06/01/2016

L'Allemagne et la France: en 1871 et en 1914.

RIVALITES DE FRONTIERES ENTRE L'ALLEMAGNE ET LA FRANCE.

Tout d'abord, la frontière, contestée par la FRANCE, entre 1871 et 1914.

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Ensuite, la situation fin 1914 ( résultat de l'avance allemande.

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04/01/2016

L'Empire Allemand: de la grandeur avant 1914 à la décadence en 1919.

 

 

Grandeur et décadence de l'Empire Allemand.

 

Les Allemands étaient unifiés dans l'Empire Allemand seulement depuis 1871. cet empire succédait à la Confédération Germanique qui avait existé entre 1815 et 1866, d'abord. Ensuite à la Confédération de l'Allemagne du Nord de 1867 à 1871.

 

Ce nouvel état réalisait la formation d'un régime impérial dominé par la Prusse. Il semblerait que de nombreux allemands considéraient plutôt cette fusion comme une annexion cachée par la Prusse.

 

"Deutsches Reich", " Empire allemand "ou " Empire germanique " faisait implicitement référence au " Saint Empire Romain germanique ", en allemand "Heiliges römisches Reich deutscher Nation": de 962 à 1806.,

 

Curieusement, ce n'est pas à Berlin que l'Empire fut proclamé mais à Versailles, le 18 janvier 1871. Pour la petite histoire, dans la Galerie des Glaces. Le roi de Prusse GUILLAUME I° fut proclamé Kaizer. Un Symbole, c'était après la victoire de l'Allemagne contre la France à l'issue de la Guerre franco-prussienne de 1870. La date choisie est tout aussi symbolique: elle correspond au 170e anniversaire du couronnement de FREDERIC I° comme comme roi de Prusse.

 

L'Empire était un État fédéral constitué d'États, des monarchies à l'exception des trois villes hanséatiques de BrêmeHambourg et Lübeck. Ces États formaient la Confédération allemande, présidée par un « empereur allemand », en fait le Roi de Prusse. Les divers monarques exerçaient sur leur territoire la souveraineté. Ils étaient aussi les détenteurs de la puissance publique, reconnue par la constitution impériale. Dans le cas des villes libres, chaque Sénat l'exerçait sur son territoire. Mais l'influence de la Prusse était tellement puissante...

 

En 1900, le Reich couvrait 540 667 km². Il occupait le Nord et l’Ouest de l’Europe centrale, de la mer du Nord et la mer Baltique jusqu'aux Alpes. Des Vosges au Niémen à l’Est. Il était entouré au Nord par le Danemark,à l’Est par la Russie, à l’Ouest par les Pays-bas, la Belgique, le Luxembourg et la France, au Sud par la Suisse et l'Autriche-Hongrie.

 

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 La Prusse dans l'Empire.

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État fédéré

Régime

Capitale

Superficie en km² (1910)

Population (1910)

