15/02/2013

CIMETIERE DE SCLESSIN: QUELQUES MEMORIAUX PRIVES.

Comme d'habitude, lorsque nous visitons un cimetière pour photographier le Mémorial officiel, nous en profitons pour effectuer une petite visite du cimetière.

Au hasard de la découverte, quelques photos de tombes privées sont réalisées. C'est purement du hasard, personne n'est privilégié.

Ci-dessous, la tombe du caporal Marcel TAVERNIERS, mort au combat le 10 mai 1940:

 

 

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Celle des deux frères René et Marcel DEMOULIN:

 

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René DEMOULIN était Major aviateur et Marcel DEMOULIN, résistant armé.

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Une photo plus ancienne incrustée sur une stèle ( sans doute soldat de 14-18 ):

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14/02/2013

DRAPEAU DE LA FNC DE SERAING.

Le drapeau de l'ancienne section FNC de SERAING

placé, bien en évidence, au Musée du WHITE BISON

à l'ancienne Base Militaire de BIERSET:

 

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07/02/2013

CIMETIERE DE SCLESSIN: MONUMENT AUX MORTS.

CIMETIERE DE SCLESSIN:

ANCIENNEMENT SECTION DE LA COMMUNE DE OUGREE:

DEPUIS 1976, SECTION DE LA VILLE DE LIEGE.

 

Le cimetière de SCLESSIN est situé Rue du Perron.

Jusqu'à la fusion des communes en 1976, SCLESSIN était une section de la commune de OUGREE, OUGREE étant situé sur la rive droite de la Meuse et SCLESSIN, sur la rive gauche.

En fait, SCLESSIN menait une vie relativement autonome par rapport à OUGREE à tel point que, jusqu'au tournant des années 1970, il possédait un bureau de poste distributeur indépendant.

Pour rappel, SCLESSIN est la quartier de naissance de Paul BRUSSON.

Le Monument au Morts est situé dans la partie ancienne du cimetière, au centre d'une petite place circulaire.

Voici ce monument tel qu'il apparaît dès l'entrée au cimetière:

 

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Et, vu du haut du cimetière:

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Et vu de l'allée centrale, en s'en approchant:

 

 

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Comme indiqué en haut de la colonne il fut érigé en l'honneur des combattants de 1914-1918:

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Une plaque métallique ajoutée après la seconde guerre est dédiée aux combattants des deux guerres:

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Au dos du monument, est gravé, sur la pierre de taille, la dédicace de la commune de OUGREE:

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Au dos également, une plaque métallique, don de section "OUGREE-SCLESSIN" de la FNC ("FEDERATION NATIONALE DES COMBATTANTS"), primitivement dédiée aux combattants dee 1914-1918, mais avec un ajout "1940-1945":

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La base est constituée de pierres tomballes malheureusement devenues peu lisibles:

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Installées sur la base, trois plaques métalliques, don de la Police d'OUGREE:

A noter, que les donateurs ont fait mentionner "OUGREE-SCLESSIN"

La première dédiée aux habitants de SCLESSIN, victimes de la seconde guerre:

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La seconde pour un membre du corps de police, LOISSEAU Marcel:

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La troisième, sur la droite,en mémoire de CABO Guillaume:

( Il s'agit de deux prisonniers politiques ):

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Comme en témoigne ce bouquet tout frais, malgré l'éloignement dans le temps, on n'oublie pas:

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19:02 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/02/2013

ALAIN: PHILOSOPHE PACIFISTE, VOLONTAIRE DE GUERRE ET TEMOIN ENGAGE.

  ALAIN,

pseudonyme de Emile-auguste CHARTIER.

Né le 3 mars 1868, décédé le 2 juin 1951.

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Emile-Auguste CHARTIER, dit ALAIN, a fasciné des générations d’étudiants en Humanités. Sa vie et son œuvre fournissent des clés existentielles et montrent comment assumer avec joie la condition humaine. André MAUROIS, un de ses anciens élèves, dira avoir pris conscience grâce à lui « qu'il était possible d’être un homme et de l’être dignement, noblement ».

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ALAIN.jpgÉmile-Auguste CHARTIER, dit ALAIN est né dans une famille bourgeoise désargentée. Son enfance n'est pas heureuse: son père, vétérinaire, homme colérique et souvent ivre, lui infligeait des épreuves pour affirmer sa virilité. Sa mère, femme frivole, passe peu de temps à la maison. Avec sa sœur, il est élevé par la bonne. La famille étant endettée, il lui revient souvent la sinistre mission d’aller chercher le pain sans pouvoir le payer.

