10/11/2015

11 novembre: commémoration, évolution et comparaisons.

                                                            11 NOVEMBRE:

                              Comparaisons et évolutions

 

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L’armistice de 1918, signé le 11 novembre, marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite totale de l'ALLEMAGNE. Il ne s'agit pourtant pas d'une capitulation au sens propre. Le cessez-le-feu est effectif à onze heures, entraînant dans l'ensemble du côté des Alliés des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d'une guerre qui a fait près de 10 millions de morts et des millions d'invalides ou de mutilés.

 

De part et d'autre de la frontière allemande entre, d'une part, l'ALLEMAGNE et la BELGIQUE, et, d'autre part, entre l'ALLEMAGNE et la FRANCE on peut remarquer une différence complète entre les conceptions forgées par les deux nations sur un même épisode historique: la fin de la guerre de 14-18 et l'Armistice..

 

Du côté français et belge, s'est constitué un « Devoir de Mémoire ». On souhaite laisser aux jeunes générations un souvenir du passé. Le meilleur souvenir, il existe dans chaque village, parfois en plusieurs exemplaires, le monument aux morts.

 

Il en existe souvent plusieurs. Au lendemain de la guerre, très vite est apparue la nécessité de rendre hommage aux victimes. Mais les communautés étaient quasi ruinées, on s'est donc souvent contenté d'une simple plaque commémorative apposée à la façade des maisons communales.

 

Par après, dans les années 20, au fur et à mesure que la prospérité revenait, sont apparus des monuments d'une autre espèce, bien souvent de véritable oeuvres d'art.

 

On a vu, aussi, en plus, dans bien des cimetières, la création de « Pelouses d'Honneur » ou de « Carrés d'Honneur ». Egalement, dans des entreprises, des stèles ou des monuments commémorant les membres du personnel.

 

Dans toute la mesure du possible, les sections locales de la FNC, en BELGIQUE, continuent à organiser des commémorations spécifiques destinées aux écoliers. C'est en tout cas vivement recommandé.

 

Le 11 novembre continue à être célébré avec tout l'apparat qu'il faut: fleurissement des monuments, TE DEUM ( en BELGIQUE du moins ), discours, réceptions officielles, banquets...

 

Cela sur le plan local. Sur le plan national, il y a immanquablement la traditionnelle cérémonie à la Tombe du « Soldat Inconnu », la Colonne du Congrès en BELGIQUE et l'Arc de Triomphe en FRANCE.

 

La commémoration du 11 novembre est pourtant, dès le début, une manifestation ambivalente: à la fois une fête voulant célébrer la victoire, et, d'autre part une commémoration empreinte de tristesse, le rappel du souvenir des « Morts pour la Patrie » et, en plus, une exaltation du patriotisme.

 

Progressivement , déjà dans les années 20, la joie de la fête de la victoire a tendance à s'estomper. Le ton change. On songe davantage aux sacrifices des soldats belges. Les hasards du calendrier font que l'Armistice se situe directement après la Toussaint et le jour des Morts. Dans le Journal « Le Peuple », on pourra lire : «  La journée du 11 novembre, n'est pas une journée de fête, mais en quelque sorte, un prolongement de la Toussaint ».

 

De l'idée de victoire que la population se faisait de l'Armistice, l'on passe à un sentiment de recueillement, dorénavant indissociable de l'Armistice. On n'oublie pas pour autant la notion de victoire mais celle-ci est emprunte de déception, de tristesse, de recueillement.

La commémoration de l'Armistice tend à devenir, dès ce moment, une célébration autour de laquelle se cristallise la mémoire de la Grande Guerre, notamment en mettant à l'honneur certaines catégories sociales. Ce changement de perception - de la délivrance à la reconnaissance au souvenir- implique qu'il faut perpétuer tant la mémoire des faits que le rituel mis en place. C'est ce qui se perpétue jusqu'à nos jours.

 

Tandis que de l’autre côté, on ne voit, bien entendu, aucune raison de se rassembler autour d'une notion de défaite et de changement de régime…

 

C'est assez dommage qu'on ne rende même pas un hommage, aux soldats qui ont péri. A titre de comparaison, bien que la guerre de 1870/71 se soit aussi traduite par une défaite en FRANCE, on trouve quand même encore beaucoup de monuments commémoratifs rendant hommage aux malheureuse victimes.

 

En ALLEMAGNE, l’Armistice n’est ni fêté ni commémoré et n’est pas non plus l’occasion d’un jour férié.

 

Mais, chez eux, le 11 novembre est malgré tout une fête. Une fête destinée aux enfants: la Saint-Martin, en souvenir de Saint Martin de Tours qui serait mort le 11 novembre 397, selon la tradition.

 

En outre, le 11 novembre à 11h11, à COLOGNE et à DÜSSELDORF notamment, débutent chaque année les festivités carnavalesques.

 

Donc, un ambiance festive, bien loin de l'ambiance plus rigoureuse que l'on rencontre chez nous.

 

Dans les rares articles qui évoquent cette date dans la presse d’Outre-Rhin, on trouve souvent une explication que l’auteur estime nécessaire au lecteur allemand : "Aujourd’hui, comme chaque année, on célèbre en France et en Angleterre le jour de l’armistice de 1918 comme un jour de fête nationale ".

Pourtant, ici, en BELGIQUE, on ne comprend pas très bien les réticences qui on surgi, en FRANCE, lorsqu'il a été question de commémorer, le 11 novembre, toutes les victimes de toutes les guerres. En Belgique, bien que cela ne soit pas officiel, bien que, officiellement, le 11 novembre ne concerne que la guerre de 14-18, dans les faits, depuis 1945, cette commémoration englobe aussi les combattants de 40-45.

 

 

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