13/02/2016

"Y a bon banania": ce qui se cache derrière ce slogan.

CE QUI SE CACHE DERRIERE CE SLOGAN, AUJOURD'HUI PROSCRIT !

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La marque " Banania " a été déposée en 1914 à l’initiative de Pierre-François LARDET qui aurait découvert, en 1912, dans un village au cœur de la forêt du Nicaragua, une boisson préparée par les femmes indiennes à base de farine de banane, de cacao, d qui e céréales et de sucre.

 

La marque " Banania " fut lancée le 31 août 1914. Le tirailleur sénégalais comme emblème a été adopté fin 1915, dans le contexte de la guerre de 14-18. L'expression « Y a bon » fut adjointe en 1917. Lardet profita du contexte de la guerre pour populariser son produit. Il ne fut d'ailleurs pas le seul à le faire dans le cadre de l'élan de solidarité nationale et à en tirer profit. On peut citer le camembert et la marque Riqlès.

 

 

" Y a bon " était le surnom attribué aux tirailleurs sénégalais lors de la campagne du Maroc en 1908, et que la presse française avait depuis popularisé. Le terme « tirailleur » désignait un « combattant doté d’une certaine liberté de manoeuvre et qui tire en dehors du rang ». Il s’appliquait aussi bien aux soldats servant comme fantassins, cavaliers ou artilleurs qu’aux auxiliaires, conducteurs et infirmiers. Au début, on les qualifiait en raison de leur région d’origine… L’appellation « tirailleurs coloniaux » fut utilisée un temps avant que l’expression « tirailleurs sénégalais » s’impose à tous, le Sénégal étant le premier pays à avoir fourni des soldats.

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Pas loin de de 500000 tirailleurs (210000 pour l’Afrique subsaharienne et 272 000 pour le Maghreb) vinrent se battre pour sauver le territoire métropolitain. De nombreux Africains sont morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. On a évoqué le chiffre de 72000 combattants de l’ex-Empire français morts entre 1914 et 1918, « fantassins marocains, tirailleurs sénégalais tunisiens, algériens, soldats de Madagascar, d’Océanie, d’Indochine (Cochinchine, tirailleurs anamites).. Marsouins d’infanterie de marine ». Ce sont, en tout cas, les paroles de Jacques CHIRAC.

 

Au départ, il y eut, semble-t-il, un désir de participer à cette guerre. Pour une partie de la population, participer à la guerre était une manière d’accéder à une égalité avec les Blancs et les métis.

 

C'est sans doute vrai, mais il y eut aussi des révoltes. La première, d'une certaine importance, eut lieu chez les Bambaras du Mali, près de Bamako. Elle a duré environ 6 mois, du printemps 1915 à novembre 1915, annonçant d’autres révoltes plus tenaces. Certaines furent très durement réprimées en juin 1916 par la France qui a fait tirer son artillerie sur une dizaine de villages fortifiés, tuant plusieurs milliers de civils, dont femmes et enfants qui ont refusé de se rendre.

 

Depuis les années 1970, le slogan " Y a bon " a été critiqué de plus en plus comme porteur des stéréotypes racistes. On ne voulait y voir que la caricature du  " Noir ": éternel sourire niais, hilare, gros nez rouge, affublé d’une chéchia rouge, d'une veste, d'un gilet en drap bleu et d'un pantalon en cotonnade blanc, demeuré grand enfant et incapable de s'exprimer correctement en français.

 

Dans l'imaginaire occidental de l'époque, l'homme Noir est un sauvage que l'occidental, l'européen, a "élevé" au rang de colonisé.

 

Déjà en 1948, Léopold Sedar Senghor écrivait: « Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux. Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement. Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur. Mais je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France. »

 

 

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