Royaume de Prusse

Monarchie

Berlin

348 780

40 165 219

Royaume de Bavière

Monarchie

Munich

75 870

6 887 291

Royaume de Wurtemberg

Monarchie

Stuttgart

19 507

2 437 574

Royaume de Saxe

Monarchie

Dresde

14 993

4 806 661

Grand-duché de Bade

Monarchie

Karlsruhe

15 070

2 142 833

Grand-duché de Mecklenburg-Schwerin

Monarchie

Schwerin

13 127

639 958

Grand-duché de Hesse

Monarchie

Darmstadt

7 688

1 282 051

Grand-duché d'Oldenbourg

Monarchie

Oldenbourg

6 429

483 042

Grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach

Monarchie

Weimar

3 610

417 149

Grand-duché de Mecklembourg-Strelitz

Monarchie

Neustrelitz

2 929

106 442

Duché de Brunswick

Monarchie

Brunswick

3 672

494 339

Duché de Saxe-Meiningen

Monarchie

Meiningen

2 468

278 762

Duché d'Anhalt

Monarchie

Dessau

2 299

331 128

Duché de Saxe-Cobourg et Gotha

Monarchie

Coburg/Gotha

1 977

257 177

Duché de Saxe-Altenbourg

Monarchie

Altenbourg

1 324

216 128

Principauté de Lippe

Monarchie

Detmold

1 215

150 937

Principauté de Waldeck

Monarchie

Arolsen

1 121

61 707

Principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt

Monarchie

Rudolstadt

941

100 702

Principauté de Schwarzbourg-Sondershausen

Monarchie

Sondershausen

862

89 917

Principauté Reuss branche cadette

Monarchie

Gera

827

152 752

Principauté de Schaumbourg-Lippe

Monarchie

Bückeburg

340

46 652

Principauté Reuss branche aînée

Monarchie

Greiz

316

72 769

Ville libre et hanséantique de Hambourg

Republique

Hambourg

414

1 014 664

Ville libre et hanséatique de Lübeck

Republique

Lübeck

298

116 599

Ville libre et hanséatique de Brême

Republique

Brême

256

299 526

Reichsland Elsaß-Lothringen

Monarchie

Strasbourg

14 522

1 874 014

Empire allemand

Monarchie

Berlin

540 858

64 925 993

 

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Pendant la guerre, Guillaume II était commandant en chef des armées, mais il perdit bientôt l'autorité réelle et sa popularité en fut diminuée. Il passa la guerre réfugié à SPA où la population finit par l'appeler le "vieux cantonnier".

 

Vers la fin de la guerre, l’Allemagne connaît une période de troubles. Depuis 1917, les manifestations réclamant plus de libertés politiques étaient en augmentation constante bien que réprimées très durement.

 

La marine allemande en mutinerie à l'automne 1918 précipita la fin de la monarchie allemande. cette époque vit l’instauration de "Conseils ouvriers" (Arbeiter- und Soldatenräte) dans toutes les grandes villes de l'empire, même à BERLIN. Ces événements forcèrent le Kaiser à renoncer non seulement au trône allemand, mais aussi au trône de Prusse.

 

Deux jours avant la fin des hostilités en 1918, éclate une révolution qui provoque la chute du régime impérial. Le 9 novembre 1918, le chancelier Maximilian Von Baden, après avoir décrété l’abdication de l’empereur Guillaume II et la renonciation au trône du prince héritier, démissionne et transmet ses pouvoirs à Friedrich Ebert, chef des sociaux-démocrates majoritaires. Le même jour, la république est proclamé

 

Les autres souverains allemands, qui avaient suivi le Kaizer ne purent pas non plus sauver leurs dynasties séculaires.

 

Deux jours avant la fin des hostilités en 1918, éclate une révolution qui provoque la chute du régime impérial. Le 9 novembre 1918, le chancelier Maximilian Von Baden, après avoir décrété l’abdication de l’empereur Guillaume II et la renonciation au trône du prince héritier, démissionne et transmet ses pouvoirs à Friedrich EBERT, chef des sociaux-démocrates majoritaires. Le même jour, la république est proclamée.

 

Le traité d'abdication ne fut signé cependant que le 28 novembre alorsqu'il résidait au à SPA. Il se réfugia aux Pays-bas, à DOORN, protégé par la reine. Il ne sera pas livré aux vainqueurs pour être jugé comme responsable de la guerre comme l'auraient souhaité les alliés.

 

Le 28 juin 1919, après quatre années d’une guerre terrible, la première guerre mondiale prit officiellement fin à Versailles. « Paix » pour les uns, « Diktat » pour les autres, ce traité contenait en germe les causes d’un second conflit, vingt ans plus tard.

