26/10/2015

LILLE: MONUMENT AUX MORTS.

VILLE DE LILLE:

Le Monument aux Morts.

DSCI4588.JPG

19/10/2015

Réfugiés belges à PARIS en 14-18.

Toujours sur les réfugiés belges à PARIS.

 

Dans le dernier article, nous avons parlé du sort réservé à certains réfugiés belges, notamment en ce qui concerne l'hébergement. 

Ainsi, nous avons vu, photos d'archives à l'appui, que certains avaient été logés sur des péniches aménagées, sur la Seine.

On imagine l'inconfort, le manque d'intimité, l'hygiène ( personne ne nous explique comment le problème des WC était, ou non, résolu ).

En revanche, d'autres, à PARIS aussi, eurent plus de chance. Ainsi ceux qui furent hébergés à l'ancien Séminaire sis à côté de l'église Saint-Sulpice.

Une plaque commémorative en témoigne.

DSCI4362.JPG

17/10/2015

Les réfugiés de 2015 et l'oubli de 14-18.

Les réfugiés: un problème qui n'est pas nouveau et que nos aïeux ont vécu.

 

« On dit aux gouvernants, aux hommes d'Etat, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais ce qu'enseignent l'expérience et l'histoire, c'est que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire et n'ont jamais agi suivant des maximes qu'on en aurait pu retirer", disait déjà Hegel.

 

Le problème des réfugiés se pose de nouveau de manière continue et récurrente. Dès qu'il paraît résolu parce que le calme est de retour dans la région d'origine, la crise reprend vigueur ailleurs sur la Terre. Ainsi, le nombre de déshérités en fuite se pose toujours de façon continue. Ils reste au même niveau et a même tendance naturellement à augmenter.

 

Jamais depuis 1945, il n'y a eu autant de migrants et de réfugiés. En 2014, l’Europe a été la destination la plus recherchée (714300 ). Plus qu'en 2013 (485000). 2015 se termine et a encore été pire. Ce phénomène sans précédent est sûrement l’un des enjeux les plus cruciaux de notre époque. Les événements tragiques survenus en Méditerranée sont là pour nous le rappeler. Aucun mur ni aucun barbelé n'empêchera jamais une personne en danger de mort de s'échapper.

 

Des millions de Syriens ont fui leurs foyers depuis le début de la guerre civile en mars 2011. On estime que plus de 240.000 d'entre eux ont péri.

 

Les Syriens constituaient la majeure partie des demandeurs d’asile en 2014 ( 149600 ). mais ce nombre qui semble énorme n'est rien en comparaison du nombre ayant cherché refuge dans un pays voisin (4 millions). 8 millions ont aussi été déplacés dans leur propre pays.

 

Comme le dit Amnesty International: « Il est facile de faire des théories sur la question des réfugiés lorsqu’on est assis à l’aise devant la télévision, à observer ce qui se passe sur terre et sur mer, avec un toit au-dessus de la tête, un lit bien chaud près de soi, et assez à manger et à boire sur la table. Certainement, on est attristé en voyant des milliers de réfugiés fuyant leur sort amer, cherchant un endroit sûr pour eux-mêmes et leurs familles ».

Sur base des témoignages des réfugiés rencontrés et des expériences vécues sur le terrain, confirmées par les autorités compétentes, on peut citer deux raisons principales expliquant ces mouvements de population: d’une part la fuite de situations de guerre. D’autre part, des situations de pauvreté extrême.

 

Bien sûr, les opposants à l’accueil vont s’emparer du sujet et accumuler un tas d’arguments, souvent fallacieux ou carrément inventés pour justifier le rejet ou, en tout cas, l'acceptation sous conditions. On a même entendu Bart DE WEVER proposer la solution miracle: dénoncer la Convention de GENEVE relative aux réfugiés. C'est soit idiot, mais il très intelligent, soit purement démagogique. On n'imagine pas voir la BELGIQUE convoquer les 145 pays ayant ratifié cette Convention et proposer une modification. Dénoncer cette Convention et s'en retirer nous causerait d'énormes problèmes. Laissons-là ces divagations !

 

Certes, les problèmes causés sont bien réels et on doit bien constater que, même dans des milieux en principe vaccinés contre de tels arguments.

