27/12/2017

Dans la boue des tranchées: témoignages d'écrivains-combattants. Généralités et témoignage de Maurice GENEVOIX.

DANS LA BOUE DES TRANCHEES

LES ECRIVAINS-COMBATTANTS TEMOIGNENT.

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Des témoignages de l’horreur. Pour la première fois, une guerre a été décrite de l'intérieur par des écrivains qui y participaient. Ces écrits peuvent être lus comme un témoignage direct sur les conditions de vie des soldats et sur leur moral loin de leurs familles. Mobilisés ou engagés volontaires, de nombreux écrivains témoignent des combats et de la vie dans les tranchées.

 

 

Ces témoins sont les acteurs des événements. Par comparaison avec le témoignage d'un témoin externe, on ne peut attendre d’eux la même froideur de récit. Mais ce n'est pas pour cela qu'on doit douter de leur objectivité.

 

La façon de témoigner des écrivains-combattants est souvent autobiographique. Ils narrent les événements auxquels ils ont participé. Ces témoignages sont bouleversants, authentiques. Contrairement à un reporter extérieur, il n'y a pas de travail de distanciation.

 

Mais nous avons aussi des témoignages de soldats dans des lettres, surtout les soldats français. Les soldats belges n'avaient pas les mêmes facultés de correspondre avec leur famille.

 

Ce qui va nous guider dans notre travail, ce sont les témoignages de la vie dans les tranchées. A l'entame de l'hiver 1917-1918, les soldats vont connaître leur quatrième hiver dans las tranchées.

 

La guerre de tranchée est un fait nouveau. Aucune des guerres précédentes n'avait connu ce phénomène. Il fallait donc témoigner de ce carnage, de cet enfer par des moyens d’expression adéquats. Il était donc important d'avoir des témoignages pris sur le vif. Il était aussi important que cela soit l'oeuvre d'écrivains dont c'était le métier.

 

Contrairement à un récit d'historien, on n’est raconte pas la stratégie ou le déroulement d'une bataille. On est plongé dans l’anecdote de la vie de tous les jours. Contrairement à leurs anciennes méthodes de travail littéraire, ils nous parlent de la vie de tous les jours. Leur récit n’est pas romancé.

 

Ce qui frappe surtout dans la description des tranchées, c'est l'horreur de la boue !

 

Nous commençons aujourd'hui par le témoignage de Maurice GENEVOIX.

 

« Mais il est six heures du soir. La nuit vous entre dans les yeux. On n’a plus que ses mains nues, que toute sa peau offerte à la boue. Elle vous effleure les doigts, légèrement et s’évade. Elle effleure les marches rocheuses, les marches solides qui portent bien les pas. Elle revient, plus hardie, et claque sur les paumes tendues. Elle baigne les marches […], les engloutit : brusquement, on la sent qui se roule autour des chevilles… Son étreinte d’abord n’est que lourdeur inerte. On lutte contre elle, et on lui échappe. C’est pénible, cela essouffle ; mais on lui arrache ses jambes, pas à pas… »

 

Maurice GENEVOIX, « La Boue », Ceux de 14, 1916.

 

D'autre suivront. Nous n'avons aucune ambition d'analyse littéraire. D'autre l'ont fait dont c'est la profession.

15/12/2017

Simone WEIL et sa lettre ironique au gouvernement de VICHY.

Simone WEIL :

Son pied de nez envers le gouvernement de VICHY.

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Avant tout, ne commettons pas l'erreur fréquente. Ne confondons pas Simone VEIL, la Ministre de GISCARD d'ESTAING et Simone WEIL, grande philosophe française. Confusion d'autant plus possible que, oralement, les deux noms se prononcent de la même manière.

 

Elles ont néanmoins une chose en commun: avoir été victimes de la politique anti-juive du gouvernement de VICHY.

 

Le 3 octobre 1940, le gouvernement de VICHY fit passer une loi restreignant l'accès des Juifs à certaines professions. Ils ne pouvaient pas devenir enseignants, directeurs d'entreprise, journalistes, ... Ce fut le premier Statut des Juifs. Suivirent, le 2 juin 1941, le deuxième statut des Juifs renforçant leur exclusion et, le 22 juillet 1941, la loi sur la liquidation des biens des Juifs , biens « confiés » à des non-juifs.

Simone WEIL, enseignante, fut victime de ces lois. Etant en congé, elle ne put retrouver de poste et se retrouva sans ressources. Elle trouva refuge chez un fermier,en Ardèche, sur recommandation d'un père dominicain de MARSEILLE.

Courageuse, et militante, elle écrivit, le 18 octobre 1941, une lettre au commissaire général aux questions juives, Xavier VALLAT. Une lettre pleine d'ironie mordante.

