER d’envoyer du coton magnétisé aux soldats du front. L’Ordre des Médecins lui intenta un procès pour exercice illégal de la médecine, mais son action tourna court vu la popularité de BOUVIER. En outre, ce n'était pas le moment de s’attacher à la froideur de la Loi alors qu’il y a tant de souffrances. Tout était bon pour soutenir le moral des troupes et de la population. Il aurait donc été malvenu de s'en prendre à cet homme.

 

Après l'Armistice, une culture et des rites funéraires se mettent en place. on érige des monuments aux morts, on fait des pèlerinages en famille sur les lieux même des combats, on magnifie les cimetières militaires. Ce sera aussi les «  Soldats Inconnus  »

 

On assiste alors à un regain du spiritisme, pour tenter de communiquer avec l'êtrecher trop tôt disparu. On peut citer le cas le plus célèbre. C'est en GRANDE-BRETAGNE: Arthur Conan DOYLE qui perdit son fils, son jeune frère et deux neveux durant la guerre... Conan Doyle sombra dans la dépression. Il trouva le réconfort en défendant le spiritisme. Il écrivit divers ouvrages dans lesquels il prétend prouver l'existence de la vie après la mort et la possibilité de communiquer avec l'au-delà.

 

En BELGIQUE, il faut s'attarder au cas de l'Antoinisme. Voici un extrait de l'ouvrage consacré à l'antoinisme par un Professeur de l'Université de LIEGE, Pierre DEBOUXHTAY.

 

« Survint la guerre. L'antoinisme profita du réveil des sentiments religieux qui marqua cette période, pour enfoncer ses racines dans la terre wallonne. »

 

DEBOUXHTAY cite ensuite un texte émanant du Culte Antoiniste :

 

« Pendant que la guerre accumulait les ruines et semait l'épreuve, le Culte Antoiniste se développait au milieu des obstacles, attirant la foule des coeurs meurtris que la révélation appropriée aux temps nouveaux éclairait et réconfortait. A la lecture du soir, dans la communion fraternelle si profonde que réalise l'Enseignement du Père, les adeptes anciens et nouveaux puisaient les forces morales nécessaires pour supporter les rigueurs de l'existence matérielle et les souffrances en tous genres : maladies, silencieuses et cruelles séparations ou morts d'êtres aimés. La guerre n'arrêta pas la construction des temples. En 1915, alors que la vie sociale était comme paralysée et que le doute angoissait les âmes, il s'élevait à MOMALLE et à SERAING des sanctuaires antoinistes, symboles de foi et d'espoir. L'année suivante, Mère ANTOINE allait consacrer d'autres à VISE et à BRUXELLES au milieu d'une population recueillie. Puis la sainte cérémonie se renouvelait en 1917 à HERSTAL et à LIEGER, en 1918 à JUPILLE et en avril dernier à JUMET »  ( extrait de «  Le Père Antoine et son oeuvre ,1919 » )

 

 

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10/12/2014

Pourquoi le coquelicot ?

D'où vient la popularité du coquelicot ?

 

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Pourquoi le coquelicot est-il généralement associé dans les pays du Commonwealth au souvenir des combattants morts au front et plus précisément à ceux tombés lors de la Guerre de 14-18 ? Le coquelicot est devenu le symbole du "Remembrance Day", jour de souvenir en hommage aux soldats morts lors des deux guerres mondiales. Mais pourquoi ?

 

Le coquelicot pousse pratiquement partout, y compris dans les zones les plus affectées par les combats, et notamment en Flandre. Les tranchées britanniques dans les champs au printemps 1915 étaient remplies de coquelicots. Des champs qui étaient devenus stériles regorgeaient de fleurs rouge sang une fois le combat terminé. Avant la Première Guerre mondiale, peu de coquelicots poussaient en Flandre, mais à cause des bombardements massifs, les sols calcaires se sont enrichis de chaux provenant des gravats. Ce phénomène a permis aux coquelicots de proliférer.

 

Il y a une seconde raison: la couleur traditionnelle des tenues soldats britanniques étaient de la couleur du coquelicot.

 

Enfin, le coquelicot est devenu mythique grâce au poème "In Flanders field" ("Au champs d'honneur") écrit par John McCrae, un lieutenant-colonel canadien. le coquelicot écarlate est rapidement devenu le symbole des soldats morts au combat. Parce qu'ils fleurissaient dans les champs de Somme et des Flandres sur les combattants tombés lors de la première guerre mondiale et leur couleur rouge était un symbole approprié pour le bain de sang de la guerre des tranchées.

 

Son oeuvre, qui débute par le vers "In Flanders fields the poppies blow", rend hommage à tous les soldats tués lors de ce conflit.

 

Trois années plus tard, Moina Michael, une Américaine qui travaillait dans la cafétéria d’un YMCA de la ville de New York, s’est mise à porter le coquelicot en souvenir des millions de soldats morts sur les champs de bataille. Lors d’une visite aux États-Unis en 1920, une dame française, madame Guérin, a été informée de cette coutume et, à son retour en France, a décidé d’utiliser des coquelicots fabriqués à la main pour recueillir des fonds afin de venir en aide aux enfants miséreux des régions dévastées par la guerre dans son pays.

 

L'usage du coquelicot comme symbole du Souvenir remonte à 1921.

 

C’est en novembre 1921 que les premiers coquelicots ont été distribués au Canada. Des millions de Canadiennes et de Canadiens arborent le coquelicot tous les mois de novembre à l’occasion du jour du Souvenir. Au Canada, du 5 au 11 novembre de chaque année, les gens célèbrent la Semaine des anciens combattants.

 

A noter que la France fait la même chose mais avec le bleuet.


Le coquelicot a garni les boutonnières ou les revers des manteaux cette année. Le coquelicot est devenu le symbole du "Remembrance Day", jour de souvenir en hommage aux soldats morts lors des deux guerres mondiales. Le «  Jour du Souvenir » est une journée pour rendre hommage aux anciens combattants. C'est un moment pour commémorer les services rendus et les sacrifices de plusieurs personnes à travers les générations. Qu'on soit pour ou contre la guerre, il s'agit tout de même de victimes qui se doivent d'être honorées.

 

Voici la traduction française du poème de John Mc Crae :

 

Au champ d'honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l'espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor' 
À nos parents, à nos amis, 
C'est nous qui reposons ici,
Au champ d'honneur.
À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.