En 1874, il entre au Collège Sainte-Marie de MORTAGNE, sa ville natale. Fait assez bizarre car son père est un farouche anticlérical. Il est meurtri par l’éducation qu’il reçoit de la part des prêtres. C'est celle des coups, de la peur des brimades, du diable, de l’enfer... «Toute mon enfance fut peureuse.», dira-t-il. Entre condisciples, la brutalité règne aussi. Cette enfance influencera à la fois ses considérations sur l’éducation et sur la guerre. Sa détresse d'enfant se perçoit dans un ensemble d'anecdotes dispersées sur ses souvenirs d’enfance.

 

En 1881, il rejoint le Lycée d’ALENCON d'où il sortira en 1886, bachelier ès Lettres. Il prépare le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure à VANVES, au lycée Michelet. Le professeur de philosophie, Jules LAGNEAU, sévère, austère et rigoureux, va le marquer profondément. Il tentera de briller à tout prix, en tout, pour attirer son attention, son respect.

 

En juillet 1889, il est reçu à l'Ecole Normale Supérieure, 23ème sur 24, après deux échecs ! En 1992, il devient agrégé de philosophie. Il commence sa carrière d'enseignant à PONTIVY, puis à LORIENT, à ROUEN, au Lycée Condorcet à PARIS , puis au lycée Michelet de VANVES et, enfin, au Lycée Henri IV à PARIS, en 1909. Partout où il est passé, il s'est engagé dans la vie sociale.

 

Dès 1903, il publie dans la « Dépêche de Rouen » de courts articles, signés ALAIN, inspirés d'événements de la vie quotidienne, au style concis et aux formules séduisantes, couvrant quasi tous les domaines: les "Propos dudimanche", puis les "Propos du lundi" Plus tard on les réunira en volumes: « Propos (1908-1920) », « Système des beaux-arts », « Propos sur la littérature », « Propos de politique », « Les Dieux », « Propos d'économique », « Histoire de mes pensées », « Vigiles de l'esprit ». Humaniste cartésien, passionné de liberté, il se veut "éveilleur d'esprit". Il ne propose pas de système philosophique mais il apprend à se méfier des préjugés. Pour lui, la capacité de jugement ne doit pas être basée sur un système théorique.

 

Proche du Parti Radical, il est fidèle aux principes fondateurs de la III° République. Durant l'Affaire DREYFUS, il milite au côté des dreyfusards. Bien que pacifiste convaincu, quand la guerre est déclarée, il s'engage pour remplir son devoir civique, sans renoncer ses idées. Il est non mobilisable mais il ne peut supporter d'être à l'abri alors que d'autres risquent leur vie. Le conflit étant devenu inévitable, ALAIN a voulu s’engager sans lâcheté. Brigadier d'artillerie, il refuse toute promotion. Le 23 mai 1916, il a le pied broyé lors d'un transport vers VERDUN. En 1917, il est démobilisé.

 

Dès son incorporation, il relate les épisodes marquants qui lui reviennent à l’esprit et qui vont lui donner le prétexte à une réflexion sur la guerre et aux impressions qu’elle lui inspire. Il va réfléchir à sa condition et à celle de ses camarades. Il donne libre cours à son esprit critique et juge tant le détail que la nature humaine avec un brin de révolutionnarisme. Il publie en 1921 son pamphlet "Mars ou la guerre jugée". ALAIN y explique que ce qui l'a marqué le plus au front, c'est la servitude. Il s'élève contre le mépris que les officiers montraient pour les hommes de troupe. «Ils  parlent aux hommes, comme on parle aux bêtes », écrit-il. Il ne supporte pas l'idée de cette tuerie organisée, de ce traitement que l'Homme inflige à l'Homme.

 

En 1931, il écrit ses « Souvenirs de guerre. », publiés en 1937. Dans ces souvenirs présentés d’une manière vaguement chronologique, on trouve peu de dates et de lieux, mais néanmoins quelques tableaux décrivant bien ces endroits et de nombreux détails techniques, toutefois superficiels. Au delà du simple récit d’un combattant, il illustre un état d’esprit et une vision fort justes de personnages divers, décrits au gré des rencontres. Pour lui, la guerre fut un laboratoire de l’âme humaine qu’il analysa en temps réel. Il écrira aussi « Suite à Mars. Convulsions de la force. »

 