 

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VERSAILLES est aussi tout un symbole: l’Allemagne vaincue signe le Traité de paix dans la galerie des Glaces, à l'endroit même où son empire avait été proclamé. Une table a été dressée sous la figure de Louis XIV franchissant le Rhin. 27 délégations représentant 32 puissances sont présentes. Sont assis à la table, les quatre représentants des nations alliées : Clémenceau pour la France ; Wilson pour les Etats-Unis, Lloyd George pour la Grande-Bretagne ; Orlando pour l’Italie. Müller, ministre des Affaires étrangères et le docteur Bell composent la délégation allemande.

 

Cette conférence siégeait depuis le 18 janvier. L’Allemagne a été tenue à l’écart. Les Alliés mènent seuls les débats mais ils ne sont pas d’accord entre eux. La France veut écarter définitivement le danger allemand contrairement à la Grande-Bretagne qui veut lui conserver son rang. Les Etats-Unis rêvent d’un monde pacifié avec la Société Des Nations. L’Italie veut les territoires promis en 1915. Le texte est soumis à l’Allemagne, le 7 mai qui fait des contre-propositions, le 29, toutes été rejetées. Le 17 juin, les Alliés lui donnent cinq jours pour se décider. L’Allemagne s’incline finalement.

 

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Mais surtout, il comprend le démembrement de l’Empire Allemand. L’Alsace et la Lorraine reviennent à la France. Mais d'autres régions sont aussi distraites de l'Allemagne, vers la Belgique, la Pologne, la Tchécoslovaquie...

 

Les clauses du traité imposaient à l'Allemagne des concessions territoriales: les frontières nationales allemandes étaient réduites; elle devait rétrocéder l'Alsace-Lorraine à la France; la Belgique reçut Eupen et Malmédy; la Sarre fut placée sous administration internationale; après plébiscite, le Schleswig du Nord fut rendu au Danemark.

 

A l'est, les partitions de la Pologne furent annulées. Un nouvel Etat polonais fut créé, qui reçut plus de la moitié des anciennes provinces allemandes de Posnanie (Poznan) et la Prusse occidentale, un "corridor" vers la Mer Baltique (qui séparait la Prusse orientale du reste de l'Allemagne) et, après un référendum, des portions de la Haute-Silésie. L'Allemagne dut céder au nouvel Etat tchécoslovaque le district de Hultschin.

 

En fin de compte, l'Allemagne se voyait amputée de 13% de son territoire (plus de 43 000 km² de son territoire européen) et de plus d'un neuvième de sa population (entre 6,5 et 7,3 millions de personnes).

 

Le texte fondateur de la Sociétés des Nations n'a pas été fait séparément. Ce texte n'était pas bien séparé du Traité de paix.

 

Le texte fondateur de la SDN et le Traité de Paix sont inclus l’un dans l’autre. Les représentants de l’Empire allemand furent confrontés à un sérieux dilemme: s’ils signent pour être membre de la Société des Nations, ils acceptent, au nom de l’Allemagne et de ses alliés, toutes les clauses du Traité de Paix, s’ils ne signent pas le Traité de Paix, l’Allemagne est exclue de la Société des Nations.

 

01/01/2016

La Partition de l'Autriche-Hongrie.

L'AUTRICHE-HONGRIE:

D'un passé ( avant 1914 ) mouvementé

à

La partition  ( discutable ) après 1919.

Avant 1914, l'AUTRICHE-HONGRIE était un empire aux pieds d'argile. Plutôt qu'un état, ce n'était qu'un vaste conglomérat de nations, de peuples, d'histoires , de langages divers.

Voici comment cet empire était représenté:

carte-Autr_Hongrie-humor.jpg

Mais en voici sa carte officielle. On notera que c'était déjà le résultat d'un "accord" entre les deux principales nations ( l'Autriche et la Hongrie ) de l'empire qui avait abouti à un assemblage bizarre: la Cisleithanie autour de l'Autriche ( AUTRICHE, BOHÊME, MORAVIE,GALICIE, STYRIE et CARNIOLE )et la Transleithanie ( royaume apostolique de HONGRIE ) qui comprenait en plus la PANNONIE, la TANSYLVANIE et la CROATIE.

