17/11/2014

Oeuvre des Postiers liégeois: Discours prononcé le 16 novembre 2014

Oeuvre des Postiers liégeois.

Célébration de l'Armistice:

Discours prononcé le 16 novembre.

 

Le 11 novembre 1918, à 11 heures, les clairons sonnaient le cessez-le-feu. La guerre prenait fin, une guerre qui, aussitôt , fut dénommée « La Grande Guerre ». « La Grande Guerre ? », dénomination bien malvenue car une guerre n'est jamais grande ! D'ailleurs, elle deviendra plus tard, plus simplement, plus tragiquement, « la Première guerre ».

 

Malgré le temps passé et les nombreux traumatismes qui ont marqué, depuis, l'ensemble du 20° siècle, la Guerre de 14-18 occupe toujours une place bien particulière dans la mémoire collective. Ces cinquante-deux mois ont causé plus de bouleversements dans notre quotidien que jamais dans le passé une aussi courte période. Bouleversements marqués par la mort de millions d'hommes sur les champs de bataille. Un tournant aussi dans nombre de domaines: les institutions nationales, les relations étrangères, l'économie, la vie politique et sociale, les arts même.

 

Tout cela s'était terminé par l'Armistice. On s'est mis à célébrer l'Armistice avec recueillement et avec faste, avec joie souvent. « Armistice » était devenu un mot magique. « Armistice » était quasiment devenu le synonyme de «  Paix retrouvée », de « paix définitive ». D'ailleurs, dans le langage populaire, au terme grandiloquent de « Grande Guerre » avait été substitué celui de « Der des Der ».

 

« Armistice », était pourtant un terme ambigu. Personne ne s'était apparemment penché sur sa signification exacte. En tout cas, on s'était bien gardé d'en expliquer la véritable signification au peuple. Celle-ci aurait dû alerter la population. Au dictionnaire, on trouve comme définition: « Convention par laquelle des belligérants suspendent les hostilités sans mettre fin à l'état de guerre ».

 

Qui aurait pourtant pu croire, lors des premières commémorations, dans les années 20, que, cent ans plus tard, dans chaque localité on continuerait à les célébrer. Cette année, a été commémoré le centenaire de la déclaration de cette guerre. Ce centenaire nous invite à mettre de l'ordre dans nos pensées.

 

En quoiune commémoration est-elle utile? Elle sert à remettre notre histoire dans nos mémoires. Elle sert à faire mieux comprendre ce qui nous devrait nous unir dans la nation, surtout une nation comme la nôtre. Elle sert aussi à régénérer le patriotisme, le patriotisme qui unit, qui rassemble, qui n'écarte personne, qui fait fi des croyances, des origines, des parcours particuliers, des opinions politiques. Commémorer ce n'est pas seulement invoquer le passé, c'est porter un message de confiance dans l'avenir de notre pays.

 

2014 a été le théâtre de nombreuses manifestations commémoratives officielles. A tous les niveaux. Du niveau local au niveau plus élevé avec quelques points d'orgue au niveau international comme, par exemple, les cérémonies du 4 août chez nous, suivies de cérémonies de même niveau à Louvain, à Mons, à Ypres...

 

Quelle en fut la motivation ? Ce ne fut pas toujours clair. Certains y virent des opportunités politiques ou, même, commerciales. Les manifestations furent abondantes et toujours médiatisées. Même les plus locales bénéficièrent d'une médiatisation à leur niveau. On doit s'en réjouir. Loin de moi l'idée de le réprouver. Même l'aspect commercial ne doit pas nécessairement nous choquer: ainsi, le tourisme de mémoire doit être poursuivi, il ne doit pas s'arrêter fin 2014. Seule la récupération politique ne doit pas être admise. Au départ, les milieux séparatistes y avaient pensé.

 

 

Mais cette médiatisation ne risque-t-elle pas d'entraîner la lassitude, voire le rejet ? C'est pourquoi la communication, l'échange avec les enfants, avec le concours des enseignants est primordiale. Ce n'est pas toujours aisé, il faut demander aux enfants de faire un bond en arrière de quatre générations ! Je pense que nous avons aussi un rôle à jouer dans les familles.

Le Président de l'Oeuvre des Postiers Liégeois,

Pierre BEAUJEAN

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