09/05/2014

GUERRE DE 14-18: L'OCCUPANT SE SOUCIE DES POMMES DE TERRE.

AFFICHE DECOUVERTE A BRUGES, AU MUSEE DE LA FRITE:

 

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La traduction est surprenante:

" La destruction des fanes de pommes de terre par le feu ou par tout autre moyen est strictement interdit"

Jusque là, rien de surprenant, dira-t-on. En ce qui concerne la destruction par le feu, les mêmes interdictions sont de mise aujourd'hui;

Mais, voici la suite:

" Ce feuillage est tout indiqué pour l'usage comme paillage ou comme couverture des réserves de pommes de terre, etc ...."

Etait-ce nécessaire qu'un officier du grade de Commandant de l'Armée allemande se soucie de cela !

 

07/05/2014

LONDRES: MEMORIAL DU BRITISH MUSEUM.

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Le Mémorial est, comme la plupart du temps chez nous, consacré aux victimes des deux guerres.

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06/05/2014

MARC BLOCH: UN HISTORIEN, TEMOIN DE LA GUERRE 14-18, DE L'ENTRE-DEUX-GUERRES et RESISTANT DE LA SECONDE.

 

 

BLOCH Marc

 

 

 

Né à LYON le 6 juillet 1886

 

 

 

Mort sous les balles allemandes le 16 juin 1944 à SAINT-DIDIER-de-FORMANS

 

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L'un des plus importants historiens du 20° siècle dont la carrière fut brisée net à 57 ans.

Marc Bloch a été acteur. Il a combattu dans les deux guerres et a joué un rôle important dans la Résistance.

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Marc BLOCH est né le 6 juillet 1886 à LYON dans une famille intellectuelle. Son père y occupait, à la Faculté des Lettres, une chaire d'histoire et d'antiquités gréco-romaines. Il appartenait, du côté paternel, à une famille juive originaire d'Alsace. Sa famille fut ce que l'on appela, après 1871, une famille d'optants. C'est-à-dire ayant choisi de conserver la nationalité française et donc de quitter les départements devenus allemands en 1871 avant le 1° octobre1872. Les optants furent environ 100000 sur 1597000 personnes concernées. On est loin du flux d'émigrés que l'on cite parfois.
Il se définit comme un juif laïc. Il conteste d'ailleurs la notion de judaïté. Il conteste toute spécificité juive. Il ne se revendiquera comme juif que lorsqu'il se trouvera en face d'antisémites. Voir ci parès un txet de sa part:
 « Je suis Juif, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n'en tire ni orgueil ni honte, étant, je l'espère, assez bon historien pour n'ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité....

...Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d'un antisémite. »

