05/08/2014

Villages martyrs de la Province de Luxembourg.

VILLES ET VILLAGES MARTYRS.

En Belgique, sept villes ont reçu le titre de " Villes martyrs ". Ces sept “ villes martyrs ” sont Aarschot, Termonde, Louvain, Andenne, Dinant, Sambreville et Visé. 

Le sud de la Province de Luxembourg compte, lui, vingt-et-un villages martyrs.

Entre le 21 et le 26 août 1914, dans ces vingt-et-un villages plusieurs centaines de civils ont été fusillés par les troupes de la 4° et de la 5° armées allemandes. Ce furent ce qu'on a appelé les " atrocités allemandes ". Les troupes allemandes vivaient une véritable paranoïa: ils étaient hantés par le mythe du " Franc-tireur ". Dans chaque civil, quel que son âge ou son sexe, ils voyaient un " Franc-tireur " possible qu'il fallait absolument mettre hors circuit.

Les " atrocités allemandes " désignent également les destructions ou incendies de villages.

En voici, pour le Luxembourg, la liste:

                     CIVILS EXECUTES     HABITATIONS DETRUITES

* ANLOY:                 49                         32 

* BARANZY:              27                         86      

* BERTRIX:               11                         04     

* BRISCOL:               11                         16     

* FREYLANGE:                                       38      

* HAMIPRE               09 

* HERBEUMONT:   incendié

* HOUDEMONT:         11                         68      

* IZEL:                   20                        164

* LATOUR:               71

* LONGLIER:                                         35

* MUSSON:              12                         118

* MUSSY-LA-VILLE     13                          55

* NEUFCHÂTEAU:       23                          21

* OCHAMPS:             05                          10

* OFFAGNE:             13                          22

* PORCHERESSE:      incendié

* ROSSIGNOL:           120                        72

* St LEGER:              11                          06

* TINTIGNY:            63                          183

Mais le plus touché fut ETHE où 211 civils furent passés par les armes et 256 maisons détruites.

Quelques documents photographiques:

 

avis-mortuaire-dANLOY-22-23-aout-1914.jpg

 

Avis mortuaire pour ANLOY publié en 1915. On remarque l'exécution d'une femme de 74 ans et d'un garçon de 14 ans.  De dangereux terroristes ?

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Village de MUSSON. On distingue les toitures détruites.

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BARANZY en 1914. Uk s'agit d'une carte allemande ( WELTKRIEG )

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TINTIGNY

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Désastre à ETHE

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ROSSIGNOL saccagé !

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Ce qu'il reste de la Grand'rue à PIN ( IZEL )

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AWANS 14-18.jpgEt... n'oubliez tours pas la page Facebook " AWANS, commémoration 14-18 "

 

 

 

 

03/08/2014

La Gare de METZ: Force de frappe de l'Empire allemand en 1914.

Un exemple d'architecture civile cachant une fonction militaire:

La Gare de METZ.

 

DSC00403.JPG

Succédant à une gare française mal adaptée aux volontés impériales allemandes affichées après l'annexion de l'Alsace-lorraine suite à la défaite française de 1870, la gare de METZ paraît complètement disproportionnée par rapport aux besoins de l'époque, même si elle est aujourd'hui conforme aux besoins modernes. 

 

Avec ses 300 mètres de long, la gare de Metz reste toujours la plus longue de France. Son réseau ferroviaire, large de 150 mètres, comportait quinze voies desservies par des quais hauts pour les voyageurs et les chevaux, et bas destinés à l’origine pour les bagages et les soldats.

La gare française qu'elle remplaçait était plus modeste et était situé un peu plus à l'ouest dans la ville.Elle n'était pas prévue pour des besoins civils, très limités, mais poursuivait, en réalité, un but militaire. 

