04/09/2017

" Pas dans le même camp; mais les mêmes soucis "

" Pas dans le même camp, mais les mêmes soucis"

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Pas dans le même camp, mais les mêmes soucis; pas dans le même camp, mais les mêmes souffrances. C'est un des thèmes abordés dans notre halte ( notre stand ) lors de l'opération WEEK-END WALLONIE BIENVENUE des 21 et 22 octobre 2017 à AWANS.

 

Nous n'abordons pas le cas des souffrances physiques, des souffrances dues aux maladies, aux blessures, aux pertes de camarades... qui étaient certes aussi identiques.

 

Nous abordons le cas des problèmes psychologiques liés à l'éloignement de leurs familles: les épouses abandonnées et livrées à elles-mêmes, des enfants que l'on ne voit pas grandir, des parents âgés que l'on ne reverra peut-être plus, des fiancées que l'on redoute de perdre ... !

 

Des élèves de l'école Saint-Genès à Bordeaux, titulaires du prix départemental décerné par l'Office des anciens combattants, ont créé cette chanson qui paraît bien refléter ces tourments, pas seulement les tourments des tranchées mais les tourments de l'éloignement.

 

" La Chanson du Soldat ".

 

Nos rêves volés
Et j’entends des pas s’approcher, 
Je vois des fusées voler, 
Je vois la vie exploser, 
Je vois ma vie défiler, 
J’entends des canons tonner, 
Je vois mes amis tomber, 
Je te revois en train de danser 
Et je m’imagine tous ces moments volés.

Refrain
Et malgré tout ça, je garde espoir, 
Je vis dans ton regard 
Et malgré tout ça, je vis dans le noir, 
Je garde espoir à n’en plus pouvoir.

2
Je m’ prépare, l’assaut est donné, 
Je marche sur des rêves brisés. 
Nos vies ne sont que poussières 
Mais mon Dieu sommes nous en enfer ! 
Je sens la terre trembler, 
L’odeur me fait suffoquer 
Je te revois dans ce champ de blé 
Et je m’imagine tous nos rêves effacés.

3
Enterré au fond de ma tranchée, 
Je sens la pluie me glacer, 
J’entends des cris m’appeler, 
Je veux pouvoir oublier, 
Je veux pouvoir espérer. 
Je veux te retrouver
Auprès de toi, en train de danser 
Et je vais revivre tous ces moments volés.

 

Dans les tranchées, le soldat côtoie en permanence la mort, ceux des premières lignes étant les plus exposés, surtout quand ils partent à l'assaut de la tranchée adverse. Dans l'enfer des combats, l'homme finit par perdre son humanité. Et pourtant, ce sont ces tourments nés de l'éloignement qui permettront de sauvegarder cette humanité.

Dans les tranchées et après, dans les période de repos, relatif, à l'arrière, les soldats font surtout des cauchemars. Mais aussi des rêves heureux. Ces songes heureux ne concernent pas la guerre mais les ramènent au passé de leurs jeunesses, de leur pays d’origine, ou de la vie civile. Des rêves qui leur permettent de revoir les proches. Face à l’ennui et à la dureté de la vie au front, le rêve est un moyen de se remémorer les absents et de dialoguer avec eux. 

Les soldats français et allemands avaient la possibilité de correspondre avec leurs familles. Mais les lettres étaient évidemment soumises à la censure. il n'était pas question de dévoiler, même accidentellement, des informations stratégiques.

Pour les soldats belges, c'était nettement différent. La correspondance avec leur famille se heurtait à de nombreux obstacles.

Le premier obstacle était le fait que la Belgique était complètement occupée, que la partie occupée se trouvait de l'autre côté des lignes allemandes. En 1914, beaucoup n’avaient pas l’habitude d’écrire.

La Belgique étant occupée, les lettres des soldats et les réponses de leur famille devaient circuler clandestinement, via l’Angleterre et les Pays-Bas. Le “Mot du Soldat” se chargeait de l'acheminement, périlleux des lettres vers leur destinataire.

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Lettre d'un soldat allemand

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Carte postale d'un soldat français.

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