 

L’accueil des réfugiés est une donc une obligation légale puisque le Parlement belge a, in illo tempore, ratifié cette Convention. Mais c'est aussi une obligation morale. Elle correspond aux valeurs humanistes et démocrates revendiquées comme étant le fondement des valeurs de l’Union européenne. Dans le monde, des nations ou des opposants dans certaines nationsnous ont pris pour modèle. Ce serait leur montrer que nous sommes prétentieux, menteurs, lâches et sans parole. C'est facile d'accueillir le Dalaï Lama ou  Aung San Suu Kyi en grande cérémonie puis de faire le contraire.La manière dont une société traite les individus repoussés à sa marge en dit long sur les grands principes qui la sous-tendent.

 

L'accueil et la protection des réfugiés n’est pas tâche facile, mais elle n’est pas pour autant impossible. Nous devons intensifier nos efforts pour protéger ceux qui fuient les guerres et les persécutions. Forte d’une volonté politique, l’Europe doit être à la hauteur de ses valeurs. La position de la HONGRIE est inhumaine et incompréhensible quand on se souvient comment, en 1956, les fuyard hongrois ont été reçus chez nous.

 

C'est ici que l'histoire intervient. La Première Guerre et la Seconde ont vu un nombre considérable de nos compatriotes fuir vers les pays voisins. Ce nombre, en 1914, dépassa le million ! Rien que pour la FRANCE, ce serait 350000 personnes, arrivées principalement au début de la guerre. Par après, il aurait fallu franchir le front.

 

La façon dont les réfugiés belges ont été accueillis en France, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne en 14-18 constitue un révélateur des conceptions que les pays d'accueil se font de leur engagement dans le domaine social et moral. Le cas des réfugiés belges ne se singularise pas. Les premiers réfugiés belges furent d'abord accueillis chaleureusement. Ce afflux massif fut accueilli avec générosité et sans heurts. La situation évolua néanmoins au fur et à mesure que la guerre se prolongea. On reprocha aux Belges de rester entre eux, de ne pas se mêler à la population d'accueil, de ne pas travailler dans les champs ( alors que la majorité d'entre eux étaient des citadins ), d'être un danger pour les femmes dont les maris étaient au front, d'être à l'origine de l'augmentation du coût de la vie.

 

Autant d'accusations qui trouvaient leur origine dans l'état de frustration générale générée par ces années de guerre, les difficultés d'approvisionnement, la spéculation.

 

D'autre part, les réfugiés constituaient une masse de population déracinée, ne maîtrisant pas bien la langue française. En 1914, le langage usuel des wallons n'était pas le français. Dans les régions où ils se trouvaient, le langage courant était aussi souvent un patois. On peut dès lors imaginer aisément ce que pouvait être pour un Flamand de se trouver dans une région où l'on parlait un patois qui leur était incompréhensible.

 

On vit aussi, parfois, la population locale exploiter la misère des réfugiés. Les campagnards avaient parfois emmené avec eux du bétail qui fut racheté à bas prix. Cela fut accepté car les réfugiés avaient besoin d'argent français.

 

On doit quand même signaler que, en FRANCE, de nombreuses associations se constituèrent pour secourir les réfugiés. Intellectuels et notables s’engagèrent pour collecter des fonds, distribuer vivres et vêtements, loger les réfugiés. Bien que certains d'entre eux furent hébergés dans des abris de fortune. En témoigne les logements dans des péniches sur la Seine à PARIS.

64752-les-refugies-belges-a-paris-les-peniches-amenagees-pour-loger-les-familles-belges-sans-abri.jpg

 

1A1182101_283348XXIV009.jpg

 

 

Aux PAYS-BAS, un Comité d'accueil s'occupa des enfants isolés mais la plupart des réfugiés furent gardés dans des camps.

PB.jpg

En GRANDE-BRETAGNE, des organismes de charité privés les prirent en charge. Des « villes », en bois, furent parfois construites. La situation semble avoir été exemplaire.

Angleterre.jpg

 

Durant la guerre, nos régions ont accueilli aussi des réfugiés français fuyant les zones situées derrière le front. Ils ne furent pas toujours bien reçus. Mais, après la guerre, tout ceci fut volontairement omis. Il fallait fêter la victoire et il y avait des souvenirs qu'il valait mieux oublier.

