02/11/2015

René ARCOS: Correspondant de guerre en 14-18, militant pacifiste et antifasciste, écrivain.

René ARCOS.

 

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Né à Clichy, le 16-09-1880

Décédé à Neuilly-sur-Seine, le 17-07-1959

 

Poète et écrivain français.

Ecrivain, consacré à son époque, par les plus illustres de ses confrères, mais qui reste méconnu et quasi oublié.

 

Correspondant de guerre en 14-18.

Militant antifasciste et pacifiste de l'entre-deux-guerres.

L'amitié et l'honneur furent pour lui des constantes essentielles dans sa  vie d'homme et d'écrivain.

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D’ascendance espagnole par son père, bretonne par sa mère, René ARCOS est né dans la banlieue parisienne à CLICHY-la-GARENNE. Dessinateur dans une usine, il publie en 1903 son premier recueil de poèmes L’Âme essentielle.

 

En 1906, avec Charles VILDRAC, il prospecte et découvre une vieille bâtisse dans un grand parc, à CRETEIL. On la nommera l’ « Abbaye de CRETEIL » ( en référence à l’Abbaye de Thélème de François RABELAIS ). ARCOS rencontre aussi Georges DUHAMEL. C'est la « Communauté fraternelle et artistique de l’Abbaye ». Il y emménage avec le poète Charles VILDRAC et ses amis le peintre Albert GLEIZE, Georges DUHAMEL et quelques autres moins connus. Ils avaient l'intention de vivre en phalanstère, en auto-suffisance grâce à leurs activités. Comme le dit, longtemps après, Charles VILDRAC: 

« Nous devions nous retirer à la campagne et vivre comme des moines libres et sans autres règles que celle de l’amitié, consacrant une part de notre temps à la poésie et l’autre à quelques métiers manuels qui nous permettaient d’assurer notre vie matérielle ».

Le groupe se sépara 14 mois plus tard faute de ressources financières et victime de tiraillements internes.

 

En 1909, René ARCOS s'installe à Paris. Il donne des conférences sur sur la jeune poésie française en Europe et au Proche-Orient. En 1913, il participe à la revue « L'Effort » dirigée par J.R. BLOCH.

 

Survient la guerre de 14-18. Il se fait réformer mais accepte d’être le correspondant de guerre, jusqu’à l’automne 1917, du journal américain « The Chicago Daily News », d’abord près du front de Belgique et en France puis en 1916, en Italie, Egypte, Grèce et Turquie. Ce n'est donc pas par couardise qu'il s'est fait réformer. On n'en connaît guère les raisons: antimilitarisme, pacifisme ou réellement état de santé...

 

En 1914, le gouvernement français réserva une fonction précise aux écrivains: influencer l'opinion publique sur la guerre.La Première Guerre mondiale fut pourtant le premier moment où s'exprima un courant pacifiste en poésie. En France, les poètes pacifistes furent mis sur la touche. Mais ils y en eu: les anciens du groupe de l’ « Abbaye de Créteil », rassemblés autour de Romain ROLLAND qui ont publié à GENEVE, l’ « Anthologie des Poètes contre la guerre ». On y trouve René ARCOS, Charles VILDRAC, Luc DURTAIN, Georges DUHAMEL. Ces poètes pacifistes ne refusèrent pas systématiquement de prendre les armes. Ainsi, Paul VAILLANT-COUTURIER, soldat héroïque et décoré, devint révolutionnaire pendant la guerre. Il fonda, avec BARBUSSE, l’ARAC (« Association républicaine des anciens combattants »), proche du Parti Communiste.

 

En 1916, il s'établit en SUISSE, non point pour être "au-dessus de la mêlée ", comme ses détracteurs l'en ont accusé, mais au contraire pour mieux ressentir la guerre et en dénoncer toutes les souffrances. Là, il rencontre Romain ROLLAND et aussi Frans MASEREEL en compagnie de qui où il travailla au magazine « La feuille ». Tous les deux sont choqués par les atrocités de la Première Guerre mondiale. MASEREEL est un graveur belge né à BLANKENBERGE en 1889.