On sait très peu de choses sur son enfance et son adolescence, les documents et les témoignages étant rares. On peut cependant dire qu'elle fut heureuse selon ses propres mots ( " Je mentirais en disant que je ne regrette pas la vie ; je serais injuste envers vous qui me l'avez faite si douce". ) Mots écrits en 1915, au front, à l'intention de ses parents dans un « Testament ». L'historien et le savant sont mondialement connus. Il n'en est pas de même de sa vie. Cette vie est courte et exceptionnelle.
Après des études secondaires, au lycée Louis-le-Grand à PARIS, il entre, en 1904, à l'École Normale supérieure. Il en sortira agrégé d'histoire en 1908. Entre 1908 et 1914, il poursuit sa carrière universitaire: plusieurs séjours dans les Universités à BERLIN et LEIPZIG pour se familiariser les méthodes de l'école historique allemande, très en avance à l'époque; publication de ses premiers articles d'histoire médiévale; pensionnaire de la Fondation THIERS et de 1912 à 1914 et professeur d'histoire et de géographie aux lycées de MONTPELLIER et d'AMIENS.
Né fin du dix neuvième siècle, il a vécu la grande guerre avec son cortège de souffrances et d'horreurs que la majorité d'entre eux ont faite. Comme ses contemporains, il a été marqué physiquement et moralement. Il est mobilisé en août 1914 aux premiers jours du conflit comme sergent d'infanterie. Il est démobilisé en 1919 au grade de capitaine après avoir été cité quatre fois à l'ordre de l'armée et avoir reçu la croix de guerre. Il se marie le 23 juillet de cette même année. Le ménage aura six enfants.
Cette même année, il reprend sa carrière universitaire. Il est chargé de cours d'histoire du Moyen Age à la faculté de STRASBOURG. Belle revanche sur l'histoire pour un fils d'une famille d'optants ! Il y devient professeur sans chaire en 1921, puis professeur d'histoire du Moyen Age en 1927. Il y reste jusqu'en 1936 où il a accompli l'essentiel de son oeuvre d'enseignant et de chercheur. En 1929, il fonde les Annales d'histoire économique et sociale.
En 1936, il est nommé maître de conférence à la Sorbonne et professeur en 1936. En 1920, il y avait déjà soutenu sa thèse de doctorat d'État, «  Rois et Serfs, un chapitre d'histoire capétienne ».
Le 24 août 1939, malgré son âge ( 53 ans ), une famille nombreuse et une polyarthrite qui le dispensaient des obligations militaires, il est mobilisé, sur sa demande, comme capitaine d'état-major. Il se déclarait « le plus vieux capitaine de l’armée française », grade auquel il était resté depuis 1918. A la fin de la bataille des Flandres il rallie Dunkerque pour ne pas se rendre. Il passe en Angleterre, rentre à Cherbourg où il contribue au regroupement de l'armée du Nord. Après l'armistice, le 2 juillet 1940, il passe en zone «  libre », déguisé en civil.
Il est d'abord exclu de la fonction publique, comme juif, par les décrets de Vichy d'octobre 1940. Peu après il est relevé de sa déchéance » « pour services scientifiques exceptionnels rendus à la France » et détaché à l'université de Strasbourg repliée à Clermont- Ferrand. En 1941,la santé de sa épouse exigeant un séjour dans le Midi, il est affecté à l'Université de Montpellier. Il est en butte à l'hostilité du doyen de la faculté des lettres, antisémite déclaré. Après le débarquement des Américains en Afrique du Nord et l'invasion de la zone libre par les troupes allemandes, il est contraint de se réfugier à Fougères dans la Creuse où il possède une maison de campagne.
A CLERMONT-FERRAND, il avait pris contact avec les premiers groupes de Résistance. A MONTPELLIER, il adhère au réseau « Combat » et contribue à organiser le mouvement clandestin sur le plan régional. En 1943, il passe dans la clandestinité dans le mouvement « Franc-Tireur » et regagne Lyon. Il est membre du Directoire régional des mouvements unis de résistance. Sous les pseudonymes de « Chevreuse », puis « Arpajon » et « Narbonne », il constitue les comités de la libération de la région et met en place le dispositif de l'insurrection pour les dix départements dépendant de LYON. Son nom est fréquemment associé à la Résistance.
Le 8 mars 1944, il est arrêté et torturé par la Gestapo. On lui brise le poignet, on lui défonce les côtes et on le soumet au supplice du bain glacé. Il est ramené, dans le coma, à la prison de MONTLUC. Le 16 juin 1944, on le fait monter dans un camion avec d'autres détenus dont un jeune garçon de dix-sept ans qui pleure. Marc BLOCH le réconforte: « Ils vont nous fusiller, n'aie pas peur, ils ne nous feront pas mal... Cela ira vite. » A SAINT-DIDIER-DE-FORMANS, le camion s'arrête au bord d'un champ. Il est fusillé le premier. En tombant, il crie: « Vive la France. ».

Sa femme est morte le 2 juillet 1944 à LYON, à l'âge de 50 ans, sans doute dans l'ignorance de la mort de son mari.

 

Il aura vécu le naufrage de la III° république. Il a étudié cet événement, de façon scientifique, comme historien et en a tiré un livre «  L'Etrange Défaite » écrit de juillet à septembre 1940. Ce livre, destiné à n'être publié que dans une France libérée, parut en 1946 par les soins du mouvement « Franc-Tireur ». Dans cet ouvrage, il accrédite l'idée que l'échec de l'armée française, en 1940, est imputable aux plus hauts niveaux de commandements, autant à l'égard de la préparation qu'à celui des combats. Il ouvre la question de savoir dans quelle mesure les élites n'ont pas préféré une victoire du nazisme face aux montées du communisme. Ce livre devait s'appeler " Témoignage ", mais la publication d'un ouvrage portant le même titre a contraint l'adoption d'un autre nom.
« « Franc-Tireur» fut fondé à Lyon en novembre 1940 sous le nom « France Liberté », rebaptisé « Franc-Tireur » en décembre 1941. Ce fut aussi le nom du journal clandestin du mouvement.
Marc BLOCH a aidé la discipline historique en France à se renouveler en profondeur, grâce, notamment, à l'intérêt pour les phénomènes de mentalités, d'anthropologie, de société et d'économie. Il est l'auteur des « Rois thaumaturges » (1924), des « Caractères originaux de l'histoirerurale française » (1931), de « La Société féodale » (1939-1940), de  l'Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien » (publication posthume en 1949).

