28/05/2015

Romain ROLLAND en 1916: une grande voix non écoutée !

 

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 Dans son journal du 3 août 1914, Romain ROLLAND avait écrit:

 

« Je suis accablé. Je voudrais être mort. Il est horrible de vivre au milieu de cette humanité démente et d’assister, impuissant, à la faillite de la civilisation. Cette guerre européenne est la plus grande catastrophe de l'histoire depuis des siècles, la ruine de nos espoirs les plus sains en la fraternité humaine. »

 

Romain ROLLAND, écrivit aussi ceci le 2 novembre 1916, soit 27 mois après la déclaration de la Première Guerre:

 

« Arrêter la guerre qui est en cours, qui le peut aujourd’hui? Qui peut faire rentrer dans sa ménagerie la férocité lâchée? Même pas ceux peut-être qui l’ont déchaînée,—ces dompteurs qui savent bien qu’ils seront dévorés!… Le sang est tiré, il faut le boire. Soûle-toi, Civilisation!—Mais quand tu seras gorgée, et quand, la paix revenue, sur dix millions de cadavres, tu cuveras ton ivresse abjecte, te ressaisiras-tu? Oseras-tu voir en face ta misère dévêtue des mensonges dont tu la drapes? Ce qui peut et doit vivre aura-t-il le courage de s’arracher à l’étreinte mortelle d’institutions pourries?… Peuples, unissez-vous! Peuples de toutes races, plus coupables, moins coupables, tous saignants et souffrants, frères dans le malheur, soyez-le dans le pardon et dans le relèvement! Oubliez vos rancunes, dont vous périssez tous. Et mettez en commun vos deuils: ils frappent tous la grande famille humaine! Il faut que dans la douleur, il faut que dans la mort des millions de vos frères vous ayez pris conscience de votre unité profonde; il faut que cette unité brise, après cette guerre, les barrières que veut relever plus épaisses l’intérêt éhonté de quelques égoïsmes.

 

Si vous ne le faites point, si cette guerre n’a pas pour premier fruit un renouvellement social dans toutes les nations,—adieu, Europe, reine de la pensée, guide de l’humanité! Tu as perdu ton chemin, tu piétines dans un cimetière. Ta place est . Couche-toi!—Et que d’autres conduisent le monde! »

 

 

Ce dernier paragraphe, écrit en 1916, est, par anticipation, sinon par vision prophétique, la condamnation des événements de l'entre-deux guerres et des horreurs qu'ils ont amenés par l'incapacité des démocraties à étouffer dans l'oeuf les mouvements anti-démocratiques, racistes...

 

Dernier paragraphe encore à méditer fortement à l'heure actuelle.

 

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19:40 Écrit par P.B. dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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