12/10/2015

Monuments aux Morts pacifistes: Exemple de CHÂTEAU-ARNOUX.

Un monument aux Morts pacifiste : Celui de CHÂTEAU-ARNOUX.

 

La mémoire de ce qu’on a appelé la Grande Guerre s’est construite autour des monuments aux morts, élevés dans les communes au lendemain de la Première Guerre mondiale, en privilégiant la mémoire combattante héroïque et virile.

 

Le premier conflit mondial constitue un épisode décisif de l’histoire européenne, souvent considéré comme la matrice des violences des années 1930 puis de la seconde guerre mondiale.

 

Selon Pierre ROY, coauteur de « Autour des monuments aux morts pacifistes en France' les monuments aux morts peuvent se classer en 5 catégories :

  • les triomphalistes,

  • les doloristes (femmes ou enfants en pleurs),

  • les explicatifs,

  • les pacifistes,

  • les problématiques. Par «problématique», il faut entendre qu'il renvoie un message de paix, un poème par exemple, mais en même temps on voit un poilu le fusil à la main».

 

Il y a quelquefois eu des réactions. Un certain nombre de monuments aux morts comportent le mot Paix ou Pax mais cela ne suffit pas pour les caractériser comme pacifistes. Toute inscription pacifiste un peu forte mérite d’être signalée même quand elle est mêlée à d’autres qui n’ont pas ce caractère.

Il en est de même lorsque les sujets représentés dans la statuaire font implicitement référence à la mémoire sans but triomphaliste. C'est ainsi que nous avons déjà signaler que le Monument aux Morts d'AWANS pouvait être considéré comme un monument pacifiste.

 

La ville de CHÂTEAU-ARNOUX située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence possède un monument aux morts pacifiste. C'est celui-ci que nous prenons comme exemple.

800px-Chateau_Arnoux_MAM_1.JPG

Ce monument est constitué d'un couple avec une femme en pleurs et un homme brisant une épée, symbolisant la douleur et la révolte après la perte d'un fils lors de la guerre. 

Il y est gravé l'inscription pacifiste « Pax, Vox Populi », titre du poème du maire Victorin MAUREL gravé sur le monument. Ce monument représente un homme qui brise un glaive sur son genou ; derrière lui, une femme pleure. Au sommet, un globe terrestre est entouré d’un rameau.

PAX... VOX POPULI

Passant incline-toi devant ce monument !...

Vois cette femme en deuil montrant les hécatombes
Ses yeux taris de pleurs, scrutent au loin les tombes
Où dorment tant de preux, victimes du moment !...
Ils firent ces héros le solennel serment
De fermer à jamais les noires catacombes
Arrières, disent-ils, les obus et les bombes
Et sois bénie, ô paix, sœur du désarmement !...
Passant, incline-toi ! Regarde cette mère !...
Elle clame à son fils : « la gloire est bien amère
La gloire, ô mon enfant, est là, chez nos grands morts
Mais, sache désormais, que la guerre est un crime
Qu’elle laisse après elle, à de cuisants remords,
Ceux qui firent sombrer les peuples dans l’abîme.

    Victorin Maurel, maire de Château-Arnoux (1868-1935), instituteur.

 



22/08/2015

La "PAIX de FEXHE", texte fondateur de l'état de droit.

18 juin 1316 : LA « PAIX DE FEXHE »

 

TEXTE FONDATEUR DE LA DEMOCRATIE

 

Vendredi prochain, 28 août, à 18H00, la Province de LIEGE lancera officiellement les "Fêtes de Wallonie".

Ce sera dans la commune de FEXHE-LE-HAUT-CLOCHER, plus précisément à VOROUX-GOREUX.

Pourquoi FEXHE-LE HAUT-CLOCHER, petite commune rurale ?