02/05/2014

VILLE DE HERSTAL: CENTENAIRE DE LA PREMIERE GUERRE.

VILLE DE HERSTAL

Comme la plupart des communes de la région, la Ville de Herstal organise des activités spécifiques pour commémorere cet évènement.

La section FNC "AWANS-BIERSET" vient d'y être conviée.

Dans le cadre de cette comémoration, la Ville de HERSTAL organise,

le vendredi 16 mai 2014,

la

GRANDE JOURNEE CITOYENNE.

On peut signaler trois moments principaux:

* l'inauguration de l'exposition " J'AVAIS 14 ans en 1944 ", assortie de la présentation en avant-première du court métrage réalisé par les élèves herstaliens de 6° primaire sous la direction du metteur en scène Patrick ALEN;

* l'inauguration de la plaque commémorative au Bourgmestre ff Michel DUCHATTO et à ses actes de bravoure;

* un grand spectacle " sons et lumières "qui fera revivre les dernires jours de paix et la subite plongée dans la guerre.

UNE INITIATIVE BRILLANTE QUI MERITE D'ËTRE SOULIGNEE !

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La Maison Communale de HERSTAL avec, en façade, les plaques commémoratives.

01/05/2014

OUPEYE, MAISON DU SOUVENIR: LA BATAILLE DE LIEGE.

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OUPEYE: MAISON DU SOUVENIR ( HERMALLE-SOUS-ARGENTEAU )

Comme dans la plupart des communes de la région, dans la commune d'OUPEYE, il y aura des activités spécifiques relatives au centenaire de la guerre de 14-18.

A la Maison du Souvenir, il y aura une exposition concernant la bataille de LIEGE et les exactions commises dans la commune d'OUPEYE.

Tel est le thème de la nouvelle exposition mise sur pied à la Maison du Souvenir , dans la salle du rez-de-chaussée.

La Maison du Souvenir est située dans l'ancienne Maison Communale de HERMALLE-SOUS-ARGENTEAU, Rue du perron, 1A.

Cette exposition est visible le mercredi après-midi de 13H30 à 16H30 ou sur rendez-vous aux numéros 04/2483647, 0474/466482, 04/286346.

 

 

29/04/2014

AWANS ET BIERSET: LA FNC COMMEMORE LE HUIT MAI.

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La FNC "AWANS-BIERSET et ENVIRONS" commémorera l'anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie et de la Libération des camps le jeudi huit mai 2014.

L'horaire suivant sera respecté:

BIERSET: 09H30 ( Monument )

FOOZ: 10H10 ( Cimetière )

HOGNOUL: 10H40 ( Ancienne Maison Communale )

AWANS: 11H00 ( Place Communale )

08:01 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/04/2014

CONSTANT BURNIAUX: INSTITUTEUR, POETE ET ROMANCIER, Témoin de la première guerre et des "Temps inquiets"qui ont suivi.

 

 

 

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CONSTANT BURNIAUX

 

Né à BRUXELLES le 1° août 1892

 

Y décédé le 9 février 1975.

 

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Instituteur, il entame une prolifique carrière de poète et de narrateur à l'occasion de la guerre de 14-18.

Considéré comme un des maîtres de la littérature de l'entre- deux-guerre.

 

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Né dans le centre de BRUXELLES, Constant BURNIAUX passe une enfance difficile en raison des nombreux déménagements de ses parents, après IXELLES, la famille se retrouve à LINKEBEEK. Il est issu d'une famille modeste: son père est ouvrier sertisseur. Il a un frère et une soeur. Par la suite, les ennuis professionnels et les revers financiers de son père provoqueront d'autres déménagement ( huit entre 1906 et 1923 ).

À l'âge de huit ans, il tombe gravement malade. Une hématurie ( présence de sang dans les urines ) met ses jours en danger. Il guérit difficilement. Durant sa longue convalescence, la lecture occupe son temps. Ainsi naît sa passion précoce pour la lecture.

Il poursuit ses études secondaires à l'Athénée Charles BULS. Ce qui le contraint à de pénibles voyages en train entre LINKEBEEK et le cœur de la capitale. Décidé à entrer dans l'enseignement, il s'inscrit ensuite, toujours à Charles BULS, mais dans la section de l'École normale. Il en sort instituteur en 1912. Il est nommé à l'école primaire n°7, rue Haute, en charge d'une classe d'enfants handicapés mentaux, aux tendances caractérielles.

