14/09/2014

Quelles leçons à tirer de 14-18 et de sa commémoration ?

 

Quelles leçons à tirer de 14-18...et de sa commémoration ?

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La catastrophe de 14-18, avec pour épicentre l’Europe, nous impressionne encore avec force cent ans plus tard. Comment un événement peut-il encore nous marquer aussi profondément après ce temps? C'est qu’elle toucha au plus intime l’ensemble du corps social de toute l'Europe. Avec 8,5 millions d'hommes mobilisés, 1,5 million de morts, 4 millions de blessés, 600000 veuves, 760000 orphelins, pas une famille d'Europe ne fut épargnée. Il faut encore y ajouter les autres traumatismes: les civils rançonnés, réfugiés, déportés, massacrés; les maisons ravagées et les industries moribondes; les ménages décomposés dont, par pudeur, on a trop peu parlé; la propagation de la grippe espagnole...

En même temps, ce traumatisme collectif fit de la figure du Combattant le symbole du civil devenu militaire pendant une période de sa vie. Le monde du Combattant fut aussi le monde où toutes les classes sociales furent mélangées et connurent les mêmes tourments.

C'est pourquoi la guerre de 14-18, que l'on pensait être la « Der des Ders » conserve intacte sa charge symbolique. Elle explique notre histoire actuelle. Le XXe siècle s’est construit dans les tranchées de 14-18.

Loin de nous l'idée de dire que « la guerre a parfois du bon ». Une guerre ne peut avoir du bon ! Mais, on doit admettre qu'elle a bouleversé la science, la médecine, l’industrie, l'agriculture et les arts. Le statut des femmes a été remis en cause, au moins moralement. En Belgique, elle a eu des conséquences démocratiques considérables puisqu'elle a vu l'établissement du suffrage universel (masculin).

A-t-elle pour cela amené le triomphe de l'idée démocratique ? Certes, les empires autocratiques ont perdu au profit des pays plus démocratiques; sont nés la Société des Nations, l’exigence humanitaire, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cependant, en contrepoint, l'entre-deux-guerre fut l'époque des régimes dictatoriaux, la SDN avorta, des empires éclatés sortirent de nouveaux états, constructions théoriques sans consultation réelle des populations; d’aucuns estiment qu’elle précipita la seconde guerre mondiale.

Cette année,les cérémonies du Centenaire ont 72 pays. Il faut dépasser l'aspect grandiloquent. Elles peuvent être l’occasion, dans nos écoles notamment, d’une pédagogie active. C'est sans doute émouvant de voir, après cent ans, les représentants de pays autrefois ennemis se donner l'accolade. C'est sans doute émouvant de voir défiler, l'une derrière l'autre, les musiques militaires anglaises, allemandes et françaises. Mais il est plus important de rappeler que, au front, dans les tranchées, les hommes ont tous souffert de la même façon, que la mort les a tous surpris de la même façon, qu'ils n'étaient pas nés pour s'entretuer.

 

La guerre de 14-18 fut aussi la première guerre qui a été décrite par des écrivains-combattants. Une bonne occasion pour les redécouvrir: Genevoix, Barbusse, Dorgelès mais aussi les belges: Vivier, Boumal, Gauchez, Burniaux... 

 

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