Parce que, l'an prochain, en 2016, on y célébrera le 700° anniversaire de la "PAIX DE FEXHE",texte fondateur de l'état de droit.

b2476598397b0f3936a98955336d81ff-1404907789.jpg

Stèle commémorative de la signature de la "PAIX de FEXHE"

Le 28 août, les Autorités provinciales et communales déposeront d'abord des fleurs et rendront un hommage au Monument aux Morts de VOROUX-GOREUX. Les associations patriotiques y sont invitées.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le 18 juin 1316, la « Paix de FEXHE » est signée: elle scelle l'aboutissement de divers mouvements sociaux du début du 14e siècle. Les Villes s'étaient soulevées contre le Prince-Evêque. La « Paix de Fexhe » est une entente qui clôture ces conflits. Son but est d'établir un état de droit et un équilibre des pouvoirs.

 

 

1316-06-18_paixfexhe.jpg

Elle sera la base constitutionnelle du Pays de Liège jusqu'en 1795. Il s'agit donc d'un événement capital dans l'histoire de la Principauté de Liège et de la démocratie en général.

 

La « Paix de FEXHE », conclue par les représentants de tous les pouvoirs publics de la Principauté, des communautés voisines et de toutes les communes rurales, revêt le caractère d’une paix publique concernant tout le Pays de LIEGE et non plus d'une localité particulière. C'est en fait une vraie charte constitutionnelle.

 

Si un Liégeois voulait lire ou relire la « Paix de FEXHE », celle-ci était affichée sur un des piliers de la cathédrale Saint Lambert. La devise de la « Paix de FEXHE » était:

« Lecteur, apprécie tes libertés à leurs justes valeurs, mais souviens-toi que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. »

 

Elle énonce trois grands principes qui formeront jusqu'en 1795 les bases du droit public liègeois et des libertés politiques liégeoises. Différentes mesures de protections des citoyens sont mises en oeuvre. On peut citer la suppression des jugements arbitraires, la prestation de serment imposée aux magistrats, la création d’une véritable représentation du pays en instaurant à côté du pouvoir exécutif un pouvoir législatif, émanation des différentes classes de la population.

 

C'est un texte nettement en avance pour son époque. On y stipule notamment:

.que les franchises des villes ne peuvent être abolies que de l'accord commun du prince-évêque et des groupes sociaux qui en bénéficient;

2. que chacun doit être jugé conformément à la loi, « par jugement des échevins et des hommes ».

3. qu'il ne peut y avoir de tribunaux d'exception émanant de la justice du Prince-Evêque;

4. que personne ne peut être arrêté que par ordonnance des échevins.

5. que le droit ne peut être révisé que par accord entre le Prince-Evêque, du chapitre de Saint-Lambert, des chevaliers et des mandataires des Bonnes Villes.

6. que la confiscation des biens est interdite.

7. qu'est accordé aux habitants de la Principauté le droit d’approuver le budget et d’en contrôler l’exécution.

 

On en retient aussi deux dispositions capitales:

1. que le pouvoir législatif appartient au « Sens du pays », c’est-à-dire à une assemblée où la noblesse, le clergé et la bourgeoisie se retrouvaient comme trois états. La mission première de cette assemblée était d’interpréter le droit coutumier et, le cas échéant, d’amender les lois. Les lois et coutumes ne pouvaient être modifiées que par le « Sens du Pays ».

2. que la liberté individuelle est garantie et qu'une bonne justice est établie.

 

Notons aussi, et ce n'est pas anecdotique, que :

  • si le prince viole ses engagements, ses sujets s’accordent le droit de résistance, mais seulement après appel au Collège des Chanoines de Saint-Lambert.

  • le prince-évêque à son avènement, de même que les chanoines, les officiers gouvernementaux, les échevins, les maîtres à temps, les jurés du conseil communal, les gouverneurs des métiers, sont tous obligés, à leur entrée en fonction, de prêter serment de « tenir et warder » la « Paix de FEXHE », émanation de la volonté du pays.

 

Cette dernière disposition préfigure, avec cinq siècle d'avance, la prestation de serment du Roi lors de son avènement ( « Je jure de respecter la Constitution et les lois du Peuple belge... » ) et les prestations de serment de tous les élus, de tous les fonctionnaires, des assesseurs aux bureaux de vote...