 

Ensemble, ils collaborèrent activement. En 1918, MASEREEL dessina la couverture du roman d'ARCOS « Le mal » et, en 1919, les gravures du recueil de poèmes contre la guerre: « Le sang des autres ». Ils créèrent une maison d'édition, en 1919, la « Maison d'Éditions du Sablier ». ARCOS avait visiblement de fortes relations: 4 des 8 premières éditions proviennent d'auteurs de l'Abbaye.

 

ARCOS rédige un manifeste, en fait une dénonciation politique de l’esprit revanchard régnant dès la fin des hostilités. Il est critique sur les conséquences du Traité de Versailles, qui, selon lui ,« n’est que l’organisation du désordre, de la haine et de la misère dans la malheureuse Europe »

 

caserne1-533x918.jpgEn 1921, René ARCOS fait paraître son roman « Caserne ».  Cette année, il participe à « Clarté » avec, notamment, Henri BARBUSSE. « Clarté » fut une revue clairement communiste. Convaincus que la révolution s’imposerait en Europe, à l’exemple de la RUSSIE, ils suivent avec ferveur l’insurrection allemande d’octobre 1923. L’échec de ce mouvement plongea l’équipe de Clarté dans le désarroi. À partir d’octobre 1927, « Clarté »  adopta une position ouvertement trotskiste, ce qui lui valut d’être sanctionnée par le PCF et de disparaître en février 1928.

 

En 1923, il participe avec Romain ROLLAND à la fondation de la revue « Europe ». Il en fut le rédacteur en chef jusqu'en 1929.Jean GUEHENNO lui succéda. Dans le premier comité de rédaction, on trouve DUHAMEL,VILDRAC, et plusieurs écrivains ayant appartenu au « Groupe de l’Abbaye ». Ils avaient fait de Romain ROLLAND le symbole du pacifisme et de l’indépendance d’esprit. ARCOS expliquait le choix du titre: 

« Nous disons aujourd'hui 'Europe' parce que notre vaste presqu'île, entre l'Orient et le Nouveau Monde, est le carrefour où se rejoignent les civilisations. Mais c'est à tous les peuples que nous nous adressons [...] dans l'espoir d'aider à dissiper les tragiques malentendus qui divisent actuellement les hommes».

Il concluait son premier éditorial:

« Il ne peut y avoir de victoire remportée par l’homme contre l’homme. Et les seules conquêtes durables sont celles qui intéressent l’universalité des êtres… L’Europe n’est pour nous qu’une étape, notre but est l’humanité."

Voici aussi un autre passage:

« Aucune des frontières qui séparent actuellement les nations n'est justifiée par des raisons valables. Les nôtres sont impuissantes à nous faire oublier, par exemple, qu'il y a plus de différence entre un Breton et un Marseillais qu'entre un homme de Cologne et un de Nancy. Trente siècles de civilisation ont fait l'Europe. Qui donc pourrait définir exactement la part d'honneur qui revient à chaque peuple ?  »

Et un de ses poèmes sur la guerre:

 

TOUT N’EST PEUT-ÊTRE PAS PERDU.

 
Tout n’est peut-être pas perdu
Puisqu’il nous reste au fond de l’être
Plus de richesses et de gloire
Qu’aucun vainqueur n’en peut atteindre;

Plus de tendresse au fond du coeur
Que tous les canons ne peuvent de haine
Et plus d’allégresse pour l’ascension
Que le plus haut pic n’en pourra lasser

Peut-être que rien n’est perdu
Puisqu’il nous reste ce regard
Qui contemple au-delà du siècle
L’image d’un autre univers.

Rien n’est perdu puisqu’il suffit
Qu’un seul de nous dans la tourmente
Reste pareil à ce qu’il fut
Pour sauver tout l’espoir du monde.

Le Sang des autres, 1919.