Ses livres sur la guerre sont écrits dans un style journalistique qui ne laisse aucune place au pathos. Cette froideur s'explique par la violence subie dans son enfance. Il reste pacifiste mais, paradoxalement, sa dénonciation est moindre lorsqu’il s’agit des rouages internes de la guerre. Habitué, dans son enfance, à devoir assister sans protester aux châtiments infligés en public aux enfants et à l’obéissance absolue, ALAIN en vient à justifier des violences et des logiques cruelles. Pour lui, la guerre comme l'école ont pour fonction l'humiliation. Il écrit: « C'est pourquoi des exécutions précipitées, effrayantes et même révoltantes, ne me touchent pas plus que la guerre elle-même, dont elles sont l'inévitable conséquence. Il ne faut jamais laisser entendre, ni se permettre de croire que la guerre soit compatible, en un sens quelconque, avec la justice et l'humanité. »

Il revient épouvanté par les horreurs de la guerre. En pacifiste et rationaliste, il pouvait penser que ce que les soldats avaient vécu devaient les détourner à jamais ce l'esprit guerrier. C'est donc un peu désabusé qu'il constate, une fois la guerre finie, que beaucoup d'Anciens Combattants la glorifie au lieu de la condamner, se prennent à aimer le système militaire et à devenir nostalgiques. « L'homme qui a échappé aux dangers, qui s'est vengé comme il pouvait, et qui a admiré son propre courage, trouvera occasion, si les cérémonies sont convenablement réglées, d'adorer le système et le chef, un court moment, et ensuite par souvenir. Ainsi les survivants louent la guerre toujours plus qu'ils ne voudraient. »

Dès son retour à la vie civile, il reprend ses fonctions au Lycée Henri IV. Il s’engage aux côtés du mouvement radical, en faveur d'une république libérale strictement contrôlée par le peuple. En 1927, il signe la pétition contre la « Loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre », loi qui abrogeait toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Parmi les signataires, on trouve Louis GUILLOUX, Jean-Paul SARTRE et Raymond ARON. Jusqu'à la fin des années 30, son œuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée du fascisme. En 1934, il est cofondateur du Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes. S'y côtoient le physicien Paul LANGEVIN et l'anthropologue Paul RIVET. Bien que n'ayant jamais adhéré au socialisme, il montre de la sympathie pour le mouvement ouvrier et syndical. Certains de ses « Propos » ont été publiés dans la revue hebdomadaire « L'École libératrice » du Syndicat National Des Instituteurs.

Il est anticlérical mais il respecte l'esprit religieux. Dans « Propos sur la religion » et « Propos sur le bonheur » apparaît une certaine fascination pour l'Évangile. Du catholicisme il apprécie la dimension universelle. Cela ne l'empêche pas d'écrire : « Fondez une Société des honnêtes gens, tous les voleurs en seront. Ainsi fait l'Eglise. L'Eglise a institué des offrandes et des pratiques qu'elle proclame être le signe de la vertu; aussitôt tous ceux qui ont des vices ou des vols à cacher s'empressent de faire ces offrandes et ces pratiques; les plus tarés payent un peu plus que les autres, de leur personne ou de leur bourse, et on peut les voir dans toutes les villes où la procession circule ; on peut les voir derrière le dais, semblables à des loups devenus bergers."

 

En 1936, où une attaque cérébrale le laisse à demi paralysé et le condamne au fauteuil roulant. Il décédera 15 ans plus tard en 1951, à l’âge de 83 ans, quelques semaines après avoir reçu le Grand Prix National des Lettres. Il est enterré au Père Lachaise, Division 94.

 

Bibliographie: Quatre-vingt-un Chapitres sur l'esprit et les passions (1917), Petit Traité d'Harmonie pour les aveugles (en braille, 1918), Système des Beaux-arts (1920), Mars ou la guerre jugée (1921), Propos sur l'esthétique (1923), Lettres au Dr Henri Mondor (1924), Propos sur les pouvoirs - Eléments d'une doctrine radicale (1925), Souvenirs concernant Jules Lagneau (1925), Sentiments, passions et signes (1926), Le citoyen contre les pouvoirs (1926), Les idées et les âges (1927), La visite au musicien (1927), Propos sur le bonheur (1928), Entretiens au bord de la mer (1931), Idées (1932), Propos sur l'éducation (1932), Les Dieux (1933), Propos de littérature (1934), Propos de politique (1934), Propos d'économique (1935), Stendhal (1935), Souvenirs de guerre (1937), Entretien chez le sculpteur (1937), Les Saisons de l'esprit (1937), Propos sur la religion (1938), Eléments de philosophie (1940), Vigile de l'esprit (1942), Préliminaires à la mythologie (1943).