 

Qu'est ce fameux « Sens du Pays » ? C'est une commission juridique regroupant le Prince-Evêque et les trois États ( le chapitre de Saint-Lambert, l’État noble et l’État tiers ). Cette commission est gardienne et seule interprète des lois et coutumes. Ce document témoigne d’une volonté de mettre un terme à l’arbitraire des jugements et anticipe également les difficultés dans l’interprétation des lois. Une préfiguration du « Conseil d'Etat » ...créé par une loi du 23 décembre 1946, soit 630 ans après la « Paix de FEXHE ».

 

Une préfiguration aussi de la Cour d'Arbitrage devenue Cour Constitutionnelle, mise en œuvre par la loi du 28 juin 1983, mais officiellement installée le 1er octobre 1984, soit 668 ans après la « Paix de FEXHE » !

 

Par la « Paix de FEXHE », la Principauté de LIEGE se distinguait institutionnellement des autres principautés, duchés... qui constitueront plus tard la BELGIQUE. Les pouvoirs du Prince se voyaient restreints. L'existence du « Sens du Pays » avait instauré dans la Principauté de Liège la préfiguration d'un Etat représentatif, bien qu'on ne puisse pas encore parler d'une véritable représentation populaire.

 

 

Le projet de décret instituant une constitution wallonne fait référence en commençant à la « Paix de FEXHE ».

La Principauté de LIEGE en Europe.

Principauté.png

07/08/2015

Souvenons-nous de la Shoah et du sort des enfants juifs.

La SHOAH n'a pas épargné les enfants.

 

Dans le dernier article, nous avons évoqué la rafle du Vél d'Hiv. à PARIS, accomplie sur ordre du gouvernement de VICHY et donc du Maréchal PETAIN. Cette rafle na pas épargné les enfants. Nous avons vu les panneaux-souvenirs affichés dans le XV° Arrondissement. La Shoah amène une des grandes interrogations sur le XXème siècle: « Comment des hommes ont-ils pu faire cela à d’autres hommes ? ». Et aussi comment a-t-on pu rester insensible au sort des enfants !

 

Un quart des enfants juifs raflés à PARIS étaient originaires du quartier de MONTMARTRE. On a souvent dit que la rafle était dirigée contre les Juifs étrangers. Cela ne semble pas être correct au vu des statistiques relatives aux enfants raflés. Et même si c'était vrai, cela ne réduit en rien l'ignominie de l'acte ;

 

La rafle du Vélodrome d'Hiver ( 16 juillet 1942), appelée « rafle du Vel’ d'Hiv » est la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France durant la guerre 40-45. En principe, elle visait essentiellement les Juifs étrangers ou apatrides réfugiés en France.

 

Cette rafle s'inscrit dans une opération menée à l'échelle européenne par le régime nazi. C'est l'opération « Vent Printanier », en juillet 1942. En France, les autorités de VICHY ont mobilisé les policiers français pour participer à l'opération: à PARIS, 7000 policiers et gendarmes. Cela se passa en deux jours: les 16 et 17 juillet 1942.

 

Pendant deux jours, la police française, dirigée par René BOUSQUET, a arrêté 13 152 Juifs - dont 4 115 enfants - et les a gardé en détention au Vélodrome d’Hiver, situé quai de Grenelle, dans le XVe arrondissement.

 

Après la rafle du Vel d'Hiv, près de 8.000 personnes furent transférées vers les camps d'internement du LOIRET. Parmi eux, plus de 4.400 enfants, dont certains avaient à peine deux ans. Moins de cent personnes rentrèrent de déportation. C'est ce que Jean-Marie LE PEN appelle « un détail de l'histoire » !

 

Les trois camps d'internement du LOIRET étaient installés à BEAUNE-LA-ROLANDE, PITHIVIERS et JARGEAU. Près de 18 000 juifs y furent internés. De là, ils furent déportés. Parmi eux figuraient plus de 4 400 enfants, arrêtés avec leurs parents lors de la rafle du Vél d'Hiv.

 

Ces enfants connurent un mois d'enfer dans ces camps. Après quelques semaines, on donna l'ordre de séparer les mères et les enfants. Ceux-ci criaient, pleuraient, appelaient leur mère. Nombre de ces enfants se retrouvent seuls, entourés de quelques rares adultes.

Mi-août, ils seront conduits à DRANCY puis à AUSCHWITZ. Pour les calmer, on leur a dit qu'ils allaient retrouver leur mère.