 

Malgré son engagement pacifiste et anti-fasciste, René ARCOS a toujours fui les partis et les organisations politiques afin de préserver sa liberté d’écrivain, ce qui l’a poussé peu à peu au retrait pour se consacrer presque exclusivement a sa maison d’édition. C'est ce qui fait aussi qu'il est resté injustement dans l'ombre. Pourtant, on peut quand même dire qu'il fut très proche des communistes. ROLLAND, BARBUSSE, BLOCH, VILDRAC furent ouvertement communistes.

 

« Europe » suit la route des communistes dans le combat anti-fasciste. où elle est suspendue , en 1939, à l'annonce de la signature du Pacte germano-soviétique. A ce moment, le comité de rédaction est dissout. Il y a de graves divergences au sein de l'équipe ; Certains dénonçant Moscou, d'autres restant fidèles. « Europe » reparaît en 1946 grâce à Louis ARAGON. Tout en se réclamant toujours des débuts, cette revue est, maintenant, essentiellement une revue littéraire de haut niveau.

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Après 1940, on n'a plus guère de nouvelles concernant ARCOS sauf qu'il est l’auteur d’une biographie sur Romain ROLLAND (Romain Rolland, Mercure de France, 1950).

 

On parle aussi d’un dîner « amical », chez lui, fin décembre 1940 à l’instigation de J-R BLOCH, resté fidèle au parti communiste, qui avait fait convier Henri WALLON, Francis JOURDAIN, Frédéric JOLIOT-CURIE, Georges BRUHAT et Jean LURCAT, tous communistes ou sympathisants ainsi que le dernier directeur de la revue « Europe », Jean CASSOU. Il s'agissait sûrement d'une tentative de « recoller les morceaux ». Tous les participants, surtout Jean CASSOU, eurent une activité dans la Résistance durant la guerre. Mais d'ARCOS, il n'en est jamais question. Pourtant, on peut être certain qu'il n'a jamais dévié de ses convictions. Son amitié indéfectible avec Romain ROLLAND en est la preuve.

Bibliographie.

  • L'Ame essentielle, Maison des Poètes, 1903

  • La Tragédie des espaces, L'Abbaye, 1906

  • L'Ile perdue, Mercure de France, 1913

  • Le Mal 1914-1917, Éditions d'Action Sociale, 1918

  • Le Bien Commun. Récits, Éditions du Sablier, 1919

  • Pays du soir, Éditions du Sablier, 1920

 

  • Pays du soir, Éditions du Sablier, 1920

  • Caserne, Rieder, 1921

  • Autrui, Rieder, 1926

  • Médard de Paris , Rieder, 1928

  • De source, Éditions du Sablier, 1948

  • Romain Rolland, Mercure de France, 1950

26/10/2015

LILLE: MONUMENT AUX MORTS.

VILLE DE LILLE:

Le Monument aux Morts.

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19/10/2015

Réfugiés belges à PARIS en 14-18.

Toujours sur les réfugiés belges à PARIS.

 

Dans le dernier article, nous avons parlé du sort réservé à certains réfugiés belges, notamment en ce qui concerne l'hébergement. 

Ainsi, nous avons vu, photos d'archives à l'appui, que certains avaient été logés sur des péniches aménagées, sur la Seine.

On imagine l'inconfort, le manque d'intimité, l'hygiène ( personne ne nous explique comment le problème des WC était, ou non, résolu ).

En revanche, d'autres, à PARIS aussi, eurent plus de chance. Ainsi ceux qui furent hébergés à l'ancien Séminaire sis à côté de l'église Saint-Sulpice.

Une plaque commémorative en témoigne.

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17/10/2015

Les réfugiés de 2015 et l'oubli de 14-18.

Les réfugiés: un problème qui n'est pas nouveau et que nos aïeux ont vécu.

 

« On dit aux gouvernants, aux hommes d'Etat, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais ce qu'enseignent l'expérience et l'histoire, c'est que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire et n'ont jamais agi suivant des maximes qu'on en aurait pu retirer", disait déjà Hegel.

 

Le problème des réfugiés se pose de nouveau de manière continue et récurrente. Dès qu'il paraît résolu parce que le calme est de retour dans la région d'origine, la crise reprend vigueur ailleurs sur la Terre. Ainsi, le nombre de déshérités en fuite se pose toujours de façon continue. Ils reste au même niveau et a même tendance naturellement à augmenter.

