15/10/2014

CONSTANT-LE-MARIN: Liégeois, patriote, champion du monde.

CONSTANT-LE-MARIN.

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CONSTANT-LE-MARIN qui s'appelait, en réalité Henri HERD, est né en 1884, à LIEGE, dans le quartier d'Outremeuse, dans la rue Porte-aux-Oies, une étroite ruelle qui donne sur la rue Puits-en-Sock.

 

CONSTANT-LE-MARIN, avec son parcours mouvementé et atypique, est une grande figure liégeoise et un véritable héros populaire. Ce titre de « Héros populaire », il le mérite pour plusieurs raisons.

 

Il s’est fait connaître à l’échelle internationale en tant que champion de lutte gréco-romaine. En fait, cela devait ressembler au catch actuel. En 1901, à 17 ans, Henri HERD avait déjà attiré l'attention en remportant coup sur coup plusieurs compétitions. Deux fois champion du monde de lutte, il était l'idole des Liégeois, attirant des foules considérables à chaque combat. Sa célébrité a vraiment décollé au moment de l’Exposition universelle de 1905 à LIEGE.

 

Pourquoi ce surnom de CONSTANT-LE-MARIN ? Il avait été épaté par les exploits de son modèle, le lutteur CONSTANT-LE-BOUCHER (un boucher de FLORENNES). Il prend le surnom de CONSTANT-LE-MARIN en hommage et aussi, par analogie, pour ressembler à celui-ci. Il n'avait rien à voir, de près ni de loin, avec la marine...sauf qu'il voulait voyager dans le monde entier comme un marin...

 

Ce rêve fut réalisé. D'abord comme lutteur: devenu catcheur professionnel, il fut plusieurs fois sacré champion du monde de lutte, notamment à BUENOS AIRES, en 1913.

 

Mais, c'est aussi un héros de la guerre de 14-18. Il fit partie, de 1915 à 1917, de l'incroyable épopée de l'armée belge sur le front russe et en SIBERIE durant la première guerre mondiale, Il devint maréchal des logis. Dans cette unité, il était aux côtés de deux autres liégeois devenus célèbres par après: le poète et homme politique Marcel THIRY et Julien LAHAUT, futur dirigeant du Parti communiste.

 

Ce Corps avait été formé en France par le major COLLON en 1915. Il était constitué de dix auto-canons-mitrailleuses, de motos, de vélos, de camions et de 300 volontaires belges. Placé sous le commandement russe, le Corps participa notamment, en Galicie (Pologne), à des combats contre les Autrichiens et les Allemands.

 

Dans cette expédition, il s’est particulièrement distingué, après une expédition assez incroyable, un retour avec l’Orient-Express, un défilé et des acclamations sur la 5e Avenue à NEW YORK. Une citation de 1917 glorifie la dernière d'une série d'actions d'éclats accomplies par le maréchal des logis Henri HERD, sur le front russe, dans le Corps des autos-canons-mitrailleuses. Je cite: «Sous-officier très brave et très courageux, animé d'un grand esprit de sacrifice et d'un réel mépris du danger. Chef d'une voiture blindée depuis le début de la campagne, a toujours été un exemple pour ses sous-ordres. A été sérieusement blessé en accomplissant une mission et, au prix de souffrances inouïes, est parvenu à rejoindre nos lignes»

 

Il subit de graves blessures. Au cours d'une attaque, frappé de trois balles, il saute de son véhicule détruit par les tirs ennemis, se jette dans un trou d'obus d'où, malgré d'horribles blessures, il se traîne vers ses lignes. Lorsqu'on le trouve, il faut cinq hommes pour le haler vers l'arrière. Il sera sauvé grâce, notamment, à un de ses neveux, engagé sur le même champ de bataille. Il recevra les Croix de St-Georges, les plus hautes distinctions militaires octroyées par le tsar Nicolas II.

 

La campagne de RUSIE lui avait coûté de nombreuses blessures. Sa cuisse gauche était gravement atteinte. Après la guerre, à force de volonté, il redeviendra le champion du monde qu'il avait été. Ce fut en 1921. On comprend qu'il dut faire preuve d'un courage exemplaire pour s'entraîner de nouveau et récupérer son titre !

 

Ardent patriote, en 1940, il veut à nouveau s'engager. Mais il a près de 57 ans, l'armée ne veut plus de lui. Il se rendra en FRANCE pour aider à l'organisation des réfugiés belges et s'embarquera de justesse sur le dernier bateau en partance pour l'Amérique d'où il ne reviendra qu'en 1946.

 

Cet enfant d'Outremeuse est mort à LIEGE, sa ville natale, en 1965. Il avait fait le tour du monde, même plusieurs fois, comme il se l'était promis. Il fut inhumé dans la caveau familial au Cimetière de ROBERMONT.

CONSTANT-LE-MARIN est un homme du peuple à citer en exemple pour son patriotisme et son courage. A 56 ans, il repart à l'action contre les nazis. A méditer à une époque où certains banalisent la collaboration qui n'aurait été " qu'une erreur".

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En 1988, le 14 août, une plaque commémorative a été apposée rue Porte-aux-Oies.

 

 

 

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