06/09/2014

Les "Chalets du Roi Albert" ou le Fonds du Roi Albert.

Les «  Chalets Roi Albert »

 

appelés aussi :

 

«  Maisons du Roi Albert »

 

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Il existe encore quelques anciennes maisons en bois appelées selon les régions «  Chalets du Roi Albert » ou «  Maisons du Roi Albert ». Elles deviennent de plus en plus rares et ont été, la plupart du temps, reconverties en abris de jardin, remises...Il subsiste encore, après presque cent ans, quelques « chalets » ou « maisons du Roi Albert », toujours à usage de maison d'habitations. Ce qui n'est pas très en notre honneur.

Ce sont des témoignages de l’époque d’après guerre 1914-1918 où il était urgent de reconstruire le noyaux des villes dévastées. Il fallait choisir un type de pavillons peu onéreux et pouvant être fabriqués en série.

En fait, elles ont été construites sous l'égide du «  Fonds du Roi Albert ». Ce fonds fut créé par arrêté-loi du 23 septembre 1916 pris par le gouvernement belge en exil au Havre ( à Sainte-Adresse plus précisément ). Ce Fonds avait pour mission de procurer aux sinistrés belges des habitations temporaires sous forme de baraquement en bois. Pour mémoire, il y eut 13 000 unités de ce type. Le Fonds fut dissous en 1923.

Des principes généraux d’architecture, certes rudimentaires, furent appliqués à l’ensemble des constructions. Celles-ci bien que de modèles parfois très différents, avaient des éléments communs.

 

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Dans un livre consacré au Fonds du Roi Albert, ( « Une grande oeuvre de guerre belge: Le Fonds du Roi Albert. Camille Joset. Bruxelles. 1925 ») on expose les principes généraux d’architecture des « chalets Albert ». On peut se résumer ainsi:

 

1.Habitabilité et salubrité de la construction :

Il fallait les mettre à l’abri des intempéries et des variations de la température extérieure. Il fallait donc construire des pavillons à paroi double avec matelas d’air isolant de 7 centimètres. Elles devaient être édifiées sur des fondations résistantes avec le plancher à une certaine hauteur au- dessus du sol, des piliers intermédiaires supportant le gitage du plancher. Bien sûr ils devaient être pourvus d'un plafond et d’une toiture étanches.

 

2.Solidité de l’abri :

Ces pavillons ne devaient avoir qu’un caractère provisoire. Cependant on pouvait prévoir que la durée de la reconstruction définitive de la Belgique demanderait quand même plusieurs années.

D’autre part, pour augmenter leur rendement, il était bon d’envisager leur utilisation ultérieure. La charpente de la toiture fut d’ailleurs étudiée de façon qu’elle pût dans la suite supporter une couverture en tuiles, ce qui, en 1919, faisait totalement défaut. Ils furent, au départ, couverts, avec du carton bitumé et du feutre asphalté.

 

3.Facilité du transport: Vu l'état des routes et le s moyens logistiques de l'époque. Les panneaux devaient donc être légers et leur montage facile. De même que le démontage et le remontage éventuel ailleurs.

Dès sa création, ce Fonds veille à pallier aux dommages de guerre en offrant notamment un abri de secours aux démunis belges, même dans les pays limitrophes ( Pays-bas notamment ). A ce moment, les maisons ou pavillons unifamiliaux étaient provisoires et démontables, en bois et en matériaux préfabriqués. En janvier 1919, le Fonds Roi Albert disposait d’environ 1600 baraquements édifiés aux Pays-Bas. Tant que la guerre n'était pas finie, il était inconcevable qu'il puisse agir en territoire occupé.

Des fonds sont récoltés en Hollande, en Angleterre et même en Belgique. Des fêtes de charité sont organisées en son nom et à son profit. Après la guerre, on rapatrie les baraquements qui avaient été érigés en Hollande et en France à l’intention des réfugiés belges, on négocie avec des firmes norvégiennes, suédoises et américaines l’achat de bois, vitres, clous, etc. Le recensement des zones à reconstruire couvre toute la Belgique. En Belgique, 78.000 maisons avaient été détruites et il fallait les reconstruire.

Le fonds obtint du Ministère de l’Intérieur un budget de 100 millions en 1919 et de 50 en 1920.

En octobre 1920, les rapports officiels signalaient 9500 chalets utilisés comme habitations, 145 comme écoles, 55 comme églises, 54 maisons communales, 4 groupes de constructions pour hôpital, 21 postes de gendarmerie et 479 édifices plus grands à usages divers. Ces édifices devaient donc servir aussi au rétablissement des administrations, du culte, des écoles et de divers services publics. Des baraques militaires furent rachetées aux Anglais et servirent d’écoles ou de bâtiments administratifs

En 1919, 35 firmes ont fabriqué 2.965 maisons de 6m x 6 m., 14 firmes ont fabriqué 500 maisons de 9m. x 6 m. et 4 firmes ont fabriqué 220 maisons de types spéciaux.

Au total, le Fonds du Roi Albert a construit 13.000 pavillons. (d’après un courrier du secrétariat du FRA daté du 18 novembre 1924.)

On signale même l'existence de véritable cités à certains endroits comme par exemple la cité Froideveau à Dinant. La commune de Herstal signalait encore, en 1998, de garder une trentaine de ces maisons, rue Basse-Préalle, rue du Bon Air... A Charleroi, on possède encore un important patrimoine du Fonds Roi Albert, dont la chapelle  en bois du Try d’Haies à Loverval. 

 

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