19/11/2014

La guerre de 14-18 et la naissance des organismes humanitaires.

Guerre de 14-18 :

Origine lointaine des organisations humanitaires internationales :

Un préliminaire aux ONG ?

 

L'aide humanitaire connaît une mutation importante en 1914-1918. On peut même dire qu'elle y trouva son origine. Les programmes humanitaires, d'abord oeuvres de bienfaisance inspirées par la charité, se sont professionnalisées. Elles ont acquis aussi une reconnaissance sur le plan des relations diplomatiques. C'est la naissance des lointaines ancêtres des ONG actuelles. Il fallait vaincre l'arme de la faim.

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Nous allons en donner deux exemples.

 

Tout d'abord, en FRANCE: le CARD ( « Comité Américain pour les Régions Dévastées » ). Inspiré par Anne MORGAN, riche héritière américaine, fille de John PIERPONT MORGAN, un des plus grands banquiers américains et Anne MURRAY DIKE.

 

Fin 1914 déjà, elle collecte des fonds pour les soldats français. En 1917, l’armée française lui confie le domaine de BLERANCOURT à quelques kilomètres du front. Elle y établit le siège de son association d’aide humanitaire aux populations civiles victimes de la guerre. Cette action humanitaire va contribuer durant 7 ans à la reconstruction de ces territoires. Pour cela, elle construit 5 centres pour desservir une centaine de villages aux environs. C'est l'American Fund for French Wounded, qui se transformera en CARD le 31 mars 1918.

 

L’action du CARD est multiple : distribution de secours, réorganisation de l'agriculture, ouverture de magasins et de centres de distribution, aide sanitaire et sociale, création de foyers, garderies, de bibliothèques, encouragement au sport, création d’ateliers ou d’usines. Le CARD envoie des infirmières-visiteuses à domicile, distribue de la vaisselle, des meubles... L'action est axée en faveur des populations civiles. La reconstruction fut une œuvre de longue haleine. Elle était à peine terminée à la veille de la seconde guerre. Pour mener ces actions, le CARD fait venir du personnel américain et embauche sur place des ouvriers. Les volontaires sont logées dans des baraquements en bois, caractéristiques de la reconstruction. En 1921, le CARD se trouve à la tête d'un parc automobile de plus de 63 véhicules.

 

En BELGIQUE, la situation était évidemment entièrement différente. C'est facilement compréhensible. La FRANCE disposait, derrière le font, d'un immense territoire libre où les transports pouvaient être organisés. A l'exception des ports du nord, tous les ports français, surtout les plus importants, étaient encore accessible. La FRANCE avait encore toutes ces frontières libres avec l'ESPAGNE, la SUISSE et l'ITALIE ( en guerre mais alliée depuis 1915 ). En revanche, la BELGIQUE était entièrement occupée, ne disposait d'aucun port libre d'accès, n'avait plus la maîtrise de ses transports, ne disposait d'aucune frontière libre avec aucun pays ( la frontière avec les PAYS-BAS avait été électrifiée en 1915 ). Dèlors, l'aide devait prendre une autre forme et impliquer la diplomatie.

 

C'est ici qu'intervint l'Américain Herbert HOOVER et sa « Commission d'aide aux populations civiles de la Belgique occupée ». Des campagnes publicitaires furent organisées pour susciter des dons. Herbert HOOVER sera le 31e président des ETATS-UNIS. Il ne fit qu'un mandat, victime du krach de 1929. Herbert HOOVER sauva la Belgique d'une famine certaine pendant la Première Guerre mondiale. En raison du blocus britannique et de l'occupation allemande, 7 millions de Belges souffraient de la faim. la Belgique occupée est prise en étau entre le blocus économique allié et le refus allemand de contribuer au ravitaillement des territoires occupés. Il fallait donc inventer de toutes pièces les instruments de la survie économique et quotidienne du peuple belge.

 

Ces instruments seront le « Comité national de Secours et d’Alimentation » (CNSA) dans le pays. Il fut relié à la « Commission for Relief in Belgium » (CRB) dirigée par Herbert HOOVER à l’extérieur du pays. Il parvint à le faire placer sous la tutelle des ambassadeurs des pays neutres l'ESPAGNE, les PAYS-BAS et, jusqu'en avril 1917, date de leur entrée en guerre, des ETATS-UNIS. Ces derniers jouent un rôle d’intermédiaire entre les belligérants et un rôle de garants des engagements pris.

 

Entre 1914 et 1918, la Commission for Relief in Belgium expédia près de 320000 tonnes de farine vers notre pays, dans des sacs en coton. L'usage de ces sacs en Belgique était surveillé par la CRB, étant donné que les Allemands avaient besoin du coton et que on craignait malgré tout de la fraude ( éviter que ces sacs, vidés, ne fussent remplis à l'étranger d’une farine de qualité inférieure à l’étranger et revendus en Belgique comme de la farine destinée à l’aide alimentaire. En conséquence, les sacs de farine vides étaient soigneusement collectés et redistribués aux écoles d’enseignement professionnel, aux ateliers de couture, aux couvents et aux artistes. Divers métiers les réutilisèrent pour les transformer en vêtements, accessoires, oreillers, sacs et autres objets usuels.

 

Ces sacs eurent aussi cet autre second usage: des artistes les utilisaient comme toile pour leurs peintures à l’huile. Une fois décorés, ces sacs de farine étaient minutieusement contrôlés puis distribués à des commerces et organisations en Belgique, en Angleterre et aux États-Unis, dans le but de récolter des fonds destinés à l’achat de denrées alimentaires pour les victimes mais aussi à l’aide pour les prisonniers en Allemagne.

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Après le conflit, HOOVER allait encore organiser l'expédition de vivres pour des millions de personnes en Europe centrale. Après l'Armistice, comme il restait des fonds disponibles, il suggéra de les mettre à la disposition des universités belges.

 

 

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