 

Jamais depuis 1945, il n'y a eu autant de migrants et de réfugiés. En 2014, l’Europe a été la destination la plus recherchée (714300 ). Plus qu'en 2013 (485000). 2015 se termine et a encore été pire. Ce phénomène sans précédent est sûrement l’un des enjeux les plus cruciaux de notre époque. Les événements tragiques survenus en Méditerranée sont là pour nous le rappeler. Aucun mur ni aucun barbelé n'empêchera jamais une personne en danger de mort de s'échapper.

 

Des millions de Syriens ont fui leurs foyers depuis le début de la guerre civile en mars 2011. On estime que plus de 240.000 d'entre eux ont péri.

 

Les Syriens constituaient la majeure partie des demandeurs d’asile en 2014 ( 149600 ). mais ce nombre qui semble énorme n'est rien en comparaison du nombre ayant cherché refuge dans un pays voisin (4 millions). 8 millions ont aussi été déplacés dans leur propre pays.

 

Comme le dit Amnesty International: « Il est facile de faire des théories sur la question des réfugiés lorsqu’on est assis à l’aise devant la télévision, à observer ce qui se passe sur terre et sur mer, avec un toit au-dessus de la tête, un lit bien chaud près de soi, et assez à manger et à boire sur la table. Certainement, on est attristé en voyant des milliers de réfugiés fuyant leur sort amer, cherchant un endroit sûr pour eux-mêmes et leurs familles ».

Sur base des témoignages des réfugiés rencontrés et des expériences vécues sur le terrain, confirmées par les autorités compétentes, on peut citer deux raisons principales expliquant ces mouvements de population: d’une part la fuite de situations de guerre. D’autre part, des situations de pauvreté extrême.

 

Bien sûr, les opposants à l’accueil vont s’emparer du sujet et accumuler un tas d’arguments, souvent fallacieux ou carrément inventés pour justifier le rejet ou, en tout cas, l'acceptation sous conditions. On a même entendu Bart DE WEVER proposer la solution miracle: dénoncer la Convention de GENEVE relative aux réfugiés. C'est soit idiot, mais il très intelligent, soit purement démagogique. On n'imagine pas voir la BELGIQUE convoquer les 145 pays ayant ratifié cette Convention et proposer une modification. Dénoncer cette Convention et s'en retirer nous causerait d'énormes problèmes. Laissons-là ces divagations !

 

Certes, les problèmes causés sont bien réels et on doit bien constater que, même dans des milieux en principe vaccinés contre de tels arguments.

 

L’accueil des réfugiés est une donc une obligation légale puisque le Parlement belge a, in illo tempore, ratifié cette Convention. Mais c'est aussi une obligation morale. Elle correspond aux valeurs humanistes et démocrates revendiquées comme étant le fondement des valeurs de l’Union européenne. Dans le monde, des nations ou des opposants dans certaines nationsnous ont pris pour modèle. Ce serait leur montrer que nous sommes prétentieux, menteurs, lâches et sans parole. C'est facile d'accueillir le Dalaï Lama ou  Aung San Suu Kyi en grande cérémonie puis de faire le contraire.La manière dont une société traite les individus repoussés à sa marge en dit long sur les grands principes qui la sous-tendent.

 

L'accueil et la protection des réfugiés n’est pas tâche facile, mais elle n’est pas pour autant impossible. Nous devons intensifier nos efforts pour protéger ceux qui fuient les guerres et les persécutions. Forte d’une volonté politique, l’Europe doit être à la hauteur de ses valeurs. La position de la HONGRIE est inhumaine et incompréhensible quand on se souvient comment, en 1956, les fuyard hongrois ont été reçus chez nous.

 

C'est ici que l'histoire intervient. La Première Guerre et la Seconde ont vu un nombre considérable de nos compatriotes fuir vers les pays voisins. Ce nombre, en 1914, dépassa le million ! Rien que pour la FRANCE, ce serait 350000 personnes, arrivées principalement au début de la guerre. Par après, il aurait fallu franchir le front.

