29/04/2016

8 Mai: la portée idéologique de la commémoration.

 

Pourquoi faut-il commémorer le 8 mai 1945 ?

et surtout:

Quelle portée lui donner ?

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Ce 8 mai, on commémorera le 71e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie, la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe et la libération définitive des camps.

 

Analysons le sens de cette commémoration à laquelle il faut redonner sa valeur idéologique. Ce n’est pas une manifestation de nostalgie, elle est là pour nous rappeler d’où nous venons, pour nous convaincre de protéger la démocratie. Le devoir de mémoire ne peut pas être une simple formule qu'il est de bon ton de répéter. Il faut plus que jamais être vigilant pou s'opposer à la tentation de réécrire l’Histoire.

 

Signée en deux temps, la capitulation de l’armée allemande a mis fin à un conflit qui fit entre 55 et 62 millions de morts.

 

La capitulation de l’Allemagne Nazie est très différente de l'Armistice de 1918 et de la fin d’une "simple" guerre basée sur la conquête de territoires, comme l’était la première guerre mondiale.

 

Dans le cas de 1945, la victoire n'est pas une simple victoire sur une armée, pour récupérer ou protéger des territoires. C'est la victoire contre une tentation de domination idéologique, totalitariste, basée sur des principes antidémocratiques et de discrimination raciale, dirigée contre tous les acquis sociaux.

 

Le 8 mai 1945, la défaite de l'armée allemande se confondait dans les esprit avec la défaite du nazisme et du fascisme. aucune distinction n'était faite entre les deux.

 

Aujourd’hui, au vu de ce qui se passe: les menaces des terroristes, le regain du fanatisme, le regain des tendances racistes, le triomphe des partis d'extrême-droite, rappeler cette victoire et rappeler qu'il faut combattre ces idéologies devient très important.

 

En ce qui concerne la commémoration du 8 mai, on observe, depuis des années, une tendance tout d'abord à vouloir effacer le caractère anti fasciste et antinazi de la victoire de 1945. Au nom de la nécessaire amitié intra-européenne, ce sont des mauvais souvenirs qui risqueraient de stigmatiser des populations. Mais, la commémoration même du 8 mai, certains voudraient la gommer et la remplacer par "une Journée de l'Europe", le 9 mai, par exemple.

 

Qu'on ne se méprenne pas ! Il s’agit bien de commémorer la capitulation de l’Allemagne nazie et non de l’Allemagne dans la globalité de son histoire et de sa culture. La commémoration porte donc sur le refus du nazisme et la compréhension des mécanismes qui l’ont porté au pouvoir.

 

Sous le prétexte de mettre en valeur la réconciliation au nom de la civilisation européenne, on irait quasiment jusqu'au déni historique au nom de la construction de la communauté économique européenne et d’une tentation fédéraliste.

 

Il est plus que jamais nécessaire de rappeler que la guerre de 40-45 n’a pas été comme celle de 14-18, motivée par des raisons territoriales, diplomatiques ou militaristes.

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Le fascisme et le nazisme en particulier correspondait, bien sûr, à l’antisémitisme. Et il ne s'agissait pas d'un antisémitisme ordinaire, mais d'un antisémitisme radical puisqu'il visait la destruction de la "race" juive ( 6 millions de morts ). A l'antisémitisme, se joignait en fait la volonté de détruire tout ce qui était supposé "salir" la prétendue "race aryenne": les tziganes ( 700000 morts ), les homosexuels, les handicapés, les "fous", les dissidents politiques. Selon la logique nazie, il fallait d'ailleurs être "fou" pour être un dissident.

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Partout où des régimes nazis ou fasciste ont sévit, cela s’est traduit par des dictatures antisociales. Cela s'est traduit par la mise à mal du modèle social: mise au pas des syndicats, instauration d'un modèle corporatiste, instauration d'un état fort, mise au pas de la presse. Chez nous, en Belgique, on l’oublie trop souvent ! Il faut se rappeler de l'UTMI, de l'AGRA, de la mainmise sur la presse: confiscation de LA MEUSE et son remplacement par LEGIA, interdiction de LA WALLONIE, détournement du journal LE SOIR, remplacement de nombreux bourgmestres par des bourgmestres rexistes qui, pour la plupart n'étaient même pas des élus d'avant guerre. A titre d'exemple, lors des élections communales de 1938, les rexistes se présentaient dans 15 communes du grand Charleroi: ils n'eurent qu'un seul élu, à Charleroi-ville. Ce qui ne les empêcha pas d'avoir successivement trois bourgmestres durant la guerre.

 

En quoi ces rappels peuvent-ils être utiles pour aujourd’hui ?

Parce que tous les mouvements d’extrême droite, tous antieuropéens, sont fondamentalement anti démocratiques. Parce qu'ils sont susceptibles non seulement d'entrer dans les Parlements, mais aussi de participer à des gouvernements de pays membres de l'Union européenne.

 

 

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