 

 

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 "L’opinion que la guerre est inévitable est fort dangereuse, comme j’ai dit. Mais l’opinion que la guerre est impossible, soit par les traités, soit par l’adoucissement des mœurs, est tout aussi dangereuse à mes yeux, et aussi mal fondée."

 

18/01/2013

CIMETIERE DE HERSTAL: MONUMENTS AUX MORTS ET MONUMENTS COMMEMORATIFS..

 

Il s'agit bien sûr du Cimetière des Rhées, situé Rue de MILMORT à HERSTAL.

Dès que l'on aborde la porte d'entrée du Cimetière, se présente aux visiteurs une longue et large allée qui traverse le cimetière de part en part.

A centre du cimetière se edresse ce Monument aux Morts:

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Ceci est la face avant qui s'offre aux regards dès l'entrée du cimetière.

En voici le détail. On peut remarquer que le sculpteur a utilisé les caractères romains

( "U" est écrit "V" )

 

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Ci-dessous, la frace arrière: une plaque métallique reprenant la liste des noms.

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Une vue, prise de profil. Ce monument est érigé sur un terre-plain. Deux canons semblent y monter la garde!

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Ce Monument se situe, en fait, à un cfarrefour de deux allées plus imortantes que les autres.

Un peu en retrait, sur la gauche, on peut voir un Monument dédié ausx soldats allemands morts en août 1914.

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Le lichen qui le recouvre semblerait signaler qu'il est un peu oublié. Pouratnt, une gerbe de fleurs artificielles se trouve au bas.

Manifestement, il est quand même bien respecté car non vandalisé.

Derrière le Monument aux Morts, s'ouvre une allée bordée de chaque côté de stèles commémoratives de soldats de 1940-1945.

Cette allée fait donc office de "Pelouse d'Honneur"

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Parmi ces stèles, celle d'un combattant britannique.

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Quelques stèles prises au hasard:

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Une stèle dédeiée aux membres d'une association de HERSTAL ( " L'AS Herstalienne")

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Stèle édifiée après la guerre de 14-18, mais modifiée après 40-45:

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Enfin, dans une allée latérale, mais toujours proche du Monument aux Morts, ce tombeau:

Il s'agit d'un Volontaire de Guerre, PAES Louis.

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Enfin, au fond de l'allée bordée par les stèles, ce Mémorial dédié aux victimes civiles d'aôut 1914

 

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16/01/2013

MAX DEAUVILLE: TEMOIN PRIVILEGIE DE LA VIE DES COMBATTANTS EN 14-18.

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Max DEAUVILLE

Nom de plume de

 

Maurice DUWEZ

 

Né à IXELLES le 31 août 1881

et y décédé le 1° février 1966

Il a participé au front à la Guerre de 14-18 comme médecin militaire.

Plusieurs fois cité à l'ordre du jour de l'armée. Titulaire de nombreuses décorations dont la croix de guerre avec 2 palmes, la carte du feu avec 7 chevrons et 1 blessure, la médaille de l'Yser, la croix de guerre française.

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Maurice DUWEZ ( Max DEAUVILLE ) est né à Ixelles le 31 août 1881 dans une famille bourgeoise et intellectuelle. Son père, brillant ophtalmologue, collabora avec le vicomte de Spoelberch, ( bibliophile de Balzac, Sand, Mérimée...) tout en étant son médecin.

Dans son cas, nous parlerons d'un nom de plume plutôt que d'un pseudonyme car il ne mena pas une carrière exclusivement littéraire. Il mena parallèlement une brillante carrière de médecin sous son nom propre. Son nom de plume n'éclipsa jamais son patronyme contrairement à d'autres qui allèrent jusqu'à obtenir en Justice la substitution de celui-ci au profit de leur pseudonyme.

Véritable prodige, il entame à 16 ans, à l'Université de Louvain des études de médecine. En 1901, son père décède. Il le remplace comme secrétaire du vicomte de Spoelberch. Ce dernier l'introduisit dans les milieux littéraires ( Revue Générale et l'éditeur parisien Gaston Calman-Levy.) A 22 ans, en 1903, il termine ses études. Durant toute sa carrière, il est médecin aux Assurances Générales, tout en travaillant à l'hôpital d'Ixelles et en ayant une clientèle privée.

Dès ses débuts de médecin généraliste, il se lance dans l'écriture. Il publie en 1907 son premier roman, «La Fausse Route». Ensuite seront aussi publiés: «Le Fils de ma Femme» en 1909, «L'Amour dans les Ruines» en 1910 et, en 1914, «Le Métier d'Homme». En outre, Il avait collaboré avant guerre à diverses revues littéraires: « La Revue Générale », « Le Mercure de France », « Le Thyrse ».