 

La façon dont les réfugiés belges ont été accueillis en France, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne en 14-18 constitue un révélateur des conceptions que les pays d'accueil se font de leur engagement dans le domaine social et moral. Le cas des réfugiés belges ne se singularise pas. Les premiers réfugiés belges furent d'abord accueillis chaleureusement. Ce afflux massif fut accueilli avec générosité et sans heurts. La situation évolua néanmoins au fur et à mesure que la guerre se prolongea. On reprocha aux Belges de rester entre eux, de ne pas se mêler à la population d'accueil, de ne pas travailler dans les champs ( alors que la majorité d'entre eux étaient des citadins ), d'être un danger pour les femmes dont les maris étaient au front, d'être à l'origine de l'augmentation du coût de la vie.

 

Autant d'accusations qui trouvaient leur origine dans l'état de frustration générale générée par ces années de guerre, les difficultés d'approvisionnement, la spéculation.

 

D'autre part, les réfugiés constituaient une masse de population déracinée, ne maîtrisant pas bien la langue française. En 1914, le langage usuel des wallons n'était pas le français. Dans les régions où ils se trouvaient, le langage courant était aussi souvent un patois. On peut dès lors imaginer aisément ce que pouvait être pour un Flamand de se trouver dans une région où l'on parlait un patois qui leur était incompréhensible.

 

On vit aussi, parfois, la population locale exploiter la misère des réfugiés. Les campagnards avaient parfois emmené avec eux du bétail qui fut racheté à bas prix. Cela fut accepté car les réfugiés avaient besoin d'argent français.

 

On doit quand même signaler que, en FRANCE, de nombreuses associations se constituèrent pour secourir les réfugiés. Intellectuels et notables s’engagèrent pour collecter des fonds, distribuer vivres et vêtements, loger les réfugiés. Bien que certains d'entre eux furent hébergés dans des abris de fortune. En témoigne les logements dans des péniches sur la Seine à PARIS.

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Aux PAYS-BAS, un Comité d'accueil s'occupa des enfants isolés mais la plupart des réfugiés furent gardés dans des camps.

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En GRANDE-BRETAGNE, des organismes de charité privés les prirent en charge. Des « villes », en bois, furent parfois construites. La situation semble avoir été exemplaire.

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Durant la guerre, nos régions ont accueilli aussi des réfugiés français fuyant les zones situées derrière le front. Ils ne furent pas toujours bien reçus. Mais, après la guerre, tout ceci fut volontairement omis. Il fallait fêter la victoire et il y avait des souvenirs qu'il valait mieux oublier.

12/10/2015

Monuments aux Morts pacifistes: Exemple de CHÂTEAU-ARNOUX.

Un monument aux Morts pacifiste : Celui de CHÂTEAU-ARNOUX.

 

La mémoire de ce qu’on a appelé la Grande Guerre s’est construite autour des monuments aux morts, élevés dans les communes au lendemain de la Première Guerre mondiale, en privilégiant la mémoire combattante héroïque et virile.

 

Le premier conflit mondial constitue un épisode décisif de l’histoire européenne, souvent considéré comme la matrice des violences des années 1930 puis de la seconde guerre mondiale.

 

Selon Pierre ROY, coauteur de « Autour des monuments aux morts pacifistes en France' les monuments aux morts peuvent se classer en 5 catégories :

  • les triomphalistes,

  • les doloristes (femmes ou enfants en pleurs),

  • les explicatifs,

  • les pacifistes,

  • les problématiques. Par «problématique», il faut entendre qu'il renvoie un message de paix, un poème par exemple, mais en même temps on voit un poilu le fusil à la main».

 

Il y a quelquefois eu des réactions. Un certain nombre de monuments aux morts comportent le mot Paix ou Pax mais cela ne suffit pas pour les caractériser comme pacifistes. Toute inscription pacifiste un peu forte mérite d’être signalée même quand elle est mêlée à d’autres qui n’ont pas ce caractère.

