28/08/2017

La mémoire se transmet, l'espoir se donne.

" La Mémoire se transmet, l'espoir se donne ".

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Pourquoi avoir choisi ce slogan. Ce n'est pas une invention de notre part mais une trouvaille sur internet. Ce slogan semble largement utilisé par nos équivalents français et est surtout utilisé pour qualifier les travaux collectifs d'écoles ou pour qualifier les manifestations patriotiques, les rassemblements autour des Monuments aux Morts.

 

Nous l'avons donc repris car il illustre bien ce qui doit être le travail des associations patriotiques et plus particulièrement la nôtre.

 

L'Armistice de la première guerre fut signé dans la clairière de RETHONDES dans un wagon de chemin de fer et concrétisée plus tard, en 1919, à VERSAILLES. Elle fit près de 10 millions de morts et plus de 31 millions de blessés.

La capitulation allemande lors de la seconde guerre mondiale se déroula en deux temps. Le texte connut deux version: la première fut signée à REIMS le 7 mai 1945 et la seconde à BERLIN le 8 mai. La capitulation du JAPON, le 2 septembre 1945 mit réellement fin à la seconde guerre. Ce fut le conflit le plus meurtrier de l'Histoire avec plus de 60 millions de morts soit 2,5 % de la population mondiale. Mais, globalement, les historiens évaluent de 50 millions de morts, pour le chiffre minimal, à 85 millions, pour le chiffre maximal. Ces chiffres ne prennent pas en considérations les morts de carences, privations, de suites de blessures, ou autres maladies consécutives au conflit, après mai 1945, en Europe, et septembre 1945, en Asie.

Nos petits malheurs quotidien doivent parfois faire référence à ces périodes tragiques pour nous faire relativiser. Transmettre pour l'avenir les valeurs de solidarité et de mémoire aux jeunes générations, telle est l'œuvre de notre association.

Transmettre, c'est une ardente obligation. Il est de notre responsabilité de garder la force de la mémoire dont nous sommes héritiers et qui est d'abord un projet d'humanité. Rappelons-nous les mots de Simone WEIL:  

La collectivité a ses racines dans le passé. Elle constitue l'unique organe de conservation pour les trésors spirituels amassés par les morts, l'unique organe de transmission par l'intermédiaire duquel les morts puissent parler aux vivants. Et l'unique chose terrestre qui ait un lien direct avec la destinée éternelle de l'homme, c'est le rayonnement de ceux qui ont su prendre une conscience complète de cette destinée, transmis de génération en génération."

Mais quelle mode de transmission voulons-nous ? Celle du passage du témoin des courses-relais. Les modes passent mais la mémoire et le souvenir restent. C'est important dans une société qui évolue vite, dans une société qui a accès à une source d'information inépuisable. Dans une société qui, depuis 50 ans, donne le primat au présent et valorise le nouveau pour le nouveau.

On parle souvent de perte de valeurs et de repères pour la nouvelle génération. A cette nouvelle génération de montrer qu'elle est certes tournée vers l'avenir mais qu'elle sait embarquer avec elle l'héritage du passé historique et culturel.

Citons ici les paroles de trois penseurs. ALAIN qui dit:

« Je crois que la mémoire n'est pas la condition du travail mais en est bien plutôt l'effet. ».

BALZAC pour qui

« L'espoir est une mémoire qui désire. »

Et COMTE-SPONVILLE qui écrit:

« La mémoire est la conscience présente du passé, que ce soit en puissance (comme faculté) ou en acte (comme mémoration ou remémoration). »

L'expression " Devoir de Mémoire " évoque un rituel à exécuter, une quasi-obligation de commémorer. Ce " devoir " peut paraître ringard mais il est indispensable. C'est lui qui nous permet d'interroger notre relation au passé pour comprendre le présent et inventer l'avenir. C'est pourquoi beaucoup lui préfèrent le terme de «travail de mémoire» qui confère une sorte de responsabilité et qui conjugue à la fois l’évocation de certains faits du passé avec l’indispensable éducation citoyenne

Parler ne suffit pas, que ce soit au niveau collectif ou individuel. Il faut continuer de s'interroger sur le sens d'un génocide. Il faut se demander par exemple ce qui fait qu'un peuple aussi civilisé que le peuple allemand ait, à un moment, pu faire sauter tous les verrous de l'humanité. Non pas pour stigmatiser le peuple allemand mais pour faire réfléchir: ce qui a pu faire sauter ces verrous dans un peuple aussi civilisé pourrait-il aussi se reproduire ailleurs ? Cela implique un effort d'introspection.

Dans ce contexte, il convient de rappeler que l’on n’est rien sans histoire, sans patrimoine culturel, et que la mémoire nous permet de ne pas répéter des erreurs historiques commises. 

 

Mais il y a pire que l'oubli: l'ignorance, le refus de voir et de savoir. Il est certes malsain de vivre dans le passé, mais il est indispensable d'apprendre à vivre avec lui. On peut dire que " le passé n'est pas toujours passé ". Le passé est toujours là et il est parfois têtu. L'histoire bégaie parfois. Aussi longtemps qu'aucun «travail» sur le passé n'est effectué, le présent peut toujours être empoisonné par des résurgences nuisibles. Laisser l’oubli s’installer, c’est trahir la volonté de ceux qui ont lutté et résisté. Ne rien transmettre, c'est abandonner et, pire, c'est transmettre cet abandon !

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