15/01/2015

La baïonnette, arme emblématique de 14-18? La vérité.

La baïonnette est-elle vraiment l'arme emblématique de la guerre de 14-18 ?

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La baïonnette au bout d’un fusil, telle est souvent la représentation du combattant de 14-18. Qui plus est, cette image est presque toujours associée à l’idée d’assaut : on sort des tranchées et on part à l'assaut de la tranchée adverse « baïonnette au canon » !

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Tout d'abord, les tranchées étaient des boyaux larges au maximum de 1,60 m alors que les fusils, munis de leur baïonnette, faisaient 1,80 m de long. Voilà un équipement bien encombrant et bien inadapté. De plus, cela présentait des risques sérieux pour les compagnons de tranchées.

 

Est même née la fameuse mythologie de la « Tranchée des baïonnettes » à VERDUN. Certains pensent que des soldats ont été enterrés vivants dans une tranchée située non loin de la côte de THIAUMONT. D'autres, en revanche, n’y voit qu’une légende.

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En fait, il semble que ces derniers aient bien raison. Deux ans après la guerre, des étrangers en visite sur le champ de bataille remarquèrent une ligne de fusils dressés, certains portant encore avec leur baïonnette. De là est née la mythologie d'un groupe de soldats enterrés vivants avec leurs fusils, les baïonnettes dépassant le niveau du sol. En fait, il n'y avait là rien d'étonnant car c’était l’habitude des Français et des Allemands de jalonner ainsi les tranchées devenues inutiles, tranchées transformées en fosses communes pour les cadavres sans sépulture et comblées.

 

L'idée de soldats enterrés debout à leur poste par les explosions d'obus est d'ailleurs irréelle. Les obus ne peuvent fermer des tranchées. Au contraire, ils disloquent les tranchées et et éparpillent les corps des occupants. Cela frappa tellement les imaginations que la légende pris corps...et qu'un monument fut même érigé. De croyance, c'était devenu légende puis, hélas, imposture.

 

Il en est de même du combat à la baïonnette.  En 1914, les pertes par armes blanches ( baïonnettes,lances et sabres de cavalerie ) représentent seulement 0.9% des pertes humaines. En 1917, elles ne représentent plus rien. 

 

Quelles sont alors les armes utilisées et qui provoquèrent les pertes humaines ? La balle du fusil ordinaire, mais aussi les rafales de mitrailleuses et surtout, les tirs de grenade. Pour le combat entre combattants blottis dans des tranchées très proches les unes des autres, l'arme « idéale » est la grenade. C'est la façon la plus adéquate d'attaquer des adversaires proches mais invisibles.

 

Toutes les guerres ont nécessité une grande diversité d’armes. Ce qui caractérise la Guerre de 14-18, c'est l'accélération dans la recherche d'armes nouvelles et la course à leur perfectionnement. Chaque état belligérant a cherché à  produire des armes de plus en plus performantes et de plus en plus dévastatrices.

 

C'est symptomatique pour les grenades. Les premières grenades utilisées durant ce conflit furent de simples boîtes de conserves remplies de poudre et équipées d’une mèche.

 

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Des grenades ( au sens propre), plus élaborées, voient ensuite le jour: notamment les « Mills Bomb », provenant de GRANDE-BRETAGNE. La grenade « Mills » fut la première vraie grenade.

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Durant la guerre de 14-18, les grenades étaient lancées à  la main. Les lance-grenades n'apparurent qu’à l’entre-deux guerre.

 

Mais l'arme la plus meurtrière, en 14-18, fut incontestablement l'obus. Non seulement l'obus tue, mais il mutile gravement. C'est aux obus que l'on doit le nombre de « Gueules cassées ». Les blessures par obus sont plus horribles que les blessures par balles de fusil et même que les blessures causées par les grenades.

 

Voici quelques chiffres tirés de la Bataille de VERDUN. Et encore, ils sont bien incomplets quand on songe au nombre de soldats disparus. En 1916, elle causa la perte de 163000 français et 143 000 allemands, tués ou disparus. 216 000 français et 196 000 allemands seront blessés.

 

Voici cette sinistre statistique relatives à l'origine des blessures:

 

Eclats d'obus : 86% des blessures.

 

Balles de fusils ou de mitrailleuses: 6% des blessures.

 

Eclats de grenade: 4% des blessures.

 

Armes blanches: 1% des blessures.

 

Accidents: 3% des blessures.

 

Autres (gaz...): 1% des blessures.

 

Les tranchées virent aussi l'apparition d'armes telles que le lance-flammes et les gaz.

 

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