22/07/2017

AWANS: Discours de la FNC pour la Fête Nationale.

Discours prononcé au nom de la FNC

lors de la réception du 21 juillet.

475_002.jpg

Pour 
nombre
 d’entre 
nous, 
le 
21
 juillet, est un jour de manifestations, de festivités, de feux d'artifices. Mais, c'est aussi un jour de commémoration. C'est l'anniversaire de la prestation de serment de Léopold I°, symbolisant définitivement l'indépendance du pays. Mais ne doit-on pas chercher plus loin ? Cette date fut choisie en 1890 sous le règne de Léopold II, afin de lier cette fête à la personne même du Roi. Jusque là, c'était le 27 septembre en souvenir des "journées de septembre", nom donné à la révolution belge.

Léopold I.jpg

Contrairement à nos voisins Français, nous sommes peu sensibles aux commémorations. Il convient donc d'en souligner l'importance et la signification. Toute commémoration a pour but de faire revivre un événement essentiel de l’histoire du pays. Elle vise à solidifier, voire construire ou même reconstruire une identité nationale collective. Chacune délivre un message, invoquant des valeurs communes telles que la morale du devoir, la glorification de la liberté ou l'importance des acquis démocratiques.  Elle a parfois des airs de fête, comme aujourd'hui. D’autres, comme le 8 mai et le 11 novembre, rappellent des moments plus sombres. Il s'agit alors de rendre hommage aux combattants, aux victimes et aux morts.

 

Ainsi faudrait-il célébrer la mémoire des révolutionnaires de 1830 ! Cette révolution eut aussi ses victimes: 1200 blessés et 467 morts. Les révolutionnaires étaient pour la plupart des ouvriers journaliers ou du bâtiment. La moitié environ résidait à BRUXELLES. Beaucoup étaient des provinciaux arrivés depuis peu. Ils étaient touchés par la crise économique. Sans la résistance héroïque de ces combattants obscurs, le cours de l'histoire de la Belgique eut été très différent. Ce comportement préfigure celui de la population belge au cours des deux guerres du 20° siècle. La FNC y est particulièrement sensible. La FNC veut promouvoir un attachement très fort à des valeurs considérées comme universelles: la liberté, l'égalité, le pluralisme idéologique, le respect des règles démocratiques, la séparation des pouvoirs, la séparation de l'Etat et des Eglises,.... Valeurs qui ne sont pas tombées du ciel mais qui ont été forgées au cours des siècles. Rappelons la Paix de Fexhe, signée le 18 juin 1316 qui était la reconnaissance formelle et légale du partage du gouvernement entre le Souverain et le pays et aussi, au 18° siècle, l'épisode des "Etats-Belgique Unis".

 

Parler seulement des "journées de septembre", c'est un peu tronquer le récit historique. Dès 1829, l'hostilité populaire s'était jointe à l'opposition de la bourgeoisie contre la politique autocratique de Guillaume I°. Les troubles débutèrent fin juillet 1830. Aussi rapidement que les moyens de l'époque le permirent, les provinces réagirent. Le 26 août, à Liège, à l'arrivée de la diligence de Bruxelles, les dernières nouvelles se répandirent. Aussitôt, les Liégeois s'organisèrent pour prêter main forte. Le 4 septembre, les volontaires quittèrent Liège pour Bruxelles. Arrivés à Bruxelles le 7 septembre, ils s'emparèrent des armes entreposées dans l'Hôtel de Ville. Les volontaires affluèrent de tout le pays. Des troubles éclatèrent un peu partout.

 

Considérer la Belgique comme une création artificielle c'est donc nier la réalité historique. Souvent, on lit des déclarations présentant la Belgique comme une « création artificielle » complotée de l'étranger. Ces vues sont présentées au grand public pour justifier, après coup, des positions politiques séparatistes actuelles.

 

En réaction à l'attitude autocratique de Guillaume I°, les Constituants de 1830 instaurèrent un régime de démocratie représentative permettant l'expression de toutes les sensibilités. Pour l'époque, cette Constitution était iconoclaste: les pouvoirs du roi avaient été définis avant son intronisation; le gouvernement émanait du Parlement et était responsable devant lui seul; l'autonomie des pouvoirs locaux garantissait l'existence de contrepoids au pouvoir central; la liberté individuelle était consacrée dans les premiers articles. Bien sûr elle comportait des défauts, tels le suffrage censitaire, un service militaire injuste...Mais ce rappel permet de mesurer le chemin parcouru. Nos anciens se sont battus pour le droit de vote et, plus récemment, pour celui des femmes et aussi pour un principe qui peut paraître contradictoire: tous ceux qui ont le droit de vote ont le devoir de l'exercer. S'abstenir, c'est refuser de prendre ses responsabilités.

 

La démocratie est quelque chose de fragile. Nous avons déjà eu à la défendre notamment dans les années 30 et lors des occupations. Surtout lors de la seconde guerre quand le pays fut la proie d'un occupant autoritaire et prédateur ayant reçu la collaboration des rexistes en Wallonie et de la VNV en Flandre.

 

L'idée de démocratie représentative est mise à mal par le populisme. Le populisme n'est pas un style de discours ni non plus un mot de mépris échangé entre adversaires. C'est une doctrine. Il est divers mais il se caractérise par quelques propositions communes: l'existence d'un peuple uniforme, dépourvu d'intérêts contradictoires, opposé naturellement aux castes dirigeantes; cette opposition étant la seule forme de fracture sociale; l'existence d'une "majorité silencieuse" ignorée; souvent le nationalisme ou la volonté de tourner le dos à l'étranger; une communication directe avec un leader dit représentatif, souvent via les réseaux sociaux.

Ces thèses séduisent de plus en plus. Nous l'avons vu en France, en Autriche, aux Pays-Bas. Les évolutions autoritaires en Hongrie et en Pologne confirment ce diagnostic. Sans parler de la victoire de TRUMP aux USA. Certes, avec les populistes, la démocratie subsisterait. Mais il s'agit d'une démocratie dévoyée, d'une démocratie unanimiste. Proche à certains égards des totalitarismes du 20° siècle.

 

 

Les commentaires sont fermés.