30/11/2017

Le mythe GUYNEMER.

Le Mythe GUYNEMER.

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  1. Enfance et Jeunesse de Georges GUYNEMER.

 

Georges GUYNEMER est né le 24 décembre 1894 à PARIS, dans une famille mi- bourgeoise mi-aristocratique. Une famille apparemment abonnée aux changements de domicile. Il passe les premières années de son enfance au château de GARCELLES, près de CAEN.

 

Son père avait fait une carrière d'officier dans l’armée française avant de se consacrer entièrement à sa passion pour l'histoire. En fait, par sa mère, il était originaire de la vieille noblesse provinciale qui puise ses racines très loin dans l’histoire de France, paraît-il apparentée aux anciens rois.

 

De CAEN, la famille vint s’installer à COMPIEGNE. Il entre au collège de la ville où il ne fut pas un élève très brillant, il se montre distrait. Ensuite, il fit ses études au Collège Stanislas à PARIS, où il entre à l'âge de douze ans.

 

Depuis son jeune âge, il fut d’une constitution très fragile mais d’une humeur fougueuse et même batailleuse. Sa fougue fut très fréquemment freinée par la maladie: succession de rougeole, scarlatine, entérite... On dit aussi que dès l'âge de quatre ans, il jouait du violon. Rien ne semblait le prédestiner à ce qu'il devint, adulte.

 

Malgré tous ces obstacles qu’il parvint à surmonter, il fut reçu « avec mention » au baccalauréat.

 

2. GUYNEMER en 1914 : il est reconnu inapte au service.

 

Il a à peine 18 ans lorsque la première guerre éclate. Il se rend à BAYONNE pour s'engager. Les médecins militaires le trouvant trop chétif le déclarent inapte à deux reprises. Il ne pèse qu'une petite cinquantaine de kilos. Désespéré, il supplie son père d'utiliser ses relations dans l'Armée. Il n'hésite donc pas à faire jouer sa famille et les relations de cette dernière. Ce sera sans succès. Bien que cela soit contredit par certains qui prétendent que les relations ont joué.

 

3. Refusé dans l'infanterie, il est attiré par l'aviation.

 

Sa famille séjourne en 1914 dans la villa Delphine (qui existe encore), à deux pas du petit aérodrome d'ANGLET où s'entraînaient les pilotes formés à l'école d'aviation de PAU. Un matin, voyant des avions militaires se poser sur un « terrain » près de la plage d'ANGLET, il demande comment s'engager dans l'aviation. Le 22 novembre 1914, il arrive à se faire engager comme élève mécanicien dans le service auxiliaire. Il en profite pour approfondir sa connaissance des avions. Il veut devenir élève pilote, mais le personnel du service auxiliaire n'a pas le droit de voler.

 

4. GUYNEMER et ses promotions successives.

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Le capitaine finit par accepter de le prendre, en situation irrégulière. Alors, se succèdent une série de promotions rapides. Le 21 janvier 1915, il devint élève pilote. Georges GUYNEMER effectue sa première sortie le 1er février 1915. Le 11 mars suivant, il effectue son premier vol (Blériot 6 cylindres 50 HP). Il reçoit son brevet de l'Aéro-Club le 11 mars et le brevet de pilote militaire (no 1832) le 26 avril. Le 8 juin suivant, il est affecté à l'escadrille MS.3, seule unité dans laquelle il servira, jusqu'à sa disparition.

 

En juin 1915, il est promu au grade de sergent et est décoré de la Croix de Guerre. Ses premières sorties sont des missions d'observation des mouvements de troupes et de réglage de l'artillerie. Il fait preuve d'un grand sang-froid, qualité essentielle pour que l'observateur puisse prendre des photographies dans de bonnes conditions. Son avion est souvent touché par des éclats d'obus, dont les perforations sont colmatées par des pièces de toile rouge.

 

Ces rapides promotions s'expliquent par la situation de l'aviation militaire à cette époque car l’aviation était encore très frustre. Georges GUYNEMER fera ses débuts sur des biplaces avant d’être muté dans la Chasse, une discipline alors à ses tout débuts.

 

C'est le début de la spécialisation de l’aviation militaire qui était à l'origine conçue comme instrument d’observation. Diverses fonctions apparaîtront qui conduisent à une spécialisation: reconnaissances, réglages d’artillerie, bombardements de jour comme de nuit et enfin, la chasse. Ce qui était logique:il s'avérait important de contrarier les avions ennemis lorsqu'ils effectuaient ces mêmes missions. Le combat aérien durant la guerre de 1914-1918 est primitif, les avions comme les armes sont dans leur enfance.

 

5. Le mythe GUYNEMER déjà de son vivant.

 

Il devint un des pilotes de guerre français les plus renommés de la Première Guerre mondiale. Promu capitaine, il remporta 53 victoires homologuées et plus une trentaine de victoires probables en combat aérien. Volant sur différents types d'avions, il rencontra succès et défaites (il fut abattu sept fois). Il resta affecté durant toute sa carrière à l'Escadrille N.3, dite "Escadrille des Cigognes", l'unité de chasse la plus victorieuse des ailes françaises en 1914-1918. En février 1917,il est le premier pilote allié à abattre un bombardier lourd allemand Gotha G.III.


De son vivant, Georges GUYNEMER était devenu un héros emblématique de la France et de l’aviation française. Avec la progression de son palmarès se déclenche le processus de « fabrication » du « Héros GUYNEMER ». En décembre 1915, il reçut, du Président de la République, la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. En juillet 1917, la Croix d'Officier de la Légion d'honneur des mains du Maréchal Franchet d'Espérey.