Max DEAUVILLE fut en Belgique un témoin privilégié de ce que fut la Grande Guerre pour le simple combattant. Engagé volontaire, il fit la campagne d'ANVERS et il participa comme médecin à la retraite de l'Armée belge sur le front de DIXMUDE. En avril-mai 1915, il est atteint de la « Fièvre des tranchées ». Ayant été gazé, le 1er février 1916, il quitte son régiment pour être nommé médecin à l'hôpital de Saint Lunaire (Bretagne). Il est affecté à l'Aérostation militaire du 26 janvier 1918 au 11 novembre 1918. Il participe à l'offensive victorieuse et à l'occupation en Allemagne. Il fut démobilisé en décembre 1918.

Grâce à ses ouvrages «Jusqu'à l'Yser», «La Boue des Flandres» et «Dernières Fumées», on comprend mieux ses sentiments durant ces années de guerre. Il dénonce l'inhumanité du conflit qui lui inspira d'abord une résignation stoïque, puis du désenchantement, aggravé par l'atmosphère qui régna après-guerre dans certains milieux. Cette ambiance, il l'a décrite dans «Jonas» et dans «Dernières Fumées». «Jonas» fut adapté en pièce de théâtre. Dans  «Dernières Fumées», il exprime cette pensée en ces termes :

" Entre les gens qui étaient restés chez eux et nous s'était creusé un fossé. Nous n'avions plus la même appréciation de la souffrance et des devoirs de la vie envers nous. Ce fossé  ne s'est jamais comblé. Aussi on a cherché à nous faire taire. Il se peut bien du reste que les gens qui se défiaient de nous n'avaient pas tout à fait tort, car nos idées de décivilisés étaient capables de troubler la tranquillité publique. dans le fond de nos coeurs nous n'avions conservé le respect de rien. Cela se voyait sans doute."    

 

On peut citer aussi la dédicace de " Jusqu'à l'Yser": 

 

" Gardons le souvenir de ceux qui ont été tués dans la laideur des jours et des nuits de la guerre. Ce sont eux qui ont sauvé l'honneur de la Patrie. Que ce livre soit comme un témoignage de tout ce qu'ils ont souffert." 

 


 

"Jusqu'à l'Yser" fut publié à PARIS durant la guerre. La censure supprima de nombreux passages, il connut néanmoins un grand succès. Il fut l'un des rares écrivains de guerre à avoir résisté à l'ambiance de l'époque qui décrivait une guerre irréelle et idéalisée, une guerre romancée. Il fait comprendre que la guerre. Il fait comprendre que la guerre, ce n'est pas seulement l'ennemi invisible et meurtrier, mais aussi une vie pénible et monotone où règne l'ennui, la malpropreté, les parasites, l'angoisse de la mort. Que ce sont aussi les ménages brisés, les soucis matériels quant à l'avenir et celui des enfants.

Voici ce que lui-même en dit:

 « ... j'ai tenu mon carnet de route, notant les faits, décrivant les paysages, les impressions, sans commentaires ni interprétations. J'ai pu ainsi établir un tableau objectif de ce qu'un témoin des grands événements peut voir. Le médecin d'un bataillon se trouve au milieu des hommes. S'il est exempt d'assaut, comme on disait alors, il vit de la même vie, court les mêmes dangers, ou presque, subit les mêmes peines, les mêmes ennuis et les mêmes privations.».

Ecrivain fécond, il collabore activement après la Guerre aux mouvements littéraires d'avant-garde en Belgique. Il présida également le Pen Club d'expression française de 1948 à 1957. Sous l'impulsion de Maurice GAUCHEZ, avec d'autres, il participe au groupe de " La renaissance d'Occident", amalgame hétéroclite où certains venaient avec la nostalgie de Londres, de Paris ou du midi de la France, où ils avaient vécu durant les hostilités, comme blessés ou pour d'autres raisons.

Après la guerre, il s'installa à IXELLES, avec sa mère, sa compagne et leur fils. Il y tint un cabinet médical. Il fut par ailleurs engagé aux Assurances Générales et nommé à l'hôpital d'IXELLES. Il poursuivra sa carrière médicale jusqu'à sa retraite. Il fermera son cabinet privé dès 1946.