De METZ annexée par l’Allemagne depuis la fin de la guerre de 1870, l’empereur Guillaume II avait voulu faire une place militaire majeure, créant en 1890 un corps d’armée de 25 000 hommes. La construction d’une nouvelle gare devait alors remplir plusieurs objectifs : assurer l’acheminement aisé et rationnel des soldats en cas de conflit, affermir la domination politique allemande, symboliser la modernité de l’empire. 

Un des objectifs était clairement de montrer aux habitants de METZ, aux lorrains mais aussi aux français habitant dans les départements frontaliers la puissance et la richesse de l'empira allemand. la construction d'un tel bâtiment, et du quartier "impérial" devait bien montrer que METZ était devenu allemand "pour toujours ".

Mais le véritable objectif était clairement militaire: le nouveau bâtiment devait permettre de faire embarquer ( et évidemment débarquer ) 75 000 chevaux avec 25000  soldats en 24 heures, en cas de guerre sur les fronts français et russe.

Durant la première guerre, la gare remplit bien ce rôle.

Mais la fortune des armes a tourné. En 1918, les signes iconographiques trop évidents du deuxième Reich furent éliminés : aigles impériales, casques à pointes... 

Dernier pied de nez à l'histoire mouvementée de la ville de METZ et symbole du retournement de l'histoire: une statue en couleur de Jean MOULIN a été élevée dans le hall de la Gare de METZ, où son décès fut déclaré le 8 juillet 1943. Sans chapeau mais vêtu d’un costume banal qui renvoie à sa condition humaine, Jean MOULIN contemple posément du haut de son piédestal la foule des voyageurs et des passants. Il est accompagné de trois silhouettes grises sculptées qui symbolisent l’armée de l’ombre évoquée par André MALRAUX.

Cet hommage à Jean Moulin, dans le hall des départs de la gare,est très touchant.

Ou, aussi, comment la gare de METZ, symbole de l'impérialisme allemand est devenue, en quelque sorte, symbole inverse !

 

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02/08/2014

Poème adressé aux " Poètes de la Guerre "

 

  • De Suzanne Bloch-Roukhomovsky

    Aux poètes de la guerre

    Poète en vérité, ne touche pas aux morts. 
    Ceux qu’étouffe à jamais le grand sommeil sans songes, 
    Dont la terre ou le flot presse ou berce le corps, 
    N’ont pas besoin de tes mensonges !

    Pour ces enfants brisés par une dure loi 
    N’évoque pas, ami, les lauriers, les colombes, 
    Les palmes, les drapeaux, la victoire... Crois-moi, 
    Reste muet devant ces tombes.

    Ne clame pas qu’ils sont enviés des vivants, 
    Que des fleurs jailliront de leurs coprs éphémères, 
    Que la Gloire les serre en ses bras triomphants... 
    Crains de te faire haïr des mères.

    Tais-toi donc. Il n’est pas de mot assez pieux, 
    Assez plaintif, assez tendrement pitoyable, 
    Pour honorer les morts dont le sang précieux 
    A rougi les blés ou le sable. 
    ............................. 
    Publié dans les "Cahiers Mensuels Illustrés", 1928, tome 6.

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    ​En dépit du fait que de nombreux poètes de grande renommée ont servi sous le drapeau français durant la Grande Guerre (que l’on pense à Apollinaire, Cendrars et Péguy), ils n’ont pas été encensés dans l’histoire de la littérature française comme l’ont été chez eux leurs alter ego britanniques. Lorsque des écrivains de la Première Guerre mondiale sont mentionnés ou font l’objet d’une commémoration, c’est au sein d’une catégorie plus générale, celle des « écrivains combattants », qui inclut des types variés d’hommes de lettres.

    L'attitude des poètes face à la guerre fut très diverse: Apollinaire faussement frivole, PEGUY militariste, CENDRARS déçu, Lucien JACQUES révolté...

     

01/08/2014

Ordre de mobilisation du 31 juillet 1914: Le tocsin a-t-il sonné à AWANS ?

