17/10/2014

L'enfer de la boue des tranchées ( Henri BARBUSSE )

 

Dans la boue des tranchées.

 

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Comme d’autres écrivains mobilisés sur les lignes du front, Henri BARBUSSE dans « Le feu » décrit ce tableau apocalyptique du champ de bataille où les fantassins se confondent avec la boue des tranchées :

 

« On ne peut déterminer l’identité de ces créatures : ni à leur vêtement couvert d’une épaisseur de fange, ni à la coiffure : ils sont nu-tête ou emmaillotés de laine sous leur cagoule fluide et fétide ; ni aux armes : ils n’ont pas leur fusil, ou bien leurs mains glissent sur une chose qu’ils ont traînée, masse informe et gluante, semblable à une espèce de poisson.

Tous ces hommes à la face cadavérique, qui sont devant nous et derrière nous, au bout de leurs forces, vides de paroles comme de volonté, tous ces hommes chargés de terre, et qui portent leur ensevelissement se ressemblent comme s’ils étaient nus.

De cette nuit épouvantable, il sort d’un côté ou d’un autre quelques revenants revêtus exactement du même uniforme de misère et d’ordure.

A une époque, je croyais que le pire enfer de la guerre ce sont les flammes des obus, puis j’ai pensé longtemps que c’était l’étouffement des souterrains qui se rétrécissent éternellement sur nous. Mais, non, l’enfer, c’est l’eau ».

 

 

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