27/12/2015

Texte de Arnold ZWEIG tiré du "Cas du Sergent GRISCHA"

La démarche d'Arnold ZWEIG,

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Dans Le Cas du Sergent Grischa, où la mort arrive par sentence de l'état-major, le narrateur ne se contente pas de faire part des souvenirs et des images qui assaillent GRISCHA au moment de la décharge. Sa visée est philosophique, d'où un premier commentaire sur le réveil d'un "instinct vital" qui donnerait à GRISCHA "la certitude d'avoir arraché des parties de son être à l'anéantissement". 

Le temps compté des choses, des horloges, pendant lequel cinq projectiles [...] traversent l'atmosphère, pénètrent dans un corps, comme dans un sac rempli d'eau, et écrasant, déchirant et rejetant la sève vivante, la substance qui travaille et qui respire dans ce corps, se fraie un chemin jusqu'au centre vital, comme une taupe qui fouille la terre. Puis le temps, rapide comme l'éclair, des idées, du déroulement d'images, des rêves de toutes les nuits, qui, dans l'infime durée nécessaire pour viser et appuyer sur la gachette, permet l'illusion, semblable à la vie, d'un flot de visions qui se précipitent à une vitesse folle. Et enfin le temps physiquement délimité dans lequel les muscles et les nerfs répondent aux appels et aux ordres de l'âme. Dans les fractions de seconde que dura la pénétration des cinq balles dans l'étoffe malpropre de la chemise, entraînant des déchets dans le corps tiède et douloureux, jusqu'à la déchirure mortelle des veines pleines de sang, du coeur palpitant convulsivement, des riches tissus pulmonaires, il souffrit si abominablement, d'une façon dépassant si cruellement toute conception humaine, à la fois déchiré, étouffé, étranglé et écrasé, que la brûlure de l'anéantissement aurait dû effacer tout sourire de libération. Mais tandis que son corps se pliait et tombait en arrière, et que des flots de sang en traçaient en rouge la silhouette sur la neige, il ne put plus obéir à la douleur, il ne se laissa plus altérer par elle. "

 

Tiré du "Cas du Sergent GRISCHA.

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"Le cas du sergent Grischa", ce roman débute avec la prémisse intéressante selon laquelle quand un gouvernement fait du tort à un individu, il est alors voué à l'échec. 

"Le cas du sergent Grischa" (1927) est un roman de guerre et sur la guerre par . Son titre original allemand est "Der Streit um den Sergeanten Grischa".

Il fait partie de l'oeuvre de plusieurs volumes "Der Krieg der große la Weissen Männer (La grande guerre des hommes blancs)".

Sorti à la fin des années 1920, période fertile pour ce genre de romans. Au cours de laquelle de nombreux écrivains anciens combattants de la Première Guerre Mondiale ont rédigé leurs souvenirs et et décrit leurs expériences.  C'est donc l'équivalent allemand de BARBUSSE, DUHALMEL, GENEVOIX, DORGELES, VIVIER et autres...L

La première édition en anglais a été publiée en 1928. 

Le livre est une satire centrée sur la façon dont des hommes innocents sont sacrifiés pour la guerre.

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Le premier film tiré de ce roman est sorti en 1930 aux Etats-Unis.

Une seconde version est sortie en RDA en 1968. En RDA, la télévision  a diffusé une mini-série basée sur ce roman en 1970.

De quoi s'agit-il ?

Le soldat russe GRISCHA s'évade d'un camp allemand de prisonniers. Il tente de rentrer chez lui. 

Après son évasion, il est impliqué avec un groupe de bandits, dont une jeune femme, BABKA, qui s'habille comme un homme et a été prématurément vieillie par ses expériences traumatisantes.

GRISCHA et BABKA deviennent amants. Quand il s'en va, elle lui donne l'étiquette d'un ancien amant, BJUSCHEFF, de telle sorte que, au cas où il serait attrapé, on le prendrait pour un déserteur. Il éviterait ainsi, pensent-ils, d'être renvoyé dans le camp de prisonniers. Elle le suit à une distance au cas où il jamais besoin de son aide.

GRISCHA est finalement capturé. Individu inculte et peu au courant des subtilités juridiques, il ne comprend pas que le fait de se faire appeler BJUSCHEFF aggrave son cas.

Ayant été incapable de lire les avis disant que tous les déserteurs devaient se rendre à l'armée allemande d'occupation dans les trois jours sinon qu'ils risquaient l'exécution comme espions.

C'est seulement quand il est condamné à mort qu'il réalise ce qui lui est arrivé. Alors seulement,il révèle sa véritable identité. 

Les autorités locales allemandes envoient une question à ses anciens gardiens de prison. Ayant confirmé sa véritable identité, ils s'adressent à SCHIEFFENZAHN l'administrateur en chef sur le front de l'Est.

Ce dernier ordonne que l'erreur d'origine doit être ignorée, par respect de la discipline.

Grischa est donc condamné à être fusillé.

Il suit une lutte de pouvoir entre les autorités militaires locales et les administrateurs. Le vieux général voit comme un point d'honneur à ne pas céder à l'ordre de SCHIEFFENZAHN.

Bien qu'il ne parvienne pas à le convaincre, ce dernier se ravise par après et annule l'ordre d'exécution.

Cependant, une importante chute de neige  a endommagé les câbles du télégraphe. Ainsi, le télégramme de sursis n'est jamais envoyé.

Dans l'intervalle, BABKA élabore le plan d'empoisonner les gardiens de prison.

Pendant ce temps le lieutenant WINFRIED, neveu du général, tente de trouver des moyens alternatifs pour permettre de sortir GRISCHA de prison.

Les deux plans échouent parce GRISCHA lui-même est fatigué de la lutte et refuse de quitter, préférant faire face à l'exécution plutôt que de continuer comme un pion dans le jeu trop grand pour lui.

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