Les titres officiels de l'empereur en 1914 étaient les suivants :

Sa Majesté Impériale et Apostolique, François-Joseph Ier, par la Grâce de Dieu empereur d’Autriche, roi de Hongrie et de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, de Slavonie, de Galicie, de Lodomérie et d’Illyrie ; roi de Jérusalem ; Archiduc d’Autriche ; Grand-duc de Toscane et de Cracovie ; Duc de Lorraine, de Salzbourg, de Würzburg, de Franconie, de Styrie et de Carinthie, de Carniole et de Bucovine ; Grand prince de Transylvanie ; Margrave de Moravie ; Duc de Haute et de Basse Silésie, de Modène, de Parme, de Plaisance et de Guastalla, d’Auschwitz et de Zator, de Teschen, du Frioul, de Raguse et de Zara ; Comte princier de Habsbourg et du Tyrol, de Kybourg, de Gorizia et de Gradisca ; Prince de Trente et de Brixen ; de Berchtesgaden et Mergentheim ; Margrave de Haute et de Basse Lusace, Margrave en Istrie ; Comte de Hohenems, de Feldkirch, de Bregenz, de Sonneberg ; Seigneur de Trieste, de Kotor et de la Marche de Windisch ; Grand voïvode de la voïvodie de Serbie.

 

Les institutions de cet assemblage étaient précédées d'acronymes:

KuK ( kaiserlich und königlich ) pour ce qui couvrait l'entiéreté de l'empire.

KK (kaiserlich königlich ) pour ce qui ne concernait que la Cisleithanie.

K.u.( königlich ungarisch ) pour ce qui concernait la Transleithanie.

Carte de 1914:

Cisleithanie en rose, Transleithanie en jaune.

Cisleithanien_Transleithanien.png

Carte de 1919:

La bordure rouge représentant les anciennes limites extérieures d'avant 1914.

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Le démembrement a abouti à d'autres erreurs: la YOUGOSLAVIE, la TCHECO-SLOVAQUIE, des partages entre la HONGRIE et la ROUMANIE entre autres...objets de bien des controverses plus tard ( comme la guerre entre Serbes et Croates, las problèmes du KOSSOVO...)

 

27/12/2015

Texte de Arnold ZWEIG tiré du "Cas du Sergent GRISCHA"

La démarche d'Arnold ZWEIG,

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Dans Le Cas du Sergent Grischa, où la mort arrive par sentence de l'état-major, le narrateur ne se contente pas de faire part des souvenirs et des images qui assaillent GRISCHA au moment de la décharge. Sa visée est philosophique, d'où un premier commentaire sur le réveil d'un "instinct vital" qui donnerait à GRISCHA "la certitude d'avoir arraché des parties de son être à l'anéantissement". 

Le temps compté des choses, des horloges, pendant lequel cinq projectiles [...] traversent l'atmosphère, pénètrent dans un corps, comme dans un sac rempli d'eau, et écrasant, déchirant et rejetant la sève vivante, la substance qui travaille et qui respire dans ce corps, se fraie un chemin jusqu'au centre vital, comme une taupe qui fouille la terre. Puis le temps, rapide comme l'éclair, des idées, du déroulement d'images, des rêves de toutes les nuits, qui, dans l'infime durée nécessaire pour viser et appuyer sur la gachette, permet l'illusion, semblable à la vie, d'un flot de visions qui se précipitent à une vitesse folle. Et enfin le temps physiquement délimité dans lequel les muscles et les nerfs répondent aux appels et aux ordres de l'âme. Dans les fractions de seconde que dura la pénétration des cinq balles dans l'étoffe malpropre de la chemise, entraînant des déchets dans le corps tiède et douloureux, jusqu'à la déchirure mortelle des veines pleines de sang, du coeur palpitant convulsivement, des riches tissus pulmonaires, il souffrit si abominablement, d'une façon dépassant si cruellement toute conception humaine, à la fois déchiré, étouffé, étranglé et écrasé, que la brûlure de l'anéantissement aurait dû effacer tout sourire de libération. Mais tandis que son corps se pliait et tombait en arrière, et que des flots de sang en traçaient en rouge la silhouette sur la neige, il ne put plus obéir à la douleur, il ne se laissa plus altérer par elle. "

 

Tiré du "Cas du Sergent GRISCHA.