Il en est de même lorsque les sujets représentés dans la statuaire font implicitement référence à la mémoire sans but triomphaliste. C'est ainsi que nous avons déjà signaler que le Monument aux Morts d'AWANS pouvait être considéré comme un monument pacifiste.

 

La ville de CHÂTEAU-ARNOUX située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence possède un monument aux morts pacifiste. C'est celui-ci que nous prenons comme exemple.

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Ce monument est constitué d'un couple avec une femme en pleurs et un homme brisant une épée, symbolisant la douleur et la révolte après la perte d'un fils lors de la guerre. 

Il y est gravé l'inscription pacifiste « Pax, Vox Populi », titre du poème du maire Victorin MAUREL gravé sur le monument. Ce monument représente un homme qui brise un glaive sur son genou ; derrière lui, une femme pleure. Au sommet, un globe terrestre est entouré d’un rameau.

PAX... VOX POPULI

Passant incline-toi devant ce monument !...

Vois cette femme en deuil montrant les hécatombes
Ses yeux taris de pleurs, scrutent au loin les tombes
Où dorment tant de preux, victimes du moment !...
Ils firent ces héros le solennel serment
De fermer à jamais les noires catacombes
Arrières, disent-ils, les obus et les bombes
Et sois bénie, ô paix, sœur du désarmement !...
Passant, incline-toi ! Regarde cette mère !...
Elle clame à son fils : « la gloire est bien amère
La gloire, ô mon enfant, est là, chez nos grands morts
Mais, sache désormais, que la guerre est un crime
Qu’elle laisse après elle, à de cuisants remords,
Ceux qui firent sombrer les peuples dans l’abîme.

    Victorin Maurel, maire de Château-Arnoux (1868-1935), instituteur.

 



22/08/2015

La "PAIX de FEXHE", texte fondateur de l'état de droit.

18 juin 1316 : LA « PAIX DE FEXHE »

 

TEXTE FONDATEUR DE LA DEMOCRATIE

 

Vendredi prochain, 28 août, à 18H00, la Province de LIEGE lancera officiellement les "Fêtes de Wallonie".

Ce sera dans la commune de FEXHE-LE-HAUT-CLOCHER, plus précisément à VOROUX-GOREUX.

Pourquoi FEXHE-LE HAUT-CLOCHER, petite commune rurale ?

Parce que, l'an prochain, en 2016, on y célébrera le 700° anniversaire de la "PAIX DE FEXHE",texte fondateur de l'état de droit.

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Stèle commémorative de la signature de la "PAIX de FEXHE"

Le 28 août, les Autorités provinciales et communales déposeront d'abord des fleurs et rendront un hommage au Monument aux Morts de VOROUX-GOREUX. Les associations patriotiques y sont invitées.

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Le 18 juin 1316, la « Paix de FEXHE » est signée: elle scelle l'aboutissement de divers mouvements sociaux du début du 14e siècle. Les Villes s'étaient soulevées contre le Prince-Evêque. La « Paix de Fexhe » est une entente qui clôture ces conflits. Son but est d'établir un état de droit et un équilibre des pouvoirs.

 

 

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Elle sera la base constitutionnelle du Pays de Liège jusqu'en 1795. Il s'agit donc d'un événement capital dans l'histoire de la Principauté de Liège et de la démocratie en général.

 

La « Paix de FEXHE », conclue par les représentants de tous les pouvoirs publics de la Principauté, des communautés voisines et de toutes les communes rurales, revêt le caractère d’une paix publique concernant tout le Pays de LIEGE et non plus d'une localité particulière. C'est en fait une vraie charte constitutionnelle.

 

Si un Liégeois voulait lire ou relire la « Paix de FEXHE », celle-ci était affichée sur un des piliers de la cathédrale Saint Lambert. La devise de la « Paix de FEXHE » était:

« Lecteur, apprécie tes libertés à leurs justes valeurs, mais souviens-toi que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. »

 

Elle énonce trois grands principes qui formeront jusqu'en 1795 les bases du droit public liègeois et des libertés politiques liégeoises. Différentes mesures de protections des citoyens sont mises en oeuvre. On peut citer la suppression des jugements arbitraires, la prestation de serment imposée aux magistrats, la création d’une véritable représentation du pays en instaurant à côté du pouvoir exécutif un pouvoir législatif, émanation des différentes classes de la population.

