01/02/2015

Un aperçu sur le rôle des chiens durant la guerre de 14-18.

Les chiens dans la guerre 14-18.

 

La Première Guerre mondiale ne fut pas seulement faites par des soldats. Toute une série d’animaux y furent engagés à divers titres, dont des chiens. 14 millions d’animaux ont été embarqués dans le conflit: chevaux, chiens, pigeons voyageurs… mais aussi, curieusement mulets, bœufs, ânes. Les animaux étaient bel et bien présents dans le quotidien des soldats et ont eux aussi participé massivement au conflit.

On estime à 1000000 le nombre de chiens engagés dans la guerre.

 

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Quelle que soit l'armée concernée, ces animaux ont joué un rôle important au cours des hostilités, tantôt comme acteurs dans les combats, tantôt que comme adjuvants au moral des hommes. La présence des animaux dans les campements et tranchées a contribué à soutenir le moral des troupes. Dans ce dernier cas, ce fut souvent des chiens abandonnés qui furent recueillis. Réunion d'êtres perdus dans la même tourmente. Les combattants n’hésitaient pas à qualifier ces compagnons d’infortune de « frères »Certains animaux devinrent rapidement les mascottes des soldats.

 

Il faut aussi se souvenir que, avant 1914, le chien occupait une place importante dans les pays européens. Il était couramment utilisé comme force de travail. On le trouve, comme force de traction, presque au même titre que le cheval, chez les laitiers, les légumiers, les marchands de journaux...et même à la Poste dans l'acheminement des dépêches. A titre d'exemple, une navette entre WAREMME et REMICOURT était assurée par un facteur accompagné d'un chien tirant une petite remorque.

 

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Du côté de l'armée française, en 14-18, on peut lister plusieurs types de fonctions dévolues aux chiens:

- les chiens de sentinelle;

- les chiens de liaison ou d’estafette ;

- les chiens de patrouille, d’attaque ou de recherche;

- les chiens sanitaire ; les chiens de trait; 

- les mascottes, chasseurs de nuisibles...

 

En ce concerne l'armée belge, au début du 20° siècle, on avait convaincu l’Etat-Major d’utiliser des mâtins pour tirer les mitrailleuses. Ce furent les sections dites « canimobiles ». La traction canine est une spécificité de l’armée belge. Deux chiens, généralement de la race des mâtins belges, assistaient les sections de carabiniers mitrailleurs en tirant des charrettes spécialement conçues pour le transport d’une mitrailleuse ou de caisses à munitions.

Durant la guerre, malgré des débuts prometteurs, il y eut, dans l'armée belge, trop peu de chiens bien entraînés: seules les sections des Carabiniers, purent montrer leur efficacité. Ce fut le cas, le 12 août 1914, à la Bataille de HAELEN. Une des sections canimobiles des Carabiniers bloquant la rue principale de HAELEN empêcha les escadrons allemands de s'y aventurer.

Ailleurs, dans d'autres brigades, ces sections ayant été constituées à la hâte, les mitrailleurs n'étaient pas habitués à soigner et diriger des chiens. Ceux-ci devinrent agressifs ou, à l'inverse, peureux, de toute façon, inefficaces.

La présence de chiens dans l'Armée belge a néanmoins marqué les esprits. L’écrivain américain Walter Alden DYER fit connaître le chien belge de mitrailleuse au travers de son livre " Pierrot, dog of Belgium ". Les recettes de la vente de ce livre ont alimenté la « Commission for Relief in Belgium » qui a fourni une aide importante à la population de la Belgique occupée.

 

 

 

D'une façon plus générale, quelle que soit l'armée, les chiens furent quasi tous utilisés de la même façon.

Chiens messagers:

Le chien muni d’un tube à message est capable de relier deux points fixes entre eux en effectuant des allers et retours et, si nécessaire, de ravitailler en munitions. Attaché au maître et à son chenil, on est sûr qu'il fera le chemin de retour.

Vitesse moyenne du Pigeon : 1 km en 1 minute. Celle du chien : 1 km en 2 minutes.

 

Chiens d'attaque ou de défense:

Dressé à l’attaque, il peut se révéler un redoutable adversaire. On a ici exploité la faculté d'attachement extrême que certains chiens vouent à leur maître. On peut malgré tout penser que l'usage des chiens à cet effet ne fut que occasionnel.

 

Chiens patrouilleurs:

Grâce à son ouïe fine et son odorat développé, le chien est un auxiliaire primordial pour les missions de défense et de reconnaissance. Notamment la nuit ou par temps de brouillard. Le chien patrouilleur accompagnait la troupe dans ses déplacements.

 

Chiens sentinelles:

À l’arrière du front, le chien remplit une fonction de sentinelle pour garantir le repos des unités cantonnées et surveiller les stocks de munitions.

Placé aux avant-postes ou dans les tranchées, il accomplit une tâche de guet. Rien n’échappe à sa vigilance. Toute approche invisible et silencieuse de l’ennemi est détectée et signalée.

 

Chiens auxiliaires de santé:

 

 

 

Les chiens sanitaires furent dressés pour retrouver les blessés. Les Allemands pratiquèrent ce dressage à grande échelle. Les Français, moins.