Il fut toujours un médecin très dévoué aux pauvres. Dans ses romans, «Fourrière» et «La Soledad », il parle de son environnement professionnel médical qu'il estime déshumanisé:

 

" On ne dit plus un tel ou un tel. On dit le lit quinze, le lit six de la salle trois. Il faut une personnalité bien marquante pour qu'on dise: la petite blonde ou le grand roux. On dit aussi la pneumonie du six ou l'arthrite du huit.

 

 

Muet sur le plan politique belge, il s'enflamme pour la cause catalane. En 1926, en Catalogne, une tentative d'indépendance échoue. Les meneurs, réfugiés en France, sont jugés à Paris et, curieusement, expulsés vers la Belgique. Ils s'installent à BRUXELLES. Le poète Ventura GASSOL devient son ami. Fransescos MACIA est nommé en 1932, Président de la Généralité de Catalogne. Il proclame la république indépendante ede Catalogne le 12 avril 1931. Trois mois plus tard, il accueille Max DERAUVILLE. Ensemble, ils visitent la Catalogne. Il a aisi l'occasion de découvrir le pays et le peuple pour lequel il a lutté. Ce sera l'objet de textes, notes de voyage, conférences, articles sur l'histoire et la culture catalanes.

Au Pen Club, il a une attitude peu commune. Au congrès de 1947 à ZURICH, il intervient avec force contre les crimes allemands et la reconstitution prématurée du PEN Club allemand. En revanche, il prend position pour l'établissement de relations avec les écrivains de l'Europe de l'Est. En 1950, il écrit:

" Le Pen Club international estime que rien de ce qui peut contribuer à combler le fossé qui existe entre l'Est et l'Ouest ne peut être négligé et que toute occasion de nouer des relations sur le plan intellectuel avec des écrivains vivant de l'autre côté de ce que l'on nomme communément le mur de fer, doit être accueilli favorablement."

 

Lui et son épouse Marguerite NYST eurent un fils, chirurgien, Yser DUWEZ (1915 – 1974).

Son œuvre littéraire est immense : 11 romans, 5 « œuvres de guerre », 9 contes, 15 pièces de théâtre, 5, récits et nouvelles, 3 essais et 5 œuvres inédites.

 


 


 

La fièvre des tranchées.

 


 

La « fièvre des tranchées » dont a été victime Max DEAUVILLE a été observée au cours de la Première Guerre mondiale chez les soldats en campagne, d'où son nom.

 

Elle est transmise par les poux de corps, entraînant un état fébrile avec de terribles maux de tête et des douleurs osseuses intenses aux tibias pouvant entraîner une impotence fonctionnelle. D'autres signes plus inconstants sont rapportés, tels des lombalgies, des signes fonctionnels digestifs ou urologiques et une insomnie. Une anémie complique volontiers les formes chroniques. Elle est maintenant traitée par les antibiotiques.

 

Heureusement, l'issue est rarement fatale. L'évolution connaît une succession d'accès fébriles, de moins en moins sévères, tous les cinq jours environ (4 à 8 jours). Cette périodicité s'observe en règle sur 4 à 6 semaines. Toutefois, une minorité de cas évoluent vers une forme chronique, avec une altération sérieuse de l'état général et une tendance à la surexcitation.

 

Durant la Première Guerre mondiale, elle fut la cause alors de grandes épidémies avec plus d'un million de cas estimés en Europe tant chez les Alliés que chez les Allemands.

 

Elle réapparut durant la Seconde Guerre mondiale, puis s'éteignit. Actuellement, c'est une pathologie ré-émergente, concernant essentiellement les populations exposées à une hygiène précaire et à la présence de poux de corps, notamment chez les SDF dans les pays industrialisés.

 

La contamination se fait via les déjections des poux, dans lesquelles l'organisme est présent et peut pénétrer dans la circulation sanguine par le biais d'une légère plaie cutanée due au grattage.

 

Les poux vivent dans les coutures des vêtements et peuvent proliférer dans toutes les conditions d'hygiène défavorables telles que les guerres, les famines, les camps de réfugiés et la précarité sociale dans les pays industrialisés.

 

A ne pas confondre avec le typhus, beaucoup plus grave, qui fit aussi des dégâts durant la Première Guerre, avec conséquences mortelles. A notre cependant que les bactéries coupables sont parentes ( bactérie Rickettsia prowazeki, pour le typhus et Bartonella quintana de la famille des rickettsies. Pour la fièvre des tranchées.)
 

 

 

11/01/2013

SOUVENIR DE GUERRE. CHAPITRE VI: LA REDDITION

 

Chapitre VI : LA REDDITION.