Survient la guerre de 14-18. Durant le conflit, Constant BURNIAUX est au front, en même temps que son frère Jean, comme brancardiers dans la même unité. C'est en se rendant avec son frère auprès d'un blessé que Jean va être mortellement blessé. CONSTANT, à la fin de la guerre, rédige un petit livret ( 30 pages ) pour répondre aux questions que lui pose sans cesse son neveu Paul. Voici la fin:

"Langemarck

 

Garde-toi d'oublier ce nom, Paulet, garde-toi d'oublier que c'est là!...par une après-midi de juillet... Nous sommes assis sur le seuil de l'abri.
- Quel silence! hein, Louis?
Pour ne pas répondre, je demande à Jean :
- Quel heure est-il?
- Je ne sais pas.
Nous ne savons pas l'heure, Paulet. Nous ne pouvons même pas la deviner. Il fait un temps étrange. Et le silence écrase la terre.
- Louis.
- Jean?
- Promets de raconter à mon petit Paul notre vie, notre guerre.
- Toi, tu la lui raconteras.
- oui, mais si...
A l'instant, je l'interromps...
- C'est promis!
Autour de nous, le calme est si profond qu'il paraît avoir la volonté de se taire. Nos regards inquiets parcourent le paysage comme si jamais, jamais nous ne l'avions vu. J'éprouve l'impression d'être un homme d'autrefois placé subitement devant ce désert planté d'arbres sans feuilles.
- Quel silence ! répète ton papa
- oui, Jean, quel singulier silence!
Une vague horreur transpire du paysage lunaire. Nous nous attendons à voir apparaître quelque chose de formidable, nous nous attendons à tout...
Brusquement, voilà qu'un énorme aboiement gronde, siffle et s'éteint dans l'étendue. Après lui, lourdement, le silence retombe....
Clac ! clac ! clac ! clac !
- La mitrailleuse, fait ton père.
Aussitôt un cri lointain nous cherche :
- Brancardiers!
- Hop là! Louis.
- Je vais prendre ma musette à pansement, Jean.
- prends la mienne.
- Brancardiers!
Quelques secondes après, nous courons courbés dans la plaine rase où nos yeux se tuent à chercher un être, un mouvement....
Clac ! clac ! clac !
Je suis ton père, je lui crie:
- baisse-toi, Jean.
Je l'entends rire...
Clac ! clac !
Hein ! Jean se redresse, étend ses bras, se retourne à demi :
- Lou...
Et tombe sur ma poitrine, la bouche ouverte. Je le dépose sur le sol. Il a un trou dans le front, un petit trou d'où sort un filet de sang. Nous sommes seuls . Autour de nous, c'est la terre désolée sous le grand linceul gris du ciel...
Et Jean est mort, Paul, je le sens bien, il est mort ! il est mort ! il est mort !
Le docteur arrive. Appelé pour le blessé que nous allions secourir, il galope plié en deux. Il s'(arrête devant ton père étendu, lève instinctivement les deux bras en signe de désolation, se penche sur Jean soulève une main inerte, cherche le poignet, écoute, me regarde pleurer , secoue la tête et s'en va lentement."

On peut dire que ce sera sa première oeuvre. Démobilisé tardivement en 1919, il retrouve les mêmes enfants défavorisés. Il y restera jusqu'en 1929 quand il rejoint la section primaire du futur Athénée Léon LEPAGE. Victime d’une grave dépression nerveuse en 1937 – 1938, il quitte l'enseignement et sollicite sa pension prématurée.

Il produira, en 1920, « Sensations et souvenirs de la guerre 1914-1918 ». On y trouve les qualités qui seront constantes dans son œuvre: sens de l'observation, souci d'authenticité, sensibilité aiguë à la souffrance humaine, confiance dans la vie. En 1928, ce sera« Les Brancardiers », premier roman belge consacré à la Grande Guerre, l'équivalent de « Le Feu » d’Henri BARBUSSE sans l’engagement politique communiste de ce dernier. En 1931, « Les désarmés ». Dans cet ouvrage, on trouve ces lignes:

«  ...les pères ont le devoir d'empêcher leurs fils de s'entretuer. C'est devant les jeunes garçons surtout qu'il faut démasquer la guerre, parce que les plus belliqueux instincts sommeillent dans leur

sang. ... Et l'un des meilleurs moyens de montrer aux hommes à vivre en paix, n'est-il pas de ruiner la réputation de la guerre dans l'esprit des enfants ? »