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"Le cas du sergent Grischa", ce roman débute avec la prémisse intéressante selon laquelle quand un gouvernement fait du tort à un individu, il est alors voué à l'échec. 

"Le cas du sergent Grischa" (1927) est un roman de guerre et sur la guerre par . Son titre original allemand est "Der Streit um den Sergeanten Grischa".

Il fait partie de l'oeuvre de plusieurs volumes "Der Krieg der große la Weissen Männer (La grande guerre des hommes blancs)".

Sorti à la fin des années 1920, période fertile pour ce genre de romans. Au cours de laquelle de nombreux écrivains anciens combattants de la Première Guerre Mondiale ont rédigé leurs souvenirs et et décrit leurs expériences.  C'est donc l'équivalent allemand de BARBUSSE, DUHALMEL, GENEVOIX, DORGELES, VIVIER et autres...L

La première édition en anglais a été publiée en 1928. 

Le livre est une satire centrée sur la façon dont des hommes innocents sont sacrifiés pour la guerre.

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Le premier film tiré de ce roman est sorti en 1930 aux Etats-Unis.

Une seconde version est sortie en RDA en 1968. En RDA, la télévision  a diffusé une mini-série basée sur ce roman en 1970.

De quoi s'agit-il ?

Le soldat russe GRISCHA s'évade d'un camp allemand de prisonniers. Il tente de rentrer chez lui. 

Après son évasion, il est impliqué avec un groupe de bandits, dont une jeune femme, BABKA, qui s'habille comme un homme et a été prématurément vieillie par ses expériences traumatisantes.

GRISCHA et BABKA deviennent amants. Quand il s'en va, elle lui donne l'étiquette d'un ancien amant, BJUSCHEFF, de telle sorte que, au cas où il serait attrapé, on le prendrait pour un déserteur. Il éviterait ainsi, pensent-ils, d'être renvoyé dans le camp de prisonniers. Elle le suit à une distance au cas où il jamais besoin de son aide.

GRISCHA est finalement capturé. Individu inculte et peu au courant des subtilités juridiques, il ne comprend pas que le fait de se faire appeler BJUSCHEFF aggrave son cas.

Ayant été incapable de lire les avis disant que tous les déserteurs devaient se rendre à l'armée allemande d'occupation dans les trois jours sinon qu'ils risquaient l'exécution comme espions.

C'est seulement quand il est condamné à mort qu'il réalise ce qui lui est arrivé. Alors seulement,il révèle sa véritable identité. 

Les autorités locales allemandes envoient une question à ses anciens gardiens de prison. Ayant confirmé sa véritable identité, ils s'adressent à SCHIEFFENZAHN l'administrateur en chef sur le front de l'Est.

Ce dernier ordonne que l'erreur d'origine doit être ignorée, par respect de la discipline.

Grischa est donc condamné à être fusillé.

Il suit une lutte de pouvoir entre les autorités militaires locales et les administrateurs. Le vieux général voit comme un point d'honneur à ne pas céder à l'ordre de SCHIEFFENZAHN.

Bien qu'il ne parvienne pas à le convaincre, ce dernier se ravise par après et annule l'ordre d'exécution.

Cependant, une importante chute de neige  a endommagé les câbles du télégraphe. Ainsi, le télégramme de sursis n'est jamais envoyé.

Dans l'intervalle, BABKA élabore le plan d'empoisonner les gardiens de prison.