 

On a souvent, habilement, rejeté tout sur le gouvernement de VICHY, comme en témoigne la plaque commémorative installée Place Adolphe CHERIOUX, près de la Mairie du XV° arrondissement. Jacques CHIRAC a été, en 1995, le premier Président à reconnaître la responsabilité de la FRANCE dans la collaboration avec le régime nazi.

 

 

 

Dans le XV° Arrondissement, une autre plaque, apposée à la façade d'une école, au 19 de la Rue Blomet rappelle que 87 enfants juifs de cette école ont été raflés;

 

DSCI4383.JPG

Un Musée-Mémorial des milliers d'enfants internés dans les camps du LOIRET après la rafle du Vél'd'Hiv, puis déportés, a été installé à ORLEANS. Il a été inauguré le 27 janvier 2011 par Jacques CHIRAC et Simone VEIL. Il est intégré dans les locaux du «  Centre d'études et de recherches sur les camps d'internement du LOIRET ». Il est situé 45, rue du Bourdon Blanc à ORLEANS.

1280px-Orléans_musée_-_mémorial_des_enfants_du_Vel_d'Hiv_3a.jpg

 

Le Musée accueille documents, photographies, biographies et témoignages sur les enfants internés dans le département avant d'être acheminés vers les camps d'extermination nazis.

04/06/2015

Un peintre de guerre: Félix VALLOTTON.

Quelques mots sur Félix VALLOTTON.

Il n'est pas question ici de faire oeuvre de critique de peinture. Mais simplement de montrer comment la guerre a pu être représentée par un peintre déjà connu à l'époque. Célébre avant guerre par des oeuvres complètement différentes et qui, durant le conflit, a modifié sa façon de peindre pour exprimer son sentiment.

VALLOTTON, d'origine suisse,a été naturalisé français en 1900. Il a 49 ans au moment de l’éclatement de la Première Guerre mondiale. Il souhaiterait pouvoir s’enrôler, mais il est trop vieux. «Il est pourtant tout à fait patriote. On le voit sur cette toile où les couleurs qui dépassent de sa palette sont les couleurs du drapeau français.» Il va représenter la guerre, qui va le bouleverser personnellement et dans sa démarche formelle de peintre.

 

Il a 49 ans lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il se trouve à HONFLEUR. Il cherche a s'engager volontaire. Il est refusé vu son âge.

 

La guerre lui inspire en 1915 différents tableaux dont " Le Crime Chatie", "1914", ou "C'est la guerre", et ne cache pas son opinion pour une victoire française.

felixv10.jpg

Il va participer à une mission de peintres aux armées et ainsi se rendre compte de la désolation. En 1917, il visite le front qui lui inspire des paysages de guerre.

 

landscape-off-ruins-and-fires-1914.jpg

 

 

En 1917, il réalise « VERDUN ». Une vision sublimée de la guerre. Ce tableau traduit ses réflexions personnelles sur l'art au front. Il se demande comment l’artiste peut représenter la guerre, les forces, le bruit, la violence, les nuées de gaz. Il modifie sa façon de peindre: il faut abandonner l’arabesque et la courbe pour utiliser la droite. La guerre aura bouleversé sa peinture. La guerre nouvelle ne peut plus être prise en charge par le réalisme classique. Elle suscite d’autres formes de représentation

 

Par ce tableau, VALLOTTON représente un champ de bataille sous un déluge de feu et de fer dont l'espace est structuré de façon géométrique.La composition s'organise autour de faisceaux lumineux colorés se croisant au-dessus de flammes et de nuées de gaz en formant des triangles, tandis que sur la gauche s'abattent les lignes obliques de la pluie. La vision d'ensemble est celle d'un paysage de guerre où s'affrontent des forces antagonistes, la violence des intempéries et celle des hommes qui se battent.

Félix Vallotton VERDUN 1917.jpg

 

Il exprime aussi l'impact que la violence industrielle de la guerre a un impact produit sur le paysage. La forêt est saccagée, les troncs d'arbre en feu,le sol arasé et nu, la végétation disparue. On ne voit aucun soldat. Cette toile n’est pas un instantané de la bataille.