 

5. Les qualités militaires de Georges GUYNEMER.

 

Contrairement à d'autres pilotes, il ne cherche pas à penser le combat aérien. Mais, sa détermination est sans faille et son courage immense. Il se jette dans le combat avec fougue et hardiesse. Il n’hésite pas à s’approcher de très près de ses adversaires pour les tirer et les descendre. Il est blessé deux fois et est sauvé sept fois après avoir été abattu, et ce sans jamais avoir embarqué de parachute. Il sera des combats les plus durs, de VERDUN à la SOMME.

 

Son expérience et sa notoriété font de lui une référence en aviation, tant et si bien qu’il influence la conception des avions de combat français. Sur ses conseils, la société Blériot-SPAD, qui produit une partie des avions sur lesquels l’armée française vole durant le conflit, améliore et développe de nouveaux modèles, plus performants.

 

GUYNEMER était considéré comme un « chevalier du ciel ». Il refusait dans la mesure du possible de s’acharner sur un avion touché et évitait au maximum d’attaquer des avions d’observation non armés. En revanche, dès qu’une mitrailleuse était visible, il fondait dessus.

 

6. La mort de Georges GUYNEMER.

 

Un mystère entoure toujours sa mort. Le 11 septembre 1917, GUYNEMER part en reconnaissance dans la région des Flandres accompagné d’un autre aéronef et disparaît au cours d’un combat aérien. Il semblerait que son avion se soit abîmé en plein no man’s land, mais ni l’épave de l’avion ni son corps n’ont jamais été retrouvés. Cela se situait dans la zone d'opération de POELKAPELLE, au Nord d'YPRES.

 

Ce jour-là, il partit en patrouille avec ses coéquipiers. Il y avait deux groupes: une patrouille basse qui va servir d’appât pour l’aviation ennemie et une patrouille haute, composée de lui-même et du sous-lieutenant Jean BOZON-VERDURAZ. Les deux groupes quittent vers 8 h 30 l’aérodrome de SAINT-POL-SUR-MER.

Après une heure de vol, GUYNEMER et son ailier remarquent la présence d’un avion de reconnaissance allemand. D’un battement d’ailes, il avertit BOZON-VERDURAZ qui va le prendre en chasse. Au même moment, le sous-lieutenant aperçoit au loin un groupe de huit avions ennemis qui s’approchent d’eux. Se souvenant des cours de l’école d’aviation, il joue les appâts. Après avoir entraîné les avions ennemis au loin, il revient à son point de départ. Mais il ne trouve aucune trace de GUYNEMER et de son avion.

 

L'explication la plus probable est que GUYNEMER a été tué en combat, que son avion s’est écrasé à POELKAPEELLE, entre les lignes anglaises et allemandes. De puissants tirs d’artillerie ayant labouré le terrain, on n’a jamais pu rien retrouver: ni son corps, ni l’avion.

 

Voici la dernière citation à son propos:

« Mort au champ d'honneur le 11 septembre 1917. Héros légendaire, tombé en plein ciel de gloire, après trois ans de lutte ardente. Restera le plus pur symbole des qualités de la race : ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la foi la plus inébranlable dans la victoire, il lègue aux soldats français un souvenir impérissable qui exaltera l'esprit de sacrifice et provoquera les plus nobles émulations. »

 

7. Qu'est devenu le « Mythe GUYNEMER » ?

 

GUYNEMER qui fut célèbre jusque dans les années 60. Les cours d'histoire, à l'école primaire, même en BELGIQUE, qui étaient centrés sur les personnages illustres faisaient une place à GUYNEMER. Ce n'est plus à la mode aujourd'hui.

 

Pourtant, il est loin d'être tombé dans l'oubli. En France, dans de nombreuses villes, on trouve une « Rue Georges GUYNEMER ». Et nombre de Lycées ou de Collèges portent encore son nom.

Il fut l'objet de plusieurs émissions de timbres-poste, même hors de FRANCE !

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Prenons l'exemple de COMPIEGNE, ville où il a vécu. Là Georges Guynemer est partout. L’une des principales rues du centre-ville porte son nom, de même qu’un groupement scolaire privé. L'aéro-club local s’est placé sous son égide et un monument orne l’entrée de la rue Saint-Lazare, sur lequel trône une statue de l’aviateur, ainsi que sa devise : « Faire face. »

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De nos jours encore, l'armée de l’Air lui rend hommage. Chaque 11 septembre, une prise d’armes sur les bases aériennes évoque son souvenir. La base aérienne de Dijon porte d’ailleurs le nom de l’aviateur et l’École de l’Air de Salon-de-Provence a repris sa devise, « Faire face ».

 

Un monument érigé à son honneur domine le village de POELKAPELLE. Au sommet d’une colonne, se trouve une cigogne en bronze, les ailes baissées, volant dans la direction dans laquelle GUYNEMER se serait écrasé.

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Une couronne de lauriers orne la colonne et a été suspendue dans la direction du front allié. Le dernier ordre du jour de GUYNEMER a été gravé dans la pierre. Le sommet du monument est couronné d’une cigogne qui renvoie à ‘l’Escadrille des Cigognes’, l’unité dont Guynemer fit partie.

 

Le 8 juillet 1923, l’aviateur Willy Coppens d’Houthulst, en compagnie de Jan Olieslagers, d’Edmond Thieffry (qui introduisit quelques années plus tard la première ligne aérienne de Sabena vers le Congo), de Fernand Jacquet et d’André Demeulemeester, inaugurèrent le monument GUYNEMER à POELKAPELLE.

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Monument à DUNKERQUE

 

19:12 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

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