La voici:



« Monsieur,

Je dois vous considérer, je suppose, comme étant en quelque sorte mon chef; car, bien que je n'aie pas encore bien compris ce qu'on entend aujourd'hui légalement par Juif, en voyant que le ministère de l'Instruction publique laissait sans réponse, bien que je sois agrégée de philosophie, une demande de poste déposée par moi en juillet 1940 à l'expiration d'un congé de maladie, j'ai dû supposer, comme étant cause de ce silence, les présomptions d'origine israélite attachée à mon nom.

Il est vrai qu'on s'est abstenu également de me verser l'indemnité prévue en pareil cas par le statut des Juifs; ce qui me procure la vive satisfaction de n'être pour rien dans les difficultés financières du pays.

Quoi qu'il en soit, je crois devoir vous rendre compte de ce que je fais.

Le gouvernement a fait savoir qu'il voulait que les Juifs entrent dans la production, et de préférence aillent à la terre. Bien que je ne me considère pas moi-même comme juive, car je ne suis jamais entrée dans une synagogue, j'ai été élevée sans pratique religieuse d'aucune espèce par des parents libres-penseurs, je n'ai aucune attirance vers la religion juive, aucune attache avec la tradition juive, et ne suis nourrie depuis ma première enfance que de la tradition hellénique, chrétienne et française, néanmoins,j'ai obéi.

Je suis en ce moment vendangeuse; j'ai coupé les raisins, huit heures par jour, tous les jours, pendant quatre semaines, au service d'un viticulteur du GARD. Mon patron me fait l'honneur de me dire que je tiens ma place. Il m'a même fait le plus grand éloge qu'un agriculteur puisse faire à une jeune fille venue de la ville, en me disant que je pourrais épouser un paysan. Ignoré, il est vrai, que j'ai du seul fait de mon nom une tare originelle qu'il serait inhumain de ma part de transmettre à des enfants.

J'ai encore une semaine de vendange.Ensuite je compte encore aller travailler comme ouvrière agricole au service d'un maraîcher chez qui des amis m'ont procuré une place. On ne peut pas, je pense, obéir plus complètement.

Je regarde le statut des Juifs comme étant d'une manière générale injuste et absurde; car comment croire qu'un agrégé de mathématiques puisse faire du mal aux enfants qui apprennent la géométrie, du seul fait que trois de ses grands-parents allaient à la synagogue ?

Mais en mon cas particulier, je tiens à vous exprimer la reconnaissance sincère que j'éprouve envers le gouvernement pour m'avoir ôtée de la catégorie sociale des intellectuels et m'avoir donné la terre, et avec elle toute la nature. Car seuls possèdent la nature et la terre ceux à qui elles sont entrées dans le corps par la souffrance quotidienne des membres rompus de fatigue.

Les jours, les mois, les saisons, la voûte céleste qui tournent sans cesse autour de nous appartiennent à ceux qui doivent franchir l'espace de temps qui sépare chaque jour le lever et le coucher du soleil en allant péniblement de fatigue en fatigue. Ceux-là accompagnent le firmament dans sa rotation, ils vivent chaque journée, ils ne la rêvent pas.

Le gouvernement, que vous représentez à mon égard, m'a donné tout cela. Vous et les autres dirigeants actuels du pays, vous m'avez donné ce que vous ne possédez pas. Vous m'avez fait aussi le don infiniment précieux de la pauvreté que vous ne possédez pas non plus.

J'aurais hésité à vous écrire, sachant votre temps pris par d'innombrables soucis, mais vous ne recevez sûrement pas beaucoup de lettres de remerciements de ceux qui se trouvent dans ma situation. Cela vaut donc peut-être pour vous les quelques minutes que vous perdrez à me lire.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma haute considération.

(s) Simone WEIL

Mais qui était donc Simone WEIL ? Elle est née à PARIS le 03/02/1909 et décédée à ASHFORD, le 24/08/1943. Elle était fille d'un médecin juif agnostique. Elle ne reçut aucune éducation religieuse.

Un des traits essentiels de sa vie est un amour compatissant pour les malheureux: vers l'âge de cinq ans, ayant appris la misère des poilus, elle refuse de prendre un seul morceau de sucre afin de tout envoyer à ceux qui souffrent au front.

Véritable surdouée, elle obtint, en 1925, à seize ans, le baccalauréat de philosophie. Entrée à l’École normale supérieure en 1928, elle devint agrégée de philosophie en 1931 et débuta une carrière d’enseignante dans différents lycées.