Pendant ce temps le lieutenant WINFRIED, neveu du général, tente de trouver des moyens alternatifs pour permettre de sortir GRISCHA de prison.

Les deux plans échouent parce GRISCHA lui-même est fatigué de la lutte et refuse de quitter, préférant faire face à l'exécution plutôt que de continuer comme un pion dans le jeu trop grand pour lui.

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22/12/2015

Arnold ZWEIG: du patriotisme prussien au pacifisme puis...

ARNOLD ZWEIG

 

Né le 10 novembre 1887 en Silésie.

Décédé le 26 novembre 1968 à Berlin-Est.

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Simple soldat en 14-18.

Ecrivain pacifiste.

Il combine, étrangement, pacifisme, sionisme, engagement politique en DDR...et pourtant censuré.

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Arnold ZWEIG est né en 1887, en Silésie, à Groß-Glogau. Il est issu de la classe moyenne juive. Son père, sellier, tenait aussi une épicerie. Il n'est pas parent avec Stefan ZWEIG.

 

Il étudia dans diverses universités ( notamment BRESLAU, MUNICH, BERLIN, GÖTTINGEN, ROSTOCK, et TÜBINGEN ) les langues modernes, la philosophie et la psychologie, la philologie contemporaine, l'histoire et l'histoire de l'art.

 

Il avait prévu d'être enseignant, mais au fil de ses études, il se consacra surtout à l'écriture. Ses premières histoires courtes datent de 1909. Il publie, en 1911, ses "Notes sur une famille Klopfer ", un roman semi-autobiographique plein de souvenirs d'enfance. Son premier roman, "Histoires sur Claudia", fut édité en 1912: un travail précoce, expérimental, où il dépeint les tourments d'une femme de la classe supérieure, sensible, mariée à un professeur timide. Elle cherche à se libérer de ses inhibitions. Déjà apparaît son intérêt pour la psychologie.

 

Il avait aussi attiré l'attention avec des pièces de théâtre, "Abigail und Nabal"  présentée en 1913, et "Meurtre rituel en Hongrie ", écrite en 1914. Deux pièces basées sur des thèmes sionistes.

 

En 1914, il s'engagea volontairement dans l'armée allemande comme simple soldat. Il se battit à VERDUN, en HONGRIE et en SERBIE. On le retrouve dans les bureaux, au grand quartier général, dans la proximité constante de HINDENBURG et de LUDENDORFF.

 

La Guerre de 14-18 le marqua profondément. C'est aussi alors qu'il fut confronté à l'antisémitisme et au sionisme. En poste dans ce qui est devenu la LITUANIE, il rencontra des Juifs d'Europe orientale et prit connaissance de leurs problèmes.

 

Il fut rortement perturbé par le "Judenzählung" (le recensement juif ) administré dans l'armée allemande. Il écrit, le 15 févriert 1917: « Si il n'y avait pas d'antisémitisme dans l'armée, l'appel insupportable au devoir serait presque facile. ". Il décrit cette expérience dans la courte histoire "Judenzählung vor Verdun"

 

Le "Judenzählung" est un épisode peu connu, prouvant la présence d'un antisémitisme en ALLEMAGNE à cette époque. On décida, en novembre 1916, de recenser les soldats juifs et de déterminer parmi les civils le nombre de Juifs aptes à la guerre, ceux servant au front, les déplacés, les engagés volontaires, les sursitaires, ainsi que le nombre de juifs morts au combat. En 1922, une étude montra que 17,3 % de Juifs allemands avaient fait la guerre, soit la même proportion que les non-Juifs. Donc quatre ans après la guerre, cela continuait à tourmenter les esprits en ALLEMAGNE ! On comprend mieux la suite !

