13/07/2017

CHARLIER JAMBE DE BOIS.

CHARLIER à la Jambe de Bois.

charlier5.jpg

Jean-Joseph CHARLIER dit  " CHARLIER Jambe de Bois ", est né le 4 avril 1794 à LIEGE dans le quartier de Sainte Walburge où il meurt le 30 mars 1866. Il est surtout connu pour son action décisive lors des combats de septembre 1830 autour du Parc de BRUXELLES pendant la révolution belge. Né durant la seconde restauration de l'ancien régime, il est donc né en Principauté de liège. Avant son enrôlement dans la Grande Armée, il exerçait le métier de tisserand.

 

Incorporé au 4e bataillon de la 1re compagnie du 69° régiment de lignel en1813, il participe entre 1813 et 1814 à la campagne d'Allemagne. Après l'évacuation, par l'armée française, de la forteresse de MAYENCE le 4 mai 1814, les sources historiques deviennent parfois contradictoires: le registre de l'état civil et militaire de l'armée du Ministère de la Guerre indique dans la colonne des états de services « Déserté le 5 mai 1814, blessure : néant ». D'après l'historien Yves MOERMAN, il perdit la jambe droite à WATERLOO.

 

L’hypothèse la plus vraisemblable est son départ de l’armée impériale un mois après la première abdication de Napoléon, son retour à Liège, sans blessure, avant de rejoindre ses compagnons d’armes durant la Campagne des 100 Jours. Ce serait à WATERLOO qu'il aurait été blessé. Mal soignée, la jambe s’infecta et on dut l’amputer pour stopper la gangrène. À partir de 1818, il reçut d’ailleurs une petite pension de l’État en raison de son handicap. Cette modique pension lui permettait à peine de nourrir sa femme et ses trois enfants

 

Il répondit directement à l'appel à l’insurrection lancé par Charles ROGIER. Il se joint à la troupe des Liégeoisqui part, le 4 septembre prêter main-forte aux insurgés bruxellois. Auparavant, il fut, dit-on, à l'origine de l'enlèvement de deux canons abandonnés par l'armée néerlandaise à la caserne des Écoliers en Outremeuse que les Liégeois emmenèrent dans leur marche sur la capitale.

 

Ces canons ( "Marie-Louise" et "Willem" ) avaient été abandonnés à la Caserne des Ecoliers par les Hollandais qui estimaient cette caserne trop difficile à défendre du fait de son emplacement au coeur des quartiers d'Outremeuse et de Saint-Pholien. Ayant été encloués au moyen de chevilles en bois, ils furent rapidement remis en ordre de tir. (encloué: on enfonçait un clou dans la lumière, l'orifice de mise à feu). CHARLIER s'était adjugé "Willem". La caserne des Ecoliers fut appelée plus tard "caserne FONCK".

 

La colonne des Liégeois parvint à BRUXELLES le 7 septembre. Le 12 septembre, CHARLIER et treize de ses camarades sont incorporés dans l'artillerie des révolutionnaires.

 

C'est là qu'il acquit sa popularité. Il prit position à la barricade installée entre la Place de Lorraine et le parc. Bien que n'étant pas artilleur, son rôle dans la future victoire fut prépondérant. Pointant avec adresse, bien qu'il n'eût jamais été artilleur, un canon défendant la Place Royale, il déplaça plusieurs fois sa pièce, balayant la Place et le Parc où les Hollandais étaient venus s'enfermer, et les forçant à évacuer les maisons de la rue Royale et le Palais du Roi. Les combats durent du 23 à la nuit du 26 septembre pendant laquelle l'armée néerlandaise, profitant de l'obscurité évacue le parc et la ville laissant derrière elle 520 morts, 830 blessés et 450 prisonniers. Les 467 morts belges sont inhumés le 29 septembre, à BRUXELLES, sur la Place Saint-Michel appelée maintenant Place des Martyrs.

 

Rentré à Liège, il est nommé, en décembre 1830, par décret du Gouvernement provisoire Capitaine d'artillerie en retraite. Son action décisive lors des journées de septembre inspira un chansonnier resté inconnu:

 

Il partit ce matin de Liège
à cheval sur un canon.
Partout la foule qui l'assiège
lui dit : bonhomme où vas-tu donc ?
Je vais chasser à la canaille
et vaincre ou mourir pour nos droits.
Tant qu'il y aura de la mitraille
on verra la jambe de bois.

 

Le pilon et le titre de vétéran de l'Empire du Liégeois en firent rapidement une figure très populaire.

Les liégeois qui s'enorgueillissent maintenant de compter CHARLIER parmi les artisans de l'indépendance, furent parfois ingrats. Il termina sa vie à Liège en 1866, presque oublié de ses contemporains. Il eut cependant des funérailles grandioses et une souscription fut ouverte en faveur de sa veuve. En 1878, lors de la reconstruction de l'église Sainte-Walburge, on déménagea le cimetière qui l’entourait vers l'emplacement actuel. Cependant, la tombe de la famille CHARLIER ne fut pas transférée. La famille eut beau protester et réclamer une nouvelle sépulture pour le valeureux canonnier. La ville répondit: « Le capitaine CHARLIER n’a pas besoin de tombeau, car son nom restera gravé à jamais dans l’histoire ».

 

Le décret du Gouvernement provisoire signé ROGIER, GENDEBIEN et JOLLY nommant CHARLIER au grade de capitaine d'artillerie en retraite est conservé au  Musée Royal de l'Armée et de l'Histoire Militaire. Sa jambe de bois et ses décorations sont conservés au Musée de la Vie Wallonne à LIEGE. Ses décorations sont au nombre de trois: Chevalier de l'Ordre de Léopold, Croix de Fer et la Médaille de Sainte Hélène.

carte postale-affiche.jpeg

charlier_jambe-bois-lg.jpg

Les commentaires sont fermés.