Vite, elle se montra très active sur le plan politique. Mais d'une activité hors des chemins battus. Elle adhéra, en 1932, au « Cercle communiste démocratique », organisation fondée en 1930, par Boris SOUVARINE, exclu du Parti Communiste en 1924. Ce Cercle avait une analyse sans aucune complaisance sur l'URSS.

Au cours de l'été 1934, elle séjourna quelques semaines en Allemagne. Son but: analyser, tenter de comprendre les raisons de la montée en puissance du nazisme. À son retour, elle exprima, très lucidement, dans plusieurs articles ce qui risquait de survenir.

A partir de septembre 1934, bénéficiant d'un congé d'une année pour études personnelles, elle abandonne provisoirement sa carrière de professeur pour prendre la condition d'ouvrière. Convaincue que « tant qu’on ne s’est pas mis du côté des opprimés, pour sentir avec eux, on ne peut pas se rendre compte », elle met en accord son discours et ses actes, allant jusqu’à travailler à l’usine, entre 1934 et 1935. Elle nota ses impressions dans son Journal d'usine. C'était en fait une précurseure. Trente ans plus tard, on retrouvera cette attitude chez les gauchistes et chez les prêtres ouvriers.

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Sa mauvaise santé l'empêche de poursuivre le travail en usine et reprend son métier d'enseignante.

Elle poursuit son engagement social. Elle participe aux grèves de 1936. Et elle milite avec passion pour un pacifisme intransigeant entre États. Ce qui l'amène, étrangement, en 1937, à écrire dans les « Nouveaux cahiers » , une revue économique et politique qui préconisait une collaboration économique franco-allemande.

En août 1936, au début de la guerre civile en ESPAGNE, elle part pour BARCELONE pour combattre le coup d'état du général FRANCO. Mais, bouleversée par le cynisme qu'elle croise, elle rentre en FRANCE. Dans une lettre à Georges BERNANOS, elle s'exprime en ces termes:

« Je n'ai jamais vu personne même dans l'intimité exprimer de la répulsion, du dégoût ou seulement de la désapprobation à l'égard du sang inutilement versé. [...] J'ai rencontré en revanche des Français paisibles, que jusque-là je ne méprisais pas, qui n'auraient pas eu l'idée d'aller eux-mêmes tuer, mais qui baignaient dans cette atmosphère imprégnée de sang avec un visible plaisir. ».

En 1940, Juive, lucide sur ce qui se passe, elle est sans illusion sur le sort qui menace les juifs et, donc, sa famille. Elle se réfugie, avec sa famille, à MARSEILLE. Victime des lois anti-juives du gouvernement de VICHY, elle est exclue de l'enseignement. Elle devient domestique dans une ferme ,en Ardèche, sur recommandation d'un père dominicain.

Elle y mène une vie volontairement privée de tout confort durant plusieurs semaines, se privant et renonçant à la moitié de ses tickets d'alimentation au profit des résistants. C'est dans ce contexte qu'elle écrit la lettre ci-avant, pleine d'ironie mordante.

 

Le 16 mai 1942, elle s'embarque avec ses parents pour les États-Unis. Elle n'y reste pas car, pour elle ce serait une retraite trop confortable. En fin novembre de la même année, elle se rend en Grande-Bretagne où elle travaille comme rédactrice dans les services de la FRANCE LIBRE.

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Là, elle continue à se livrer à des études prospectives sur la politique sur la nécessaire réorganisation de la France une fois la guerre terminée. Etudes controversées, en particulier sa "Note sur la suppression générale des partis politiquesIdées essentielles pour une nouvelle Constitution,"

 

Rétive à toute idéologie autoritaire, elle critique les grands principes de l’existence: travail, démocratie, droits de l’homme, religion, modernité. Son enseignement: se méfier de toute idéologie autoritaire.

C'est sans doute cette méfiance qui l'a amenée à s'en prendre même aux partis démocratiques. Ce qu'elle leur reproche surtout, c'est l'esprit de discipline interne. Elle fut sans doute aussi échaudée par le comportement de certains politiciens de la III° république après juuin 1940.

Sa santé devenant de plus en plus défaillante, elle est admise à l'hôpital de Middlesex en avril 1943. Elle meurt de tuberculose à ASHFORD, au sanatorium, le 24 août 1943, à l'âge de 34 ans.

Albert CAMUS est l'un des premiers à avoir révélé l'importance des écrits de Simone WEIL et à lui avoir rendu hommage. C'est pour faire connaître la pensée de Simone WEIL qu'il obtint de fonder la collection « Espoir » aux éditions Gallimard.

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02/12/2017

AWANS: Message de la section FNC "AWANS-BIERSET"

MESSAGE

DE LA SECTION FNC

AWANS-BIERSET.

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Nous avons envoyé le message suivant à nos contacts.

