19/11/2016

FNC "AWANS-BIERSET": Discours prononcé le 11 novembre 2016 ( Commémoration de l'Armistice.

Discours de la FNC "AWANS-BIERSET"pour l'Armistice 2016.

 

"Plus jamais ça !"  Ce slogan a une histoire...et il est toujours d'actualité ! Après 1918, il exprimait le sentiment profond des gens du peuple, des "Anciens Combattants " qui avaient subi durant quatre ans la vie des tranchées. Ils ne visaient que le bonheur de leur famille, de leurs enfants et, par delà, de toutes les familles, de tous les enfants. Ils étaient les porte-paroles des millions de morts et des millions de blessés, des veuves, des orphelins.

 

" Plus jamais ça !" Après la 2ème Guerre mondiale et ses 60 millions de morts, on proclamait bien haut cette exigence. Au fur et à mesure des découvertes et des révélations, il exprima le refus de l'enfer qui accompagna la guerre: les camps, Auschwitz, les ghettos, les massacres industriels, les massacres de civils, les génocides. On découvrait que derrière la guerre, il y avait pire que la guerre.

 

" Plus jamais ça ! " Cela ne peut rester un souhait utopique, proche de la naïveté. Sont toujours présents dans nos sociétés: la violence, le repli identitaire, le culte du nationalisme ethnique, le fanatisme, le mépris de ceux qui sont différents. Certaines personnalités, même des universitaires, certains groupes nient publiquement la Shoah. D’autres évoquent un simple “détail” de l'histoire. Paroles honteuses qui ne les empêchent pas de recueillir des succès électoraux.

 

Depuis 1945, si on a toujours pu éviter un nouveau conflit mondial, c'est au prix de conflits localisés tout aussi funestes. On recense plus de 100 guerres de par le monde et on évalue à au moins 25 millions le nombre de morts ! Certains peuples s'arrogent le droit d’en décimer d’autres. Des dirigeants s'arrogent le droit de décimer leur propre peuple. Des groupes fanatisés s'arrogent le droit d'imposer leur mode de vie: Cambodgiens, Kurdes, Bosniaques, Rwanda, Darfour, Soudan, Syrie...Un triste point commun unit ces populations: être les victimes d'un génocide. Aucune promesse faite après la découverte d'un charnier n'a pu empêcher la mort de millions d'innocents, ailleurs, quelques années plus tard.

 

Nier le passé des peuples c’est nier la vérité. Aucune communauté ne peut avancer vers l'avenir si elle ne connaît pas son histoire. Ses aspects désagréables doivent être dévoilés. Notre génération a pu côtoyer les "Anciens combattants" , les "Anciens prisonniers", les "Résistants". Ils nous ont transmis, sans que nous nous en rendions compte, un héritage de mémoire.

 

Quand on parle des aspects désagréables du passé, on doit admettre les erreurs de l'Europe démocratique. Elle a parfois été indifférente au sort des réfugiés juifs de l'Allemagne nazie; les accords de Munich ont été adoptés avec l'espoir que, Hitler ayant la possibilité de déplacer ses frontières vers l'est, on éviterait la calamité d'une nouvelle guerre; la Tchécoslovaquie a été sacrifiée; la république espagnole a été abandonnée à Franco...Rien n'a empêché la guerre. Et, durant celle-ci, on doit aussi évoquer la facilité avec laquelle on a procédé au recensement des juifs.

 

" Plus jamais ça ! " conserve toute sa valeur. Tout ce qu'on vient de citer doit servir de leçon. Il faut mettre un terme à la lâcheté, à la barbarie ! Il ne faut plus que cela ne recommence ! Il ne faut jamais oublier ! Puisque les jeunes ne peuvent plus côtoyer les anciens témoins directs, il faut investir dans le travail de mémoire. Rendre publiquement hommage aux victimes est un pas dans cette direction. Nous avons encore en mémoire ce que les témoins directs nous ont raconté, à nous de le transmettre. Les commémorations sont des moments privilégiés car elles permettent que se manifestent la perception du passé et la façon dont on fait usage de cette perception. Les discours d'autosatisfaction n'ont plus leur place. Exalter la paix retrouvée c'est faire preuve d'aveuglement, c'est refuser de voir les malheurs actuels.

 

"Plus jamais çà !" signifie qu'il faut ancrer la morale dans le comportement public. Les attentats et la vague d'immigration de l'an dernier font le jeu de l'extrême droite. Nombre de citoyens, et même des élus démocrates, reprennent à leur compte certaines de ces idées, jugées naguère inacceptables. Espérons que cela ne signifie pas une adhésion croissante aux idées brunes. Chaque fois que nous entendons un tel message, il ne faut pas craindre de manifester publiquement notre réprobation !

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17:44 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | Digg! Digg

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