28/08/2014

Lundi 1° septembre sur FRANCE 5: "Le Pantalon"

ON A FUSILLE EN 14_18.

 

DANS TOUTES LES ARMEES...Y COMPRIS L'ARMEE BELGE.

 

C'est surtout l'armée française qui est montrée du doigt !

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Lundi 1° septembre, sur France 5, passera le film d'Yves BOISSET «  Le Pantalon ».

Ce film raconte une histoire véridique, celle du Lucien BERSOT. Lucien BERSOT est né le 7 juin 1881 à AUTHOISON (Haute-Saone) dans une famille de petits paysans. Ses parents étant venus s'installer à Besançon , il y apprend le métier de maréchal-ferrand. Il s'y marie en 1908 avant de devenir père d'une petite fille en 1909.

En février 1915, Lucien BERSOT est incorporé à la 8ème compagnie du 60ème régiment d'infanterie. Quand on lui attribue son paquetage, il ne reçoit pas pas le fameux pantalon rouge garance réglementaire, qui n'est plus en stock pour sa taille, mais un pantalon blanc. Un peu plus tard, le sergent fourrier lui donne le pantalon rouge garance d'un soldat mort. Celui-ci est maculé de sang, de boue et d'excréments. BERSOT, s'estimant en droit de défendre sa dignité, le refuse.

Pour avoir refusé ce pantalon, Lucien BERSOT sera d'abord puni. Il se vit infliger une peine de huit jours de prison. Mais le lieutenant-colonel AUROUX, commandant du régiment, estima cette punition insuffisante et demanda sa comparution en Conseil de guerre spécial, véritable cour martiale. Son intention était de faire un exemple de discipline militaire. Le Conseil de Guerre fut présidé par AUROUX lui-même. Voila un exemple parfait de justice expéditive avec confusion des rôles, l'accusateur étant en même temps juge et chef hiérarchique. BERSOT fut "fusillé pour l'exemple".

La peine infligée était non seulement excessive mais ne correspondait aucunement au code de justice militaire, le délit ayant été constaté à l'arrière et non au contact de l'ennemi. Deux compagnons du condamné ( les soldats Elie COTTET-DUMOULIN et André MOHN intervinrent alors auprès du lieutenant-colonel pour tenter d'adoucir la sentence, mais ne furent pas entendus et se virent punis à leur tour. C'est ici que la triple casquette du lieutenant-colonel AUROUX joua.

Camarade de BERSOT, COTTET-DUMOULIN qui avait contesté la sanction fut condamné à vingt ans de travaux forcés mais envoyé sur le front de SERBIE. Il y mourut deux ans plus tard.

En raison de la guerre, le gouvernement français avait confié aux militaires davantage de pouvoirs avec les conseils de guerre spéciaux, créés en septembre 1914. Il n'y avait quasiment pas de défense et on ne pouvait pas non plus faire citer de témoin. Le conseil de guerre spécial était donc bien une machine répressive, dès sa conception. Les critiques furent telles que le gouvernement civil reprit, dès septembre 1915, certains pouvoirs aux militaires.

Après la guerre, une campagne de presse fut engagée par le journal Germinal par un jeune avocat, René RUCKLIN. Il obtint la réhabilitation de Lucien BERSOT le 12 juillet 1922. La Cour de Cassation confirma donc rapidement l'injustice dont le soldat fut victime. Ainsi sa veuve put prétendre à la pension de veuve de guerre et sa fille, reconnue comme pupille de la nation .

 

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Lucien BERSOT fut ré-inhumé en 1924 dans le cimetière de BESANCON.

Une stèle près de l'église de FONTENOY, inaugurée en novembre 1994 , rend hommage à Lucien BERSOT et à un autre fusillé pour l'exemple: le soldat Léonard LEYMARIE du 305ème Régiment d'infanterie, exécuté le 12 décembre 1914 sous le prétexte de "mutilation volontaire" . LEYMARIE fut réhabilité en 1923 . Le tragique incident s'était déroulé près de FONTENOY.

 

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Maintenant, le nom de BERSOT figure sur une plaque au-dessus du porche de la Maison du Peuple de BESANCON, au côté de celui de son camarade Élie COTTET-DUMOULIN.

Après des études, on estime maintenant que le nombre d'exécutions, dans l'armée française, serait de 740. Certains tentent de minimiser ce fait, mettant ce chiffre en rapport avec le nombre de soldats tués ( 1.400.000 morts ). Les fusillés ne seraient que 0,05% des victimes. Ils disent aussi que le nombre de victimes d'exécutions arbitraires ne représenterait finalement qu'une poignée. Ce serait des destins tragiques mais exceptionnels !

Cela s'est produit dans toutes les armées. Au niveau européen, la France se situerait après l'Italie, qui a exécuté 750 de ses soldats.

Le Royaume-Uni en compte 306. Ces 306 soldats britanniques fusillés pour «lâcheté ou abandon de poste» ont été graciés à titre posthume, en 2006. avait décidé en 2006 le gouvernement britannique. Une décision qui n’avait pas été simple à prendre car elle avait été rejetée à plusieurs reprises auparavant.

L'Allemagne n'en signale qu'une quarantaine. Mais faut-il accorder crédit à cette information. Après la guerre, l'Allemagne était au bord de la guerre civile et annoncer un chiffre plus élevé aurait aggravé la situation. Après, ce fut le nazisme et il fallait à tout pris faire croire que l'armée allemande avait été exemplaire en 14-18 mais trahie par les politiciens.

Et l'armée belge ? On en parle très peu sinon pas du tout. Durant la Première Guerre Mondiale, 222 militaires belges ont été condamnés à mort. Sur ces 222 condamnations, seulement douze ont réellement été exécutées, en 1914, 1915 et 1918. de ces 12 fusillés belges, si l'on retire les condamnés pour homicides, il y eut neuf soldats exécutés pour «manquement au devoir».

 



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