Sans tarder, nous avons déjà reçu des réponses positives:

7 brochures ont été commandées en 24 heures !

Texte du message:

Bonsoir,

 

La section AWANS-BIERSET de la FNC s'adresse à vous. Excusez-nous de prendre un petit moment de votre temps.

 

En 2017, notre section a déployé une grande activité: seize sortie avec nos drapeaux. Non seulement les drapeaux de la FNC mais aussi ceux de la FNAPG et de la CNPPA qui nous ont été confiés.

 

Pour AWANS, notre domaine d'activités se situe sur les anciennes communes de FOOZ, HOGNOUL et AWANS. Nous prêtons aussi notre concours à la commune de GRÂCE-HOLLOGNE pour BIERSET, VELROUX et l'un ou l'autre Monument de GRÂCE-BERLEUR et de HOLLOGNE-AUX-PIERRES. Cela signifie huit monuments à fleurir.

 

Nous répondons également favorablement aux manifestations à VILLERS L'EVÊQUE et OTHEE.

 

Malheureusement, nous devons faire face à de nombreux frais. Ainsi, en plus des fleurs aux Monuments, nous organisons la réception le 11 novembre à AWANS.

 

Cette année, nous avons dû remplacer la hampe d'un drapeau: avec le lion (pourtant maintenant en PVC et non plus en cuivre ), cela coûte 145 €. Et les drapeaux vieillissent: le prix  d'un drapeau de la même qualité est de +/- 1400 €. sauf à se rabattre sur un drapeau de moindre qualité mais qui coûterait quand même +/- 700 €.

 

Plutôt que d'émettre des cartes de soutien à 5€, nous avons rédigé une petite brochure de quatorze pages dans laquelle nous développons les sujets qui  nous  tiennent à coeur. Des sujets qui,constituent l'essentiel des préoccupations de la FNC.

 

Nous en avons vendus lors de WEEK-END WALLONIE BIENVENUE et aussi le 11 novembre. Il nous en reste...

 

Si cela vous intéresse, vous pouvez en commander en

 

  • versant 5€ au ccpBE81 0003 2552 4724 de la FNC AWANS-BIERSET à 4340 AWANS;
  • et en envoyant un mail à pierrebeaujean@hotmail.com en précisant l'adresse à laquelle cela doit être livré et le n° du compte que vous avez utilisé.

 

Nous fixons la date d'envoi et la clôture des commandes au 20 décembre.

 

 

 

19:17 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

30/11/2017

Le mythe GUYNEMER.

Le Mythe GUYNEMER.

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  1. Enfance et Jeunesse de Georges GUYNEMER.

 

Georges GUYNEMER est né le 24 décembre 1894 à PARIS, dans une famille mi- bourgeoise mi-aristocratique. Une famille apparemment abonnée aux changements de domicile. Il passe les premières années de son enfance au château de GARCELLES, près de CAEN.

 

Son père avait fait une carrière d'officier dans l’armée française avant de se consacrer entièrement à sa passion pour l'histoire. En fait, par sa mère, il était originaire de la vieille noblesse provinciale qui puise ses racines très loin dans l’histoire de France, paraît-il apparentée aux anciens rois.

 

De CAEN, la famille vint s’installer à COMPIEGNE. Il entre au collège de la ville où il ne fut pas un élève très brillant, il se montre distrait. Ensuite, il fit ses études au Collège Stanislas à PARIS, où il entre à l'âge de douze ans.

 

Depuis son jeune âge, il fut d’une constitution très fragile mais d’une humeur fougueuse et même batailleuse. Sa fougue fut très fréquemment freinée par la maladie: succession de rougeole, scarlatine, entérite... On dit aussi que dès l'âge de quatre ans, il jouait du violon. Rien ne semblait le prédestiner à ce qu'il devint, adulte.

 

Malgré tous ces obstacles qu’il parvint à surmonter, il fut reçu « avec mention » au baccalauréat.

 

2. GUYNEMER en 1914 : il est reconnu inapte au service.

 

Il a à peine 18 ans lorsque la première guerre éclate. Il se rend à BAYONNE pour s'engager. Les médecins militaires le trouvant trop chétif le déclarent inapte à deux reprises. Il ne pèse qu'une petite cinquantaine de kilos. Désespéré, il supplie son père d'utiliser ses relations dans l'Armée. Il n'hésite donc pas à faire jouer sa famille et les relations de cette dernière. Ce sera sans succès. Bien que cela soit contredit par certains qui prétendent que les relations ont joué.

