27/12/2017

Dans la boue des tranchées: témoignages d'écrivains-combattants. Généralités et témoignage de Maurice GENEVOIX.

DANS LA BOUE DES TRANCHEES

LES ECRIVAINS-COMBATTANTS TEMOIGNENT.

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Des témoignages de l’horreur. Pour la première fois, une guerre a été décrite de l'intérieur par des écrivains qui y participaient. Ces écrits peuvent être lus comme un témoignage direct sur les conditions de vie des soldats et sur leur moral loin de leurs familles. Mobilisés ou engagés volontaires, de nombreux écrivains témoignent des combats et de la vie dans les tranchées.

 

 

Ces témoins sont les acteurs des événements. Par comparaison avec le témoignage d'un témoin externe, on ne peut attendre d’eux la même froideur de récit. Mais ce n'est pas pour cela qu'on doit douter de leur objectivité.

 

La façon de témoigner des écrivains-combattants est souvent autobiographique. Ils narrent les événements auxquels ils ont participé. Ces témoignages sont bouleversants, authentiques. Contrairement à un reporter extérieur, il n'y a pas de travail de distanciation.

 

Mais nous avons aussi des témoignages de soldats dans des lettres, surtout les soldats français. Les soldats belges n'avaient pas les mêmes facultés de correspondre avec leur famille.

 

Ce qui va nous guider dans notre travail, ce sont les témoignages de la vie dans les tranchées. A l'entame de l'hiver 1917-1918, les soldats vont connaître leur quatrième hiver dans las tranchées.

 

La guerre de tranchée est un fait nouveau. Aucune des guerres précédentes n'avait connu ce phénomène. Il fallait donc témoigner de ce carnage, de cet enfer par des moyens d’expression adéquats. Il était donc important d'avoir des témoignages pris sur le vif. Il était aussi important que cela soit l'oeuvre d'écrivains dont c'était le métier.

 

Contrairement à un récit d'historien, on n’est raconte pas la stratégie ou le déroulement d'une bataille. On est plongé dans l’anecdote de la vie de tous les jours. Contrairement à leurs anciennes méthodes de travail littéraire, ils nous parlent de la vie de tous les jours. Leur récit n’est pas romancé.

 

Ce qui frappe surtout dans la description des tranchées, c'est l'horreur de la boue !

 

Nous commençons aujourd'hui par le témoignage de Maurice GENEVOIX.

 

« Mais il est six heures du soir. La nuit vous entre dans les yeux. On n’a plus que ses mains nues, que toute sa peau offerte à la boue. Elle vous effleure les doigts, légèrement et s’évade. Elle effleure les marches rocheuses, les marches solides qui portent bien les pas. Elle revient, plus hardie, et claque sur les paumes tendues. Elle baigne les marches […], les engloutit : brusquement, on la sent qui se roule autour des chevilles… Son étreinte d’abord n’est que lourdeur inerte. On lutte contre elle, et on lui échappe. C’est pénible, cela essouffle ; mais on lui arrache ses jambes, pas à pas… »

 

Maurice GENEVOIX, « La Boue », Ceux de 14, 1916.

 

D'autre suivront. Nous n'avons aucune ambition d'analyse littéraire. D'autre l'ont fait dont c'est la profession.

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