 

C'est un texte nettement en avance pour son époque. On y stipule notamment:

.que les franchises des villes ne peuvent être abolies que de l'accord commun du prince-évêque et des groupes sociaux qui en bénéficient;

2. que chacun doit être jugé conformément à la loi, « par jugement des échevins et des hommes ».

3. qu'il ne peut y avoir de tribunaux d'exception émanant de la justice du Prince-Evêque;

4. que personne ne peut être arrêté que par ordonnance des échevins.

5. que le droit ne peut être révisé que par accord entre le Prince-Evêque, du chapitre de Saint-Lambert, des chevaliers et des mandataires des Bonnes Villes.

6. que la confiscation des biens est interdite.

7. qu'est accordé aux habitants de la Principauté le droit d’approuver le budget et d’en contrôler l’exécution.

 

On en retient aussi deux dispositions capitales:

1. que le pouvoir législatif appartient au « Sens du pays », c’est-à-dire à une assemblée où la noblesse, le clergé et la bourgeoisie se retrouvaient comme trois états. La mission première de cette assemblée était d’interpréter le droit coutumier et, le cas échéant, d’amender les lois. Les lois et coutumes ne pouvaient être modifiées que par le « Sens du Pays ».

2. que la liberté individuelle est garantie et qu'une bonne justice est établie.

 

Notons aussi, et ce n'est pas anecdotique, que :

  • si le prince viole ses engagements, ses sujets s’accordent le droit de résistance, mais seulement après appel au Collège des Chanoines de Saint-Lambert.

  • le prince-évêque à son avènement, de même que les chanoines, les officiers gouvernementaux, les échevins, les maîtres à temps, les jurés du conseil communal, les gouverneurs des métiers, sont tous obligés, à leur entrée en fonction, de prêter serment de « tenir et warder » la « Paix de FEXHE », émanation de la volonté du pays.

 

Cette dernière disposition préfigure, avec cinq siècle d'avance, la prestation de serment du Roi lors de son avènement ( « Je jure de respecter la Constitution et les lois du Peuple belge... » ) et les prestations de serment de tous les élus, de tous les fonctionnaires, des assesseurs aux bureaux de vote...

 

Qu'est ce fameux « Sens du Pays » ? C'est une commission juridique regroupant le Prince-Evêque et les trois États ( le chapitre de Saint-Lambert, l’État noble et l’État tiers ). Cette commission est gardienne et seule interprète des lois et coutumes. Ce document témoigne d’une volonté de mettre un terme à l’arbitraire des jugements et anticipe également les difficultés dans l’interprétation des lois. Une préfiguration du « Conseil d'Etat » ...créé par une loi du 23 décembre 1946, soit 630 ans après la « Paix de FEXHE ».

 

Une préfiguration aussi de la Cour d'Arbitrage devenue Cour Constitutionnelle, mise en œuvre par la loi du 28 juin 1983, mais officiellement installée le 1er octobre 1984, soit 668 ans après la « Paix de FEXHE » !

 

Par la « Paix de FEXHE », la Principauté de LIEGE se distinguait institutionnellement des autres principautés, duchés... qui constitueront plus tard la BELGIQUE. Les pouvoirs du Prince se voyaient restreints. L'existence du « Sens du Pays » avait instauré dans la Principauté de Liège la préfiguration d'un Etat représentatif, bien qu'on ne puisse pas encore parler d'une véritable représentation populaire.

 

 

Le projet de décret instituant une constitution wallonne fait référence en commençant à la « Paix de FEXHE ».

La Principauté de LIEGE en Europe.

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07/08/2015

Souvenons-nous de la Shoah et du sort des enfants juifs.

La SHOAH n'a pas épargné les enfants.