 

3. Refusé dans l'infanterie, il est attiré par l'aviation.

 

Sa famille séjourne en 1914 dans la villa Delphine (qui existe encore), à deux pas du petit aérodrome d'ANGLET où s'entraînaient les pilotes formés à l'école d'aviation de PAU. Un matin, voyant des avions militaires se poser sur un « terrain » près de la plage d'ANGLET, il demande comment s'engager dans l'aviation. Le 22 novembre 1914, il arrive à se faire engager comme élève mécanicien dans le service auxiliaire. Il en profite pour approfondir sa connaissance des avions. Il veut devenir élève pilote, mais le personnel du service auxiliaire n'a pas le droit de voler.

 

4. GUYNEMER et ses promotions successives.

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Le capitaine finit par accepter de le prendre, en situation irrégulière. Alors, se succèdent une série de promotions rapides. Le 21 janvier 1915, il devint élève pilote. Georges GUYNEMER effectue sa première sortie le 1er février 1915. Le 11 mars suivant, il effectue son premier vol (Blériot 6 cylindres 50 HP). Il reçoit son brevet de l'Aéro-Club le 11 mars et le brevet de pilote militaire (no 1832) le 26 avril. Le 8 juin suivant, il est affecté à l'escadrille MS.3, seule unité dans laquelle il servira, jusqu'à sa disparition.

 

En juin 1915, il est promu au grade de sergent et est décoré de la Croix de Guerre. Ses premières sorties sont des missions d'observation des mouvements de troupes et de réglage de l'artillerie. Il fait preuve d'un grand sang-froid, qualité essentielle pour que l'observateur puisse prendre des photographies dans de bonnes conditions. Son avion est souvent touché par des éclats d'obus, dont les perforations sont colmatées par des pièces de toile rouge.

 

Ces rapides promotions s'expliquent par la situation de l'aviation militaire à cette époque car l’aviation était encore très frustre. Georges GUYNEMER fera ses débuts sur des biplaces avant d’être muté dans la Chasse, une discipline alors à ses tout débuts.

 

C'est le début de la spécialisation de l’aviation militaire qui était à l'origine conçue comme instrument d’observation. Diverses fonctions apparaîtront qui conduisent à une spécialisation: reconnaissances, réglages d’artillerie, bombardements de jour comme de nuit et enfin, la chasse. Ce qui était logique:il s'avérait important de contrarier les avions ennemis lorsqu'ils effectuaient ces mêmes missions. Le combat aérien durant la guerre de 1914-1918 est primitif, les avions comme les armes sont dans leur enfance.

 

5. Le mythe GUYNEMER déjà de son vivant.

 

Il devint un des pilotes de guerre français les plus renommés de la Première Guerre mondiale. Promu capitaine, il remporta 53 victoires homologuées et plus une trentaine de victoires probables en combat aérien. Volant sur différents types d'avions, il rencontra succès et défaites (il fut abattu sept fois). Il resta affecté durant toute sa carrière à l'Escadrille N.3, dite "Escadrille des Cigognes", l'unité de chasse la plus victorieuse des ailes françaises en 1914-1918. En février 1917,il est le premier pilote allié à abattre un bombardier lourd allemand Gotha G.III.


De son vivant, Georges GUYNEMER était devenu un héros emblématique de la France et de l’aviation française. Avec la progression de son palmarès se déclenche le processus de « fabrication » du « Héros GUYNEMER ». En décembre 1915, il reçut, du Président de la République, la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. En juillet 1917, la Croix d'Officier de la Légion d'honneur des mains du Maréchal Franchet d'Espérey.

 

5. Les qualités militaires de Georges GUYNEMER.

 

Contrairement à d'autres pilotes, il ne cherche pas à penser le combat aérien. Mais, sa détermination est sans faille et son courage immense. Il se jette dans le combat avec fougue et hardiesse. Il n’hésite pas à s’approcher de très près de ses adversaires pour les tirer et les descendre. Il est blessé deux fois et est sauvé sept fois après avoir été abattu, et ce sans jamais avoir embarqué de parachute. Il sera des combats les plus durs, de VERDUN à la SOMME.

 

Son expérience et sa notoriété font de lui une référence en aviation, tant et si bien qu’il influence la conception des avions de combat français. Sur ses conseils, la société Blériot-SPAD, qui produit une partie des avions sur lesquels l’armée française vole durant le conflit, améliore et développe de nouveaux modèles, plus performants.

 

GUYNEMER était considéré comme un « chevalier du ciel ». Il refusait dans la mesure du possible de s’acharner sur un avion touché et évitait au maximum d’attaquer des avions d’observation non armés. En revanche, dès qu’une mitrailleuse était visible, il fondait dessus.

