27/08/2014

Les Uhlans. Nom qui répandit la terreur.

Un nom qui à lui seul répand la terreur :

 

«  Les UHLANS  »

 

Uhlan du Würtemberg.jpg

Uhlan du WÜRTEMBURG

Le « uhlan » était, dans les armées slaves et germaniques, un cavalier armé d’une lance. Son équivalent chez nous et chez les Français était le «  lancier ».

Souvent, on a confondu et appelé « Uhlan » toutes autres troupes de cavalerie. Au fil de l'histoire de la cavalerie, différentes formes sont apparues :

* La cavalerie légère:

  • chasseurs à cheval: spécialisés dans la reconnaissance

  • hussards: unités de reconnaissance, d'attaque et de harcèlement

  • estafettes:, guides, unités de protection 

  • lanciers (appelés Uhlans chez les Allemands) : unités d'éclaireurs et de harcèlement

 * La cavalerie de ligne et/ou cavalerie lourde:

  • dragons:cavaliers pouvant également combattre à pied (auxquels on peut ajouter les chevaulégers bavarois)

  • cuirassiers:cavalerie lourde combattant exclusivement à cheval

 

coiffe des uhlans.jpg

Coiffure des uhlans: ce n'était pas le fameux casque à pointe.

Au début de la guerre de 14-18, l'armée allemande alignait 26 régiments de uhlans: 3 régiments de la Garde, 21 régiments de ligne (16 prussiens, 2 wurtembergeois et 3 saxons) ainsi que 2 régiments de l'armée bavaroise autonome.

Au matin du 4 août 1914, les premiers éléments de la cavalerie allemande pénétrèrent en Belgique. Les Uhlans surtout symbolisaient véritablement les envahisseurs, avec leurs coiffures à plateau carré et leurs lances. Ce n'était en fait que l'avant-garde. Derrière eux, trois armées totalisant 600.000 hommes marchaient sur la pauvre Belgique. Celle-ci, avec son armée de 117.000 soldats mal équipés et mal entraînés, ne faisait nullement le poids face aux troupes du Kaiser.

Leur activité durant la guerre ne s'arrêta pas là. Les Uhlans prussiens furent massivement engagés lors des premiers mois du conflit sur le front de l'Ouest. Ils s'illustrent par leur efficacité lors de nombreux faits d'armes dont notamment, le siège de Maubeuge et la prise de Lille. Ils participent à l'avancée en Argonne ainsi qu'à la bataille de la Marne puis à la "course à la mer".

Dans le langage populaire, les Uhlans ont très souvent été assimilés aux autres formations de cavalerie légère (Dragons et Hussards). Il est fort probable que des témoins ayant aperçus des Hussards les aient dénommés "Uhlans" car portant des lances.

D'ailleurs, peu de temps avant l'ouverture des hostilités, l'armée allemande avait décidé de remettre systématiquement la lance en service dans toutes les autres unités de cavalerie (Dragons, Hussards et Cuirassiers) et de former intensivement les cavaliers au maniement de cette arme propre à la guerre de mouvement rapide. Dans l'esprit de certains stratèges, même chez les Allemands pourtant réputés comme étant supérieurs, curieusement, on ne parvenait pas à se libérer de l'image des guerres du 19° siècle !

A la fin 1914, le front se stabilisant et s'enlisant dans les tranchées, le rôle des Uhlans et de la cavalerie en général devenait obsolète. Les régiments de uhlans servirent alors comme fantassins dans les tranchées. De nombreuses formations de Uhlans furent transférées sur le front oriental où les conditions permettaient à la cavalerie de jouer un rôle décisif. Beaucoup de uhlans devinrent aussi des feldgendarmes. Ce qui n'a pas contribué à les rendre sympathiques !

 

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Un uhlan devenu feldgendarme, fonction reconnaissable à la plaque pectorale.

A leur arrivée, les Uhlans eurent de suite mauvaise presse. Les Uhlans exerçant une mission de reconnaissance et de couverture étaient appelés à se confronter à la population des villes et des villages pour demander "contributions" et réquisitions. Ils constituaient la première "image" qu'avaient les autochtones de l'ennemi. D'où un grand ressentiment au sein des populations. Pour tous les témoins de cette époque, les Uhlans ont souvent été les premiers soldats allemands aperçus, signes avant-coureurs du déferlement imminent de l'infanterie. Fait curieux, à plusieurs reprises, les villageois Belges prirent les Uhlans pour des Anglais, "...puisqu'ils ne portaient pas de casques à pointe.."

Les villages belges qui se trouvèrent, en premier lieu, sur leur route, eurent beaucoup à souffrir. Maints monuments et récits en témoignent. Beaucoup de civils furent fusillés, il y eut de très nombreux incendies, des blessés, des viols, des déportés vers les camps de l'autre côté de la  frontière qui restèrent des semaines, parfois des mois ou des années avant de pouvoir rentrer dans la famille. Phonétiquement, le mot m^me de « Uhlan » est évocateur, au lieu de dire « l'Uhlan » comme on devrait, populairement on s'est mis à dire « le Uhlan ». Ce nom évoque le hurlement ou le hululement, un langage qui n'est pas humain mais animal !

Au mot « Uhlan » fut aussi, presque toujours automatiquement associé l'adjectif «  prussien », même si ces troupes comprenaient aussi des régiments originaires d'autres partie de l'Empire.

Mais les Uhlans qui entrèrent en Belgique le 4 août 1914 à 12h30 (du côté de Visé , juste à la frontière hollandaise) ne furent pas toujours les plus cruels. En Belgique, du fait , notamment,de la résistance des forts de LIEGE aux premiers jours, l'infanterie se montra particulièrement odieuse.

Les 26 régiments de uhlans allemands ont été dissous après l'armistice.

14-18 a sonné la fin de la cavalerie comme corps d'armée de combat. En réalité, la bataille de HALEN, en août 1914, avait déjà démontré l'inutilité militaire de la cavalerie. Celle-ci avait servi lors des débuts de l'invasion mais s'était vite révélée obsolète.

Voir sur Facebook: "AWANS, commémoration 14-18"

 

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