27/09/2014

AWANS: Pourquoi une Rue Blanche DANS ?

Blanche DANS à AWANS et Yvonne VIESLET à MARCHIENNE-AU-PONT:

 

Deux victimes de la désintégration de l'armée allemande, fin 1918

 

Mais une seule est entrée dans la légende !

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Blanche DANS, jeune fille d'AWANS de 19 ans, était occupée dans les travaux des champs entre AWANS et BIERSET. Elle fut la malheureuse victime d'un coup de feu tiré par une bande de soldats allemands. Elle perdit donc la vie, après l'Armistice, le 22 novembre 1918.

 

Il ne reste pas grand souvenir de cette pénible affaire dans la population, si ce n'est deux témoignages apportés par l'Administration communale d'AWANS dans les années 1920:

  1. Une rue du village lui a été dédiée ( Rue blanche DANS ) ;

  2. Son nom a été inscrit à la suite des combattants tombés sur le front sur le Monument aux Morts inauguré en 1928.

 

Chaque année, lors de la visite des écoliers au Monument aux Morts ou au Carré d'Honneur, la FNC ne manque pas de rappeler cet épisode de la guerre 14-18.

 

Cette tragique histoire est à rapprocher du cas d'Yvonne VIESLET, tuée par un soldat allemand en octobre 1918 à l'âge de 10 ans, à MARCHIENNE-AU-PONT.

 

L'histoire d'Yvonne VIESLET est devenue une véritable légende. Après la guerre, un film, maintenant bien oublié lui consacré. Des monuments furent édifiés. Une rue reçut son nom. Deux établissement scolaire ( une crèche et un Athénée ) portent son nom.

 

Pourquoi une telle différence ? Il y a quelques explications. Tout d'abord, la région avait déjà terriblement souffert lors de l'invasion en 1914. A Monceau-sur-Sambre, village industriel du pays de Charleroi, les Allemands avaient fusillé 66 paisibles citoyens et incendié plusieurs rues. Ensuite, il y a, sûrement, l'âge de la victime: 10 ans. Les circonstances, la présence de nombreux témoins...

Nous en reparlerons plus tard.

En fait, Blanche DANS et Yvonne VIESLET furent deux victimes de la désintégration de l'armée allemande fin 1918, avant même l'Armistice.

Cette désintégration débuta en octobre 1918. Les unités de l'armée allemande étaient décimées par les captures de prisonniers et par le départ de nombreux soldats qui faisaient désertion. Les déserteurs s'amassaient dans les gares  et cherchaient, par n'importe quel moyen, à rejoindre leurs familles, en Allemagne.

On estime leur nombre entre 750000 et 1000000 ! Autant d'hommes découragés, en révolte contre le Kaizer et leurs officiers, mal nourris depuis longtemps et, depuis leur désertion, privés de ravitaillement.

Les troupes restées fidèles durent, à certains endroits, recourir à la force contre leurs frères d'armes. A CHARLEROI et à NAMUR, on eut recours aux mitrailleuses. A COLOGNE, il y eut des affrontements à la grenade.

Des hordes de soldats allemands, furieux et livrés à eux-mêmes, constituèrent un grand danger. C'est dans ces conditions qu'il faut expliquer les deux drames: celui de Blanche DANS et d'Yvonne VIESLET. Dans ces circonstances, n'importe quelle attitude était susceptible de provoquer des incidents qui tournaient à la catastrophe.

 

20:16 Écrit par P.B. dans Actualité, Général, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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