Le Tocsin at-il sonné à AWANS ?

Trouvé le texte suivant:

" Le vendredi 31 juillet 1914, à 19h, à la sortie d’un Conseil des Ministres qui s’était tenu à Bruxelles sous la présidence du Roi Albert, la mobilisation générale de l’armée belge sur pied de guerre avait été officiellement décrétée pour le lendemain 1er août. Ce décret de mobilisation générale portait sur quinze classes de milice.

La nouvelle s’était rapidement répandue à travers le pays. Partout en Belgique, on avait sonné le tocsin pour l’annoncer à la population. Les premiers ordres de rejoindre avaient été remis en fin de soirée."

Comment, en 1914, alors que même si le service téléphonique couvrait le pays, le nombre d'abonnés au téléphone restait très réduit, une telle nouvelle s'est-elle répandue aussi vite ? Pour le surplus, la radio n'en était qu'au stade expérimental ?

On reste ébahi d'apprendre que les premiers ordres de rejoindre aient déjà été remis " en fin fin de soirée ", alors que la décision était tombée à 19H00 seulement !

On apprend aussi que le tocsin avait sonné pour informer la population.

Qu'en fut-il chez nous à AWANS ? Le tocsin a-t-il sonné ? Comment et à quel moment les ordres de rejoindre ont-ils été remis ?

 

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Le tocsin a-t-il sonné à AWANS ?

Cela relève des histoires familiales transmises, oralement, de génération en génération. Peut-être, dans certaines familles possèdent-on encore  des souvenirs familiaux, même et sans doute non écrits mais retransmis fidèlement.

Si c'est le cas, il serait bon de les signaler. Même si ce ne sont que des souvenirs de seconde main.

Quant à moi, j'ai les souvenirs transmis par mon instituteur, né en 1907 et dont le père avait été rappelé.

Selon ce qu'il nous racontait, les informations étaient parvenues aux administrateurs communaux par télégramme. Les ordres de rejoindre avaient été remis par le garde-champêtre.

Appel lancé à ceux qui en savent davantage.

AWANS 14-18.jpgVoir la page facebook: "AWANS, commémoration 14-18"

31/07/2014

31 juillet 1914: Mobilisation de l'Armée belge.

Le 31 juillet 1914: mobilisation de l'armée belge.

Le 31 juillet 1914, le Gouvernement belge, devant les menaces qui se précisaient décide la mobilisation générale.

L’armée belge disposait alors d’environ 200 000 hommes (troupes en campagne et garnison des forts). Ces 200000 hommes provenaient de 15 classes de milice.

Ce qui est tout-à-fait particulier et finalement très curieux, c'est que ces 15 classes de milice n'étaient pas constituées de façon identique. Elles étaient régies par trois lois de milice différentes:

- d'abord, jusqu'en 1909, par tirage au sort;

- depuis 1909, en raison d'un fils par famille;

- depuis 1913, en vertu du service militaire généralisé.

- et 18000 volontaires qui viendront s'ajouter jusqu'en septembre et aussi +/- 18    appelés de la levée de 1914.

awans,commémoration 14-18,combattantsPour la commune d'AWANS, on peut, sans grand risque d'erreur, dire que Valentin DENIS, Gilles JODOCY, Clément WARNANT, Lambert MACOURS, Joseph DETHIER, Joseph HANNON, Gustave LEMEER avaient fait leur service militaire en vertu du tirage au sort. 

Leur situation était particulièrement injuste. Elle avait été dénoncée depuis longtemps. 

Il faut y ajouter environ 45 000 gardes civiques. Mais la garde civique fut rapidement démobilisée pour éviter l'accusation d'être des francs-tireurs. Il faut dire aussi que, s'ils étaient plein de bravoure, ils ne disposaient pas d'une formation militaire.

En votant la loi de 1913, l'intention était d'augmenter le plus rapidement possible l'effectif disponible à 340.060 hommes. Ce chiffre sera loin d'être atteint en 1914 puisqu'il n'était que de 200000.

