02/02/2016

20° siècle: siècle des génocides et des massacres de masse.

Les meurtres de masse: un fléau moderne.

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La notion de "génocide" a été défini après la Seconde Guerre mondiale, concernant les Juifs d'Europe (1940-1945). Les génocides sont la forme extrême du "crime contre l'humanité", un concept également issu de la Seconde Guerre mondiale. 

 

On peut retenir comme définition du "génocide", celle donnée par les historiens Frank Chalk et Kurt Jonasshon: « Le génocide est une forme de massacre de masse unilatéral par lequel un État ou une autre autorité a l'intention de détruire un groupe, ce groupe et ses membres étant définis par le perpétrateur ».

 

 

On estime que les génocides ont entraîné plus de 100 millions de victimes depuis la fin du 19e siècle, représentant la première cause de décès au 20e siècle.

 

Rétrospectivement, on a réétudié l'histoire et on a appliqué cette notion à des massacres antérieurs. On a ainsi pu parler du génocide des Arméniens (1915).

 

Il s'est appliqué, plus récemment au massacre des Cambodgiens (1975) et , plus récemment encore, au massacre des et des Tutsis (1994).

 

Qu'est-ce qui distinguent les génocidaires des autres fauteurs de guerre: ils se considèrent investis d'une mission de purification de la société au nom de leurs principes: la religion, l'origine ethnique, l'éradication de populations inassimilables politiquement...Il y a donc des génocidaires racistes et des génocidaires politiques ou religieux ou économiques. Ce sont, pour résumer, des génocidaires "idéologiques".

 

Les génocidaires racistes justifient l'extermination par la prétention qu'il existe une différence entre leur propre population considérée comme supérieure ou pure ou élue par

opposition aux autres considérées comme « inférieures » et/ou « indésirables » et/ou "susceptibles de rendre impure leur population par métissage". Bien entendu, on appartient « par naissance » soit à la population "supérieure" soit à l'autre, aucune passerelle n'est possible.

 

Les génocidaires "idéologiques" ne s'en prennent pas à leurs victimes comme membres d'un groupe ethnique, mais en raison de leurs positions sociales antérieures ou parce qu'ils sont considérés comme des adversaires inaptes à toute adaptation: le massacre des Cambodgiens en est l'exemple typique.

 

D'autres attaques sont parfois rangées dans cette catégorie: la famine de masse des Ukrainiens (1932), les guerres intestines de l'ex-Yougoslavie parfois aussi.

 

Curieusement, il a fallu longtemps pour considérer que le massacre des Tziganes au cous de la seconde guerre mondiale relevait aussi du génocide.

 

Il faut prendre garde aux mots utilisés. Le mot "génocide", comme le mot "fasciste" ou comme le mot " criminel de guerre" ne doivent pas être galvaudés. On doit éviter de les utiliser à la légère. Au risque d'aboutir à une dérive: une définition extensive, élargie de la notion. On arriverait à qualifier de génocide ou de crime contre l'humanité tous les méfaits, toutes les opérations guerrières d'une certaine ampleur. On assisterait alors à une banalisation de ces concepts. Cela leur enlèverait tout sens avec comme conséquence que les négationnistes auraient beau jeu de prétendre que les véritables génocides n'en étaient pas ( pour rappel, les propos maintes fois répétés de Jean-Marie LEPEN ).

 

La dérive inverse serait une interprétation ultra-restrictive de la notion de "génocide": l'extermination des Juifs ( la Shoah ) serait le seul véritable génocide. En ont pâti les Tziganes qui ont eu du mal à ce que leur traitement soit reconnu comme "génocidaire".

 

C'est en s'appuyant sur cette dérive que certains, même non Turcs, refusent

de ranger le massacre des Arméniens parmi les génocides.

 

C'est aussi en partant de cette dérive que les crimes staliniens contre certaines populations ( les Ukrainiens, les Tatars...) ont du mal à être versés dans le nombre des "génocides".

 

L'article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide adoptée par l'assemblée générale de l'ONU en décembre 1948, stipule:

« Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe ;

b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;

c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;

d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;

e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.  »

 

Le Grand Atlas de l'Histoire du Monde, ( édition 1999) parlant des grands massacres pas tous reconnus comme génocides, nous rapporte que:

1915-1917: Massacre systématique de la population arménienne par les Turcs, 1 500 000 victimes

1941-1945: Mise en oeuvre de la "solution finale" processus d'élimination des juifs d'europe par les nazis (Holocauste ou shoah) 5000000 à 6000000 de victimes

1941-1945: Extermination des populations tsiganes d'Europe dans les camps nazis, 800000 victimes

1967-1970 Hécatombe au sein de la minorité Ibo du Biafra, en guerre contre L'armée fédérale du Nigéria, 1000000 de victimes

1975-1979: Elimination massive de civils cambodgiens sous le régime des Khmers rouges 2000000 de victimes

1985-1999: Destruction de villages kurdes par les forces irakiennes 400000 1992-1999: En ex-Yougoslavie, persécution des Bosniaques puis des Kosovars par les Serbes, dans le cadre de la "purification ethnique" 200000 à 250000 victimes 1994: Massacres des représentants du groupe ethnique tutsi par les Hutu au Rwanda 500000 à 800000 victimes. 

 

Un autre génocide méconnu, celui des Hereros par les Allemands. Il est pourtant le premier génocide du 20ème siècle. En outre, par ses méthodes (camps de concentration) et par ses motivations (racistes), il préfigurait le génocide des Juifs lors de la Seconde guerre mondiale.

 

 

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