 

1918: la guerre est finie mais ZWEIG a changé. De patriote prussien, il est devenu pacifiste et socialiste sioniste actif. Avec l'artiste Hermann STRUCK, il publie, en 1920, "Das ostjüdische Antlitz (Le visage des Juifs orientaux d'Europe)". Il tente ainsi de susciter la sympathie des juifs allemands pour le sort des juifs d'Europe orientale. Loin de se douter que leur propre sort serait pire.

 

ZWEIG devint l'ennemi juré des partis d'extrême-droite et antisémites. En 1923, après avoir reçu des lettres de menace, il s'installe à BERLIN.  Dès 1925, il écrit des articles et des romans critiques sur ​​des thèmes politiques de la République de Weimar. Il établit des liens avec FREUD, BRECHT et Carl von OSSIETSKY. En 1927, il publie le roman anti-guerre "Le cas du sergent Grischa", qui lui valut la reconnaissance littéraire internationale. En 1929, il collabore au journal anti-nazi "Die Weltbühne". Ayant assisté à un discours d'HITLER, il compare ce dernier à "Charlie Chaplin sans le talent". Ses livres furent brûlés en ALLEMAGNE.

 

Avec la montée du nazisme, ZWEIG s'exila, en 1933, pour, finalement, arriver en Palestine. Durant cet exil, il semble avoir joué le rôle de lien entre FREUD et la communauté psychanalytique locale. Il écrivit sa tétralogie de la Première Guerre mondiale, dont "L'éducation à Verdun" est le plus notable. Mais le nationalisme hébreu déçut le prussien sioniste qu'était ZWEIG. Il écrivait en allemand et se sentait limité, isolé. Il était proche d'un groupe d'immigrants de langue allemande qui se sentaient éloignés du sionisme et se considéraient comme des réfugiés ou des exilés de l'Europe. Après cette expérience, ZWEIG, désabusé du sionisme, se tourne vers le socialisme.

 

En 1948, il répond à une invitation officielle des autorités est-allemandes. Il rentre en ALLEMAGNE, dans la zone d'occupation soviétique qui devint, en 1949, la RDA. Il fut impliqué dans le système communiste: membre du parlement est-allemand, délégué au Conseil de paix, membre du Conseil consultatif culturel du parti communiste, Président de l'Académie allemande des Arts de 1950 à 1953. Il fut récompensé par de nombreux prix et médailles par le régime. L'URSS lui a décerné le Prix LENINE de la Paix, en1958, pour ses romans anti-guerre. 

 

Il continue à écrire même si les libertés se restreignent de plus en plus. Ses idées pacifistes et nombre de points de vue sur des sujets de société le mettent de plus en plus en désaccord avec le communisme.  Après 1962, en raison de sa mauvaise santé, il se retira des champs politique et artistique. Il subit la censure: un film inspiré d'un de ses romans n’a pas l’heur de plaire aux Soviétiques. Il est alors retiré de l’affiche, avant d’être à nouveau montré trente ans plus tard. Un livre paru en 1932, "Meurtre à Jérusalem", brûlé par les nazis, fut aussi censuré par la RDA.

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Il est mort à BERLIN-EST le 26 Novembre 1968.

 

Patriote prussien en 14-18 puis, successivement, pacifiste, sioniste, socialiste, dignitaire communiste, censuré par le Parti, sa vie semble pleine de contradictions. Pourtant c'est l'un des principaux écrivains allemands du 20°e siècle. Son oeuvre est inconnue chez nous. La fin du totalitarisme a enfin permis de lui restituer son véritable visage.

 

Ses principales oeuvres: " Le cas du sergent Grischa (1927) ", " Jeune femme de 1914 (1931) ", " L'éducation à Verdun (1935) ", "Mise en place d'un roi (1937)", " Le cessez-le-feu (1954) ", " Le moment est venu (1957)",  "De Vriendt rentre à la maison (1932) ";  "La hache de Wandsbek (1943 en hébreu, 1947, en allemand) ", " Bilanz der deutschen Judenheit (1933 )".