On décida que la mobilisation  se déroulerait en deux phases. La première consisterait à rappeler dans leurs garnisons les trois dernières classes en congé illimité. Cette mesure, qui n'était dirigée contre aucune grande puissance en particulier, ne pourrait justifier une réclamation diplomatique de leur part. La deuxième phase serait la mobilisation totale, avec rappel des quatre classes précédentes dans les dépôts et parcs divisionnaires, et de sept classes de l'armée de forteresse dans leurs places fortes d'Anvers, de Liège et de Namur.

Le 31 juillet et le 1°août, l'annonce de la mobilisation s’était rapidement répandue à travers le pays malgré l'absence de moyens de communications modernes ( radio...). Partout en Belgique, on avait sonné le tocsin pour l’annoncer à la population. Les premiers ordres de rejoindre avaient été remis en fin de soirée. Cela avait continué durant la nuit. Des dizaines de milliers de familles furent touchées et durent préparer le départ d'un mari, d'un père, d'un frère. On peut imaginer que les adieux furent souvent poignants.

 

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Parmi ceux qui quittèrent ce jour-là leurs parents, leur femme, leurs enfants, beaucoup ne les revirent jamais…Nous les trouvons, inscrits par ordre alphabétique, sur nos monuments aux morts. 

 

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On a souvent dit que la mobilisation se passa dans l'euphorie. C'est la propagande, surtout française, qui répandit cela..et ce fut repris chez nous. On trouve, par exemple, dans " Le Petit parisien ", ces mots, puisés dans un article:

"...A la gare du Nord, ce fut le même entrain, le même enthousiasme, qui présida aux nombreux départs de Parisiens rappelés dans leurs régiments à Arras, Amiens, Dunkerke,  Lille...

    Comme à la Gare de l'Est, les camarades de régiment qui se retrouvaient se sautaient au cou fraternellement puis décidèrent de faire route ensemble..."

Dans le journal "La Meuse " on signale quand même le cas d'un présumé suicide d'un soldat limbourgeois rappelé à Liège, qui avait pris le train en sens contraire, vers Hasselt, qui était descendu en cours de route et avait été retrouvé, sur les voies, écrasé par un train. sans doute quelqu'un qui était désespéré de devoir faire la guerre. 

Dans toute l'Europe, la mobilisation fut générale quasiment simultanément. C'était une première dans son histoire. 

Cela débuta, le 25 juillet, par  la Serbie. Ce sera le tour de la Russie le 30 juillet. De l’Autriche-Hongrie durant la nuit du 30 au 31 juillet. De l’Allemagne et de la France, le 1er août. Pour ces pays, c'était sous le régime du service militaire obligatoire.

 

affiche_mobilisation_1914.jpg

 

Faisait exception, le Royaume-Unis où le service militaire n'existait pas. Le Royaume-Uni disposait d’une armée de métier. Ils durent faire appel à des centaines de milliers de volontaires. Avec un succès évident car à la fin de la guerre, l’armée britannique comptait près de 4 millions de combattants.

30/07/2014

Un combattant d'AWANS, pilote aviateur durant la guerre 14-18.

Joseph GILLES :

Combattant d'AWANS: Pilote aviateur.

 

 

Au carré d'Honneur du Cimetière d'AWANS, nous trouvons cette plaque dédiée au « Capitaine Joseph GILLES ». Il est inhumé dans le caveau situé sous le carré d'Honneur.

Une rue d'AWANS lui a été dédiée. 

 

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commémoration 14-18,awans,combattantsJoseph GILLES était domicilié à AWANS mais est né à OUGREE le 06 octobre 1878 et il est décédé à RENINGE le 01 juillet 1916. Sa mort est survenue pendant qu'il assurait un vol de reconnaissance en dans un secteur réputé dangereux.