 

6. La mort de Georges GUYNEMER.

 

Un mystère entoure toujours sa mort. Le 11 septembre 1917, GUYNEMER part en reconnaissance dans la région des Flandres accompagné d’un autre aéronef et disparaît au cours d’un combat aérien. Il semblerait que son avion se soit abîmé en plein no man’s land, mais ni l’épave de l’avion ni son corps n’ont jamais été retrouvés. Cela se situait dans la zone d'opération de POELKAPELLE, au Nord d'YPRES.

 

Ce jour-là, il partit en patrouille avec ses coéquipiers. Il y avait deux groupes: une patrouille basse qui va servir d’appât pour l’aviation ennemie et une patrouille haute, composée de lui-même et du sous-lieutenant Jean BOZON-VERDURAZ. Les deux groupes quittent vers 8 h 30 l’aérodrome de SAINT-POL-SUR-MER.

Après une heure de vol, GUYNEMER et son ailier remarquent la présence d’un avion de reconnaissance allemand. D’un battement d’ailes, il avertit BOZON-VERDURAZ qui va le prendre en chasse. Au même moment, le sous-lieutenant aperçoit au loin un groupe de huit avions ennemis qui s’approchent d’eux. Se souvenant des cours de l’école d’aviation, il joue les appâts. Après avoir entraîné les avions ennemis au loin, il revient à son point de départ. Mais il ne trouve aucune trace de GUYNEMER et de son avion.

 

L'explication la plus probable est que GUYNEMER a été tué en combat, que son avion s’est écrasé à POELKAPEELLE, entre les lignes anglaises et allemandes. De puissants tirs d’artillerie ayant labouré le terrain, on n’a jamais pu rien retrouver: ni son corps, ni l’avion.

 

Voici la dernière citation à son propos:

« Mort au champ d'honneur le 11 septembre 1917. Héros légendaire, tombé en plein ciel de gloire, après trois ans de lutte ardente. Restera le plus pur symbole des qualités de la race : ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la foi la plus inébranlable dans la victoire, il lègue aux soldats français un souvenir impérissable qui exaltera l'esprit de sacrifice et provoquera les plus nobles émulations. »

 

7. Qu'est devenu le « Mythe GUYNEMER » ?

 

GUYNEMER qui fut célèbre jusque dans les années 60. Les cours d'histoire, à l'école primaire, même en BELGIQUE, qui étaient centrés sur les personnages illustres faisaient une place à GUYNEMER. Ce n'est plus à la mode aujourd'hui.

 

Pourtant, il est loin d'être tombé dans l'oubli. En France, dans de nombreuses villes, on trouve une « Rue Georges GUYNEMER ». Et nombre de Lycées ou de Collèges portent encore son nom.

Il fut l'objet de plusieurs émissions de timbres-poste, même hors de FRANCE !

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Prenons l'exemple de COMPIEGNE, ville où il a vécu. Là Georges Guynemer est partout. L’une des principales rues du centre-ville porte son nom, de même qu’un groupement scolaire privé. L'aéro-club local s’est placé sous son égide et un monument orne l’entrée de la rue Saint-Lazare, sur lequel trône une statue de l’aviateur, ainsi que sa devise : « Faire face. »

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De nos jours encore, l'armée de l’Air lui rend hommage. Chaque 11 septembre, une prise d’armes sur les bases aériennes évoque son souvenir. La base aérienne de Dijon porte d’ailleurs le nom de l’aviateur et l’École de l’Air de Salon-de-Provence a repris sa devise, « Faire face ».

 

Un monument érigé à son honneur domine le village de POELKAPELLE. Au sommet d’une colonne, se trouve une cigogne en bronze, les ailes baissées, volant dans la direction dans laquelle GUYNEMER se serait écrasé.

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Une couronne de lauriers orne la colonne et a été suspendue dans la direction du front allié. Le dernier ordre du jour de GUYNEMER a été gravé dans la pierre. Le sommet du monument est couronné d’une cigogne qui renvoie à ‘l’Escadrille des Cigognes’, l’unité dont Guynemer fit partie.

 

Le 8 juillet 1923, l’aviateur Willy Coppens d’Houthulst, en compagnie de Jan Olieslagers, d’Edmond Thieffry (qui introduisit quelques années plus tard la première ligne aérienne de Sabena vers le Congo), de Fernand Jacquet et d’André Demeulemeester, inaugurèrent le monument GUYNEMER à POELKAPELLE.

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Monument à DUNKERQUE

 

19:12 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

24/11/2017

Poème de VERHAEREN: Aux Jeunes Soldats Morts.