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Plusieurs romans furent adaptés en film, à plusieurs reprises, souvent en RDA: Das Beil von Wandsbek , Der Streit um den Sergeanten Grischa, Junge Frau von 1914, Erziehung vor Verdun. Déjà, en 1930, aux Etats-Unis: The Case of Sergeant Grischa. 

 

 

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 Sa tombe à BERLIN-EST

 

 

13/12/2015

Evocation des Prisonniers Politiques.

DES PRISONNIERS POLITIQUES EN 14-18.

 

D'ordinaire, quand on parle des Prisonniers Politiques, on a pris l'habitude de ne considérer que le cas de la Guerre de 40-45....et, bien sûr, de l'organisation la plus représentative: la CNPPA ( Confédération des Prisonniers Politiques et Ayant-Droits ).

Il y a eu, pendant la guerre de 14-18, également une résistance. Qui dit "Résistance" dit "Répression", procès, condamnations ( parfois à la peine capitale )et bien sûr, aussi "Prisonniers Politiques ".

Il y eut, après la guerre, constitutions de groupements de Prisonniers Politiques. On peut citer l’Union des Prisonniers politiques fondue, après 1945, dans la CNPPA.

Mais il y en eut d'autres, maintenant bien inconnues.

En voici deux témoignages:

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05/12/2015

Les PAYS-BAS et la seconde guerre mondiale.

 

La seconde guerre mondiale et les PAYS-BAS

( Bref exposé )

Ce tableau est apposé dans une des salles que le public peut visiter

à l'intérieur de l'Hôtel de Ville de 

GOUDA.

La traduction:

" En reconnaissance aux citoyens de la ville qui ont perdu la vie durant la seconde guerre mondiale "

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Les PAYS-BAS furent envahis le même jour que nous, le 10 mai 1940. 

Il capitulèrent après moins d'une semaine de combats.

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Contrairement à la BELGIQUE, la Reine et le Gouvernement eurent une position commune: ils se réfugièrent à LONDRES.

L'occupation allemande a officiellement commencé le 17 mai 1940. Elle sera de cinq ans avant que le pays soit libéré, au cours de laquelle plus de 300 000 Néerlandais ont perdu la vie.

Quelque 400 000 ouvriers néerlandais furent contraints d'aller travailler en ALLEMAGNE.

L'occupant accorda un large soutien au N.S.B. (Alliance national-socialiste), qui s'institua en serviteur disciplinée des Nazis.

Toutes sortes de nouvelles institutions et organisations national-socialistes (par exemple la S.S.-Pays-Bas) furent créées. Il fallait, à tout prix,de gré ou de force introduire et imposer l'idéologie nazie.

L'occupant se livra à la chasse aux juifs. Une grande partie de la population juive des Pays-Bas fut éliminée par l'expédition en déportation.

104000 juifs morts sur un total de 140 000 !

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Cette occupation dura jusqu'à la capitulation de l'ALLEMAGNE, en mai 1945. Elle se caractérisa par une répression brutale.

En septembre 1944, les troupes alliées atteignirent le territoire néerlandais. Mais les Allemands résistèrent avec acharnement. Après l'échec de l'opération alliée sur ARNHEM, les PAYS-BAS restèrent occupés pendant tout l'hiver 1944-1945.

Le Nord de la FRANCE et la plus grande partie de la BELGIQUE furent rapidement libérés, cela ne fut pas le cas pour les PAYS-BAS. En maintenant les PAYS-BAS sous leur contrôle les Allemands empêchaient l'utilisation du port d'ANVERS. Et cela aussi longtemps  que les rives de l'Escaut Occidental n'étaient pas libérées.
Ce fut seulement le 5 mai 1945 que les dernières troupes allemandes capitulèrent.

Les Néerlandais célèbrent le 4 mai ( désigné "Journée de commémoration des morts", en souvenir du 4 mai 1945, qui fut le dernier jour de l’occupation du pays.

Ce n'est donc pas le 8 mai comme chez nous.