Il existe un doute sur son grade. Sa famille le renseigne « capitaine » alors que sa photo porte tours les étoiles de lieutenant. Il semble qu'il venait d'être nommé capitaine mais que la famille ne disposait toujours que d'une photo prise lorsqu'il était lieutenant. ( Information reçue, il y a +/- 20 ans d'un Ancien habitant d'AWANS ).
Il était détaché de l'artillerie. Comme décorations, il avait reçu l'Ordre de Léopold et la Croix de Guerre. 
En août 1914, il n'était donc nullement aviateur. En juillet 1916, soit vingt-trois mois plus tard, il était pilote d'aéroplane. Cela n'a rien d'étonnant, les formations étaient assez rapides.

Les débuts de l'aviation militaire belge furent très précaires. On n'ose utiliser le terme actuel de « Force aérienne »  Cette histoire commence en 1910 quand le Général HELLEBAUT décida l'acquisition d'aéroplanes ( selon l'appellation de l'époque )

C'est en 1911, que les premiers appareils furent fournis : en mai, un Farman type 1910, en mai un second et en août deux autres.

La « compagnie des aviateurs » fut créée , le 16 avril 1913.

Lors de l'invasion de la Belgique, En août 1914, l'armée disposait de 22 appareils. C'était évidemment trop peu d'appareils modernes capables de rivaliser avec ceux de la Luftwaffe. Au départ, le rôle de l'aviation est essentiellement un rôle de surveillance et d'observation ( vols de reconnaissance ). L'aviation venait en complément de la compagnie d'aérostiers, créée en 1887 à Brasschaat et équipée de ballons pour l'observation des mouvements des troupes ennemies. Cela n'a rien d'étonnant, les Allemands disposaient, eux , des fameux dirigeables.

Durant les premiers mois de la guerre, la plupart des appareils perdus le sont en raison de leur fragilité et d'accidents plutôt que d'avoir été abattus par l'ennemi.

La situation était la même pour l'armée française. Le général français GAMELIN déclarait d'ailleurs, en 1939 : « L'infériorité de notre aviation est la cause principale, matériellement et moralement, de la défaite sur la Meuse. »

Le 20 mars 1915, la « compagnie des aviateurs » devint « l'Aviation militaire belge ».

L'Aviation militaire belge, durant la Première Guerre connut trois commandants : de 1911 à 1915- : Emile Mathieu ; en 1915 et 1916 : WAHIS et de 1916 à 1920 : VAN CROMBRUGGE.
En novembre 1918, la Belgique disposait d'environ 200 avions répartis en douze escadrilles, dont une escadrille d'hydravions. Ils effectuent en plus des vols de reconnaissance et d'observation des missions de chasse et de bombardement.

Les écoles de pilotes, situées en France, ont formé environ 250 pilotes durant la Guerre de 14-18. L'aviation militaire belge compte 125 victoires dans les airs contre des avions et ballons ennemis.

 

 

 

 

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Quelques uniformes de l'aviation militaire belge durant la guerre de 14-18. ( THIRIAR )

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29/07/2014

ASSASSINAT de Jean JAURES: Qu'arriva-t-il au meurtrier ?

Qu'arriva-t-il à l'assassin de jean JAURES ?

 

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L'Assassinat de Jean JAURES provoqua une grande émotion en FRANCE mais aussi à l'étranger. Probablement à tort, on estimait que le dernier obstacle opposé à la guerre s'était écroulé. Pensée erronée car si grand que fut le rayonnement de JAURES, il n'aurait pu empêcher la guerre d'éclater. Eternel optimiste, il pensait qu'une grève générale à l'échelle européenne aurait pu l'enrayer !

Même certains de ses adversaires furent profondément choqués. Ainsi, ce fut le cas de Maurice BARRES qui l'avait toujours combattu. Le 1° août 1914, Maurice BARRES, porte-parole de la droite nationaliste, fut parmi les premiers à venir se recueillir devant sa dépouille. 

A cette occasion, il remis à la famille une lettre qu'il comptait publier. Voici ce qu'il dit:

" J'aimais votre père. j'ai toujours souffert de devoir être séparé de lui."

Maurice BARRES écrivit aussi ceci:

" Il ne faut pas me demander de haïr JAURES. je le peux pas et, après examen, je ne le dois pas."

Ces paroles et ces écrits ont choqué les amis de Maurice BARRES.

Cela contrastait avec ce qu'avait dit Charles PEGUY ( mais c'était avant l'assassinat ):

" La politique de Convention nationale, c'est JAURES dans une charrette et un roulement de tambour pour couvrir cette grande voix." Autrement dit: " JAURES à la guillotine !"

Le Président du Conseil, René VIVIANI fit imprimer et afficher la déclaration suivante, au nom du Gouvernement:

" Citoyens,

  Un abominable attentat vient d'être commis. Mr. JAURES, le grand orateur qui illustrait la tribune française, a été lâchement assassiné.

  Je me découvre personnellement et au nom de mas collègues devant la tombe si tôt ouverte au républicain socialiste qui a lutté pour de si nobles causes et qui, en ces jours difficiles, a, dans l'intérêt de la paix, soutenu l'action patriotique du gouvernement.

  Dans les graves circonstances que la Patrie traverse, le Gouvernement compte sur le patriotisme de la classe ouvrière, de toute la population pour observer la calme et ne pas ajouter aux émotions publiques par une agitation qui jetterait la capitale dans le désordre.

   L'assassin est arrêté. Il sera châtié. Que tous aient confiance dans la loi et que nous donnions, en ces graves périls, l'exemple du sang-froid et de l'union.

 Pour le Conseil des Ministres,

Le Président du Conseil 

René VIVIANI "

Pauvre VIVIANI ! Il s'était un peu trop avancé en disant faire confiance à la loi. Il ignorait le principe de la séparation des pouvoirs.

En attente de son procès Raoul VILLAIN est incarcéré durant toute la durée de la guerre et même un peu au-delà. Il ne fut jugé que près de cinq ans plus tard. Un record pour une affaire très claire où pratiquement aucune enquête n'avait été nécessaire. Il y avait quasiment flagrant délit.

L'enquête fut menée par le juge d'instruction DRIOUX. Le procès s'ouvrit le 24 mars 1919 devant la Cour d'assises de la Seine. 

On posa au Jury populaire deux questions

1e) VILLAIN est-il coupable d'homicide volontaire sur Jaurès ?

2e) cet homicide a-t-il été commis avec préméditation? ».

Après une courte délibération, par onze voix contre une, le Jury répondit par la négative. Raoul VILLAIN fut acquitté !

Quelle fut l'explication donnée par le Jury ? Elle est aberrante: les jurés l'acquittèrent considérant qu'il était l'auteur d'un crime passionnel commis par amour de la FRANCE !

La partie civile obtint un franc de dommages et intérêts et fut condamnée aux dépens du procès envers l'Etat.

Il y eut, bien sûr des réactions. Citons celle d'Anatole FRANCE qui fit publier une lettre dans -L'HUMANITE ( alors toujours journal socialiste ) dans laquelle il dit:

« Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! »

Quant à Raoul VILLAIN, il poursuivit une vie chaotique. Quelques années plus tard, il fit dans le trafic de devises. Il se fit pincer, passa devant un tribunal et fut condamné à une amende de cent francs. trafiquer des devises était donc plus grave que d'avoir tué un homme !

Il se fixa dans l'île d'IBIZA. En 1936, il fut fusillé par les anarchistes. On ne sait pas très bien pourquoi...mais les anarchistes ignoraient qu'ils venaient de fusiller l'assassin de Jean JAURES. 

De quoi croire en une justice immanente ?

Awans, commémoration 14-18Centenaire 1914, AWANS, commémoration 14-18,