 Aux Jeunes Soldats morts

Vous ne reverrez plus les monts, les bois, la terre,
Beaux yeux de mes soldats qui n'aviez que vingt ans
Et qui êtes tombés en ce dernier printemps,
Où plus jamais douce apparut la lumière,

On n'osait plus songer au réveil des champs d'or,
Que l'aube revêtait de sa gloire irisée :
Seule, la sombre guerre occupait la pensée
Quand, au fond des hameaux on apprit votre mort,

Depuis votre départ, à l'angle de la glace,
Votre image attirait et le cœur et les yeux ;
Et nul ne s'asseyait sur l'escabeau boiteux
Où tous les soirs, près du foyer, vous preniez place,

Hélas ! Où sont vos corps jeunes, puissants et fous ?
Où vos bras et vos mains, et les gestes superbes
Qu'avec la grande faux vous faisiez dans les herbes ?
Hélas ! La nuit immense est descendue en vous.

Vos mères ont pleuré dans leur chaumière close,
Vos amantes ont dit leur peine aux gens des bourgs,
On a parlé de vous, tristement, tous les jours,
Et puis, un soir de juin, on parla d'autre chose.

Mais je ne veux pas, moi, qu'on voile vos noms clairs,
Vous qui dormez là-bas, dans un sol de bataille,
Où s'enfoncent encor les blocs de la mitraille
Quand de nouveaux combats opposent leurs éclairs.

Je recueille en mon cœur votre gloire meurtrie,
Je renverse sur vous les feux de mes flambeaux,
Et je monte la garde autour de vos tombeaux,
Moi qui suis l'avenir, parce que la Patrie.

Emile Verhaeren

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Illustration par Fernand ALLARD L'OLIVIER

21/11/2017

AWANS: Commémoration du 11 novembre 2017 ( discours de la FNC )

AWANS:

11 NOVEMBRE 2017

RECEPTION AU HALL OMNISPORTS.

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Près de 80 personnes s'étaient rassemblées à la petite salle du Hall Omnisports d'AWANS pour la partie officielle de la commémoration et la réception conviviale.

La salle avait été décorée au moyen des images dessinées par les élèves de 1° primaire de l'Ecole Communale d'AWANS.

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Voici le texte du discours prononcé par le secrétaire de la section, Pierre BEAUJEAN.

Discours de l'Armistice 2017

Mesdames et Messieurs,

 

Le 11 novembre 1918, l'armistice était signé à RETHONDES. C'était la fin de la première Guerre Mondiale. Belges, Français, Britanniques, Canadiens, Australiens, Néo-Zélandais, Américains, Sud-Africains, troupes coloniales, le monde entier était venu se battre chez nous avec l'idée que se jouait ici le destin de nos Nations. Les combattants étaient de toutes origines, de toutes nationalités, de toutes confessions et de toutes couleurs de peau. La première guerre a mobilisé plus de 65 millions de personnes et fait près de dix millions de morts. Toute une génération de jeunes hommes a été sacrifiée. Nombre de victimes n'ont jamais pu être identifiées.

 

Ce conflit effroyable par ses morts, par les moyens utilisés et par la sauvagerie des combats, a profondément affecté ceux qui y participèrent. Ainsi, un Ancien Combattant français eut cette phrase terrible: " Partout, dans les cadres les plus poétiques, les plus reposants, l’obsession du combat, l’obsession du meurtre, l’obsession de la mort… Et c’est cette défloraison de l’âme que j’ai pardonné le moins facilement à la guerre. »

 

La guerre fut aussi l'affaire des civils, ceux qui subirent l'occupation, les bombardements et les exactions; ceux et, surtout celles, qui durent abattre le travail habituellement réservés aux hommes jeunes, dans les ateliers, dans les champs; celles qui durent assurer seules l'éducation des enfants et leur garantir la nourriture. Aujourd'hui, plus aucun survivant n'est là pour témoigner. Le travail de mémoire est donc important. Car la première guerre fut aussi initiatrice de celle qui a suivi. Et il n'est jamais inutile de rappeler que si le 11 Novembre 1918 a été un jour de Victoire pour les Alliés, le conflit qui se terminait a été une défaite pour toute l'Europe.

 

Transmettre cette mémoire à nos jeunes, c'est construire un avenir commun. Leur expliquer l'absurdité des guerres quelles qu'elles soient, et leurs atrocités, c'est leur permettre de comprendre la complexité du monde et les armer pour éviter de renouveler ces atrocités; c'est les inciter à brandir le drapeau de la Paix. Nous devons faire l'exercice difficile, paradoxal, de valoriser l'engagement des anciens sans tomber dans la glorification de la guerre. Connaître et comprendre les dérives qui firent du patriotisme une caricature nationaliste devrait sans doute éviter de nouveaux et terribles drames.