La guerre des tranchées caractérisée par des combats ininterrompus, un sol et le pilonnage continu de l’artillerie posa le problème de l’évacuation des blessés. Pour y remédier, toutes les armées généralisèrent l’emploi du chien « sanitaire ».

Grâce à sa faculté à franchir les obstacles et son odorat, il peut fouiller le moindre recoin du champ de bataille et repérer les blessés, de jour comme de nuit. Lorsqu’il en découvre, il le signale à son maître brancardier.

Le blessé est alors évacué puis soigné. Le chien est parfois attelé à une charrette aménagée en civière sur laquelle il peut transporter un à deux hommes.

 

La France abandonna leur usage en 1915. Pas l’Allemagne, et ni l’Autriche-Hongrie, sur le front alpin. Côté allemand, on estime qu’un chien a sauvé trois blessés par an.

 

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Histoire des chiens tireurs de traîneaux:

Durant l'hiver 1914, dans les Vosges, la situation des soldats français en première ligne était catastrophique. Il était impossible de les ravitailler en nourriture et en munitions du fait des conditions climatiques. Le front résistamaisdes milliers de combattants y perdirent la vie. Il fallait à tout prix éviter que le désastre se reproduise l’hiver suivant. La fracture de ce front aurait eu pour conséquence l'envahissement de la France.

 

 

Deux officiers, le capitaine Louis MOUFFLET et le lieutenant René HAAS proposèrent au commandement de l’Armée des Vosges d’utiliser des chiens de traîneau. Ces deux officiers avaient vécu en Alaska. Ces chiens y sont connus pour leur résistance: ils arpentent le grand nord sur des milliers de kilomètres. En août 1915, les deux officiers sont envoyés au CANADA avec comme mission de ramener 440 chiens. Et aussi d'acquérir le matériel nécessaire.

 

Ils reçurent l'aide du plus célèbre conducteur d'attelage de chiens de l'époque , Scotty Allan, un écossais naturalisé américain. Celui-ci s'empressa de faire la tournée de tous les villages d'inuits dans le but d'acquérir le plus de chiens possible, faisant croire qu'il les cherchait pour son propre chenil. Ainsi la discrétion fut gardée. Quelques semaines plus tard, 406 chiens furent rassemblés. Après un périple de plus de 3000 km à travers le CANADA, l'expédition embarqua, à QUEBEC, en direction de l'Europe en guerre. Scotty Allan tint à accompagner l'expédition jusqu'en France afin de former les soldats recrutés pour les "sections d'équipage d'Alaska".

 

Durant la traversée, on commença la préparation des chiens. On accrocha sur leur collier une plaque portant le nom du chien, son numéro d'équipage et surtout sa place dans l'attelage.

 

Sur 440 partis du CANADA, 436 arrivèrent au port du HAVRE. Une unité, constituée de gradés et d'hommes de troupe, en pris possession afin de constituer des équipages familiarisés à ces animaux à moitié sauvages et prêts à devoir monter au front. A SAINT-AME, près de GERARDMER, deux sections constituées.

 

Les soldats recrutés comme meneurs de chiens de traîneau ont vite compris l'importance de pouvoir ravitailler les soldats en première ligne. 60 équipages furent formés. Durant la période de formation, on leur apprit les rudiments du métier: place des chiens dans l'attelage, conduite du traîneau, harnachement ...

 

A la fin de la période de formation, les chiens furent transportés par camion jusqu'aux Vosges. Leurs premières missions furent de ravitailler une batterie d'artillerie isolée sur un mont enneigée et de remettre en état 50km de ligne téléphonique. Ces chiens réussirent là où les hommes et les mulets avaient échoué. Par la suite, les chiens reçurent de nombreuses autres missions: opérations de montagne, évacuation de blessés. Ils eurent parfois aussi en charge le transport des officiers généraux et de l'Etat-Major qui autrement n’auraient pas pu se rendre ou communiquer avec les premières lignes.

 

Les traîneaux étaient conduits par un homme de troupe ou un gradé qui se tenait debout à l’arrière, sur les patins du frein. Un frein au pied permettait d'engager dans la neige, des pointes d’acier. Cette manoeuvre avait pour but d'avertir les chiens qu'ils devaient arrêter leur progression. Sur le traîneau se tenait un deuxième conducteur chargé de surveiller le chargement et qui, le cas échéant, prêtait main forte au conducteur, afin d'équilibrer ou de diriger l'équipage. 

 

Pendant les périodes de l'année sans neige, les traîneaux étaient munis de roues caoutchoutées. 

 

Près de la moitié, sur un total de 436 chiens de traîneaux moururent durant le guerre, sous le feu ennemi. D'autres furent blessés, d'autres encore recevront des décorations militaires....

 

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Dans le culte du souvenir, les chiens ne furent pas oubliés.  Après la guerre apparaissent, surtout en France, des monuments dédiés aux chiens combattants. A BRUXELLES, un monument sur lequel figure un chien a été érigé sur la place POELAERT, face au Palais de Justice.

 

 

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19:40 Écrit par P.B. dans Actualité, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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