 

Camionette.jpgLes jours qui suivirent furent peut-être les moins durs, mais bien les plus pénibles et les plus tristes. Nous avons attendu dans ce coin des Flandres, l'écrasement complet. Pour le surplus, nous étions encombrés de milliers de réfugiés, dont la misère faisait peine à voir. Quel interminable et douloureux cortège !

 

A LICHTERVELDE, notre Etat-Major doit nous désigner notre lieu de regroupement. A cinq heures du soir, on vient me prévenir que je dois me rendre à DIXMUDE. Dans cette ville, j'eus le plaisir de retrouver le charroi et mes amis qui l'accompagnaient. Ils ne comptaient plus me revoir ; aussi me témoignèrent-ils les marques de la plus cordiale amitié. « Joséphine » jouit de tous les égards dus à sa résistance et à ses exploits. Pour fêter mon retour, j'offris à déjeuner à tous les camarades. J'allai chercher dans mon camion le jambon, les oeufs et le beurre et nous fîmes un joyeux gueuleton.

 

De là, nous revenons à LICHTERVELDE, où un agent de liaison nous attendait pour nous conduire dans une petite localité où notre bataillon nous fit une chaleureuse réception.

 

Nous nous remémorions les heures terribles que nous avions vécues et chacun avait sa petite histoire à raconter. Comme la soupe n'était pas prête, je fis une nouvelle distribution de jambon et d'oeufs et ainsi nous avons pic-niqué au bord du trottoir.

 

De là nous nous sommes rendus dans un hospice de vieillards, où les petites soeurs qui le dirigeaient furent remplies d'attentions pour nous. On nous y avait caserné pour prendre un peu de repos alors que les Anglais qui y étaient cantonnés précédemment l'avaient abandonné lorsque le secteur devenait dangereux.

 

Nous y trouvâmes plus de six cent mille litres d'essence, des jumelles de campagne, des centaines d'imperméables, des sacs et des vivres. Nous en avons profité pour nous équiper et nous ravitailler...

 

Après deux jours de repos, nous repartons pour le front...et, pendant vingt-quatre heures, nous avons tourné en rond. Les nouvelles les plus extraordinaires circulaient, on allait jusqu'à prétendre que les armées allemandes avaient réussi à scinder le front allié... Ce n'était hélas que trop vrai !

 

Vint le soir, nous prenons notre cantonnement dans un vieux château. Nous y avons passé la nuit, en faisant la chasse aux rats.

 

Après le lever du jour, nous repartons pour ZEDELGHEM à onze kilomètres de THOROUT. Pendant ce déplacement, nous avons été impressionnés très vivement par le survol de centaines d'avions allemands et pas un seul appareil allié ! Dieu ! Que c'était démoralisant !

 

Parfois même, les pilotes allemands se payaient la fantaisie de raser nos camions sans tirer un seul coup. Visiblement, nous étions ménagés, car, si, à ce moment, l'ennemi avait voulu, aucun de nous n'aurait eu le bonheur de revoir les siens.

 

Le soir, on nous assure que le Grand-Quartier -Général envisage la possibilité d'un armistice. Et la nuit se passe ainsi dans l'attente, l'inquiétude et l'angoisse.

 

A quatre heures du matin, un motocycliste arrive, remet une lettre au lieutenant BOULANGER qui, fortement ému, vient nous dire « On capitule ».

 

Tous les hommes se lèvent, confusion générale. Parmi eux, il en est même qui s'irritent parce qu'on ne leur explique pas ce que ces deux mots signifient. Nous faisons trente-six suppositions. Qu'allons-nous devenir ?

 

Nous demandons des explications au lieutenant BOULANGER qui nous prie de patienter. A six heures du matin, nous constatons que la cessation des hostilités est chose faite. Tour à tour, les différents secteurs rentrent dans le calme et la voix des canons s'éteint.

 

 

 

L'armée belge, bien qu'ayant fait son devoir, dans la mesure de ses moyens, déposait les armes. Personne d'entre nous ne déjeuna ce matin-là. Nous restions muets de surprise et de douleur.

 

A huit heures, le bataillon se rassemble et forme un large cercle. Le premier chef demande que tous les gardes-frontière se découvrent. Le clairon se tait en signe de deuil. Le lieutenant BOULANGER accompagné de l'aumônier et de tout le cadre s'avance...Ses mains tremblent, il déplie une lettre et, d'un voix que l'émotion étreint, nous fait la lecture. C'est un message du Roi.