 

Faire partie de la première génération qui a eu la chance de n'avoir connu ni subi aucune guerre nous donne des responsabilités plus grandes à l'égard de nos prédécesseurs qui ont vu leurs rangs décimés sur les champs de bataille du 20ème siècle. En luttant pour la Paix, nous nous inscrivons parmi les défenseurs de notre patrie et de ses valeurs démocratiques. Ainsi sommes-nous fidèles à la mémoire de ceux dont les noms sont marqués sur les Monuments. Il ne doivent pas s'être battus pour rien ! Nous devons toujours rester vigilants pour que personne, aucun dogme, aucune tyrannie, ne mettent à mal cet héritage. Tout ce qui peut apparaître comme un recul dans cette quête d'un monde plus pacifique, moins violent, plus tolérant et plus démocratique, va à l'encontre de l'avenir de l'humanité.

 

L’incertitude et le sentiment de précarité qui dominent aujourd’hui les esprits favorisent la peur, les réflexes de repli, les opinions xénophobes, la haine. A l'heure où l'on voit monter les populismes, et où nombre de nos concitoyens sont sensibles à leurs chants, nous devons rassembler. Nous sommes à un moment de l'histoire qui exige courage, dignité et unité. Nous ne devons pas cesser d'agir, pour plus de justice sociale, pour une meilleure attention aux plus faibles, pour veiller à ce que la Nation protège chacune et chacun.  Chaque jour, nous constatons dans le monde combien les valeurs que la démocratie véhicule et que nous soutenons, sont fragiles et subissent des attaques permanentes.

 

Pour terminer, je citerai les mots de Stéphane HESSEL: « De ces principes et de ces valeurs, nous avons aujourd'hui plus que besoin. Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers... »

 

19:03 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

20/11/2017

AWANS: COMMEMORATION OFFICIELLE DE L'ARMISTICE ( 11 novembre 2017 )

AWANS:

LA FNC AWANS-BIERSET A COMMEMORE L'ARMISTICE.

La journée a débuté à 09H30 par un dépôt de fleurs à la stèle dédiée au soldat Théophile LAMENS à FOOZ.

Une fleur a été déposée par Monsieur LUCAS, Bourgmestre d'AWANS et par la FNC.

Nous avons pu accueillir une importante délégation de la famille LAMENS. Ces derniers, après la petite cérémonie à la stèle , nous a accompagnés à AWANS pour assister à la cérémonie religieuse.

Au cours de la cérémonie religieuse, le secrétaire de la FNC a lu un petit exposé que voici:

On nous pose souvent la question: pourquoi encore commémorer des événements aussi lointains( 99 ans pour la première guerre et 72 ans pour la seconde ) ? Alors qu'il n'y a plus aucun survivant pour l'une et très peu pour l'autre.

 

Justement, l'éloignement des faits et l'absence de témoins directs nous donnent d'autant plus de motivation. On ne peut pas oublier. Cela nous permet aussi de commémorer sereinement sans esprit de rancune ni revanche. On peut valoriser le comportement des combattants sans tomber dans la glorification de la guerre.

 

Voici ce qu'un Ancien Combattant français disait en 1936, soit seulement 18 ans après l'Armistice. Paroles terribles à méditer.

 

« La guerre a fait de nous, non seulement des cadavres, des impotents, des aveugles. Elle a aussi, au milieu de belles actions, de sacrifice et d’abnégation, réveillé en nous, et parfois porté au paroxysme, d’antiques instincts de cruauté et de barbarie. Il m’est arrivé – et c’est ici que se place mon aveu – à moi qui n’ai jamais appliqué un coup de poing à quiconque, à moi qui ai horreur du désordre et de la brutalité, de prendre plaisir à tuer.

Lorsque, au cours d’un coup de main, nous rampions vers l’ennemi, la grenade au poing, le couteau entre les dents comme des escarpes, la peur nous tenait aux entrailles, et cependant une force inéluctable nous poussait en avant.

Surprendre l’ennemi dans sa tranchée, sauter sur lui, jouir de l’effarement de l’homme qui ne croit pas au diable et qui pourtant le voit tout à coup tomber sur ses épaules ! Cette minute barbare, cette minute atroce avait pour nous une saveur unique, un attrait morbide, comme chez ces malheureux qui, usant de stupéfiants, mesurent l’étendue du risque, mais ne peuvent se retenir de prendre du poison. […]

Partout, dans les cadres les plus poétiques, les plus reposants, l’obsession du combat, l’obsession du meurtre, l’obsession de la mort… Et c’est cette défloraison de l’âme que j’ai pardonné le moins facilement à la guerre. »

Après la cérémonie religieuse, nous avons fleuri le carré d'Honneur du cimetière d'AWANS.

Des fleurs ont été déposées au nom de l'Administration Communale, au nom de la FNC et de la FNAPG.

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17:52 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |