18/07/2015

Quelques rappels sur la signification de la Fête nationale.

A AWANS, depuis maintenant dix ans, on célèbre la Fête Nationale. Mais à propos de la Fête nationale, on ne sait pas toujours très bien ce qu'elle signifie.

Il est donc bon de faire quelques rappels.

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En 1831, le 4 juin, le Congrès appela Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, par 152 voix contre 44, à devenir le premier « Roi des Belges »

Il prêta le serment constitutionnel 21 juillet 1831 et devint ainsi le premier Roi des Belges. Dans l'esprit de l'époque, le fait pour les pays voisins d'accepter que la Belgique ait un Roi concrétisait pour de bon l'indépendance et la souveraineté du pays. Léopold Ier, est donc, paradoxalement, un roi élu, mais ses successeurs sont désignés selon le respect des règles constitutionnelles. En cas d'abdication d'un Roi, on peut pas dire, comme on l'entend souvent erronément, que « le Roi a abdiqué en faveur de... » . Le Roi a abdiqué...mais c'est la Constitution qui désigne son successeur !

Pourquoi le titre de « Roi des Belges » et non « Roi de Belgique » ? Le Congrès national avait décidé que la Belgique serait une monarchie constitutionnelle. Cela n'était pas une simple question de vocabulaire: les pouvoirs du roi sont définis dans la Constitution. Avant même d'avoir un Roi, ses pouvoirs avaient été délimités par l'article 33 de la Constitution, premier paragraphe. Celui dispose que « tous les pouvoirs émanent de la nation ». En 1831, cela contrastait fortement avec les monarchies parlementaires des pays européens. Dans ces pays, c'est le Roi qui a consenti à céder des pouvoirs Les monarques détenaient le pouvoir. En Belgique, le roi n'est pas couronné et ne porte aucun attribut habituellement associé aux rois ( sceptre, manteau d'hermine...). On a encore pu voir la différence entre l'intronisation du Roi des Pays-Bas et du Roi Philippe, même si, aux Pays-bas, les pouvoirs actuels du Roi ne sont plus que formels.

Roi des Belges, Léopold consacrera l'essentiel de son règne à la consolidation du jeune Etat belge. Dès le 2 août 1831, à peine une dizaine de jours après sa prestation de serment, la Belgique fut envahie par les Pays-Bas, provoquant l'intervention de puissances étrangères, notamment la France. La Belgique fut sauvée mais perdit, ultérieurement, une série de territoires au profit des Pays-Bas.

Le jour de la fête nationale fut d'abord fixé au 27 septembre. Cette date commémorait les "journées de septembre", nom couramment donné à la révolution belge. Actuellement,cette date correspond à la Fête de la Communauté française. La fête de la Communauté flamande ayant lieu le 11 juillet, celle de la Région wallonne le 3° dimanche de septembre, celle de la Communauté germanophone le 15 novembre, celle de la Région de Bruxelles-capitale, le 8 mai.

C'est sous le règne de Léopold II que la fête nationale fut fixée au 21 juillet pour lier ce jour de fête pour le pays à la personne du Roi. Cela fut concrétisé par une loi, la Loi du 27 mai 1890. Actuellement, la Fête liée au Roi, c'est le 15 novembre. Elle fut fondée en 1866, le jour de la Saint-Léopold. Elle porta le nom de "Fête de la dynastie" durant la Régence du Prince Charles. Elle porte parfois encre cette appellation, mais c'est erroné.

L'hymne national belge, la « Brabançonne » est en fait, si on prend la peine de bien l'écouter une chanson révolutionnaire. Ou, en tout cas, un chant de combat.

 
"O Belgique, ô mère chérie,
A toi nos coeurs, à toi nos bras,
A toi notre sang, ô Patrie !
Nous le jurons tous, tu vivras !
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle :
Le Roi, la Loi, la Liberté ! (ter)"

 

Quant à la devise belge, son sens initial est souvent mal compris. La devise de la Belgique est : "l'union fait la force". Une devise que l'on traduit en néerlandais par "Eendracht maakt macht" et en allemand par "Einigkeit macht stark". On prétend maintenant qu'elle fait référence au fait que la Belgique est un état fédéral qui regroupe trois régions : la région bruxelloise, la région flamande et la région wallonne.

En réalité, elle est le fruit de « l'unionisme » ou « union des oppositions », mouvement politique , qui avant et après la révolution de 1830 prônait l'union des catholiques et des libéraux contre la politique du roi Guillaume Ier des Pays-Bas. L'unionisme domina, jusqu'en 1848, la vie politique belge. j C'était l'union entre les libéraux, anticléricaux, et les catholiques.

Les liégeois, une fois de plus montrèrent l'exemple. A Liège, fin 1827, le journal catholique « le Courrier de la Meuse » et le journal libéral « Mathieu Laensbergh » rapprochèrent leurs positions. L'union fut définitivement conclue en 1828, le 28 novembre quand « Le courrier des Pays-Bas », journal libéral bruxellois se rallia à cette politique.

C'est à l'alliance de ces deux tendances politiques, opposées sur certains points, mais unies lors de la création de l'État que fait référence la devise de la Belgique, « L'Union fait la force », contrairement à l'idée répandue qui en lie le sens à l'union des communautés linguistiques du pays. Encore une méconnaissance de l'histoire !

 

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19:46 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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