 

Dans le dernier article, nous avons évoqué la rafle du Vél d'Hiv. à PARIS, accomplie sur ordre du gouvernement de VICHY et donc du Maréchal PETAIN. Cette rafle na pas épargné les enfants. Nous avons vu les panneaux-souvenirs affichés dans le XV° Arrondissement. La Shoah amène une des grandes interrogations sur le XXème siècle: « Comment des hommes ont-ils pu faire cela à d’autres hommes ? ». Et aussi comment a-t-on pu rester insensible au sort des enfants !

 

Un quart des enfants juifs raflés à PARIS étaient originaires du quartier de MONTMARTRE. On a souvent dit que la rafle était dirigée contre les Juifs étrangers. Cela ne semble pas être correct au vu des statistiques relatives aux enfants raflés. Et même si c'était vrai, cela ne réduit en rien l'ignominie de l'acte ;

 

La rafle du Vélodrome d'Hiver ( 16 juillet 1942), appelée « rafle du Vel’ d'Hiv » est la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France durant la guerre 40-45. En principe, elle visait essentiellement les Juifs étrangers ou apatrides réfugiés en France.

 

Cette rafle s'inscrit dans une opération menée à l'échelle européenne par le régime nazi. C'est l'opération « Vent Printanier », en juillet 1942. En France, les autorités de VICHY ont mobilisé les policiers français pour participer à l'opération: à PARIS, 7000 policiers et gendarmes. Cela se passa en deux jours: les 16 et 17 juillet 1942.

 

Pendant deux jours, la police française, dirigée par René BOUSQUET, a arrêté 13 152 Juifs - dont 4 115 enfants - et les a gardé en détention au Vélodrome d’Hiver, situé quai de Grenelle, dans le XVe arrondissement.

 

Après la rafle du Vel d'Hiv, près de 8.000 personnes furent transférées vers les camps d'internement du LOIRET. Parmi eux, plus de 4.400 enfants, dont certains avaient à peine deux ans. Moins de cent personnes rentrèrent de déportation. C'est ce que Jean-Marie LE PEN appelle « un détail de l'histoire » !

 

Les trois camps d'internement du LOIRET étaient installés à BEAUNE-LA-ROLANDE, PITHIVIERS et JARGEAU. Près de 18 000 juifs y furent internés. De là, ils furent déportés. Parmi eux figuraient plus de 4 400 enfants, arrêtés avec leurs parents lors de la rafle du Vél d'Hiv.

 

Ces enfants connurent un mois d'enfer dans ces camps. Après quelques semaines, on donna l'ordre de séparer les mères et les enfants. Ceux-ci criaient, pleuraient, appelaient leur mère. Nombre de ces enfants se retrouvent seuls, entourés de quelques rares adultes.

Mi-août, ils seront conduits à DRANCY puis à AUSCHWITZ. Pour les calmer, on leur a dit qu'ils allaient retrouver leur mère.

 

On a souvent, habilement, rejeté tout sur le gouvernement de VICHY, comme en témoigne la plaque commémorative installée Place Adolphe CHERIOUX, près de la Mairie du XV° arrondissement. Jacques CHIRAC a été, en 1995, le premier Président à reconnaître la responsabilité de la FRANCE dans la collaboration avec le régime nazi.

 

 

 

Dans le XV° Arrondissement, une autre plaque, apposée à la façade d'une école, au 19 de la Rue Blomet rappelle que 87 enfants juifs de cette école ont été raflés;

 

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Un Musée-Mémorial des milliers d'enfants internés dans les camps du LOIRET après la rafle du Vél'd'Hiv, puis déportés, a été installé à ORLEANS. Il a été inauguré le 27 janvier 2011 par Jacques CHIRAC et Simone VEIL. Il est intégré dans les locaux du «  Centre d'études et de recherches sur les camps d'internement du LOIRET ». Il est situé 45, rue du Bourdon Blanc à ORLEANS.

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Le Musée accueille documents, photographies, biographies et témoignages sur les enfants internés dans le département avant d'être acheminés vers les camps d'extermination nazis.