 

«  Officiers, sous-officiers et soldats,

 

Précipités à l'improviste dans une guerre d'une violence inouïe, vous vous êtes battus courageusement, pour défendre pied à pied, le territoire national. Epuisés par une lutte ininterrompue, contre un ennemi très supérieur en nombre et en matériel, nous nous trouvons acculés à la reddition.

L'Histoire dira que l'Armée a fait tout son devoir. Notre honneur est sauf.

Ces rudes combats et ces nuits sans sommeil, ne peuvent avoir été vains. Je vous recommande de ne pas vous décourager, mais de vous comporter avec dignité. Que votre attitude et votre discipline continuent à mériter l'estime de l'étranger.

Je ne vous quitte pas dans l'infortune qui nous accable et je tiens à veiller sur votre sort et celui de vos familles.

Demain, nous nous mettrons au travail, avec la ferme volonté de relever la Patrie de ses ruines.

 

LEOPOLD. »

 

Le lieutenant replie la lettre et nous demande de faire une minute de silence ; puis il procède à l'appel aux morts.

 

Son émotion fait peine à voir. Dans le silence absolu, il commence : « Sergent BAUDELOT ? » L'aumônier répond « Mort pour la Patrie ». « LAMBERT ? » « Mort pour la Patrie »

 

A ce moment, terrassé par la douleur, le lieutenant BOULANGER s'affaisse. On le transporte dans la ferme voisine et l'aumônier continue l'appel. Ainsi, celui qui nous avait conduit au combat, qui, pendant la campagne, avait preuve d'un courage surhumain, défaillait devant la dernière tâche que la Patrie lui imposait. L'aumônier après l'appel, fit l'éloge de notre bataillon. Tous, nous pleurions, car tous, nous avions eu au moins un ami mort entre nos bras. Après cette triste cérémonie, nous nous dispersons.

 

Mais la raison regagna vite ses droits. Nous avions capitulé, c'était un fait, mais on ne se battrait plus et on vivrait plus des jours aussi cruels. Et puis, que risquions-nous puisque le Roi, notre grand Chef, que nous avions vu partager notre sort, avait pris la décision de rester avec nous. Toutes nos pensées allèrent vers Lui, vers ce Chef qui ne voulait plus d'une bataille inégale, qui ne voulait plus voir souffrir son peuple, qui se voyait abandonné par ses alliés, bien qu'ils fussent prodigues de beaux discours et de belles promesses. Si ces heures, pour nous, étaient pénibles ; combien pour Lui, devaient-elles être tragiques. Nhous ne pensions plus à nous, mais à ce Chef, à ce jeune Roi qui devait à lui seul porter la responsabilité de cet acte...

 

Pendant toute la journée, nous déposons et classons les armes.

 

L'Armée allemande, en signe d'estime pour nos officiers, leur permet de conserver leur revolver.

 

Nous sommes restés là-bas trois jours dans une cruelle incertitude. Enfin, le samedi matin, nous partons pour regagner l'intérieur du pays. Ce voyage à travers les lignes, où nos soldats avaient combattu, nous fut très pénible.

 

A chaque tombe de soldat belge, une angoisse m'étreignait, une sueur froide me coulait du front. J'avais peur...peur d'y voir le nom d'un de mes cinq frères qui, comme moi, devaient être au service du Pays.

 

Et c'est ainsi que le dimanche matin, nous sommes arrivés à LOCRISTI, après-midi nous étions à MENDOCH où nous avons attendu quatre jours.

 

Le lendemain matin, le lieutenant BOULANGER vint m'avertir que je devais conduire mon camion à ANVERS. Je fis mes adieux à tous les camarades et le soir, j'arrivai à la caserne Léopold.

 

Cette nuit-là, je dormis dans ma camionnette pour vivre ces dernières heures avec « Joséphine ». Le lundi matin, les soldats allemands nous apportèrent à déjeuner, puis un officier vint faire l'inspection de tous les véhicules !

 

Mon camion était le plus abîmé des deux cents véhicules automobiles parqués et, comme par un fait exprès, ces deux cents camions passèrent devant le mien, comme si on lui faisait l'honneur de les passer en revue !

 

Le défilé terminé, je refis une dernière fois le tour de « Joséphine »...et je partis.

 

Avant de quitter la caserne, je me retournai une dernière fois, et là, je vis une scène émouvante, « Joséphine »  allait mourir.

 

Un soldat allemand voulant la mettre en marche, avait fait une fausse manoeuvre et, par un retour de flamme, le feu s'était communiqué au moteur, puis à la carosserie et elle périt là où je l'avais abandonnée !

 

FIN.