 Après la guerre, il collabore à divers journaux et revues: le « XXe siècle », le « Peuple » et « La Bataille littéraire ». C'est son roman psychologique, « Le Film en flammes », en 1923, qui le fait remarquer par les éditions RIEDER. Sa carrière littéraire est lancée, cinq romans seront publiés par cette maison parisienne. Cette même année, il épouse Jeanne TAILLIEU, auteure de contes pour enfants et d'essais signés Jeanne BURNIAUX. En 1924, un fils naît de cette union, Robert, qui deviendra un écrivain célèbre sous le pseudonyme de Jean MUNO.

Sa production est très abondante. Plus de cinquante volumes dans tous les domaines : le roman, le récit, la nouvelle, le conte pour enfants, la poésie et l'essai. Il écrit pour quantité de journaux ou revues, tels « Le Soir illustré », « Le Journal des poètes », la « Revue générale belge »,« LeSoir, les « Nouvelles littéraires » et, jusqu'en 1975, le « Journal de Charleroi ».

Six recueils de poésies paraissent de 1927 à 1965. Sa poésie, hélas non reconnue à sa juste valeur, contient des éléments de secrets intimes poignants, aux accents très personnels, dans des textes d'une grande élévation d'esprit. Elle est marquée par la nostalgie de l’enfance.

Il puise dans l'exercice de son métier d'instituteur, la matière de sa «trilogie scolaire» ( La bêtise, Crânes tondus, L'aquarium ). Ils relatent sa vie quotidienne auprès d'enfants en difficulté. Il écrit aussi des livres pour jeunes, comme « Fah l'enfant » en 1924. Il observe son propre fils dans un ouvrage plein d'humour et de tendresse, « Un pur » (1932).

Il va donner sa pleine mesure dans la création romanesque ( plus de 30 volumes ) aussi bien dans le court récit que dans la narration de longue haleine. Durant la seconde guerre, il écrit un cycle en cinq tomes, « LesTemps inquiets ». Ils seront édités entre 1944 et 1952 car, durant la guerre, il refuse de publier quoi que ce soit. Pour lui, assurer une vie culturelle sous l'occupation était déjà une forme de collaboration ou, en tout cas , de soumission. L'action se situe entre le début de la première guerre et la fin de la seconde. Le héros central y vit des aventures semblables à celles que connut probablement BURNIAUX. Cette oeuvre monumentale qui s'écoule sur plusieurs générations, fait penser à celles de Georges DUHAMEL, Roger MARTIN du GARD et Jules ROMAINS, les romans cycliques. On trouve aussi cela chez Jean TOUSSEUL.

 

D'autres romans ou récits de nouvelles relèvent de l'étude de mœurs ou de caractères : « Une petite vie. » en 1929, « La Grotte » en 1939, « L'Autocar » en1955, « La Vie plurielle » en 1965, « L'Amour de vivre » en 1969 et « La Vertu d'opposition », œuvre posthume éditée en 1977, L'imagination de l'auteur s'y déploie dans la veine du réalisme fantastique, dans la description des sentiments qui accompagnent l'amour ( la possession ou la jalousie ) ou dans les rappels autobiographiques de l'enfance ou de l'âge mûr.

 

Constant BURNIAUX est élu, en 1945, à l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises. Il était convaincu que l’on s’identifie d’abord à sa langue et non à sa nationalité. Il considérait le fait d’avoir le privilège de pratiquer un français des plus châtiés comme un signe criant de son éminence. Celasemble être un trait, déplaisant, de son caractère. Il voit entre lui et son entourage un décalage de valeur intellectuelle et culturelle. Il souffre que son entourage soit limité et incapable de le comprendre. Celui-ci n'est pas assez fin et sensible pour l'estimer à sa juste valeur. Déjà, à l’âge de vingt ans, il avait noté dans son journal: « J’ai […] la sensation d’une hostilité, d’une incompatibilité totale entre moi et le monde dans lequel je vis. » D'où, sans doute,son besoin d’utiliser l’écriture pour se détacher de son entourage médiocre et s'élever dans la société.

En 1949, il reçoit le Prix triennal de Littérature pour quatrième volume des « Temps inquiets ».

En février 1970, il subit une intervention chirurgicale dont il ne se remettra jamais complètement. Il meurt à l'hôpital BRUGMAN le 9 février 1975.

 

 

18:42 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |